Zone à défendre

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Construction de cabanons dans la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.
Campement autour d'un émetteur radio à la ZAD du barrage de Sivens.

L'expression zone à défendre (ZAD) est un néologisme militant utilisé pour désigner une forme de squat à vocation politique, la plupart du temps à l'air libre, et généralement destinée à s'opposer à un projet d'aménagement[1],[2],[3]. Les ZAD sont notamment constituées dans des espaces ayant une dimension environnementale ou agricole[4], mais l'appellation a été également utilisée par des occupations en milieu urbain, par exemple à Rouen ou encore à Décines-Charpieu[5],[6].

S’il n’existe pas de chiffre officiel, il y aurait en France début 2016 entre 10 et 15 zones à défendre[7].

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'acronyme « ZAD » est un détournement de zone d'aménagement différé[8],[9].

Histoire[modifier | modifier le code]

Apparu en France au début des années 2010, le terme a été popularisé lors des oppositions de citoyens au projet de construction de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, au nord de Nantes. Le mouvement des ZAD trouve ses origines dans la contestation de grands projets déclarés d'utilité publique mais contestés à la fois au nom de la défense de l'environnement, du droit des populations locales à décider de l'avenir de leurs territoires (au prix s'il le faut d'un conflit avec les autorités) et du rejet d'une conception de l'économie productiviste. En France, les antécédents les plus célèbres au mouvement des ZAD sont la lutte du Larzac (1971-1981)[10], les manifestations contre le projet de centrale nucléaire à Creys-Malville, dans l'Isère, en 1977 et à Plogoff à la fin des années 1970 et au début 1980.

Les ZAD se sont multipliées en France après l'évacuation manquée de celle de Notre-Dame-des-Landes à l'automne 2012[11]. L'une des premières à se monter après l'échec de l'évacuation de la ZAD serait la ferme des Bouillons, près de Rouen, occupée contre un projet immobilier du groupe Auchan[12] dès l'hiver 2012. Outre le cas de Notre-Dame-des-Landes, les cas les plus connus sont ceux de l'opposition au projet du barrage de Sivens, dans le Tarn et au Center Parcs de la forêt de Chambaran, en Isère. L'un des premiers slogans du mouvement est « Zad partout ».

La ZAD a été utilisée comme mode d'expression politique, sans la dimension de contestation d'un projet d'aménagement, à Rouen, à la suite de la mort du militant écologiste Rémi Fraisse à Sivens. Pendant trois jours, des militants construisent un village de palettes devant le Palais de justice de Rouen pour interpeller les passants sur la répression policière[13] avant d'être évacués par les forces de l'ordre.

Sociologie[modifier | modifier le code]

Le terme « ZAD » est entre autres employé par des militants, souvent issus des milieux écologistes radicaux et anticapitalistes[3], qui utilisent les zones occupées en question pour y développer des projets à vocation politique et/ou sociale. Les militants animant une ZAD sont surnommés les « zadistes »[14].

Usage du mot[modifier | modifier le code]

En , les termes « ZAD » et « zadistes » ont été déposés à l'INPI par René Leblanc, ancien maire de Quelneuc et opposant à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, qui dit avoir voulu ainsi éviter leur récupération à des fins mercantiles[8].

En 2015, le terme « zadiste » entre dans le dictionnaire Le Petit Robert version 2016 « Militant qui occupe une ZAD pour s'opposer à un projet d'aménagement qui porterait préjudice à l'environnement[15],[16]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rémi Barroux, Au pays des frondes contre les projets « inutiles », Le Monde, .
  2. Notre-Dame-des-Landes inspire d'autres protestations, La Croix, .
  3. a et b L'idéologie des Zadistes, France Inter, .
  4. Une ZAD voit le jour au milieu des champs près d’Agen, Reporterre, .
  5. A Lyon, expulsion de la première ZAD… mais la deuxième résiste toujours, Reporterre, .
  6. Une journée sur la Zad urbaine de Rouen - expulsée vendredi matin, Reporterre, .
  7. « Zones à Défendre : les aménageurs face à une nouvelle contrainte », sur www.lagazettedescommunes.com,‎ (consulté le 23 février 2016).
  8. a et b Un militant anti Notre-Dame-des-Landes dépose les marques « Zad » et « Zadistes », Le Figaro, .
  9. Comment le mot « zadiste » s'est intégré dans le langage courant, Le Figaro, .
  10. Notre-Dame-des-Landes n’est pas le Larzac (même si ça y ressemble), Rue89, .
  11. « D’une ZAD à l’autre, tour d’horizon des conflits environnementaux », sur www.lemonde.fr,‎ (consulté le 23 février 2016).
  12. « Les militants de Notre-Dame-des-Landes tentent de disséminer leur mouvement », sur www.lemonde.fr,‎ (consulté le 23 février 2016).
  13. « À Rouen, la ZAD urbaine s’installe dans le paysage », sur Reporterre (consulté le 9 février 2016).
  14. (en) In France, Dam Is the Catalyst for a Flood of Young People’s Anger, The New York Times, .
  15. Le Petit Robert 2016.
  16. Presse-Océan du .

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Généraliste[modifier | modifier le code]

Au sujet de ZAD données[modifier | modifier le code]

  • Collectif, ZAD partout : Zone à défendre à Notre-Dame-des-Landes, Montreuil, L'Insomniaque, 2013 (recueil de textes et d'images).
  • Roxane Tchegini, La lutte de Sivens, Terre Éveillée, 2014.
  • Grégoire Souchay et Marc Laimé, Sivens, le barrage de trop, Reporterre, 2015.
  • Collectif Mauvaise troupe, Défendre la zad, Paris, Éditions de l'Éclat, , 48 p. (ISBN 978-2-84162-397-6)
  • Collectif Mauvaise troupe, Contrées : Histoires croisées de la zad de Notre-Dame-des-Landes et de la lutte NO TAV dans le Val Susa, Paris, Éditions de l'Éclat, , 384 p. (ISBN 978-2-84162-390-7)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Le dernier continent, documentaire de Vincent Lapize, À perte de vue & Réel Factory, 77′, 2015.
  • Le tarmac est dans le pré, documentaire de Thibault Férié. Point du jour, 52′, 2013 (diffusé en sur France 3).
  • Des tracteurs contre des avions, documentaire de Christian Baudu. Canal automedia NopubNosub, 31′, .
  • Notre-Dame-des-Landes, au cœur de la lutte, documentaire de Pierrick Morin, 70′, .
  • La résistance respire, long métrage de Roxane Tchegini, Terre éveillée, 2015.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]