Alain de Benoist

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Alain de Benoist
Description de cette image, également commentée ci-après
Alain de Benoist à la Deltastichting d'Anvers, le .
Nom de naissance Alain de Benoist de Gentissart[1]
Naissance (74 ans)
Saint-Symphorien (Indre-et-Loire)
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Formation
faculté de droit de Paris (droit constitutionnel)
Sorbonne (philosophie, sociologie, morale et sociologie, histoire des religions)

Alain de Benoist, né le à Saint-Symphorien (Indre-et-Loire, commune aujourd'hui rattachée à Tours), est un philosophe[2] et journaliste français.

Il est le principal représentant du mouvement dit de la « Nouvelle Droite » depuis la fin des années 1970.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et formation[modifier | modifier le code]

Fils d'Alain de Benoist (1902-1971), inspecteur général des ventes, et de Germaine Langouët (1908-1981), après des études secondaires dans les lycées parisiens Montaigne et Louis-le-Grand, Alain de Benoist étudie ensuite le droit constitutionnel à la faculté de droit de Paris, puis la philosophie, la sociologie et l'histoire des religions à la Sorbonne.

Carrière[modifier | modifier le code]

Ayant rejeté le christianisme de son éducation, il devient, à l'âge de dix-sept ans, journaliste politique en rédigeant sous le pseudonyme de « Cédric de Gentissard » quelques articles[réf. nécessaire] pour le mensuel d'Henry Coston, Lectures françaises[3].

En 1961, il fait la connaissance d'Amaury de Chaunac-Lanzac, futur François d'Orcival. Il rédige avec lui le journal clandestin de l'OAS Métro, France Information[4].

Il adhère à la Fédération des étudiants nationalistes (FEN) et, en 1962, il prend en charge le secrétariat des Cahiers universitaires, revue de la FEN, et entre en contact avec Dominique Venner et le groupe fondateur d’Europe-Action, dont il ne tarde pas à devenir l'un des principaux collaborateurs.

Dans ses premiers livres, Salan devant l'opinion, Le Courage est leur patrie, Vérité pour l'Afrique du Sud[5], publiés respectivement en 1963 et 1965, le deuxième en collaboration avec François d'Orcival et le dernier avec Gilles Fournier, il prend la défense de l'Algérie française et de l'Organisation armée secrète ainsi que du régime d'apartheid en Afrique du Sud, avant de se tourner vers la philosophie politique (à travers la lecture de Louis Rougier, qui influencera sa critique du christianisme), laquelle lui fait découvrir un univers conceptuel dont « les militants nationalistes ne soupçonnaient pas l'existence, et dont ils n'auraient vraisemblablement pas aperçu les possibles exploitations idéologiques », selon Pierre-André Taguieff[6].

Parmi les fondateurs, en 1968, du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE), principal mouvement du courant que les médias ont baptisé « Nouvelle Droite », il signe la même année pour la première fois sous son nom dans la revue Nouvelle École, pour un article titré « Le LSD et les altérations du stock héréditaire »[7].

Il collabore aussi à Éléments (dont il est éditorialiste depuis 1973), à Krisis (revue qu'il fonde en 1988), ainsi qu'au Figaro magazine, qu'il dut quitter au début des années 1980.

Son livre Vu de droite obtient le grand prix de l'Essai décerné en juin 1978 par l'Académie française. La même année, il aurait rédigé (avec Bruno Tellenne ou Pierre Vial[8]) l'ouvrage L'avenir n'est écrit nulle part, signé par Michel Poniatowski[9].

De 1970 à 1982, il travaille également au Spectacle du Monde. Il y collabore de nouveau épisodiquement entre le milieu des années 2000 et la fin du mensuel en 2014. Alain de Benoist s'est aussi fait connaître en participant à l'émission Panorama sur France Culture de 1980 à 1992.

En 1986, le « chef de file » de la Nouvelle Droite publie Europe, Tiers monde, même combat — dont le bandeau donne à lire : « Décoloniser jusqu'au bout ! » —, ouvrage qui prône le soutien aux luttes pour l'autonomie des peuples du Tiers monde et l'alliance avec celui-ci[10] contre l'impérialisme. Une vision déjà en germe dans les écrits antérieurs de l'auteur[11] et qui restera la sienne. Pour Christian Savés (du CNRS), Alain de Benoist a en effet conduit une « remarquable entreprise de démystification » de l'« idéologie ethnocidaire de l'Occident[12]. »[pas clair] Il a par ailleurs été fortement influencé par les penseurs liés à la Révolution conservatrice allemande comme Ernst Jünger et Armin Mohler[13].

Il anime à partir de 2014 l'émission Les Idées à l'endroit sur la chaîne TV Libertés[14]. Il intervient régulièrement dans les pages de la revue conservatrice allemande Junge Freiheit[15].

Ancien directeur de collection aux éditions Copernic (1977-1981) et Pardès (1989-1993), il dirige une collection[Laquelle ?] aux éditions du Labyrinthe (depuis 1982), et la collection « Classiques de la pensée politique » des Éditions L'Âge d'Homme (depuis 2003).

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il a épousé l'Allemande Doris Christians en 1971[16]. Ils ont deux enfants[16].

Engagements politiques[modifier | modifier le code]

Alain de Benoist ne cache pas avoir été dans sa jeunesse militant d'extrême droite, mais il se défend[17] depuis longtemps de tout penchant pour le racisme[18] et pour le totalitarisme, malgré les accusations[19],[20] dont il est régulièrement l'objet. Il fustige du même coup la « suspicion » qu'entraîne selon lui le règne de la « pensée unique », expression dont la Nouvelle Droite revendique la paternité[21].

Il n'a pour autant jamais refusé de dialoguer avec la droite radicale, avec laquelle il a toujours entretenu des relations épisodiques[22] : lui a ainsi été reproché d'avoir été publié en Allemagne par Grabert-Verlag, une maison d'édition soupçonnée de néonazisme[23]. Pour Roger Griffin, qui rappelle qu'Alain de Benoist s'est opposé aux considérations antimusulmanes et anti-immigration du Front national[24], la question même de son rattachement à l'extrême droite ne va pas de soi[25].

En 1999, il signe pour s'opposer à la guerre en Serbie la pétition « Les Européens veulent la paix »[26], initiée par le collectif Non à la guerre[27].

S'efforçant d'adopter un point de vue, il croise plusieurs références dans ses écrits et convie ainsi à leur appui aussi bien Karl Marx[28] que Martin Heidegger[29], Gustave Le Bon ou Friedrich Nietzsche. Son œuvre touche des thèmes divers tels que le paganisme[30], l'immigration[31], races, racismes et identités[32], l'antiaméricanisme[33], la construction européenne[34], la lutte contre le néolibéralisme[35], l'écologie[36], la philosophie politique, l'histoireetc.

Il est proche de Gabriel Matzneff, à propos de qui il affirma : « Qu’un écrivain déclare, comme la chose la plus naturelle du monde, qu’il préfère le commerce charnel des très jeunes personnes aux turpitudes classiques de ses contemporains, et il n’en faut pas plus — en pleine société permissive — pour le faire passer pour le Diable dans le Landerneau parisien[37] », ce dernier lui rendit hommage dans Yogourt et Yoga. Il se rapproche de Guy Hocquenghem, également pour l'abolition de la majorité sexuelle, qui dresse un portrait de lui dans Libération, « La Nouvelle droite, contre, tout contre », créant des remous dans une partie de la rédaction du quotidien[38].

Selon le site Buzzfeed, il apporte son suffrage à Jean-Luc Mélenchon au premier tour de l'élection présidentielle française de 2017[39].

Pseudonymes[modifier | modifier le code]

Outre son pseudonyme principal de Cédric de Gentissard, il en a utilisé plusieurs autres, notamment ceux de Fabrice Laroche (qu'il utilisait au début de sa carrière de journaliste), Robert de Herte (sous lequel il rédige les éditoriaux d’Éléments[40]) et David Barney, mais aussi Martial Laurent, Tanguy Gallien, Frédéric Laurent, Pierre Dolabella, Maxime Meyer, Jean-Pierre Dujardin, Frédéric Toulouze, Jean-Louis Cartry, Julien Valserre, Pierre Jacob ou Pierre Carlet[7].

Selon Pierre-André Taguieff, il a également participé (avec notamment Yves Christen) à l'ouvrage Race et Intelligence, signé « Jean-Pierre Hébert »[41] (1977)[42]. Il a aussi contribué sous le nom de « Maiastra » au collectif Renaissance de l'Occident ? (1979)[43].

Bibliothèque[modifier | modifier le code]

Sa bibliothèque, qui contient de 150 000[44] à 200 000 ouvrages[45], est la plus grande bibliothèque privée de France[46]. Elle est « dispersée dans deux maisons », l'une en Normandie et l'autre près de Versailles[47].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Autres publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christophe Bourseiller, L'Extrémisme. Enquête sur une grande peur contemporaine, CNRS éditions, 2012, p. 156
  2. Alain de Benoist a lui-même défini les trois axes principaux de sa pensée : « 1) la critique conjointe de l'individuo-universalisme et du nationalisme (ou de l'ethnocentrisme) en tant que catégories relevant l'une et l'autre de la métaphysique de la subjectivité. 2) la déconstruction systématique de la raison marchande, de l'axiomatique de l'intérêt et des multiples emprises de la Forme-Capital, dont le déploiement planétaire constitue à mes yeux la menace principale qui pèse aujourd'hui sur le monde. 3) la lutte en faveur des autonomies locales, liée à la défense des différences et des identités collectives, comme condition première d'un renouveau de la démocratie. » (Critiques-Théoriques, L'Âge d'Homme, 2003). Par ailleurs, interrogé sur la lignée idéologique dans laquelle il s'inscrivait, il a répondu : « Ma filiation, s'il en fallait une, ce serait plutôt : Rousseau, la Commune, le socialisme français (surtout Sorel et Pierre Leroux), les non-conformistes des années 30, la Révolution conservatrice allemande, le syndicalisme révolutionnaire italien et le situationnisme. Tirez-en ce que vous voulez... » (Revue du MAUSS, no 13, 1991, p. 129).
  3. Le jeune « Cédric de Gentissard » signa notamment certaines notices de l’épais numéro spécial de Lectures françaises (626 pages), Partis, Journaux et Hommes politiques d'hier et d'aujourd'hui (1960), telle celle consacrée à l'histoire de l'Action française[réf. nécessaire].
  4. Philippe Lamy (sous la dir. de Claude Dargent), Le Club de l'horloge (1974-2002) : évolution et mutation d'un laboratoire idéologique (thèse de doctorat en sociologie), Paris, université Paris-VIII, , 701 p. (SUDOC 197696295, lire en ligne), p. 86, n. 1.
  5. Dans cette brochure parue aux éditions Saint-Just, Gilles Fournier et Fabrice Laroche écrivent : « À l'heure de la décolonisation et de la négrification internationale, elle [l'Afrique du Sud] maintient avec succès un gouvernement blanc, fier de son œuvre et résolu à la poursuivre » (p. 8) et « nous sommes attachés à la nation blanche sud-africaine parce qu'elle est, en tant qu'État, le dernier fortin de l'Occident dont nous sommes issus » (p. 19).
  6. Sur la Nouvelle Droite. Jalons d'une analyse critique, Paris, Éditions Descartes et Cie, 1994, p. 136.
  7. a et b Lamy 2016, p. 91.
  8. Lamy 2016, p. 571.
  9. Sylvain Laurens, « Le Club de l'horloge et la haute administration : promouvoir l'hostilité à l'immigration dans l’entre-soi mondain », Agone no 54, 2014, p. 90(lire en ligne).
  10. Un des éléments sous-tendant cette recherche d'alliance est l'opposition radicale à l'Occident (conçu à la fois comme bloc et comme concept), dangereux tant pour l'Europe que pour le Tiers monde d'après Alain de Benoist, qui le désigne comme ennemi principal : « Ce qui menace aujourd’hui le plus l’Europe, ce n’est ni l’islam, ni l’islamisme ni le “choc des civilisations”. C’est l’Occident lui-même, dont l’être se réduit de plus en plus à la logique de la marchandise et à la réification des rapports sociaux. J’ai plusieurs fois employé l’expression de “Forme-Capital”, qui avait été lancée par Gérard Granel. Cette expression va très au-delà du capitalisme au sens étroit du terme. Elle définit le capital en tant que déstructuration généralisée de l’imaginaire symbolique, en tant qu’avènement d’un idéal de l’illimité (ce que Heidegger appelait le Gestell) dont la mise en œuvre entraîne de telles modifications anthropologiques qu’elle peut aboutir à l’effacement de l’humain comme tel. Je ne vois pas aujourd’hui d’ennemi plus puissant. C’est donc pour moi l’ennemi principal. » Cet entretien publié sur internet(2005).
  11. En 1974, Alain de Benoist écrivait : « À supposer que l'Europe veuille voir se briser la bipolarité née de Yalta qui l'empêche de trouver son unité, ce n'est pas vers les deux superpuissances qu'elle devra se tourner dans les années qui viennent mais bien vers la nation arabe et le peuple chinois, seules forces montantes susceptibles de restituer au jeu mondial des influences sa nécessaire pluralité », « Contre tous les racismes », Éléments, no 8-9, novembre 1974.
  12. Christian Savés, Sépulture de la démocratie : Thanatos et Politique, L'Harmattan, 2008, p. 73.
  13. (en) Tamir Bar-On, Where Have All the Fascists Gone?, Ashgate Publishing, Ltd., 2007, p. 29-30.
  14. « Les idées à l'endroit », TV Libertés (consulté le 6 septembre 2017)
  15. Rachel Knaebel, « Allemagne : comment la droite mène la bataille des idées », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  16. a et b « Alain de Benoist », sur whoswho.fr, .
  17. À plusieurs reprises, Alain de Benoist a expliqué en quoi il différait de la droite et de l'extrême droite et divergeait par rapport à elles. Citons, à titre d'exemples, l'entretien paru en 2005 dans le numéro 118 d’Éléments, ainsi que l'émission Regarde les hommes changer du , au cours de laquelle Frédéric Taddeï parle avec Benoist de son parcours.
  18. « La Nef n°284 Septembre 2016 », sur La Nef
  19. Interrogé par la revue américaine Telos sur les raisons de sa « démonisation », Alain de Benoist a, en préalable à l'explication de ce qu'il estime en être les raisons profondes, évoqué ce passé (traduction de l'anglais) : « Il serait facile de répondre que, voilà trente ans, je me suis, étant étudiant, engagé dans des organisations de droite radicale. Cela dans le contexte très spécial de la guerre d'Algérie, en un temps où la politisation de l'université était particulièrement intense. Quand j'ai lancé Nouvelle École, une partie de mes collaborateurs partageaient de semblables antécédents politiques. Ce fut le début d'une "longue marche", une évolution intellectuelle qui s'est étalée sur plus d'un quart de siècle. Malheureusement, un passé d'extrême droite rend un homme à tout jamais suspect, au contraire d'un passé d'extrême gauche, la plupart du temps facilement oublié et “pardonné” !... » (Interview with Telos, winter 1993/spring 1994).
  20. Si d'aucuns, tel le romancier Didier Daeninckx, ont dénoncé en Alain de Benoist un « nazi masqué ». Jacques Julliard, commentant en termes élogieux une préface d'Alain de Benoist, s'est ému qu'on ait fait de ce dernier « le réprouvé de nos lettres » (sur LCI, le 12 juillet 2007). Pour Anne-Marie Duranton-Crabol, Alain de Benoist est « à la fois le maître à penser de la Nouvelle Droite et un philosophe auquel son non-conformisme vaut des marques de reconnaissance dans des sphères très éloignées de l'extrême droite » (in Michel Winock et Jacques Julliard, Dictionnaire des intellectuels français : les Personnes, les Lieux, les Moments, Seuil, 2002). De fait, ce dernier est, davantage qu'en France, cité en Italie, où il entretient un dialogue cordial avec des intellectuels d'extrême gauche : d'après le sociologue italien Carlo Gambescia, dans un entretien accordé à Éléments (no 127, hiver 2008) : « Quant à l'influence d'Alain de Benoist en Italie, je la mettrais au même rang que celle qu'a eue voilà plus d'un siècle un autre grand penseur politique français, Georges Sorel : (...). De même que Sorel influença, fût-ce de manière critique, Antonio Gramsci (...), de même peut-on retrouver — en ligne directe ou indirecte, c'est encore difficile à dire —, des traits de la pensée d'Alain de Benoist chez des penseurs de gauche comme Pietro Barcellona, Costanzo Preve ou Danilo Zolo. » Sur les rapports intellectuels entre Benoist et Preve, on se reportera aux conversations publiées dans Éléments (no 115 et 116) : partie 1 ; partie 2.
  21. En septembre 1993, dans un éditorial d’Éléments titré « Maccarthysme : le retour », « Robert de Herte » (Alain de Benoist) écrivait : « Sait-on qu'il y a maintenant des “samizdats” qui fleurissent à Paris, sur le modèle de ceux qui circulaient clandestinement en Russie à l'époque soviétique ? C'est un signe des temps. À l'Est, on peut aujourd'hui tout dire. À l'Ouest, et singulièrement en France, la machine à ostraciser étend son emprise par cercles concentriques. Les grands journaux n'en forment déjà plus qu'un, les chaînes de télévision n'en font plus qu'une, les principaux partis politiques ont tous le même programme. Partout se met en place le système de la pensée unique.... » Cinq ans plus tard, il revenait, dans un nouvel éditorial, sur la signification et les manifestations de cette « pensée unique » : « Une société de clones », Éléments, no 88, 3 avril 1997.
  22. Les dialogues avec ce courant donnent souvent lieu à de vives polémiques. Ainsi, Dominique Venner ayant interpellé Alain de Benoist à propos de sa lecture de l'histoire de la droite, ce dernier a répliqué par une sévère critique des droites et de l'analyse de Venner (cf. « La droite en questions », Éléments, no 119, hiver 2005-2006). De tels échanges sont aussi parfois - ainsi qu'en témoigne cet entretien avec Terre et Peuple -, l'occasion pour Alain de Benoist de réfuter les convictions de ses interlocuteurs.
  23. Pierre-André Taguieff a contesté les accusations de « nazisme déguisé » amplifiées par cette publication dans un article paru aux États-Unis (et dans son livre cité plus haut) : « (...) Que le père, désormais décédé, de l'un de ses éditeurs allemands (Grabert-Verlag) ait été nazi [ne suffit pas] à établir son identité [celle de Benoist] de “nazi masqué” (...) ». (Pierre-André Taguieff, (en) « Discussion or Inquisition? The case of Alain de Benoist », Telos, op. cit.). De son côté, Alain de Benoist a, dans les mêmes colonnes, répondu à ces accusations, évoquant plusieurs de leurs déclinaisons (traduction de l'anglais) : « (...) Mes livres ont été traduits en six ou sept langues et par plus de quinze éditeurs étrangers (dont cinq en Allemagne). Certains se focalisent sur le seul livre qu’ils peuvent instrumentaliser (c’est-à-dire celui publié chez Grabert Verlag) et oublient les autres. Je suis un journaliste, et une partie de mon travail consiste à rencontrer, à m’associer avec plusieurs personnes. J’ai des relations et des amis de différentes convictions politiques. Les gens malhonnêtes sélectionnent les noms qu’ils peuvent utiliser, même s’ils ne sont que dix ou quinze, et ignorent les autres, même s’ils sont cent. Ils ne prêtent pas attention à ce qui est publié dans Nouvelle École, mais se concentrent sur ce que deux ou trois collaborateurs ont fait ou dit indépendamment de leur participation au journal. Il n’est pas besoin de discuter plus avant ce genre de méthodes. Ces gens ne représentent qu’eux-mêmes. Je ne sélectionne pas mes éditeurs (ils achètent les droits de mes livres et négocient directement avec mes éditeurs français). Être publié par tel éditeur n’implique pas adhésion au contenu de tout ce qu’il publie. (...) » (Interview with Telos, art. cit.).
  24. (en) Roger Griffin, Matthew Feldman, Fascism: Critical Concepts in Political Science, Taylor & Francis, 2004, p. 362.
  25. Ibid., p. 166.
  26. « Liste des personnalités signataires de l'Appel », sur nonguerre.chez.com.
  27. Renaud Dély, « L'extrême droite ratisse large contre les frappes de l'Otan. Le «Collectif non à la guerre» a tenu une réunion proserbe hier soir », sur liberation.fr, .
  28. Alain de Benoist a manifesté un intérêt pour la pensée de Marx (tendance concrétisée en 2004, à la faveur de la réalisation pour Éléments d'un dossier sur l'auteur du Capital) dont il a reconsidéré l'actualité. « Marx, dit-il, n'a pas seulement été l'un des premiers à expliquer de façon convaincante comment le capitalisme organise l'expropriation des producteurs sur laquelle il se fonde, il a surtout été celui qui, de manière véritablement géniale, a compris que le système capitaliste est un système anthropologique — ce que j'appelle moi-même la Forme-Capital — plus encore qu'un système purement économique. » (Rébellion, no 26, septembre-octobre 2007). On lira également son éditorial ouvrant le numéro d'Éléments consacré au penseur allemand.
  29. Selon Pierre-André Taguieff (op. cit.), la découverte (aux alentours de 1979-1982), de la pensée d'Heidegger a permis à Alain de Benoist de dépasser son nietzschéisme de jeunesse et « [d'atteindre] ce qu'il est convenu d'appeler la maturité intellectuelle. » Cf. sur ce point « Heidegger, critique de Nietzsche. Volonté de puissance et métaphysique de la subjectivité ».
  30. La publication en 1981 de Comment peut-on être païen ? a fait d'Alain de Benoist l'un des rares auteurs à proposer une interprétation philosophique du paganisme antique. Il s'agit dans sa perspective d'y avoir recours et non d'y faire retour : le paganisme d'Alain de Benoist ne consiste pas en une croyance dans la réalité des panthéons européens, mais en la recherche d'une vue-du-monde (Weltanschaung) proprement païenne. S'agissant de ce qui, selon le penseur, fait la singularité païenne, se reporter à « La religion de l'Europe », texte paru, un an avant son livre sur le sujet, dans la revue Éléments.
  31. Alain de Benoist voit dans l'immigration la conséquence d'une marchandisation/réification de l'humanité contraignant des peuples à s'arracher de leur terre pour fuir la misère, mais aussi l'instrumentalisation xénophobe dont le phénomène fait l'objet. La réponse qu'il fit à une question d'un journaliste de Junge Freiheit (parue dans l'édition du de cet hebdomadaire, l'intégralité de l'entrevue étant reprise dans C'est-à-dire, Les Amis d'Alain de Benoist, 2006) constitue un résumé de sa position :
    « (...) Les partis politiques spécialisés dans la dénonciation anti-immigrés ne sont rien d'autre que des partis démagogiques petits-bourgeois, qui essaient de capitaliser sur les peurs et les misères du monde actuel en pratiquant la politique du bouc émissaire. L'expérience historique nous a montré vers quoi conduisent de pareils joueurs de flûte ! Il faut ici distinguer l'immigration et les immigrés. L'immigration est un phénomène négatif, puisqu'elle est elle-même le fruit de la misère et de la nécessité, et les sérieux problèmes qu'elle pose sont bien connus. Il est donc nécessaire de chercher, sinon à la supprimer, du moins à lui enlever le caractère trop rapide et trop massif qui la caractérise actuellement. Il est bien évident qu'on ne résoudra pas les problèmes du Tiers-monde en conviant ses populations à venir en masse s'installer dans les pays occidentaux ! En même temps, il faut avoir une vue plus globale des problèmes. Croire que c'est l'immigration qui porte principalement atteinte à l'identité collective des pays d'accueil est une erreur. Ce qui porte atteinte aux identités collectives, c'est d'abord la forme d'existence qui prévaut aujourd'hui dans les pays occidentaux et qui menace de s'étendre progressivement au monde entier. Ce n'est pas la faute des immigrés si les Européens ne sont plus capables de donner au monde l'exemple d'un mode de vie qui leur soit propre ! L'immigration, de ce point de vue, est une conséquence avant d'être une cause : elle constitue un problème parce que, face à des immigrés qui ont souvent su conserver leurs traditions, les Occidentaux ont déjà choisi de renoncer aux leurs. L'américanisation du monde, l'homogénéité des modes de production et de consommation, le règne de la marchandise, l'extension du marché planétaire, l'érosion systématique des cultures sous l'effet de la mondialisation entament l'identité des peuples beaucoup plus encore que l'immigration. (...) »
    Sur la question, cf. également « L'immigration autrement ».
  32. Cf. « Contre tous les racismes », art. cit., et, plus représentatif de son approche actuelle, « Qu'est-ce que l'identité ? »
  33. L'antiaméricanisme est, pour Pierre-André Taguieff (op. cit.), la « passion négative » d'Alain de Benoist, qui, par sa radicalité (cf. notamment Orientations pour des années décisives, Labyrinthe, 1982), lui a fait perdre, au tournant des années 1980, toute « respectabilité » dans les milieux de droite conservateurs, anticommunistes et libéraux (ainsi son exclusion de la presse Bourgine), sans pour autant lui attirer les bonnes grâces de la gauche : « Qu'Alain de Benoist ait payé un tel prix pour le maintien de ses positions sur les États-Unis et le communisme [entre lesquels il refusait de choisir] est un indicateur de ce que, pour cet intellectuel atypique, les “idées” comptent. Étrangement, ce théoricien de la “stratégie culturelle” s'est, au moins sur ce point, montré bien peu, ou fort mauvais, stratège. Comme si la logique de l'idée avait chassé les considérations d'opportunité, comme si l'idéologique avait fait oublier le pragmatique. » Pour nuancer cet « anti-américanisme », cf. « L'Amérique qu'on aime », Éléments, no 116, printemps 2005.
  34. L'itinéraire d'Alain de Benoist est marqué par un très fort attachement à l'Europe, tant comme civilisation historique que comme construction politique. L'Europe est en quelque sorte le « combat » de sa vie : « L'attachement passionné à l'Europe, confie-t-il, est certainement un des ressorts les plus puissants qu'il y ait chez moi. Je me définis comme un Européen : comme un homme qui, partout en Europe, se sent chez lui. Peut-être même pourrait-on dire que la volonté de voir l'Europe se réapproprier ce qui la fonde en propre, de la voir reconquérir sa liberté et proposer au monde un modèle, à la fois “impérial” et organique, d'existence commune, constitue le point le plus fixe de mon évolution personnelle. » (« Vers de nouvelles convergences », entretien avec A. de Benoist, Éléments, no 56, décembre 1985-février 1986, p. 16, cité dans P.-A. Taguieff, op. cit., p. 265). Pour de récentes réflexions sur l'évolution européenne (sur laquelle il porte un regard très critique), on se reportera au dossier du no 127 d'Éléments (hiver 2008) : « Alain de Benoist : On peut encore sauver l'Europe ! ».
  35. À travers plusieurs analyses et articles, Alain de Benoist a entrepris de saper l'édifice théorique du néolibéralisme (cf. par exemple « Contre Hayek »). Il va même jusqu'à voir dans les traductions actuelles du capitalisme libéral une réalisation des intentions totalitaires plus achevée encore que celles du communisme soviétique et du national-socialisme : lire à ce sujet « À propos du totalitarisme » (2004).
  36. S'intéressant à la question écologique dans ses implications philosophiques (cf. par exemple « La nature et sa “valeur intrinsèque” »), Alain de Benoist s'est, depuis la parution du no 119 d'Éléments (hiver 2006), affirmé comme un des penseurs de la décroissance, — y consacrant notamment un ouvrage en 2007 —, ce qui a suscité une polémique parmi les partisans de celle-ci. Pour une analyse critique des théories d’Alain de Benoist, cf. Jean-Louis Prat, « La décroissance est-elle réactionnaire ? », Revue du Mauss permanente, 10 avril 2008.
  37. Pierre Verdrager, L'Enfant interdit – Comment la pédophilie est devenue scandaleuse, Paris, Armand Colin, coll. « Individu et société », 2013, 344 p. (ISBN 978-2200286439), p. 90-92.
  38. Quand Onfray remet la gauche à sa place, marianne.net, 9 mars 2015
  39. (en) Pierre Buet et J. Lester Feder, « The Man Who Gave White Nationalism A New Life », sur buzzfeed.com, « His first choice in the French election was the leftist candidate Jean-Luc Mélenchon. ».
  40. À partir du no 157 d’Éléments, paru en octobre 2015, Alain de Benoist cesse de signer son éditorial avec le nom de plume « Robert de Herte ».
  41. Lamy 2016, p. 162.
  42. notice BnF no FRBNF34587084.
  43. Lamy 2016, p. 268.
  44. Daoud Boughezala, « Alain de Benoist : un intellectuel aux antipodes », sur causeur.fr, .
  45. François-Laurent Balssa, « Alain de Benoist à coeur ouvert », sur lespectacledumonde.fr, .
  46. « Alain de Benoist », sur franceculture.fr, .
  47. « Alain de Benoist, propriétaire de l'une des plus grandes bibliothèques privées d'Europe », sur revue-krisis.com, .

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]