Université de Picardie

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Université de Picardie Jules Verne
Université de Picardie-Jules-Verne
Université de Picardie-Jules-Verne
Nom original UPJV
Informations
Fondation 1969
Type Université publique (EPSCP)
Régime linguistique Français
Localisation
Coordonnées 49° 52′ 36″ nord, 2° 15′ 53″ est
Ville Amiens
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Direction
Président Mohammed Benlahsen
Chiffres clés
Étudiants 28 000
Divers
Site web www.u-picardie.fr

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L’université d’Amiens[1] ou université de Picardie-Jules-Verne, de nom d’usage université de Picardie Jules Verne (UPJV), est une université française créée en 1969, dont le siège est à Amiens mais qui dispose de campus dans plusieurs villes de la région des Hauts-de-France.

Histoire[modifier | modifier le code]

Si l'université de Picardie n'a été créée qu'en 1969-1971, l'enseignement universitaire remonte à 1804, année de la création de l'École de santé.

1804-1942 : l'École de santé et une éphémère faculté des lettres[modifier | modifier le code]

L'École de santé est organisée à partir de mars 1804, à l'initiative de la Société médicale d'Amiens et de la commission administrative des hospices d'Amiens. L'inauguration a lieu le 22 germinal an XII (12 avril 1804) et les cours commencent le 15 vendémiaire an XIII ()[2]. L'École est installée à l'Hôtel-Dieu, le laboratoire d'histoire naturelle et le jardin des plantes servant pour les cours de botanique. L'école forme alors essentiellement des officiers de santé.

En 1808, le décret organisant l'Université impériale fait d'Amiens le siège d'une académie. Elle doit donc théoriquement abriter une faculté des lettres et une faculté des sciences. En fait, seule la faculté des lettres voit le jour le . Elle est toutefois supprimée avec une dizaine d'autres par une décision du Conseil royal de l'instruction publique, confirmée par une ordonnance de Louis XVIII le [3].

À la suite de la réorganisation des études de médecine en 1820-1821, l'École de santé est soumise au régime universitaire et prend le nom d'École secondaire de médecine et de pharmacie[4].

En 1840-1841, une nouvelle réforme transforme l'École secondaire en École préparatoire de médecine et de pharmacie. L'établissement est rattaché à l'académie de Douai mais reste financé par la commune et le département[5]. En 1883, la ville installe rue Henri-IV (en face de la cathédrale), une annexe comprenant notamment des laboratoires.

La loi du supprime le titre d'officier de santé, obligeant tous ceux qui veulent faire de la médecine à obtenir le titre de docteur. Dans ces conditions, certains élus estiment que l'École préparatoire n'a plus lieu d'être. Un débat acharné, au cours duquel Jules Verne prend la défense de l'École, a lieu au conseil municipal qui décide finalement du maintien de l'École par 13 voix contre 12[6]. En 1896, les cours sont transférés dans le quartier Saint-Leu et l'annexe de la rue Henri-IV est abandonnée. Les étudiants de médecine ne peuvent suivre à Amiens que le certificat de physique, chimie et sciences naturelles puis les trois premières années de médecine, après quoi ils doivent rejoindre une faculté (Paris ou Lille) pour le doctorat[7].

En 1918, les événements conduisent à transférer brièvement l'École préparatoire d'Amiens à Rouen. En revanche, les bombardements de 1940 entraînent la destruction complète de l'Hôtel-Dieu et des locaux de l'École. Les cours sont alors déplacés à l'ancien évêché, actuelle École supérieure de commerce d'Amiens[8].

1942-1971 : développement des formations universitaires et création de l'université[modifier | modifier le code]

En 1942, pour pallier les difficultés d'accès aux UFR de droit de Lille et de Paris, un enseignement juridique est créé à Amiens par convention entre la ville, l'université de Lille et la faculté de droit de cette ville. Ces enseignements s'installent à leur tour dans l'ancien évêché[9]. Par un décret du 10 février 1955, l'École préparatoire de médecine et de pharmacie est transformée en École nationale de médecine et de pharmacie, qui a le statut d'institut d'université et est rattachée à la faculté de médecine de Lille[10]. Cette école s'installe progressivement dans de nouveaux locaux, situés rue Frédéric-Petit, dans l'ancien collège des Prémontrés.

En 1958, l'offre de formation est complétée par la création d'un collège scientifique universitaire (CSU) et d'une École supérieure de lettres, rattachés également à Lille. Il se constitue la même année un informel « centre universitaire d'Amiens » chargé des questions communes à l'ensemble des formations.

Dans les années qui suivent, l'enseignement universitaire d'Amiens cherche à gagner en autonomie en souhaitant devenir une université à part entière. Cependant, les services du ministère refusent de créer une université dans une ville qui n'est pas le siège d'une académie[11]. La difficulté vient des hésitations des représentants du département de l'Aisne qui se sentent plus proches de Reims que d'Amiens et revendiquent, si une nouvelle académie doit être créée, d'en fixer le siège à Saint-Quentin, jugée plus centrale. Si la demande ne reçoit pas d'écho favorable du gouvernement, le ministre de l'Éducation nationale promet toutefois à la ville la création d'un enseignement supérieur scientifique, ce qui sera chose faite en 1964 avec la création d'un CSU[12].

Cette même année 1964 voit finalement la création de l'académie[13], notamment grâce à l'intervention de Robert Mallet qui en devient recteur. C'est aussi en 1964 que sont inaugurés les bâtiments du CSU à Saint-Leu, à l'emplacement de l'ancien Hôtel-Dieu.

En 1965, le Conseil des établissements d'enseignement supérieur est créé et un premier Guide de l'étudiant est publié[14]. Les enseignements de lettres et de droit s'installent à leur tour rue Frédéric-Petit.

C'est à cette époque également que commencent les travaux de construction du Campus, prévus pour abriter, à terme, la totalité des formations universitaires, ce qui ne se produira pas.

En 1966, l'École nationale de médecine et de pharmacie est érigée en faculté de médecine, mais le même décret prévoit la suppression progressive des enseignements de pharmacie[16]. La nouvelle faculté reste rattachée à l'université de Lille.

Au cours des événements de mai 1968, les collèges juridique, scientifique, littéraire s'autoproclament facultés[17].

Devant les revendications et à la suite des modifications législatives intervenues entre-temps (Loi Faure), le gouvernement revient sur sa décision prise en 1966 et crée une faculté mixte de médecine et de pharmacie à Amiens.

Finalement, le 27 mars 1969, l'université d'Amiens est créée par un arrêté. Elle regroupe :

  1. l'UER mixte de médecine et de pharmacie ;
  2. les anciens CES d'Amiens et de Saint-Quentin renommés UER de sciences exactes et naturelles ;
  3. l'UER de lettres et sciences humaines ;
  4. l'UER de droit et de sciences économiques ;
  5. les instituts universitaires de technologie qui viennent d'être créés[18].

Un conseil provisoire est chargé de gérer l'université et surtout d'élaborer les nouveaux statuts. Le conseil décide en octobre 1969 de changer le nom de l'université en université de Picardie, ce qui donne lieu à des contestations de ceux qui pensent qu'il pourrait y avoir d'autres université en Picardie. La nouvelle université obtient cependant gain de cause sur la question du nom.

Les statuts sont finalement approuvés par un arrêté du 17 novembre 1970, donnant lieu à l'élection des premiers conseils statutaires (conseil d'administration et conseil scientifique) et celle du premier président de l'unviersité, Dominique Taddeï, le 16 mars.

Depuis 1971 : développement et transformations de l'université de Picardie[modifier | modifier le code]

Depuis 1971, l'université s'est développée en gagnant en intérêt auprès des étudiants picards, qui peuvent désormais suivre leurs études à Amiens voire dans d'autres villes de la région jusqu'au troisième cycle.

L'université s'est ainsi implantée dans les trois départements de Hauts-de-France, notamment à Beauvais et à Soissons.

À Amiens, les enseignements de droit et de lettres ont rejoint le campus en 1971.

Pour les UFR de médecine et de pharmacie (distinctes depuis 1974), l'installation au campus reste longtemps un projet[19], mais devant les divers retards pris, il est finalement décidé en 1987 de les déplacer à l'ancien hospice Saint-Charles[20]. Commencée à partir de 1991, l'installation s'achève avec l'ouverture de la bibliothèque en 2002[21].

Les UFR de droit et d'économie ont retrouvé le centre ville à partir de 1997.

Historique des présidents[modifier | modifier le code]

Période Identité Qualité
- Dominique Taddei Professeur d'économie
- Roland Pérez Professeur de sciences de gestion
- Bernard Rousset Professeur de philosophie
- Francis Perdu Professeur de sciences physico-chimiques et de technologies pharmaceutiques
- Bernard Némitz Professeur d'anesthésiologie et réanimation chirurgicale
- Paul Personne Professeur de biologie cellulaire
- Bernard Risbourg Professeur de médecine
- Gilles Demailly Professeur de chimie
- Georges Fauré Maître de conférences HDR en droit
- Michel Brazier Professeur en pharmacie
- Christian Morzewski A assuré l'intérim
- Mohammed Benlahsen Professeur de physique

Implantations[modifier | modifier le code]

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City locator 14.svgImplantations de l'université de Picardie dans la région Hauts-de-France
City locator 3.svgPréfecture de région.
City locator 4.svgPréfectures de département.

Les services centraux de l'université se trouvent à Amiens comme la plupart des enseignements et des équipes de recherche. L'UPJV à Amiens est organisée en pôles situés en différents lieux :

  • le pôle « Campus » (chemin du Thil, allée P. Grousset et avenue des facultés - Amiens sud) : UFR d'histoire et de géographie, UFR de cultures et langues étrangères, UFR de philosophie, sciences humaines et sociales, UFR des lettres, UFR des sciences du sport et IUT d'Amiens ;
  • le pôle scientifique Saint-Leu (rue Saint-Leu) : UFR de mathématiques et d'informatique et UFR de sciences ;
  • le pôle « Cathédrale » (centre-ville, placette Lafleur) : UFR d'économie et de gestion, UFR de droit et science politique, institut d'administration des entreprises (IAE), institut de préparation à l'administration générale (IPAG) ;
  • le pôle « santé » (centre-ville, 1 et 3 rue des Louvels) : UFR de médecine et UFR de pharmacie ;
  • le pôle des arts se trouve seul rue des Teinturiers au nord de l'ESIEE (quartier Saint-Maurice) ;
  • le pôle « Citadelle » (première phase livrée en 2015, deuxième phase en construction) doit créer à terme un pôle « humanités » en accueillant, à proximité immédiate du pôle des arts, les UFR de lettres, histoire et géographie, cultures et langues étrangères, philosophie, sciences humaines et sociales, ainsi que l'ESPE. La place libérée au campus servirait par ailleurs au transfert des UFR de médecine et pharmacie, dans une proximité pertinente avec le centre hospitalier universitaire, l’hôpital psychiatrique Philippe Pinel, les deux IFSI d'Amiens, et le pôle hospitalier privé de la vallée des Vignes. Différents projets évoquent l'avenir des locaux de l'actuel pôle santé en centre-ville dans cette configuration, mais rien n'est établi.

Toutefois, l'UPJV est également implantée à :

Enseignements et recherche[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

L'UPJV est une université pluridisciplinaire qui assure la formation des étudiants dans presque tous les domaines de la connaissance. Elle est d'ailleurs organisée en quatre domaines :

Relation internationales[modifier | modifier le code]

Recherche[modifier | modifier le code]

Pour la recherche, l'UPJV dispose de 34 équipes de recherche, dont 16 sont rattachées à l'école doctorale lettres, sciences humaines et sociales (les équipes TRAME, CERCLL, CORPUS, PIPS, CURAPP, etc.), et 18 à l'école doctorale sciences et santé.

L'UPJV publie chaque trimestre un bulletin d'informations, JV'Magazine.

Vie étudiante[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

Évolution démographique de la population universitaire

2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008
20 125[22] 19 513[23] 19 769[24] 20 729[25] 20 627[26] 20 889[27] 20 916[28] 20 334[29] 21 826[30]
2009 2010 2011 2014 2015 2016 - - -
22 448[31] 22 243[32] 22 757[33] 25 000[34] 26 054[34] 28 000 - - -

Personnalités liées[modifier | modifier le code]

Enseignants et anciens enseignants[modifier | modifier le code]

Anciens étudiants[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Décret no 2000-250 du portant classification d’établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel.
  2. Némitz, p. 36.
  3. Coutant, p. 9-10.
  4. Némitz, p. 59.
  5. Némitz, p. 69.
  6. Némitz, p. 84.
  7. Némitz, p. 87.
  8. Némitz, p. 92.
  9. Coutant, p. 10.
  10. Némitz, p. 94.
  11. Elle l'a été de 1808 à 1848 et de 1850 à 1854.
  12. Coutant, p. 31.
  13. Décret no 64-525 du 9 juin 1964.
  14. Coutant, p. 48-51.
  15. Némitz, p. 100.
  16. Décret no 66-872 du [15].
  17. Coutant, p. 100.
  18. Coutant, p. 135.
  19. Némitz, p. 118-129.
  20. Némitz, p. 130-132.
  21. Némitz, p. 139.
  22. Jean-Richard Cytemann, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2001, Imprimerie nationale, p. 161, (ISBN 2-11-092136-6), consulté sur http://www.education.gouv.fr le 10 août 2010.
  23. Jean-Richard Cytemann, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2002, Imprimerie nationale, p. 159, (ISBN 2-11-092152-8), consulté sur http://www.education.gouv.fr le 10 août 2010.
  24. Claudine Peretti, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2003, Imprimerie nationale, p. 155, (ISBN 2-11-093455-7), consulté sur http://www.education.gouv.fr le 10 août 2010.
  25. Claudine Peretti, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2004, Imprimerie nationale, p. 159, (ISBN 2-11-094345-9), consulté sur http://www.education.gouv.fr le 10 août 2010.
  26. Claudine Peretti, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2005, Imprimerie nationale, p. 175, (ISBN 2-11-095390 X), consulté sur http://www.education.gouv.fr le 10 août 2010.
  27. Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2006, Imprimerie nationale, p. 179, consulté sur http://www.education.gouv.fr le 10 août 2010.
  28. Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2007, Imprimerie nationale, p. 181, consulté sur http://www.education.gouv.fr le 10 août 2010.
  29. Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2008, Imprimerie nationale, p. 173, consulté sur http://www.education.gouv.fr le 10 août 2010.
  30. Daniel Vitry, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2009, Imprimerie moderne de l’Est, p. 175, (ISBN 978-2-11-097805-9), consulté sur http://www.education.gouv.fr le 10 août 2010.
  31. Michel Quéré, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2010, Imprimerie moderne de l’Est, p. 173, (ISBN 978-2-11-097819-6), consulté sur http://www.education.gouv.fr le 17 septembre 2010.
  32. Michel Quéré, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2011, Imprimerie moderne de l’Est, p. 175, (ISBN 978-2-11-097810-3), consulté sur http://www.education.gouv.fr le 2 septembre 2011.
  33. Michel Quéré, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, édition 2012, Imprimerie moderne de l’Est, p. 177, (ISBN 978-2-11-099368-7), consulté sur http://www.education.gouv.fr le 30 août 2012.
  34. a et b Direction de la communication de l'UPJV - guide de l'étudiant.
  35. Jacques Bertoin, « Najat Belkacem, la vie en rose », Jeune-afrique.com, 18 mars 2007.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Stéphane Coutant, Naissance et constitution de l'université de Picardie (1960-1971) (mémoire de DEA en sciences de l'éducation), Amiens, . 
  • Fabien Leroy, L’Histoire de l'hôpital d'Amiens de 1926 à 1966 et de l'école de médecine d'Amiens de 1804 à 1966 (thèse d'exercice), , 80 p..
  • Églantine Némitz, Histoire de l'École de santé d'Amiens : de l'École pratique aux facultés de médecine et de pharmacie (1804-2004) (thèse d'exercice), Amiens, , 213 p. 
  • Agence d'Évaluation de la Recherche et de l'Enseignement Supérieur (AERES), AERES-S1-Picardie, Rapport d'évaluation, , 32 p..

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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