Gébé

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Gébé
Description de l'image Defaut.svg.
Nom de naissance Georges Marcel Eugène Blondeaux
Naissance
Villeneuve-Saint-Georges (France)
Décès (à 74 ans)
Champcueil
Nationalité Française
Pays de résidence France
Profession
Signature de Gébé

Georges Blondeaux, dit Gébé, est un dessinateur français, né le à Villeneuve-Saint-Georges dans le Val-de-Marne et mort le à Champcueil en Essonne[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Entamant sa carrière comme dessinateur industriel calqueur puis dessinateur d'exécution et enfin dessinateur d'étude, à la SNCF en 1947, il publie ses premiers dessins humoristiques dans La Vie du Rail magazine. Il quitte la SNCF en 1960 et, influencé entre autres par Chaval et Maurice Henry, il se fait connaître alors en publiant ses dessins dans d'importants magazines comme Paris Match, Le Journal du dimanche, Radar ou Bizarre. Découvrant un nouveau journal nommé Hara-Kiri, il rencontre ses fondateurs François Cavanna et Georges Bernier alias Le professeur Choron) et intègre l'équipe bientôt célèbre du «mensuel bête et méchant», où on lui doit les fameux romans-photos photographiés par Chenz. Il en devient même rédacteur en chef de 1970 à 1985, après avoir été de l'aventure de l'Hebdo Hara-Kiri et Charlie Hebdo qui lui succèdera en novembre 1970 après l'interdiction ayant frappé l'hebdomadaire satirique jusqu'à son arrêt en 1982. De 1965 à 1970, il a également participé au journal pour la jeunesse Pilote où il publie notamment son récit intitulé Une plume pour Clovis. En 1986, il dirige Zéro, journal satirique édité par Daniel Filipacchi qui cesse de paraître en 1988. De 1989 à 1992, il est directeur artistique du journal pamphlétaire de Jean-Edern Hallier, l'Idiot international. Il participe encore à La Grosse Bertha avant de collaborer activement, de 1992 à la fin de sa vie, au nouveau Charlie Hebdo, dont il est directeur de la publication.

Œuvres[modifier | modifier le code]

L'An 01[modifier | modifier le code]

Le nom de Gébé est particulièrement connu du grand public pour sa bande-dessinée L'An 01, également adaptée en film. Comme l'explique Mona Chollet :

« L’An 01 a réellement commencé ce jour de printemps où Gébé, alors dessinateur à la SNCF, a décidé de tout arrêter ("Non ! j’arrête d’aller vendre, à trois heures d’ici aller-retour, huit heures de ma vie") et a voulu voir si ce désir était partageable avec d’autres. L’idée était toute simple : on arrête tout, on fait "un pas de côté".
Gébé développe d’abord sa bande dessinée dans Politique-Hebdo, avant de la reprendre en 1971 dans Charlie Hebdo, avec cette fois l’idée de faire de chaque planche le storyboard d’un film auquel les lecteurs sont invités à participer. Les gens lui écrivent, et, avec le réalisateur Jacques Doillon, il sillonne la France pour tourner avec eux les différentes séquences. Disposant d’un budget vingt-cinq fois moindre à celui d’une production normale (le CNC a refusé l’avance sur recettes), le film réunit quelque 300 acteurs improvisés, mais aussi Coluche, Gotlib, l’équipe d’Hara Kiri, la troupe du Splendid, Miou-Miou, et Gérard Depardieu dans son premier rôle au cinéma… Alain Resnais tourne une séquence new-yorkaise, et Jean Rouch, une séquence africaine. Sorti sur les écrans en septembre 1973, L'An 01, le film, fait un tabac, totalisant 500 000 entrées, tandis que la bande dessinée paraît aux éditions du Square au début de la même année[2]. »

Avec L'An 01, le mouvement libertaire et utopique de Mai 68 prend corps, et notamment l'espoir d'une société nouvelle plus libre, où l'on prend le temps de vivre loin des mirages de la consommation[3].

À l'occasion d'une deuxième réédition par L'Association, le site du9 propose une relecture de l'influence respective de la BD et du film sur la société de l'époque[4].

Albums dessinés[modifier | modifier le code]

Chronique historique[modifier | modifier le code]

Album d'art[modifier | modifier le code]

Romans-Photo[modifier | modifier le code]

Textes de chanson[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

En 1970, Gébé écrit le scénario du court-métrage On ne se dit pas tout entre époux, le premier film de Jacques Doillon, réalisateur ensuite du film L'An 01 adapté d'après son livre éponyme.

En 1974, il écrit et met en scène le court-métrage L'Inventaire, suivi en 1976 de La Mémoire, avec Philippe Léotard et Diane Kurys.

En 1984, il est l'auteur du scénario du téléfilm de Dolorès Grassian, Un homme va être assassiné avec Julien Guiomar.

Outre une apparition dans les deux films qu'il a écrit réalisés par Jacques Doillon, on voit brièvement Gébé en tant qu'acteur dans les films tournés par Claude Confortes à partir des œuvres de ses amis dessinateurs Wolinski (Le Roi des cons, 1981), Reiser (Vive les femmes, 1984) et Pichard (Paulette, la pauvre petite milliardaire, 1986)[6].

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • À quoi pensez-vous ?, Magnard éditeur, collection «Théâtre de la jeunesse», 1973

Sketches[modifier | modifier le code]

Nouvelles[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

Dans certaines bandes dessinées de Gotlib (la Rubrique-à-brac en particulier), le personnage du Commissaire Bougret a les traits de Gébé. En revanche, c'est le personnage revêtant les traits de René Goscinny qui se voit donner le nom de « Blondeaux Georges », le vrai nom de Gébé.

Parallèlement à ses activités de dessinateur à Hara-Kiri, Gébé a écrit à partir de 1965, des pièces radiophoniques pour Jean Bardin sur RTL. Il a également coanimé avec Goscinny, Fred et Gotlib l'émission Le feu de camp du dimanche matin sur Europe 1. Il a ensuite participé pendant plusieurs années à l'émission de France Culture Des Papous dans la tête.

Prix[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Insee, « Fichier des personnes décédées », sur data.gouv.fr, (consulté le 3 janvier 2020).
  2. « Périphéries - Gébé », sur peripheries.net (consulté le 20 mars 2021).
  3. Nelly Feuerhahn, « Gébé (1929-2004) », Encyclopædia Universalis, lire en ligne.
  4. « chronique: l'an 01 de Gébé », sur du9, (consulté le 8 décembre 2014)
  5. Christian Marmonnier, « Les Vertus du Clovis », BoDoï, no 42,‎ , p. 19.
  6. https://www.imdb.com/name/nm0350722/?ref_=tt_ov_dr

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gébé - Un pas de côté, Buchet-Chastel, coll. Les Cahiers dessinés, 2002
  • Gébé (int. par Pascal Paillardet), « L'Affranchi fidèle au poste », BoDoï, no 51,‎ , p. 6-7.

Liens externes[modifier | modifier le code]