Stéphane Lavignotte

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Stéphane Lavignotte
Image dans Infobox.
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (52 ans)
MetzVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Parti politique

Stéphane Lavignotte, né le à Metz, est un pasteur, journaliste et écrivain français. Il est engagé dans la Mission populaire évangélique, une Église réformée du christianisme social.

Biographie[modifier | modifier le code]

Stéphane Lavignotte est né à Metz, d'une mère lorraine d'origine catholique et d'un père d'origine protestante du Béarn. Il grandit à Poitiers, où naît en 1975 son frère Guilhem Lavignotte. Adolescent, il fait des émissions sur la vie des collégiens dans une radio libre de quartier, Radio Poitiers Ouest, hébergée dans le centre socio-culturel de la Blaiserie, où David Dufresne fait aussi des émissions. Comme ce dernier, il participe au fanzinat alors que les fanzines et journaux lycéens se développent sur la ville[1]. Il publie avec Joris Clerté[2], devenu depuis réalisateur de dessins-animés ou Jean-Philippe Peyraud, déjà dessinateur de bandes-dessinées, le fanzine de rock et bédé Synopsis[3] et le journal lycéen M.P.T.D.H (Mais pourquoi tant de haine, pourquoi tant d'humour). Il participe aux activités du C.D.I.L (Centre de documentation et d'information lycéen), qui devient J-Presse puis Jet d'encre[4]. Diplômé de l'Institut d'études politiques de Bordeaux en 1990 et du CFJ à Paris en 1992, Stéphane Lavignotte s'illustre d'abord comme un journaliste très engagé sur les questions sociales et sociétales, notamment la régularisation des sans-papiers[5].

En 1998, à 28 ans, il accompagne l'occupation du temple des Batignolles par des sans-papiers, où le pasteur et le Conseil presbytéral soutiennent les manifestants plutôt que de les chasser, et s'intéresse à la théologie[6]. En , il est baptisé à l'Église réformée de France, actuelle Église Protestante Unie de France, dont il devient pasteur en 2006[7]. À la faculté de théologie protestante de Paris il obtient tout d'abord une licence, dont le mémoire portant sur la théologie d'Elizabeth Stuart est édité en 2008 sous le nom de « Au-delà du lesbien et du mâle »[8], puis un master et un master recherche consacré au thème de l'amour chez Paul Ricoeur. Puis un doctorat en 2019 dont la thèse consacrée à la figure du théologien André Dumas est édité chez Labor et Fides[9].

Le , il bénit un couple homosexuel, il travaille à faire évoluer la doctrine de l'Église protestante unie de France, qui autorise ces bénédictions en [6]. Stéphane Lavignotte est inspiré par la pensée de Jacques Ellul et Serge Moscovici, à qui il a consacré des ouvrages[10],[11],[12].

Il est directeur de La Maison verte, dans le 18e arrondissement de Paris, jusqu'en 2012. Le lieu est à la fois une maison de quartier gérée par une association loi de 1901 et une paroisse protestante inclusive, poste local de la Mission populaire évangélique, Église membre de la Fédération protestante de France ancrée dans le Christianisme social[13]. En dehors des cérémonies, le lieu accueille des conférences, des cours de soutien scolaire, une chorale, un café, un ciné-club accessible aux malentendants et sert de domiciliation à plus de 1 000 personnes sans-abri[14]

En , il crée une Alliance citoyenne, syndicat d'habitants de quartier, à Gennevilliers et Aubervilliers[15]. Il est directeur et pasteur depuis la Maison Ouverte, 17 rue Hoche à Montreuil (Seine-Saint-Denis)[16],[17].

Il a été membre des Verts durant une quinzaine d'années et les quitte en 2001 pour en condamner la proximité avec le parti socialiste. Il soutient Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle de 2012 puis adhère à Ensemble ![18]. En 2003, il est un des initiateurs du mouvement Vélorution[19],[20]. Il soutient Karima Delli lors de la primaire de 2016 d'Europe Écologie Les Verts, avant d’appeler à soutenir Yannick Jadot au second tour en alertant sur l'« écologie conservatrice » de son adversaire Michèle Rivasi[18].

Son épouse est Véronique Dubarry, ex-adjointe (écologiste) au maire de Paris Bertrand Delanoë, chargée des personnes en situation de handicap[18],[6].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Vivre égaux et différents, éditions de l'Atelier, 2008
  • Au-delà du lesbien et du mâle : la subversion des identités dans la théologie, Van Dieren, coll. « Débats », 2008
  • La décroissance est-elle souhaitable ?, éditions Textuel, coll. « Petite Encyclopédie critique », 2010
  • Jacques Ellul, l'espérance d'abord, éditions Olivétan, 2010
  • Préface à Protestantisme et socialisme, de Tommy Fallot, éditions Ampelos, 2010
  • Les religions sont-elles réactionnaires ?, éditions Textuel, coll. « Petite Encyclopédie critique », 2014
  • (collectif) L’accueil radical, ressources pour une église inclusive, Labor et Fides, 2015
  • Serge Moscovici ou l'écologie subversive, Le passager clandestin, coll. « Les précurseurs de la décroissance », 2016
  • André Dumas, habiter la vie, Labor et Fides, 2020

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La Fanzinothèque de Poitiers – Conservation et valorisation de micro-éditions ».
  2. Joris Clerté, « A propose de Joris Clerté ».
  3. Fanzinothèque de Poitiers, « Extrait de la base documentaire ».
  4. « Le site de jet d'encre ».
  5. Jeremy Frey, « Je suis protestant : Stéphane Lavignotte, pasteur et directeur de la Maison Verte », regardsprotestants.com,‎ (lire en ligne).
  6. a b et c Bernadette Sauvaget, « Stéphane Lavignotte, foi protestataire », Libération,‎ (lire en ligne).
  7. « Stéphane Lavignotte, foi protestataire », sur Libération.fr, (consulté le ).
  8. | Au-delà du lesbien et du mâle. (lire en ligne).
  9. Stéphane Lavignotte, André Dumas, habiter la vie, Genève, Labor et Fides, , 368 p. (ISBN 978-2-8309-1723-9).
  10. « Inclassable et iconoclaste », Réforme (hebdomadaire),‎ (lire en ligne).
  11. Bernadette Sauvaget, « Interview, Stéphane Lavignotte : "Les plus antireligieux ont la vision la moins laïque de la religion" », Libération,‎ (lire en ligne).
  12. « Conférence, Jacques Ellul », sur Temple protestant de l'Oratoire du Louvre, (consulté le ).
  13. « Bienvenue avec tout ce que vous êtes ! », sur blog.lamaisonverte.org, (consulté le ).
  14. « Stéphane Lavignotte, histoire d'un pasteur de la Maison Verte », Dix-huit infos, 5 novembre 2010.
  15. Aude Lalande, « Partir de rien, exiger tout », Vacarme,‎ (lire en ligne).
  16. Claire Nicolas, « La Maison Ouverte de Montreuil », Présence,‎ (lire en ligne).
  17. « La Maison Ouverte », sur lamaisonouvertedemontreuil.ouvaton.org (consulté le ).
  18. a b et c Stéphane Lavignote, « De quelle écologie Michèle Rivasi est-elle le nom? », Blog Médiapart,‎ (lire en ligne).
  19. Anne-Sophie Damecour, « Prendre conscience des dangers de la voiture en ville », Le Parisien,‎ (lire en ligne).
  20. Hervé Kempf, « Ecologisme radical et décroissance », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]