Suisse romande

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En vert, la Suisse romande, territoire aujourd'hui en très grande majorité francophone mais historiquement de langues arpitane et d'oïl[1].

La Suisse romande ou Romandie (Westschweiz pour les Suisses alémaniques) est la partie francophone de la Suisse. Les habitants de la Suisse romande sont appelés Romands et Romandes.

Population[modifier | modifier le code]

Selon les chiffres provisoires des statistiques de la fin du troisième trimestre de 2014[2] la Romandie compte 2 015 488 habitants répartis de façon suivante dans les cantons francophones ou bilingues :

  • Vaud : 756 818
  • Valais : 240 183 (329 922 habitants dont 72,8 % de francophones)
  • Genève : 475 192
  • Berne : 82 664 (1 008 099 habitants dont 8,2 % de francophones)
  • Fribourg : 211 170 (301 672 habitants dont 70 % de francophones)
  • Neuchâtel : 177 218
  • Jura : 72 243

et comptait environ 1,93 million d'habitants fin 2012, soit 24 % de celle de la Suisse.

Géographie[modifier | modifier le code]

La Suisse romande se situe à l'ouest du pays et couvre une superficie de 9 508 2 km2 soit 23 % du pays entier. Bien que l'appellation « Romandie » soit fréquemment employée dans la vie courante, cette région n'existe pas sur le plan politique en Suisse. « Romandie » est un terme qui désigne les populations suisses dont la langue commune est le français. Elle recouvre les cantons de Genève, du Jura (à l'exception de la commune germanophone d'Ederswiler), de Neuchâtel et de Vaud et une partie des cantons de Berne (Jura bernois et Bienne), de Fribourg et du Valais.

La majeure partie de la Romandie fait partie du domaine linguistique francoprovençal ou arpitan, une langue presque disparue en Suisse et en France mais protégée en Italie, et qui est encore parlée dans quelques rares villages valaisans et fribourgeois[3].

Les Suisses alémaniques appellent parfois les Romands les Welsches, et la Suisse romande le Welschland. Welsch vient du germanique walh-isk-, dérivé de walh-, et a sans doute désigné d'abord les Volques, puis les Celtes en général, et enfin les Gallo-Romains ; on retrouve ce mot partout où les peuples de langue germanique avaient des voisins de langue romane ou celtique (non seulement welsche, welsh mais aussi wallon et gaulois se rattachent à la racine walh-).

Superficie détaillée (en km2)[4] :

Broye 173,7 Glâne 168,73 Gruyère 489,37 Sarine 217,65 Veveyse 134,23 Sous-Total : 1183,58

Cressier : 4,17 Barderêche : 9,17 Courtepin : 4,06 Misery Courtion : 11,41 Wallenried : 3,86 Villarepos : 4,76 Bas Vully : 9,95 Haut Vully : 7,58 Sous-total : 54,96

Conthey : 234,26 Entremont : 633,03 Hérens : 470,73 Martigny : 263,35 Monthey : 256,72 Saint-Maurice : 190,62 Sierre : 418,5 Sion : 125,51 Sous-total : 2592,72

TOTAL Romandie : 9 508,2 km2

Cultivant une tradition lacustre et alpestre, la Suisse romande est également connue pour son Lac Léman[5], le plus grand lac alpin d'Europe centrale, et ses Alpes où le Cervin, le Mont-Rose ou encore la Dent blanche figurent parmi les sommets reconnus mondialement.

Le Cervin
Le Lac Léman vu depuis la place d'Arme, à Cully.

Le cas particulier du Canton de Berne[modifier | modifier le code]

Pour une population de 1 000 281 habitants en 2013[4] le canton de Berne est constitué de 10,6 % de francophones. Certains sont localisés et regroupés comme dans le Jura bernois, d'autres vivent dans des villes bilingues (Bienne). La capitale fédérale et son agglomération accueille également une petite minorité (Berne ville : 3,6 %, Köniz : 2,7 %, Muri : 3 %). Le reste des francophones est dispersé dans le reste du canton. Détail :

Total : 106 000 francophones Sur ce total de 106 000, une partie des francophones est localisée en Suisse romande, l'autre en Suisse alémanique (ex : Agglomération de Bern)

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'adjectif romand est une réfection de roman d'après normand, où le suffixe -mand est l'adaptation française du germanique mann « homme », emprunté au norrois de Normandie. Le même phénomène explique les graphies modernes flamand et allemand.

Roman s'applique à ce qui est relatif aux peuples conquis par Rome, notamment à la langue qu'ils parlaient. En conséquence, les linguistes désignent par romanes les langues issues du latin tardif en usage sur le vaste territoire de la Romania à la fin de l'Antiquité et dont les formes modernes les plus répandues sont l'espagnol, le portugais, le catalan, le provençal, le français, l'arpitan, l'italien et le roumain.

Le terme apparaît en 1723 dans le titre Histoire de la Suisse romande de l'historien vaudois Abraham Ruchat[6], ouvrage qui ne sera publié qu'ultérieurement.

La dénomination Suisse française était courante au XIXe siècle et reflétait l'influence culturelle et le prestige de la France[6]. Durant la Première Guerre mondiale, elle a cédé la place à « Suisse romande[6] » pour affirmer une unité nationale menacée par les divisions linguistiques (le fameux Röstigraben)[7].

Politique[modifier | modifier le code]

Dans le système fédéraliste suisse, la Romandie n'a pas d'existence politique autonome, mais regroupe sept cantons ou parties de cantons, lesquels sont indépendants avec leurs propres institutions. Ceux-ci collaborent néanmoins dans des domaines concrets au travers de nombreuses conventions et concordats intercantonaux.

La Suisse étant un pays qui recourt de façon extensive à la démocratie directe lors de consultations populaires qui ont lieu plusieurs fois par année, les différences de sensibilités politiques entre Romands et Alémaniques se sont manifestées clairement lors de votations comme celles qui ont porté sur l'intégration éventuelle de la Suisse dans l'Espace économique européen (EEE), ou dans la politique d'immigration et d’asile. Ces différentes sensibilités politiques, sans doute liées en partie à une différente appartenance culturelle, ont fait naître une véritable frontière imaginaire qui n'est pas seulement linguistique, mais également politique et culturelle, populairement appelée « barrière de röstis » ou röstigraben[8],[9].

Données cantonales[modifier | modifier le code]

Abr. Armoiries Canton[10] Depuis Chef-lieu Population
(décembre 2014)[11]
Population
(en % du total suisse)
Superficie[12]
(en km²)
Superficie
(en % du total suisse)
Densité
(en hab./km²)
Nombre de
communes[13]
Langues officielles
BE Wappen Bern matt.svg Berne
(Bern)
1353 Berne +1 001 281, 12,3 +5 959,44 14,4 168 383 allemand
français
FR Wappen Freiburg matt.svg Fribourg
(Freiburg)
1481 Fribourg +0297 622, 3,7 +1 670,7 4 178,1 167 français
allemand
VD Wappen Waadt matt.svg Vaud 1803 Lausanne +0755 369, 9,3 +3 212,03 7,8 235,2 375 français
VS Wappen Wallis matt.svg Valais
(Wallis)
1815 Sion +0327 011, 4 +5 224,25 12,7 62,6 141 français
allemand
NE Wappen Neuenburg matt.svg Neuchâtel (Neuenburg) 1815 Neuchâtel +0176 241, 2,2 +0802,93 1,9 219,5 53 français
GE Wappen Genf matt.svg Genève 1815 Genève +0469 433, 5,8 +0282,48 0,7 1 661,8 45 français
JU Wappen Jura matt.svg Jura 1979 Delémont +0071 738, 0,9 +0838,55 2 85,6 64 français

allemand (1 commune)

Cuisine[modifier | modifier le code]

La suisse romande est dotée d'un terroir riche composé de nombreuses spécialités culinaires. Ainsi, on peut y déguster des mets  au fromage telles que les célèbres fondue et raclette[14]originaires du canton de Fribourg et du Valais. Outre les plats à base de fromage, la Romandie  compte  également de nombreux mets confectionnés à base de viande ou de poisson, comme par exemple le papet vaudois une recette  à base de saucisses, pommes de terre et poireaux. Sur les rives des lacs romands se sont les plats à base de poisson qui sont à l’honneur, tels que les filets de perches meunières du Lac Léman. Les spécialités sucrées ne sont également pas en reste, ont peut donc citer à titre d'exemple les fameuses meringues accompagnées de crème double du canton de Fribourg[15] ou encore les bricelets.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir la carte de Suisse indiquant les régions romandes où l'arpitan est (était) traditionnellement parlé sur Ethnologue.com.
  2. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/01/01/new/nip_detail.html?gnpID=2014-083
  3. Valais: il croit à l'arpitan de demain et plus généralement Le Portail de l'arpitan
  4. a et b http://www.atlas.bfs.admin.ch/maps/13/map/mapIdOnly/0_fr.html
  5. « Pr�parez vos vacances en Suisse Romande », sur www.tourismesuisse.com (consulté le 24 mars 2015)
  6. a, b et c « Suisse française, Suisse romande : le virage de 14-18 ? », Geopolitis, un magazine de la RTS et de TV5 Monde,‎ (lire en ligne [[vidéo]])
    « Comment est née l’appellation de Suisse romande ? Quels étaient alors les territoires concernés ? Geopolitis revient sur ce moment de l’histoire suisse au cœur de la Première Guerre mondiale dont on célèbre en ce moment le centenaire. À partir du minutage 07:13, l’émission se poursuit par une interview du professeur Georges Andrey, historien et enseignant émérite de l’université de Fribourg. Présentation : Xavier Colin. »
  7. [1] L'Hebdo, 2013-06-06
  8. http://www.hebdo.ch/la_suisse_romande_comme_on_ne_jamais_racontee_164611_.html
  9. http://www.hebdo.ch/romandie_la_genese_mot_tabou_164612_.html
  10. Entre parenthèses le nom du canton dans ses langues officielles autres que le français
  11. « Population résidante permanente par canton », sur Office fédéral de la statistique (consulté le 1 décembre 2008)
  12. Annuaire statistique du canton de Fribourg, Service de la statistique du canton de Fribourg,‎ (lire en ligne) p. 67.
  13. au
  14. « Cuisine typique », sur myswitzerland.com (consulté en novembre)
  15. « meringue et crème double de la Gruyère », sur la-gruyere.ch (consulté en novembre)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]