Sixième rapport d'évaluation du GIEC

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Répartition et intensité du réchauffement en 2090 pour une moyenne de +1,5 °C (en haut) et +4 °C (en bas) par rapport à la période 1850-1900.
Données issues de la moyenne des projections des modèles disponibles de la phase 6 du Projet d'intercomparaison des modèles couplés (CMIP6).

Le sixième rapport d'évaluation (RE6) du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) des Nations unies s'inscrit dans une série de rapports destinés à évaluer et synthétiser les informations scientifiques, techniques et socio-économiques relatives au réchauffement climatique. Il conclura le « sixième cycle d’évaluation du climat » effectué par le GIEC[1], décidé à sa 41e session (février 2015)[2].

Le rapport sera finalisé dans le courant du second semestre 2022[3]. Synthétisant la littérature scientifique existante, ce rapport est rédigé sur plusieurs années par trois groupes de travail scientifiques, puis relu et validé par les experts scientifiques et par les représentants gouvernementaux.
Ces trois groupes de travail portent respectivement sur : 1o, les fondements physiques du changement climatique ; 2o, son impact sur l'humanité, les vulnérabilités et l'adaptation de cette dernière aux changements climatiques ; et 3o, sur l'atténuation du changement climatique.

Chacun des trois volets du rapport se compose de trois documents :

  1. un résumé à l’intention des décideurs (summary for policymakers ou SPM ; ce document est toujours validé point par point par les représentants de tous les gouvernements membres ;
  2. un résumé technique (technical summary ou TS) ;
  3. le rapport complet (full report ou FR).

Le rapport final comprendra aussi un rapport de synthèse, et quatre rapports spéciaux publiés en 2018 et 2019 (listés plus bas).

Le premier volet du sixième rapport, rédigé par le groupe I et intitulé Changement climatique 2021 : les éléments scientifiques, a été publié le (au lieu d'avril 2021, en raison de la pandémie de COVID-19). Il synthétise les résultats d'environ 14 000 articles scientifiques (publiés ou acceptés pour publication avant le 31 janvier 2021). Ses 234 autrices et auteurs « principaux » ont répondu à 78 007 commentaires des gouvernements et d’experts avant la rédaction finale.

Structure et contenu du sixième rapport[modifier | modifier le code]

Anomalies mondiales de température de surface de 1850 à 2019, par rapport à l'époque pré-industrielle (1850-1900), montrant une nette tendance au réchauffement, décrite dans le résumé pour les décideurs du sixième rapport d'évaluation du GIEC.
Augmentation prévue de l’occurence de 3 événements météorologiques extrêmes (par rapport à l'ère préindustrielle et selon le gradient de réchauffement planétaire) : vagues de chaleur cinquantennales (rouge) et décennales (orange) ; sécheresses décennales (brun) ; et fortes pluies décennales (bleu)[4].

Le sixième rapport (annoncé pour 2022)[3] se composera des rapports des trois groupes de travail (GT, décrits plus loin dans cet article) et d'un rapport de synthèse.

Il inclura aussi plusieurs rapports spéciaux parus de 2018 à 2019 et dont les thèmes ont été décidés dans le cycle d'évaluation de l'AR6, en , à la 43e session de Nairobi, au Kenya[5],[6].

Les experts du GIEC, des chercheurs en sciences, ne produisent pas de donnée nouvelle ; ils évaluent la littérature scientifique disponible sur chaque sujet pour en tirer des consensus, que la totalité des représentants des États membres du GIEC doivent endosser[7].

Données de bases, licences, atlas interactif[modifier | modifier le code]

Chaque conclusion-clé (reprise dans le résumé pour les décideurs d'aout 2021) est, dans le rapport principal et dans le résumé technique associé, appuyée par des sources scientifiques (présentées entre accolades dans ces documents).

Le lecteur a aussi accès à un « atlas interactif » lié au rapport, pour notamment mieux comprendre la prospective et les analyses spatio-temporelles faites dans les régions de référence du cinquième rapport (WGI5)[8].

Les données sous-jacentes utilisées par l'Atlas (formats NetCDF et GeoTIFF) sont mises à disposition dans le cadre des activités du Centre de distribution des données du GIEC (GIEC-DDC) sous une licence internationale Creative Commons Attribution 4.0, de même pour les informations détaillées sur les sources de données utilisées dans l'Atlas et sur la reconnaissance des fournisseurs de données. La plupart des cartes et graphes de l'Atlas sont réutilisables en ligne en citant leur source[9].

Rapports spéciaux[modifier | modifier le code]

Rapports des groupes de travail et de synthèse[modifier | modifier le code]

  • Groupe de travail I[10], Climate Change 2021: the Physical Science Basis (les fondements scientifiques du changement climatique) diffusé le 9 [11],[12] ; il a réuni 234 auteurs (de 66 pays) répartis en 31 auteurs coordonnateurs, 167 auteurs principaux et 36 éditeurs-réviseurs, assistés de 517 auteurs collaborateurs[2]. Son rapport de 3949 pages[13], rendu le 9 août 2021 est accompagné d'un résumé pour les décideurs validé, point par point, par les tous les gouvernements siégeant à l'ONU (42 pages)[14] et d'un résumé technique (159 pages)[15] ;
  • Groupe de travail II[16], « Impacts, adaptation et vulnérabilité », publication prévue en  ;
  • Groupe de travail III[17], « Atténuation des changements climatiques », publication en  ;

Un rapport de synthèse des travaux commun aux trois groupes de travail est annoncé pour [7].

Évaluation du degré de certitude[modifier | modifier le code]

Le sixième rapport du GIEC utilise deux principales échelles pour indiquer le degré de certitude des affirmations qu'il contient[a 1],[18] :

  1. un indicateur qualitatif : la confiance, qui peut être indiquée avec les mots suivants en italique : very low (confiance très faible), low (confiance faible), medium (confiance moyenne), high (confiance élevée) et very high (confiance très élevée) ;
  2. un indicateur quantitatif : la probabilité, pour laquelle les termes indiqués dans le tableau ci-dessous (identiques au cinquième rapport) sont utilisés.
Échelle de probabilité utilisée
Terme Probabilité de l'évènement
Virtually certain (quasiment certain) probabilité 99/100
Extremely likely (extrêmement probable) probabilité 95/100
Very likely (très probable) probabilité 90/100
Likely (probable) probabilité 66/100
More likely than not (plus probable qu'improbable) probabilité 50/100
About as likely as not (à peu près aussi probable qu’improbable) probabilité 33 à 66/100
Unlikely (improbable) probabilité 0 à 33/100
Very unlikely (très improbable) probabilité 0 à 10/100
Extremely unlikely (extrêmement improbable) probabilité 0 à 5/100
Exceptionally unlikely (exceptionnellement improbable) probabilité 0 à 1/100

Groupe de travail I, Climate Change 2021: the Physical Science Basis (les fondements scientifiques du changement climatique)[modifier | modifier le code]

Présentation du rapport[modifier | modifier le code]

Le cinquième et précédent rapport du groupe I, publié à Stockholm, date de 2013. Le plan de ce sixième rapport a été adopté en 2017 à Montréal, lors de la 46e session de travail du GIEC[19].

Le « résumé pour les décideurs » est finalisé durant la session du au [20]. Il est présenté publiquement le par ses co-auteurs[21].

Pour la première fois, le rapport aborde les dimensions régionales du changement climatique[22].

Principaux enseignements[modifier | modifier le code]

Changements de la température de surface mondiale lors des 170 dernières années (ligne noire) par rapport à l'ère pré-industrielle (1850-1900) et en moyenne annuelle, par rapport aux simulations du modèle climatique CMIP6 de la réponse de la température aux facteurs humains et naturels (rouge) et aux seuls facteurs naturels [soleil, volcanisme] (vert)[23].

En regard du cinquième rapport (publié en 2013), le GIEC estime dans le sixième rapport () que :

  • les connaissances se sont consolidées depuis le premier rapport de 1990[24]
  • le changement climatique se généralise, s’accélère et s’intensifie ; « Nombre des changements relevés sont sans précédent depuis des milliers, voire des centaines de milliers d’années, et certains phénomènes déjà en cours – comme l’élévation continue du niveau de la mer – sont irréversibles sur des centaines ou des milliers d’années »[2] ;
  • Il n'y a plus d'équivoque sur le fait que l'humanité a réchauffé l’atmosphère, l’océan et les terres émergées[a 2] ;
  • Chacune des quatre dernières décennies a été successivement plus chaude que toute décennie depuis 1850[a 2] ;
  • Les estimations du budget carbone restant (quantité de dioxyde de carbone pouvant encore être libérée dans l'atmosphère avant d’atteindre un niveau de réchauffement inacceptable) ont été affinées depuis le cinquième rapport. Pour limiter le réchauffement à 1,5 °C (avec une probabilité de 50 %), au vu des émissions de CO2 faites depuis le rapport AR5 et le rapport spécial 1,5 °C de 2018 (SR15), le budget carbone restant est supérieur d’environ 300 GtCO2 à celui du rapport AR5, mais presque identique à celui du rapport SR15[réf. souhaitée].
  • Au vu des études et modèles disponibles en 2020, si l'humanité atteint rapidement la neutralité carbone (l'un des enjeux majeurs mis en avant par le rapport spécial 1,5 °C de 2018), la courbe de réchauffement global se stabilisera assez rapidement. C'est-à-dire que la situation cesserait d'empirer, mais sans retour à la normale, alors que 10 ans plus tôt, Matthews et Weaver (2010) pensaient qu'un scénario de concentration constante de GES dans l'air impliquerait un réchauffement d'environ 0,3 °C d’ici 2200 puis une hausse des températures pour plusieurs siècles (les océans profonds continuant à se réchauffer lentement)[25],[26] ; et comme le monde avait déjà (en 2020) gagné + 1,3 °C, le seuil des 1,5 °C serait dépassé.
    La neutralité carbone pourrait stopper le réchauffement, à condition que les puits de carbone soient résilients et se maintiennent[27]. Ce sixième rapport confirme donc une hypothèse (avancée par les scientifiques du GIEC dès 2008), allant à l’encontre de l’idée selon laquelle il existerait une inertie climatique inévitable et que, même en cas d'arrêt des émissions de gaz à effet de serre (GES), le réchauffement se poursuivrait durant 20 ans, voire 40 ans ou plus. Alors, selon le GIEC, « la stabilisation des températures mondiales pourrait prendre 20 à 30 ans »[2].
    Cependant le CO2 anthropique n'est pas seul GES en cause : le méthane et l’oxyde nitreux, au pouvoir réchauffant, sont aussi à prendre en compte, de même que les aérosols sulfatés qui créent des nuages artificiels refroidissant la planète, et divers processus complexes de rétroaction à long terme. C'est pourquoi pour la première fois, un le sixième rapport du GIEC met aussi en avant l'impérieuse nécessité d'« actions fortes, rapides et durables de réduction des émissions […] de méthane mais aussi des autres gaz à effet de serre » ajoutant que cela « améliorerait aussi la qualité de l’air ».[réf. souhaitée]

Hausse effective des températures et conséquences[modifier | modifier le code]

La hausse des températures moyennes à la surface de la Terre entre 2011 et 2020 par rapport à 1850 - 1900 atteint déjà 1,09 °C[1], dont 1,07 °C sont causés par les activités humaines. Elle est de 1,59 °C sur les terres émergées et de 0,88 °C au-dessus des océans[a 2]. Le GIEC relève aussi l'accélération de la montée du niveau des océans : avec une confiance élevée, de 1,3 mm entre 1901 et 1971, la hausse annuelle moyenne de la surface des mers est passée à 1,9 mm entre 1971 et 2006, puis à 3,7 mm entre 2006 et 2018[18],[a 3].

Parmi les conséquences déjà mesurables du réchauffement figurent la fonte des glaciers et glaces de l'arctique, acidification des océans et élévation du niveau marin (+3,6 mm/an de 2006 à 2021)[28]. Ces « changements dus aux émissions passées et futures de gaz à effet de serre sont irréversibles pendant des siècles, voire des millénaires »[a 4], mais d'autres « pourront être ralentis et certains arrêtés en limitant le réchauffement climatique ».

Échéance du seuil de réchauffement de 1,5 °C[modifier | modifier le code]

L'un des points les plus remarqués du premier volet publié le est la reconnaissance du fait que la limite de 1,5 °C de réchauffement global, que l'Accord de Paris sur le climat de 2015 fixe à l'horizon 2100, sera probablement dépassée avant 2040 avec les cinq scénarios envisagés (très probable à plus probable qu'improbable selon le scénario)[a 5], avec une moyenne autour de l'année 2034[29], en cohérence avec les estimations du rapport spécial du GIEC sur les conséquences d'un réchauffement planétaire de 1,5 °C[30].

Dans le plus sombre des scénarios élaborés par le GIEC, basé sur un doublement des émissions d'ici à 2100 par rapport à leur niveau de 2015, le réchauffement serait compris entre 3,3 et 5,7 °C avec une hausse du niveau des océans d’ici à 2100 entre 63 cm et 1,01 m [1] voire 2 m[31].

Évolution attendue de la cryosphère[modifier | modifier le code]

S'agissant de la cryosphère, le GIEC anticipe que la fonte des glaciers va se poursuivre pour plusieurs décennies voire siècles (confiance très élevée), celle du pergélisol va dégager du carbone pendant des siècles (confiance élevée) et celle de l'inlandsis du Groenland va se poursuivre jusqu'à la fin du XXIe siècle de manière quasiment certaine[18],[a 4]. S'agissant de l'océan arctique, les cinq scénarios du GIEC estiment qu'il sera probablement quasiment vierge de banquise au mois de septembre avant 2050[18],[a 6].

Quant à l'inlandsis de l'Antarctique, il n'existe qu'une faible confiance quant à sa fonte future[a 6] en raison des incertitudes quant aux processus présidant à son évolution ; sa fonte fait néanmoins figure d'événement à fort impact et à faible probabilité (voir infra) en raison de ses conséquences, le cas échéant, sur l'élévation du niveau de la mer[32],[33].

Événements climatiques extrêmes[modifier | modifier le code]

Le GIEC indique qu'il est un « fait établi » que les émissions de GES anthropiques sont d'ores et déjà la cause d'une hausse de la fréquence et/ou de l'intensité de certains évènements climatiques extrêmes depuis l'ère préindustrielle ; dans l'AR5, cette attribution des événements climatiques extrêmes à l'homme était seulement qualifiée de très probable[34]. Il existe en particulier un haut degré de confiance quant à la hausse de la fréquence et/ou de l'intensité des vagues ou pics de chaleur et la baisse des vagues de froid (ainsi que leur attribution à l'homme)[34].

Pour la presque totalité du globe, le GIEC annonce des vagues de chaleur plus fréquentes, plus longues et/ou plus sévères ; les chercheurs ne disposent cependant pas encore d'assez d'éléments pour évaluer l'importance des conséquences agricoles[28].

Un réchauffement de °C (par rapport à l'époque préindustrielle 1850-1900) multiplierait (probablement) par 5,6 la fréquence des vagues de chaleur extrême, et celles-ci seraient en moyenne 1,9 °C plus chaudes[a 7]. Pour +°C, ce type de vagues de chaleur se produiraient environ 9,4 fois plus souvent sur dix ans[a 7], soit près d'une fois par an[28]. La montée de l'océan et la fonte des glaciers sont maintenant inévitables, mais l'ampleur et le rythme du phénomène dépendront des émissions de GES[28].

L'aménagement du territoire (urbanisation, notamment littorale et des basins fluviaux) accroîtra les effets des canicules extrêmes et aggravera la vulnérabilité aux inondations et introgressions marines[28].

Prospective régionale[modifier | modifier le code]

Depuis le cinquième rapport, la recherche a commencé à produire des évaluations régionales encore impossibles en 2013[35]. Elles concernent l'Europe de l’ouest et l'Europe centrale, la Méditerranée et le Sahara[28],[36], ce travail étant encore à terminer d'autres régions, dont l'Est et le Centre de l'Amérique du Nord[37].

Événements à fort impact et à faible probabilité[modifier | modifier le code]

Des phénomènes peu probables mais à fort impact « ne peuvent être exclus », notamment des points de bascule (tipping points en anglais) entrainant un emballement irréversible du réchauffement : c'est notamment le cas d'une fonte accélérée de la banquise antarctique et/ou d'une généralisation du dépérissement forestier (perte de la fonction de puits de carbone forestier et relargage de méthane et dioxyde de carbone)[28],[a 8].

La (faible) probabilité de ces événements à fort impact s'accroît avec le réchauffement (confiance élevée)[a 8],[38].

Selon le GIEC, si la circulation méridienne de retournement Atlantique (AMOC) — courant océanique atlantique majeur et base de la circulation thermohaline, dont le Gulf Stream est une branche — ralentira très probablement encore au XXIe siècle, elle ne devrait pas (confiance moyenne) s'effondrer avant 2100. Si c'était toutefois le cas, elle aurait très probablement des conséquences importantes sur le cycle de l'eau et les régimes climatiques (moussons réduites ou accrues selon les régions, sécheresse en Europe, etc.)[18],[a 9]. Nature Geoscience a publié début 2021 une étude (absente du rapport) montrant un début de ralentissement, plus important que ceux qui se sont produits au moins dans les 1 000 ans précédents[28].

Estimation resserrée de la sensibilité climatique[modifier | modifier le code]

La sensibilité climatique est, en première approximation, la hausse des températures que provoque un doublement de la concentration du CO2 dans l'atmosphère (exprimée en forçage radiatif). Elle est notamment mesurée, sur le long terme, à l'aide de la sensibilité climatique à l'équilibre, laquelle fait l'objet d'importantes incertitudes[18],[39]. Néanmoins, des progrès dans la recherche sur la sensibilité climatique à l'équilibre — notamment dues au recours combiné à des enregistrements instrumentaux, des données paléoclimatiques et des modélisations[40],[a 10] — permettent au GIEC d'en fournir une fourchette probable restreinte par rapport au cinquième rapport d'évaluation (2,5 °C à 4 °C, avec une confiance élevée, contre 1,5 °C à 4,5 °C), d'exclure des valeurs inférieures à 1,5 °C (quasiment certain), et de produire pour meilleure estimation une sensibilité de 3 °C[18],[a 11],[a 12].

Deux autres mesures de la sensibilité climatique voient leurs fourchettes probables réduites, comparées au cinquième rapport d'évaluation du GIEC. Celle, à court terme, de la réponse climatique transitoire (TCR) est ainsi ramenée à 1,4 à 2,2 C° (AR6), contre 1 à 2,5 °C précédemment (AR5)[18]. La réponse climatique transitoire aux émissions cumulées de dioxyde de carbone (TCRE), qui mesure le réchauffement moyen induit par l'émission d'une tératonne de CO2, est resserrée à 1 à 2,3 °C/TtC (soit 0,27 à 0,63 °C/tératonne de CO2[a 13]), contre 0,8 à 2,5 °C/TtC dans le rapport précédent[41].

Réactions[modifier | modifier le code]

Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, affirme que ce rapport est une « alerte rouge » pour l'humanité et appelle les pays riches à tenir leur promesse de mobiliser « 100 milliards de dollars par an pour l'atténuation et l'adaptation dans les pays en développement ».[42]

Diann Black-Layne, responsable des négociations sur le climat pour l’Aosis appelle à l'arrêt des subventions aux énergies fossiles, évaluées à plus de 600 milliards de dollars par an alors que le Fonds des Nations unies pour le climat reçoit 2,4 milliards par an. « Le GIEC confirme l’expérience des petits Etats insulaires : que les cyclones s’intensifient et que le niveau des mers monte, mais il confirme aussi que nous pouvons encore enrayer le pire », ajoute-t-elle[43].

Johan Rockström, directeur de l’Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique, et à l'origine de la notion de limites planétaires, estime que les marges de manœuvre pour limiter l'ampleur du réchauffement se réduisent mais existent toujours ; un dépassement du seuil de 2 degrés pourrait amener à franchir des points de basculement, relève-t-il également. La solidité scientifique de ce rapport représente de « véritables munitions scientifiques en faveur d’une action urgente »[44].

Contribution du groupe de travail II, « Impacts, adaptation et vulnérabilité » à paraître en [modifier | modifier le code]

Une version préliminaire du résumé technique de ce rapport, datant de 2020, est parvenu à l'AFP, qui a publié des éléments tirés du document[45],[46].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Rapports du GIEC[modifier | modifier le code]

  1. AR6 WGI TS, p. 13.
  2. a b et c AR6 WGI SPM, p. 6.
  3. AR6 WGI SPM, p. 7.
  4. a et b AR6 WGI SPM, p. 29.
  5. AR6 WGI SPM, p. 19.
  6. a et b AR6 WGI SPM, p. 21.
  7. a et b AR6 WGI SPM, p. 25.
  8. a et b AR6 WGI SPM, p. 36.
  9. AR6 WGI SPM, p. 41.
  10. AR6 WGI TS, p. 66-68.
  11. AR6 WGI SPM, p. 15.
  12. AR6 WGI FR, p. 1673-1732.
  13. AR6 WGI SPM, p. 37.

Autres références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Climate Change 2021, The Physical Science Basis, page SPM-5, § A.1.2
  2. a b c et d « Changement climatique généralisé et rapide, d’intensité croissante – GIEC » (communiqué de presse), sur ipcc.ch, .
  3. a et b Selon un communiqué du GIEC (9 août 2021), « Les contributions des Groupes de travail II et III au sixième Rapport d’évaluation seront prêtes en 2022 et le rapport de synthèse sera achevé dans le courant du deuxième semestre 2022 ».
  4. (6ème rapport d'évaluation (AR6) du GIEC, Résumé pour les décideurs (SPM, 9 août 2021)
  5. (en) « Sixth Assessment Report », sur ipcc.ch.
  6. « The IPCC and the sixth Assessment cycle », Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, .
  7. a et b Audrey Garric, « Le GIEC, trente ans de collaboration entre scientifiques et politiques au service du climat », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  8. (en) « IPCC AR6-WGI Atlas », sur interactive-atlas.ipcc.ch (consulté le ).
  9. Source à citer : Iturbide, M., Fernández, J., Gutiérrez, J.M., Bedia, J., Cimadevilla, E., Díez-Sierra, J., Manzanas, R., Casanueva, A., Baño-Medina, J., Milovac, J., Herrera, S., Cofiño, A.S., San Martín, D., García-Díez, M., Hauser, M., Huard, D., Yelekci, Ö. (2021) Repository supporting the implementation of FAIR principles in the IPCC-WG1 Atlas. Zenodo, DOI: 10.5281/zenodo.3691645. Available from: https://github.com/IPCC-WG1/Atlas
  10. (en) « Présenation du Groupe de travail I du GIUEC ; Working Group I — IPCC » (consulté le ).
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  14. Résumé pour les décideurs|URL=https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg1/downloads/report/IPCC_AR6_WGI_SPM.pdf
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  23. Source : fig SPM.1b du GIEC AR6 WR1 ; Les lignes pleines en couleur montrent la moyenne multi-modèle ; les nuances colorées montrent la gamme très probable de simulations.
  24. Sylvestre Huet, « Le rapport du GIEC en 18 graphiques », sur {Sciences²}, (consulté le ) : « [Commentaire de SH sur le premier graphique] Ce graphique (...) souligne qu’en 1990 la légère hausse des températures était « suspectée » de trouver son origine dans les émissions de GES, mais sans pouvoir être démontrée. Que les observations climatiques et les données paléoclimatiques étaient certes déjà importantes mais qu’elles ont été considérablement améliorées depuis. Que les modèles numériques du climat utilisés pour simuler le futur devaient se contenter de mailles de calcul de 500 km de côté (donc effaçant nombre de reliefs) et ne comportaient ni chimie atmosphérique, ni l’usage des sols et leurs transformations, ni la biogéochimie terrestre et marine, ni les interactions entre nuages et aérosols. »
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  45. Mickaël Correia, « La fuite du « rapport » du Giec est contre-productive pour le climat », Mediapart,‎ (lire en ligne).
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Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Rapport du groupe de travail I :

Liens externes[modifier | modifier le code]