Paradoxe de Jevons

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Les manufactures alimentées au charbon de Manchester au XIXe siècle. Les progrès technologiques qui ont permis l'utilisation du charbon durant la Révolution industrielle ont augmenté de manière substantielle la consommation de ce combustible.

Le paradoxe de Jevons énonce qu'à mesure que les améliorations technologiques augmentent l'efficacité avec laquelle une ressource est employée, la consommation totale de cette ressource peut augmenter au lieu de diminuer. En particulier, ce paradoxe implique que l'introduction de technologies plus efficaces en matière d'énergie peut, dans l'agrégat, augmenter la consommation totale de l'énergie[1]. Il s'agit du cas le plus extrême de l'effet rebond.

Il est baptisé du nom de William Stanley Jevons.

Histoire[modifier | modifier le code]

Dans son livre de 1865, Sur la question du charbon, Jevons observe que la consommation anglaise de charbon a fortement augmenté après que James Watt a introduit sa machine à vapeur, qui était bien plus efficace que celle de Thomas Newcomen. Les innovations de Watt ont fait du charbon une source d'énergie plus rentable, ce qui a conduit à généraliser l'utilisation de sa machine à vapeur au sein des manufactures. Plutôt que de réduire la consommation totale de charbon, les améliorations technologiques et les gains de rentabilité ont conduit à accroître la consommation totale de charbon, d'où le paradoxe. La description de ce mécanisme constitue un apport important de Jevons à l'économie de l'énergie[2].

Résolution[modifier | modifier le code]

Le graphique illustre l'effet d'une baisse des coûts de production de l'offre.

Le paradoxe peut se comprendre de la manière suivante. Dans la mesure où il est possible d'extraire davantage d'énergie avec la même quantité de charbon acheté, la situation revient à une baisse du prix de l'énergie tirée du charbon. La diminution du prix de l'énergie permet d'alléger les coûts de production. Sur le graphique, la courbe d'offre O1 se déplace vers la droite (devenant O2) ; il est désormais possible de produire chaque unité à un coût plus faible. L'offre de biens augmente, tandis que les prix des biens se réduisent. La demande augmente en retour (l'élasticité de la demande étant très souvent négative). L'équilibre passe donc de E1 à E2, les quantités achetées (donc produites) passent de Q1 à Q2. La consommation de charbon a donc augmenté, à la suite de la « baisse du prix de l'énergie ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Jeff Jacoby, « The fuel-efficiency paradox », The Boston Globe,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. Antoine Missemer, Les Économistes et la fin des énergies fossiles (1865-1931), Paris, Classiques Garnier, , 225 p. (ISBN 978-2-406-06252-3), chapitre 1
(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Jevons paradox » (voir la liste des auteurs).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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