Grégory Doucet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Grégory Doucet
Illustration.
Fonctions
Maire de Lyon
En fonction depuis le
(6 mois et 13 jours)
Élection 4 juillet 2020
Coalition EÉLV-LFI-GRS-MRC-PS-PCF-G·s
Prédécesseur Gérard Collomb
Biographie
Date de naissance (47 ans)
Lieu de naissance Paris (France)
Nationalité Française
Parti politique LV (2007-2010)
EÉLV (depuis 2010)
Diplômé de ESC Rouen
Profession Cadre humanitaire

Grégory Doucet
Maires de Lyon

Grégory Doucet, né le à Paris, est un homme politique français.

Membre des Verts (LV) puis d'Europe Écologie Les Verts (EÉLV), il remporte les élections municipales de 2020 à Lyon, les listes qu'il conduit obtenant 52,4 % au second tour. Il est élu maire de Lyon le .

Situation personnelle[modifier | modifier le code]

Jeunesse et famille[modifier | modifier le code]

Né à Paris en 1973, Grégory Doucet grandit aux Ulis (Essonne)[1]. Son père est cadre dans l'industrie pétrolière et sa mère est secrétaire dans une banque[2]. Il est père de trois enfants[1].

Formation et carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Il est diplômé de l'École supérieure de commerce de Rouen, devenue NEOMA Business School[1],[3]. Étudiant, il préside l'association Genepi, qui intervient en prison[2]. Il travaille également auprès des gens du voyage[1]. Il fait ensuite carrière dans l'humanitaire dans l'association Planète Enfants & Développement[4], et travaille dans ce cadre à Manille (Philippines) de 2002 à 2006, puis à Katmandou (Népal) de 2006 à 2008[5]. À son retour en France, il réside quelques mois à Corbeil-Essonnes puis rejoint Handicap International en 2009, comme chargé des opérations en Afrique de l'Ouest, ce qui le conduit à s'installer à Lyon[1],[6],[7].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Grégory Doucet rejoint Les Verts en 2007[1],[6]. Lors de la primaire présidentielle écologiste de 2011, il vote pour Nicolas Hulot ; il indique cependant avoir fait la campagne d'Eva Joly « avec enthousiasme »[1]. Il devient secrétaire de la section lyonnaise d'Europe Écologie Les Verts (EÉLV) en 2017[1],[6], poste qu'il quitte fin 2019[8].

Il est candidat sur la liste écologiste aux élections municipales de 2014 pour la mairie du 8e arrondissement de Lyon, en position non éligible[1]. Lors des élections législatives de 2017, il cherche à se porter candidat mais n'est pas retenu en raison d'un accord entre EÉLV et le Parti socialiste (PS)[1]. Il figure à la 27e place sur la liste conduite par Yannick Jadot lors des élections européennes en 2019[1]. Parallèlement, il fait partie des organisateurs des marches pour le climat à Lyon[9].

Élections municipales de 2020[modifier | modifier le code]

En vue des élections municipales de 2020, il participe à « Madame Z », initiative portée par Renaud Payre, directeur de l'Institut d'études politiques de Lyon, qui « vise à bâtir une alliance entre les diverses composantes de la gauche et des écologistes avant le premier tour », puis quitte le dispositif après les Journées d'été 2019 d'EÉLV[1]. Lors des primaires organisées en septembre 2019 par EÉLV pour désigner la tête de liste du parti, il l'emporte face à Bruno Charles et Étienne Tête, tous deux élus sortants et figures historiques du parti, avec 61 % des voix[6],[10]. Il réaffirme alors le choix d'EÉLV de constituer une liste autonome au premier tour, et exclut toute alliance avec La République en marche entre les deux tours[10].

Il fait notamment campagne sur l'instauration de repas issus à 100 % de l'agriculture biologique, la réduction de la consommation de viande et l'approvisionnement à 50 % en local dans la restauration collective, la réduction de la circulation automobile et le soutien à la mobilité active avec notamment la création d'un Réseau express vélo composé de 450 km de voies cyclables sécurisées, la création de forêts urbaines, le ralentissement des constructions dans certains quartiers, notamment celui de la Part-Dieu, l'accélération de la rénovation thermique des logements et l'opposition au projet de bouclage du boulevard périphérique de Lyon[11],[12].

Ses listes arrivent en tête du premier tour avec 28,46 % des voix[13]. Entre les deux tours, il scelle une alliance avec Sandrine Runel et Renaud Payre (union de la gauche), et obtient le ralliement de Nathalie Perrin-Gilbert, maire du 1er arrondissement de Lyon, à qui il promet le poste d'adjointe à la culture[1]. Il reçoit également le soutien du PS, du Parti communiste français, de La France insoumise, ainsi que des députés Hubert Julien-Laferrière et Matthieu Orphelin (ex-LREM)[7]. En revanche, les négociations échouent avec Georges Képénékian[1]. En triangulaire face aux listes de Yann Cucherat — successeur désigné de Gérard Collomb et soutenu au second tour par la droite locale — et Georges Képénékian, ses listes remportent le second tour avec 52,4 % des suffrages[13],[14]. Tête de liste dans le 3e arrondissement de Lyon, il l'emporte également au second tour avec 49,95 % des voix, devant la liste de Béatrice de Montille (LR) et celle de Georges Képénékian (divers centre)[15]. Sa victoire constitue une rupture historique dans une ville traditionnellement dirigée au centre[2], dans le contexte d'une forte progression des listes écologistes qui remportent plusieurs autres grandes villes françaises[16].

Maire de Lyon[modifier | modifier le code]

Le , il est élu maire de Lyon avec 51 voix, succédant à Gérard Collomb[17],[18].

Gestion et communication de la municipalité[modifier | modifier le code]

Parmi leurs premières décisions, les élus de la majorité municipale adoptent l'écriture inclusive pour leurs communications[19],[20], malgré les remarques d'associations de personnes handicapées comme l'APHPP[21]. L'ensemble des mesures du premier budget de la mandature sont analysées selon le critère de l’égalité entre les femmes et les hommes, ce qui constitue une première dans une ville de plus de 500 000 habitants[22].

La municipalité réduit de 1 000 euros l'indemnité du maire (de 8 500 à 7 500 euros brut par mois), relève celle de plusieurs conseillers municipaux délégués (de 2 300 à 2 700 euros brut par mois) et interdit le cumul des indemnités entre des fonctions exercées en mairie centrale et en mairie d'arrondissement[23].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

À l'occasion de la première rentrée scolaire de son mandat, sept rues desservant douze écoles sont définitivement piétonnisées[24]. La municipalité compte également étendre l’expérimentation des week-ends de piétonnisation au-delà de l’hypercentre, avant de les pérenniser chaque mois[25].

Grégory Doucet annonce la mise en place dans toute la ville, d'ici la fin de son mandat, du « système superblock » (« super-îlots »), inspiré de Barcelone, consistant à canaliser la circulation automobile autour de mini-quartiers dont l'intérieur est réservé à des espaces de loisirs et où la mobilité active est prioritaire sur les voitures qui circulent en sens unique, voire la seule autorisée en dehors des automobilistes résidents[24].

Sécurité[modifier | modifier le code]

Grégory Doucet promet l’implantation d’antennes de polices municipales dans tous les quartiers, le doublement des effectifs des brigades à vélos et met en place la vidéo-verbalisation sur le bas des pentes de la Croix-Rousse[25].

Culture et événements[modifier | modifier le code]

Le , Grégory Doucet refuse que la Patrouille de France survole la ville de Lyon pour éviter tout attroupement, dans le contexte de la pandémie de Covid-19, alors que la municipalité a déjà annulé les festivités du [26].

En , peu avant l'arrivée de la 14e étape du Tour de France à Lyon, il qualifie la course de « machiste et polluante », déclarant : « Il devrait y avoir un Tour de France féminin depuis longtemps. C'est la dernière épreuve d'envergure à ne pas avoir franchi le pas »[27]. S'il n'existe alors pas d'épreuve féminine du Tour de France, une première a eu lieu en 1955, des éditions ont été disputées de 1984 à 2009 en ouverture de l'épreuve masculine et une nouvelle édition est d'ores et déjà prévue par les organisateurs en 2022[28],[29]. Ses propos suscitent de vives critiques au sein d'une partie de la classe politique[30], tandis que l’association française des coureures cyclistes « désapprouve fermement les affirmations de Grégory Doucet »[31],[32].

Au nom de la laïcité, il refuse de participer à la cérémonie du Vœu des Échevins de Lyon, rompant ainsi avec une tradition remise en place par Louis Pradel, mais annonce qu'il prononcera un discours après la cérémonie, ce à quoi l'évêque de Lyon répond : « Je dois dire que je ne comprends pas tout à fait que quelqu'un vienne à une fête pour parler sans participer à la fête »[33].

Prises de position[modifier | modifier le code]

Peu avant son investiture, il plaide pour l'arrêt du projet de liaison ferroviaire transalpine Lyon - Turin, sur lequel il n'a pas de prérogative, et pour la valorisation de la ligne existante entre les deux villes[34]. Également au rang des prises de position en dehors de ses prérogatives et du territoire de son mandat ni de celui de la métropole de Lyon, il engage la ville de Lyon contre l'implantation d'un entrepôt de l'entreprise de commerce en ligne Amazon à proximité de l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry sur la commune de Colombier-Saugnieu[35].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k l m et n Nicolas Barriquand et Blandine Flipo, « Grégory Doucet, l'inconnu aux portes de la mairie de Lyon », sur Mediapart, (consulté le 29 juin 2020).
  2. a b et c Nicolas Scheffer, « Élections municipales : qui est Grégory Doucet, le futur maire de Lyon ? », sur rtl.fr, (consulté le 29 juin 2020).
  3. « Qui est Grégory Doucet, le nouveau maire de Lyon », sur petitpaume.com, (consulté le 9 juillet 2020).
  4. Justin Boche, « Élections à Lyon : qui est Grégory Doucet ? (EELV) », sur lyoncapitale.fr, (consulté le 30 juin 2020).
  5. Léa Delpont, « Municipales : Grégory Doucet, le novice qui a conquis Lyon », sur lesechos.fr, (consulté le 30 juin 2020).
  6. a b c et d Moran Kerinec, « Qui est Grégory Doucet, l'écologiste qui a conquis Lyon ? », sur Challenges.fr, (consulté le 29 juin 2020).
  7. a et b Fabien Dabert, « Résultat des municipales à Lyon : Doucet triomphe, ce qu'il va changer », sur linternaute.com, (consulté le 30 juin 2020).
  8. « Équipe du 8e arrondissement », sur maintenantlyon.fr (consulté le 30 juin 2020).
  9. Catherine Lagrange, « Grégory Doucet : « Je sens que Lyon a une âme écologiste » », sur lepoint.fr, (consulté le 29 juin 2020).
  10. a et b « Élections 2020 à Lyon : Grégory Doucet pour mener la liste autonome des Verts », sur rue89lyon.fr, (consulté le 29 juin 2020).
  11. Catherine Lagrange, « Municipales à Lyon : Grégory Doucet et les écolos rêvent d'une victoire », sur leparisien.fr, (consulté le 29 juin 2020).
  12. « Lyon : découvrez les 3 premières mesures du nouveau maire Grégory Doucet », sur cnews.fr, (consulté le 30 juin 2020).
  13. a et b « Résultats des élections municipales : Lyon », sur francetvinfo.fr (consulté le 30 juin 2020).
  14. Lucie Alexandre, « Municipales 2020 : Lyon aux mains des écologistes », sur la-croix.com, .
  15. « Résultat élection municipale 2020 Lyon 3e Arrondissement », sur 20minutes.fr (consulté le 30 juin 2020).
  16. Raphaël Proust, « Municipales 2020: la «vague verte» a déferlé au-delà des espoirs d’EELV », sur L'Opinion.fr, (consulté le 16 juillet 2020).
  17. « Grégory Doucet officiellement élu maire de Lyon », sur Lyon Capitale, .
  18. « Lyon : Grégory Doucet officiellement maire », sur lepoint.fr, (consulté le 4 août 2020).
  19. Lyon mag, « Lyon : les élu.e.s de la majorité adoptent l’écriture inclusive », sur Lyonmag.com, (consulté le 11 juillet 2020).
  20. Stéphane Robert, « L'écriture inclusive constitue-t-elle un enjeu politique ? », sur France Culture.fr, (consulté le 26 juillet 2020).
  21. « Lyon. L’écriture inclusive du nouveau maire, un problème pour la compréhension des personnes handicapées », sur ouest-france.fr, .
  22. Richard Schittly, « A Lyon, la mairie écologiste met en place son premier budget « genré » », sur lemonde.fr, (consulté le 16 septembre 2020).
  23. Carole Blanchard, « Lyon : Grégory Doucet baisse ses indemnités de maire de 1000 euros », sur bfmtv.com, (consulté le 30 juillet 2020).
  24. a et b Guillaume Lamy, « Superblocks : Lyon peut-il importer le modèle de Barcelone ? », Lyon Capitale, no 802,‎ , p. 40-47 (lire en ligne, consulté le 13 septembre 2020).
  25. a et b Anthony Berthelier, « Tour de France et sapin de Noël: les autres mesures des maires EELV », sur huffingtonpost.fr, (consulté le 13 septembre 2020).
  26. « Survol de la Patrouille de France à l'occasion du 14 juillet : refus de Grégory Doucet, nouveau maire de Lyon », sur Marianne, (consulté le 11 juillet 2020).
  27. « Tour de France : le maire EELV de Lyon juge la course "machiste et polluante" », sur francetvinfo.fr, (consulté le 10 septembre 2020).
  28. « Le Tour de France est-il vraiment machiste et polluant ? », sur ouest-france.fr, (consulté le 11 octobre 2020).
  29. « Décryptage . Tour de France "polluant et machiste": les propos du maire de Lyon à la loupe », sur leprogres.fr, (consulté le 11 octobre 2020).
  30. « « Tour de France machiste et polluant » : vague de critiques contre Grégory Doucet, maire de Lyon », sur leprogres.fr, (consulté le 10 septembre 2020).
  31. « Rhône. Tour de France: les coureures désapprouvent les propos de Grégory Doucet », sur leprogres.fr, (consulté le 11 octobre 2020).
  32. « Les coureures désapprouvent les propos du maire de Lyon », sur sport24.lefigaro.fr, (consulté le 11 octobre 2020).
  33. Benjamin Rieth, « Vœu des échevins: Grégory Doucet n'assistera pas à la cérémonie mais prononcera un discours », sur bfmtv.com, .
  34. « Pour le nouveau maire écologiste de Lyon Grégory Doucet, "il faut arrêter" la LGV Lyon-Turin », sur francetvinfo.fr, (consulté le 16 juillet 2020).
  35. « Le maire de Lyon s'engage dans la bataille contre Amazon », sur Le point (consulté le 12 janvier 2021)

Liens externes[modifier | modifier le code]