Patrick Geddes

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Patrick Geddes, vers 1886.
Valley Section, 1909.png
Masterplan pour Tel Aviv, 1925, 1925

Sir Patrick Geddes (né le 2 octobre 1854 à Ballater, Aberdeenshire, et mort le 17 avril 1932 à Montpellier) est un botaniste et biologiste écossais, connu aussi comme un penseur novateur dans le domaine de l'urbanisme et de l'éducation. Il est également connu pour avoir inventé le terme « conurbation »[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il étudia au Royal College of Mines de Londres sous Thomas Henry Huxley entre 1874 et 1878 et donna des conférences en zoologie à l'université d'Édimbourg de 1880 à 1888. Il occupa la chaire de botanique à l'Université de Dundee de 1888 à 1919, et la chaire de sociologie à l'Université de Bombay de 1919 à 1924. Il fut anobli en 1932, peu avant sa mort.

Geddes partage la conviction de John Ruskin que les processus sociaux et la forme qu'ils prennent dans l'espace sont liés. En modifiant leur forme, il est donc possible de changer la structure sociale. Cela était particulièrement important à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, lorsque l'industrialisation transformait radicalement les conditions de vie.

Il est devenu célèbre pour ses pratiques innovantes en sociologie comme en pédagogie, mais aussi pour avoir mis en évidence la nécessité de préserver des ceintures vertes autour des villes[2] et pour avoir conceptualisé entre autres les notions de biorégionalisme, conurbation ou architecture du paysage. Patrick Geddes, en effet, fut le premier à se définir comme architecte de paysage, termes repris ensuite à titre professionnel par la firme de Frederick Law Olmsted [3]. Il concevait un parc urbain pratiquement comme une «cathédrale laïque pour la cité», un écosystème équilibré entre passé et présent qui laisse le futur ouvert, tout en permettant de développer le sens civique des habitants, à l'égal du musée ou de l'université[4].

De retour en Europe en 1924 après un séjour en Inde où il perdit son épouse et un fils, il s'établit avec sa fille Norah à Montpellier, ville dont les liens avec le vitalisme écossais étaient déjà florissants au siècle des Lumières[5]. Dans le sillage d'un précédent séjour en 1890 sur invitation de son ami enseignant et biologiste Charles Flahaut, il y fonda le Collège des Écossais, centre d'enseignement et de recherche en écologie pour étudiants de toutes provenances. Au milieu d'un parc formé de jardins thématiques où «son écologie humaine unit la nature et la civilisation»[5], il fit construire des pavillons pour étudiants et une outlook tower semblable à celle édifiée pour la rénovation de l'Old Town d'Edimbourg[6]. Le site entier du Collège des Écossais, pavillons et parc, a été classé monument historique en décembre 2013 [7].

Patrick Geddes a considérablement inspiré l'œuvre de Lewis Mumford qui, sans l'avoir jamais rencontré, le cite constamment comme «my master Patrick Geddes». Mike Davis, quant à lui, va jusqu’à l’inscrire en exergue de son essai Le pire des mondes possibles[2] sur l’emprise croissante des bidonvilles dans toutes les grandes métropoles :

« Taudis, demi-taudis et supertaudis, telle est la cité dans la perspective du progrès[8]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Patrick Geddes and the Digital Age, CASA News
  2. a et b Mike Davis, Le pire des mondes possibles – De l’explosion urbaine au bidonville global, 2006, traduit par Jacques Mailhos, La Découverte, 2006, 2007
  3. Site web Garden visit, cf. en ligne
  4. Cf. Matteo Vercelloni et Virgilio Vercelloni, L’invenzione del giardino occidentale, Jaca Book, 2009, à propos du parc Pittencrieff à Dunfermline, acheté en 1902 par Andrew Carnegie, qui demanda à Geddes et à Thomas Mawson, autre architecte paysagiste, de concevoir son aménagement. Même si aucun des deux projets ne fut finalement retenu, tous les deux influencèrent considérablement le dessin du parc actuel et restent des modèles en matière d’architecture du paysage.
  5. a et b Cf. Sabine Kraus, «The Scots College: a stagecraft of Geddes's Thought» [1]
  6. Rénovation qu'il définissait comme «conservative surgery», chirurgie conservatrice. Cf. Sabine Kraus, «The University Militant — Patrick Geddes in his Time» en ligne
  7. Cf. en ligne
  8. Patrick Geddes, La Cité à travers l’histoire, traduit par Guy Durand et Gérard Durand, Le Seuil, 1964

Liens externes[modifier | modifier le code]

Geddes est l’abréviation botanique officielle de Patrick Geddes.
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