Sixième rapport d'évaluation du GIEC

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Répartition et intensité du réchauffement en 2090 pour une moyenne de +1,5 °C (en haut) et +4 °C (en bas) par rapport à la période 1850-1900.
Données issues de la moyenne des projections des modèles disponibles de la phase 6 du Projet d'intercomparaison des modèles couplés (CMIP6).

Le sixième rapport d'évaluation (RE6) du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) des Nations unies s'inscrit dans une série de rapports destinés à évaluer et synthétiser les informations scientifiques, techniques et socio-économiques relatives au réchauffement climatique. Il conclura le « sixième cycle d’évaluation du climat » effectué par le GIEC[1], décidé à sa 41e session ().

Le rapport sera finalisé dans le courant du second semestre 2022. Synthétisant la littérature scientifique existante, ce rapport est rédigé sur plusieurs années par trois groupes de travail scientifiques, puis relu et validé par les experts scientifiques et par les représentants gouvernementaux. Ces trois groupes de travail portent respectivement sur : 1) les fondements physiques du changement climatique ; 2) son impact sur l'humanité, les vulnérabilités et l'adaptation de cette dernière aux changements climatiques ; et 3) l'atténuation du changement climatique.

Chacun des trois volets du rapport se compose de trois documents :

  • un résumé à l’intention des décideurs (summary for policymakers ou SPM) ; ce document est toujours validé point par point par les représentants de tous les gouvernements membres ;
  • un résumé technique (technical summary ou TS) ;
  • le rapport complet (full report ou FR).

Le rapport final comprendra aussi un rapport de synthèse, et quatre rapports spéciaux publiés en 2018 et 2019 (listés plus bas).

Le premier volet du sixième rapport, rédigé par le groupe I et intitulé Changement climatique 2021 : les éléments scientifiques, a été publié le (au lieu d'avril 2021, en raison de la pandémie de COVID-19). Il synthétise les résultats d'environ 14 000 articles scientifiques (publiés ou acceptés pour publication avant le 31 janvier 2021). Ses 234 « principaux » auteurs ont répondu à 78 007 commentaires des gouvernements et d’experts avant la rédaction finale.

Le second volet du sixième rapport, rédigé par le groupe II et intitulé Impacts, adaptation et vulnérabilité, a été publié le . Le troisième volet, rédigé par le groupe III et nommé Atténuation du changement climatique, a été publié le 4 avril 2022.

Structure et contenu du sixième rapport d'évaluation[modifier | modifier le code]

Vue générale du rapport[modifier | modifier le code]

Anomalies mondiales de température de surface de 1850 à 2019, par rapport à l'époque pré-industrielle (1850-1900), montrant une nette tendance au réchauffement, décrite dans le résumé pour les décideurs du sixième rapport d'évaluation du GIEC.
Augmentation prévue de l’occurrence de 3 événements météorologiques extrêmes (par rapport à l'ère préindustrielle et selon le gradient de réchauffement planétaire) : fortes pluies décennales, sécheresses décennales, vagues de chaleur décennales et cinquantennales[2].

Le sixième rapport d'évaluation (« AR6 »), annoncé pour 2022[3], se composera des rapports des trois groupes de travail (« GT », décrits plus loin) du GIEC et d'un rapport de synthèse.

Il inclura aussi plusieurs rapports spéciaux parus de 2018 à 2019 et dont les thèmes ont été décidés dans le cycle d'évaluation de l'AR6, en , à la 43e session de Nairobi, au Kenya[4],[5].

Les experts du GIEC, des chercheurs en sciences, ne produisent pas de donnée nouvelle ; ils évaluent la littérature scientifique disponible sur chaque sujet pour en tirer des consensus scientifiques, que la totalité des représentants des États membres du GIEC doivent endosser[6].

Données de bases, licences, atlas interactif[modifier | modifier le code]

Chaque conclusion-clé (reprise dans le résumé pour les décideurs) est, dans le rapport principal et dans le résumé technique associé, appuyée par des sources scientifiques (présentées entre accolades dans ces documents).

Le lecteur a aussi accès à un « atlas interactif » lié au rapport, pour notamment mieux comprendre la prospective et les analyses spatio-temporelles faites dans les régions de référence du cinquième rapport d'évaluation du Giec (WGI5)[7].

Les données sous-jacentes utilisées par l'Atlas (formats NetCDF et GeoTIFF) sont mises à disposition dans le cadre des activités du Centre de distribution des données du GIEC (GIEC-DDC) sous une licence internationale Creative Commons Attribution 4.0, de même pour les informations détaillées sur les sources de données utilisées dans l'Atlas et sur la reconnaissance des fournisseurs de données. La plupart des cartes et graphes de l'Atlas sont réutilisables en ligne en citant leur source[8].

Rapports spéciaux[modifier | modifier le code]

Rapports des groupes de travail et de synthèse[modifier | modifier le code]

  • Groupe de travail I[9], Climate Change 2021: the Physical Science Basis (« Les fondements scientifiques du changement climatique ») diffusé le [10],[11] ; il a réuni 234 auteurs (de 66 pays) répartis en 31 auteurs coordonnateurs, 167 auteurs principaux et 36 éditeurs-réviseurs, assistés de 517 auteurs collaborateurs[12]. Son rapport de 3 949 pages[a 1], rendu le , est accompagné d'un « résumé pour les décideurs » validé, point par point, par tous les gouvernements siégeant à l'ONU (42 pages)[a 2] et d'un résumé technique (159 pages)[a 3] ;
  • Groupe de travail II[13], « Impacts, adaptation et vulnérabilité », publié le [3],[14],[15] ;
  • Groupe de travail III[16], « Atténuation des changements climatiques », publié le [14],[17].

Un rapport de synthèse des travaux commun aux trois groupes de travail est annoncé pour [6].

Évaluation du degré de certitude[modifier | modifier le code]

Le sixième rapport du GIEC utilise deux principales échelles pour indiquer le degré de certitude des affirmations qu'il contient[a 4],[18] :

  1. un indicateur qualitatif : la confiance, qui peut être indiquée avec les mots suivants en italique : very low (confiance très faible), low (confiance faible), medium (confiance moyenne), high (confiance élevée) et very high (confiance très élevée) ;
  2. un indicateur quantitatif : la probabilité, pour laquelle les termes indiqués dans le tableau ci-dessous (identiques au cinquième rapport) sont utilisés.
Échelle de probabilité utilisée
Terme Probabilité de l'évènement
Virtually certain (quasiment certain) probabilité 99/100
Extremely likely (extrêmement probable) probabilité 95/100
Very likely (très probable) probabilité 90/100
Likely (probable) probabilité 66/100
More likely than not (plus probable qu'improbable) probabilité 50/100
About as likely as not (à peu près aussi probable qu’improbable) probabilité 33 à 66/100
Unlikely (improbable) probabilité 0 à 33/100
Very unlikely (très improbable) probabilité 0 à 10/100
Extremely unlikely (extrêmement improbable) probabilité 0 à 5/100
Exceptionally unlikely (exceptionnellement improbable) probabilité 0 à 1/100

Groupe de travail I, Climate Change 2021: the Physical Science Basis (les fondements scientifiques du changement climatique)[modifier | modifier le code]

Présentation du rapport[modifier | modifier le code]

Le cinquième et précédent rapport du groupe I, publié à Stockholm, date de 2013. Le plan de ce sixième rapport a été adopté en 2017 à Montréal, lors de la 46e session de travail du GIEC[19]. La première partie du sixième rapport d'évaluation est diffusée le [20]. Cette synthèse de 14 000 études scientifiques est réalisée par 234 scientifiques de 66 pays[20].

Le « résumé pour les décideurs » est finalisé durant la session du au [21]. Il est présenté publiquement le par ses co-auteurs[22].

Pour la première fois, le rapport aborde les dimensions régionales du changement climatique[23].

Principaux enseignements[modifier | modifier le code]

Changements de la température de surface mondiale lors des 170 dernières années (ligne noire) par rapport à l'ère pré-industrielle (1850-1900) et en moyenne annuelle, par rapport aux simulations du modèle climatique CMIP6 de la réponse de la température aux facteurs humains et naturels (rouge) et aux seuls facteurs naturels [soleil, volcanisme] (vert)[24].

En regard du cinquième rapport (publié en 2013), le GIEC estime dans le sixième rapport () que :

  • les connaissances se sont consolidées depuis le premier rapport de 1990[25][a 5] ;
  • le changement climatique se généralise, s’accélère et s’intensifie ; « Nombre des changements relevés sont sans précédent depuis des milliers, voire des centaines de milliers d’années, et certains phénomènes déjà en cours – comme l’élévation continue du niveau de la mer – sont irréversibles sur des centaines ou des milliers d’années »[12] ;
  • il n'y a plus d'équivoque sur le fait que l'humanité a réchauffé l’atmosphère, l’océan et les terres émergées[a 5],[20] ;
  • chacune des quatre dernières décennies a été successivement plus chaude que toute décennie depuis 1850[a 6] ;
  • les estimations du budget carbone restant (quantité de dioxyde de carbone pouvant encore être libérée dans l'atmosphère avant d’atteindre un niveau de réchauffement inacceptable) ont été affinées depuis le cinquième rapport. Pour limiter le réchauffement à 1,5 °C (avec une probabilité de 50 %), au vu des émissions de CO2 faites depuis le rapport AR5 et le rapport spécial 1,5 °C de 2018 (SR15), le budget carbone restant est supérieur d’environ 300 GtCO2 à celui du rapport AR5, mais presque identique à celui du rapport SR15[réf. souhaitée] ;
  • au vu des études et modèles disponibles en 2020, si l'humanité atteint rapidement la neutralité carbone (l'un des enjeux majeurs mis en avant par le rapport spécial 1,5 °C de 2018), la courbe de réchauffement global se stabilisera assez rapidement. C'est-à-dire que la situation cesserait d'empirer, mais sans retour à la normale, alors que 10 ans plus tôt, Matthews et Weaver (2010) pensaient qu'un scénario de concentration constante de GES dans l'air impliquerait un réchauffement d'environ 0,3 °C d’ici 2200 puis une hausse des températures pour plusieurs siècles (les océans profonds continuant à se réchauffer lentement)[26],[27] ; et comme le monde avait déjà (en 2020) gagné + 1,3 °C, le seuil des 1,5 °C serait dépassé ;
  • la neutralité carbone pourrait stopper le réchauffement, à condition que les puits de carbone soient résilients et se maintiennent[28] ;
  • ce sixième rapport confirme donc une hypothèse (avancée par les scientifiques du GIEC dès 2008) allant à l’encontre de l’idée selon laquelle il existerait une inertie climatique inévitable et que, même en cas d'arrêt des émissions de gaz à effet de serre (GES), le réchauffement se poursuivrait durant 20 ans, voire 40 ans ou plus. Alors, selon le GIEC, « la stabilisation des températures mondiales pourrait prendre 20 à 30 ans »[12]. Cependant, le CO2 anthropique n'est pas seul GES en cause : le méthane et l’oxyde nitreux, au pouvoir réchauffant, sont aussi à prendre en compte, de même que les aérosols sulfatés qui créent des nuages artificiels refroidissant la planète, et divers processus complexes de rétroaction à long terme. C'est pourquoi, pour la première fois, le sixième rapport du GIEC met aussi en avant l'impérieuse nécessité d'« actions fortes, rapides et durables de réduction des émissions […] de méthane mais aussi des autres gaz à effet de serre » ajoutant que cela « améliorerait aussi la qualité de l’air »[réf. souhaitée].

Hausse effective des températures et conséquences[modifier | modifier le code]

La hausse des températures moyennes à la surface de la Terre entre 2011 et 2020 par rapport à la période 1850 - 1900 atteint déjà 1,09 °C[1], dont 1,07 °C sont causés par les activités humaines. Elle est de 1,59 °C sur les terres émergées et de 0,88 °C au-dessus des océans[a 6],[20]. Le GIEC relève aussi l'accélération de la montée du niveau des océans : avec une confiance élevée, de 1,3 mm entre 1901 et 1971, la hausse annuelle moyenne de la surface des mers est passée à 1,9 mm entre 1971 et 2006, puis à 3,7 mm entre 2006 et 2018[18],[a 7].

Parmi les conséquences déjà mesurables du réchauffement figurent la fonte des glaciers et glaces de l'Arctique, l'acidification des océans et l'élévation du niveau marin (+3,6 mm/an de 2006 à 2021)[29]. Ces « changements dus aux émissions passées et futures de gaz à effet de serre sont irréversibles pendant des siècles, voire des millénaires »[a 8], mais d'autres « pourront être ralentis et certains arrêtés en limitant le réchauffement climatique ».

Échéance du seuil de réchauffement de 1,5 °C[modifier | modifier le code]

L'un des points les plus remarqués du premier volet publié le est la reconnaissance du fait que la limite de 1,5 °C de réchauffement global, que l'Accord de Paris sur le climat de 2015 fixe à l'horizon 2100, sera probablement dépassée avant 2040 avec les cinq scénarios envisagés (très probable à plus probable qu'improbable selon le scénario)[a 9], avec une moyenne autour de l'année 2034[30], en cohérence avec les estimations du rapport spécial du GIEC sur les conséquences d'un réchauffement planétaire de 1,5 °C[31].

Dans le plus sombre des scénarios élaborés par le GIEC, basé sur un doublement des émissions d'ici à 2100 par rapport à leur niveau de 2015, le réchauffement serait compris entre 3,3 et 5,7 °C[20] avec une hausse du niveau des océans d’ici à 2100 entre 63 cm et 1,01 m[1], voire 2 m[32],[20].

Évolution attendue de la cryosphère[modifier | modifier le code]

S'agissant de la cryosphère, le GIEC anticipe que la fonte des glaciers va se poursuivre pour plusieurs décennies voire siècles (confiance très élevée), celle du pergélisol va dégager du carbone pendant des siècles (confiance élevée) et celle de l'inlandsis du Groenland va se poursuivre jusqu'à la fin du XXIe siècle de manière quasiment certaine[18],[a 10]. S'agissant de l'océan Arctique, les cinq scénarios du GIEC estiment qu'il sera probablement quasiment vierge de banquise au mois de septembre avant 2050[18],[a 11].

Quant à l'inlandsis de l'Antarctique, il n'existe qu'une faible confiance quant à sa fonte future[a 10] en raison des incertitudes quant aux processus présidant à son évolution ; sa fonte fait néanmoins figure d'événement à fort impact et à faible probabilité (voir infra) en raison de ses conséquences, le cas échéant, sur l'élévation du niveau de la mer[33],[34].

Événements climatiques extrêmes[modifier | modifier le code]

Le GIEC indique qu'il est un « fait établi » que les émissions de GES anthropiques sont d'ores et déjà la cause d'une hausse de la fréquence et/ou de l'intensité de certains évènements climatiques extrêmes depuis l'ère préindustrielle ; dans l'AR5, cette attribution des événements climatiques extrêmes à l'homme était seulement qualifiée de très probable[35]. Il existe en particulier un haut degré de confiance quant à la hausse de la fréquence et/ou de l'intensité des vagues ou pics de chaleur et la baisse des vagues de froid (ainsi que leur attribution à l'homme)[35].

Pour la presque totalité du globe, le GIEC annonce des vagues de chaleur plus fréquentes, plus longues et/ou plus sévères ; les chercheurs ne disposent cependant pas encore d'assez d'éléments pour évaluer l'importance des conséquences agricoles[29].

Un réchauffement de °C (par rapport à l'époque préindustrielle 1850-1900) multiplierait (probablement) par 5,6 la fréquence des vagues de chaleur extrême (de temps de retour 10 ans pour un climat sans influence humaine), et la vague de chaleur décennale serait 2,6 °C plus chaude[a 12]. Pour +°C, ce type de vagues de chaleur se produiraient environ 9,4 fois plus souvent, soit près d'une fois par an, et la vague de chaleur décennale serait 5,1 °C plus chaude[a 12]. La montée de l'océan et la fonte des glaciers sont maintenant inévitables, mais l'ampleur et le rythme du phénomène dépendront des émissions de GES[29].

L'aménagement du territoire (urbanisation, notamment littorale et des basins fluviaux) accroîtra les effets des canicules extrêmes et aggravera la vulnérabilité aux inondations et introgressions marines[29].

Prospective régionale[modifier | modifier le code]

Depuis le cinquième rapport, la recherche a commencé à produire des évaluations régionales encore impossibles en 2013[36]. Elles concernent l'Europe de l’ouest et l'Europe centrale, la Méditerranée et le Sahara[29],[37], ce travail étant encore à terminer d'autres régions, dont l'Est et le Centre de l' Amérique du Nord[38].

Événements à fort impact et à faible probabilité[modifier | modifier le code]

Des phénomènes peu probables mais à fort impact « ne peuvent être exclus », notamment des points de bascule (tipping points en anglais) entrainant un emballement irréversible du réchauffement : c'est notamment le cas d'une fonte accélérée de la banquise antarctique et/ou d'une généralisation du dépérissement forestier (perte de la fonction de puits de carbone forestier et relargage de méthane et dioxyde de carbone)[29],[a 13].

La (faible) probabilité de ces événements à fort impact s'accroît avec le réchauffement (confiance élevée)[a 13],[39].

Selon le GIEC, si la circulation méridienne de retournement Atlantique (AMOC) — courant océanique atlantique majeur et base de la circulation thermohaline, dont le Gulf Stream est une branche — ralentira très probablement encore au XXIe siècle, elle ne devrait pas (confiance moyenne) s'effondrer avant 2100. Si c'était toutefois le cas, elle aurait très probablement des conséquences importantes sur le cycle de l'eau et les régimes climatiques (moussons réduites ou accrues selon les régions, sécheresse en Europe, etc.)[18],[a 14]. Le journal scientifique Nature Geoscience a publié début 2021 une étude (absente du rapport) montrant un début de ralentissement, plus important que ceux qui se sont produits au moins dans les 1 000 ans précédents[29].

Estimation resserrée de la sensibilité climatique[modifier | modifier le code]

La sensibilité climatique est, en première approximation, la hausse des températures que provoque un doublement de la concentration du CO2 dans l'atmosphère (exprimée en forçage radiatif). Elle est notamment mesurée, sur le long terme, à l'aide de la sensibilité climatique à l'équilibre, laquelle fait l'objet d'importantes incertitudes[18],[40]. Néanmoins, des progrès dans la recherche sur la sensibilité climatique à l'équilibre — notamment dues au recours combiné à des enregistrements instrumentaux, des données paléoclimatiques et des modélisations[41],[a 15] — permettent au GIEC d'en fournir une fourchette probable restreinte par rapport au cinquième rapport d'évaluation (2,5 °C à 4 °C, avec une confiance élevée, contre 1,5 °C à 4,5 °C), d'exclure des valeurs inférieures à 1,5 °C (quasiment certain), et de produire pour meilleure estimation une sensibilité de 3 °C[18],[a 16],[a 17].

Deux autres mesures de la sensibilité climatique voient leurs fourchettes probables réduites, comparées au cinquième rapport d'évaluation du GIEC. Celle, à court terme, de la réponse climatique transitoire (TCR) est ainsi ramenée à 1,4 à 2,2 C° (AR6), contre 1 à 2,5 °C précédemment (AR5)[18]. La réponse climatique transitoire aux émissions cumulées de dioxyde de carbone (TCRE), qui mesure le réchauffement moyen induit par l'émission d'une tératonne de CO2, est resserrée à 1 à 2,3 °C/TtC (soit 0,27 à 0,63 °C/tératonne de CO2[a 18]), contre 0,8 à 2,5 °C/TtC dans le rapport précédent[42].

Réactions[modifier | modifier le code]

Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, affirme que ce rapport est une « alerte rouge » pour l'humanité et appelle les pays riches à tenir leur promesse de mobiliser « 100 milliards de dollars par an pour l'atténuation et l'adaptation dans les pays en développement »[43].

Diann Black-Layne, responsable des négociations sur le climat pour l’Aosis appelle à l'arrêt des subventions aux énergies fossiles, évaluées à plus de 600 milliards de dollars par an alors que le Fonds des Nations unies pour le climat reçoit 2,4 milliards par an. « Le GIEC confirme l’expérience des petits États insulaires : que les cyclones s’intensifient et que le niveau des mers monte, mais il confirme aussi que nous pouvons encore enrayer le pire », ajoute-t-elle[44].

Johan Rockström, directeur de l’Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique, et à l'origine de la notion de limites planétaires, estime que les marges de manœuvre pour limiter l'ampleur du réchauffement se réduisent mais existent toujours ; un dépassement du seuil de 2 degrés pourrait amener à franchir des points de basculement, relève-t-il également. La solidité scientifique de ce rapport représente de « véritables munitions scientifiques en faveur d’une action urgente »[45].

Contribution du groupe de travail II, « Impacts, adaptation et vulnérabilité »[modifier | modifier le code]

Présentation du rapport[modifier | modifier le code]

Le rapport est disponible sur le site du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat depuis le [46],[47]. Les connaissances scientifiques mondiales en matière d'impacts, de risques, de vulnérabilité et d'adaptation en regard du changement climatique y sont synthétisées[15]. 270 scientifiques issus de 67 pays y ont contribué[48]. En ce qui concerne le Résumé pour les décideurs politiques, les 195 pays membres du Giec l'ont validé[48],[49] ; le processus en ce sens avait débuté le [50]. Ce rapport comporte davantage d'éléments concernant l'adaptation au changement climatique que le cinquième rapport d'évaluation du Giec, bien que l'adaptation ne puisse pas être la solution unique à tous les enjeux et qu'elle-même ait des limites[50].

Le rapport se compose des sept chapitres suivants, ainsi que du Résumé pour les décideurs politiques :

  1. « Chapter 1: Point of Departure and Key Concepts » (Point de départ et concepts clés) — qui comporte 102 pages comprenant sa propre présentation et son sommaire, son propre résumé, son développement (ceux-ci sur 76 pages), et la liste des articles scientifiques de référence ;
  2. « Chapter 2: Terrestrial and Freshwater Ecosystems and their Services » (Écosystèmes terrestres et d'eau douce et leurs services) ;
  3. « Chapter 3: Oceans and Coastal Ecosystems and their Services » (Océans et écosystèmes côtiers et leurs services) ;
  4. « Chapter 4: Water » (L'eau) ;
  5. « Chapter 5: Food, Fibre, and other Ecosystem Products » (Nourriture, fibres et autres produits des écosystèmes) ;
  6. « Chapter 6: Cities, Settlements and Key Infrastructure » (Villes, installations humaines et infrastructures clés) ;
  7. « Chapter 7: Health, Wellbeing, and the Changing Structure of Communities » (Santé, bien-être, et le changement de structure des communautés) ;
  8. « Chapter 8: Poverty, Livelihoods and Sustainable Development » (Pauvreté, moyens de subsistance et développement durable) ;
  9. « Chapter 9: Africa » (Afrique) ;
  10. « Chapter 10: Asia » (Asie) ;
  11. « Chapter 11: Australasia » (Australasie) ;
  12. « Chapter 12: Central and South America » (Amérique centrale et du sud) ;
  13. « Chapter 13: Europe » (Europe) ;
  14. « Chapter 14: North America » (Amérique du Nord) ;
  15. « Chapter 15: Small Islands » (Petites Îles) ;
  16. « Chapter 16: Key Risks Across Sectors and Regions » (Risques-clefs selon les secteurs et régions) ;
  17. « Chapter 17: Decision Making Options for Managing Risk » (Options de prise de décisions pour la gestion des risques) ;
  18. « Chapter 18: Climate Resilient Development Pathways » (Voies de développement résilientes au changement climatique) ;
  19. « Cross-Chapter Paper 1: Biodiversity Hotspots » (Document inter-chapitres 1 : points chauds de biodiversité) ;
  20. « Cross-Chapter Paper 2: Cities and Settlements by the Sea » (Document inter-chapitres 2 : villes et villages de bord de mer) ;
  21. « Cross-Chapter Paper 3: Deserts, Semi-Arid Areas and Desertification » (Document inter-chapitres 3 : Déserts, zones semi-arides et désertification) ;
  22. « Cross-Chapter Paper 4: Mediterranean Region » (Document inter-chapitres 4 : région méditerranéenne) ;
  23. « Cross-Chapter Paper 5: Mountains » (Document inter-chapitres 5 : montagnes) ;
  24. « Cross-Chapter Paper 6: Polar Regions » (Document inter-chapitres 6 : régions polaires) ;
  25. « Cross-Chapter Paper 7: Tropical Forests » (Document inter-chapitres 7 : forêts tropicales).

Principaux enseignements[modifier | modifier le code]

Les effets du réchauffement climatique impactent déjà à la fois les populations humaines et les écosystèmes[48]. Par rapport aux prévisions faites antérieurement lors des modélisations, les impacts actuels correspondent aux niveaux « hauts » et, de plus, ils se produisent rapidement[51]. Trois faits importants sont relevés : la disponibilité de la ressource en eau et de la nourriture diminue dans plusieurs régions du monde, la santé des humains de chaque région mondiale connaît des dégradations, et les aires de répartition des espèces de végétaux et d'animaux a diminué de moitié par rapport à une période de référence[48]. De plus, pour certaines populations humaines, des éléments de vulnérabilité tels que la pauvreté ou le manque d'accès à certains services augmentent les effets négatifs du réchauffement climatique[48]. Le rapport fait état d'environ 3,3 à 3,6 milliards d'habitants en situation de grande vulnérabilité à ces effets[48],[49]. Globalement, les populations ayant le moins contribué au réchauffement climatique sont également les plus exposées à ses effets[51]. Il existe aussi des effets en cascade[48].

Un « manque de volonté politique » est indiqué par les auteurs, qui relèvent le non-respect de certains engagements pris et des moyens inadéquats en regard de la vitesse réelle des changements qui résultent du réchauffement climatique, malgré des efforts pour réduire les émissions de CO2[48].

Le rapport souligne la possibilité encore présente d'un développement résilient — bien que la période d'action la plus efficace se raccourcisse de jour en jour[51] —, bien que cela nécessite de plus amples moyens financiers que ceux jusque-là fournis, notamment concernant : la transition énergétique afin de réduire le CO2 émis, la gestion adéquate de la ressource en eau et l'irrigation doublée de l'utilisation de l'agroécologie afin d'adapter au mieux les cultures, et la préservation de l'environnement naturel avec différents moyens[48]. Par ailleurs, le rapport cite également le risque de mal-adaptation de certains moyens par rapport aux objectifs, enjeux et dans la durée[48]. De plus, dans certaines situations, les possibilités d'adaptation des écosystèmes ou des humains seront dépassées[49].

Un temps compté[modifier | modifier le code]

Au plus tôt il y aura prise en compte et actions de réduction des vulnérabilités et adaptations — sans trop de mal-adaptations ou d'impacts négatifs ultérieurs —, le moins les effets délétères pour l'environnement et l'humanité seront marqués[51]. Selon le rapport, la décennie 2020 est cruciale en ce sens[51]. « Any further delay in concerted anticipatory global action on adaptation and mitigation will miss a brief and rapidly closing window of opportunity to secure a liveable and sustainable future for all »[52] (Tout retard supplémentaire dans l'action mondiale anticipée concertée sur l'adaptation et l'atténuation fera manquer une fenêtre d'opportunité brève et qui se referme rapidement pour assurer un avenir viable et durable pour tous)[51].

Pertes et dommages[modifier | modifier le code]

Le réchauffement climatique engendre « widespread adverse impacts and related losses and damages to nature and people » (des impacts négatifs généralisés et des pertes et dommages connexes sur la nature et les personnes)[51]. Depuis plus de deux décennies, les pays en développement tentent de faire reconnaitre aux pays les plus riches (notamment les États-Unis et ceux de l'Union européenne) et ayant fortement contribué depuis longtemps au réchauffement climatique, le sujet des « pertes et dommages » (ou « pertes et préjudices »), mais cela reste un thème épineux[51],[53],[54],[55],[56]. En effet, il y a, du côté des pays riches, des craintes concernant la reconnaissance de leur responsabilité sur une longue période, ainsi que concernant des compensations à mettre en place[51],[56].

De l'utilisation des technologies[modifier | modifier le code]

L'utilisation des technologies n'est pas l'unique solution aux problèmes engendrés par le réchauffement climatique et l'utilisation de certaines technologies pourrait même enclencher d'autres conséquences négatives, voire amplifier certains problèmes existants[51].

De l'intérêt d'investir dans la nature[modifier | modifier le code]

La nature en elle-même comme moyen de se protéger et d'amoindrir les impacts est aussi un élément important[51].

De l'intérêt de favoriser éducation, systèmes de santé et justice sociale[modifier | modifier le code]

Certains aspects des sociétés humaines peuvent aussi permettre à ces sociétés de s'adapter au changement climatique : ce sont notamment l'éducation, la justice sociale et le maintient et l'amélioration des systèmes de santé[51].

Rôle des villes[modifier | modifier le code]

Les villes telles qu'elles ont été développées peuvent engendrer de lourds problèmes en termes d'impacts sur le climat ou de vulnérabilité au changement de celui-ci — ce qui est le cas, par exemple, des villes côtières —, mais, à l'avenir, certains de leurs aspects peuvent être des atouts pour l'humanité[51]. Ainsi, certaines évolutions des villes telles que des aménagements et constructions plus écologiques, et l'utilisation de plus d'énergies renouvelables que d'énergies fossiles peuvent être bénéfiques en termes de climat aussi bien que de gestion des impacts du changement climatique[51]. Le rapport du Giec pointe les villes comme des éléments importants à considérer, tant en termes de vulnérabilités que de lieux de solutions[51].

Réactions[modifier | modifier le code]

Le président du Giec, Hoesung Lee, précise le que « les besoins (pour ce rapport) n'ont jamais été plus importants, parce que les enjeux n'ont jamais été aussi élevés »[50].

Lors de la parution du rapport, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, indique : « J'ai vu de nombreux rapports scientifiques dans ma vie, mais rien de comparable à celui-ci » et précise son commentaire en disant que c'est « un recueil de la souffrance humaine et une accusation accablante envers l'échec des dirigeants dans la lutte contre les changements climatiques »[49]. L'ancien président des Maldives, Mohammed Nasheed, souligne, au nom du Forum des pays les plus vulnérables (Climate Vulnerable Forum, CVF, qui représente 48 pays en 2021[56]), que « même si nous faisons face à d'autres menaces comme la guerre et les conflits, le monde ne doit pas perdre de vue le besoin d'agir collectivement contre une crise qui menace notre planète et l'avenir de la civilisation humaine »[49]. Gaston Browne, Premier ministre d'Antigua-et-Barbuda et président de l'Alliance des petits États insulaires (Aosis), indique que « l'adaptation est cruciale pour notre survie »[49]. Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, commente ce rapport en disant qu'il « démontre pourquoi la communauté internationale doit continuer de prendre des mesures climatiques ambitieuses, alors même que nous faisons face à d'autres défis mondiaux impérieux »[49].

La directrice exécutive du programme des Nations unies pour l'environnement, Inger Andersen, a, quant à elle, précisé : « Nature can be our saviour. But only if we save it first » (La nature peut être notre sauveuse, mais seulement si nous la sauvons d'abord)[51].

Selon certaines sources de l'Agence France-Presse (AFP), lors des négociations concernant le document de synthèse, certains États ont cherché à « faire retirer des références à l'objectif de +1,5 °C »[49].

Couverture médiatique[modifier | modifier le code]

Une version préliminaire du résumé technique de ce rapport, datant de 2020, est parvenue à l'Agence France-Presse (AFP), qui a publié des éléments tirés du document[57],[58]. Il y alors est indiqué que, conformément au plan du rapport adopté en 2017 à Montréal[59], il abordera, entre autres, le lien entre le changement climatique et la perte de biodiversité, les migrations, les risques pour les activités urbaines et rurales, la santé, l'alimentation, l'eau, l'énergie ; il comprendra également plusieurs chapitres sur les effets régionaux du changement climatique[60].

Dans les médias, la diffusion du rapport le 28 février 2022 est « éclipsé[e] par l'invasion russe en Ukraine »[49]. Certains médias français indiquent dans les jours suivants que la publication du rapport est très peu traitée dans la presse — notamment télévisée — du pays[61],[62].

Contribution du groupe de travail III, « Atténuation du changement climatique »[modifier | modifier le code]

Ce rapport est publié le 4 avril 2022[48],[63],[64], sur la base du plan adopté à Montréal en 2017[65]. Peu avant la publication, certains observateurs craignent que les conclusions soient édulcorées, compte tenu de la manière dont les rapports du Giec sont adoptés[66]. Selon le journal hebdomadaire britannique The Observer, certains pays « ont cherché à apporter des changements qui affaibliraient les avertissements finaux »[67].

Cette partie du sixième rapport d'évaluation traite des solutions qui pourraient permettre d'atténuer le changement climatique[63].

Les sujets couverts par le rapport sont les suivants :

  •    Les tendances et les moteurs des émissions de gaz à effet de serre ;
  •    Les voies de réduction des émissions qui correspondent aux objectifs nets zéro à long terme ;
  •    Les voies de réduction des émissions à plus court terme et leur compatibilité avec les "objectifs de développement nationaux" en matière de création d'emplois, de compétitivité, de pauvreté, de développement durable, etc ;
  •    les aspects sociaux de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, y compris les objectifs visant à répondre aux besoins humains dans le cadre des objectifs de développement durable des Nations unies ;
  •    les systèmes énergétiques ;
  •    l'agriculture, la sylviculture et les autres utilisations des terres
  •    Villes et autres établissements humains ;
  •    Bâtiments ;
  •    les transports ;
  •    l'industrie ;
  •    Coûts et opportunités dans les différents secteurs économiques ;
  •    Politiques et institutions nationales et infranationales ;
  •    Coopération internationale ;
  •    Investissement et finance ;
  •    Innovation, technologie et transfert technologique ;
  •    les liens entre le développement durable et la réponse au changement climatique.

Le processus d'approbation du « résumé pour les décideurs » du rapport a duré deux jours de plus que prévu initialement — ce qui n'était jamais arrivé depuis la création du Giec —, et cela en lien avec la complexité des négociations : au lieu de se terminer le vendredi , le processus a pris essentiellement fin au soir du dimanche , avec une approbation formelle finalisée le lundi [63]. Les points du rapport qui ont le plus été sujets aux négociations concernent « la sortie des énergies fossiles, la finance, le rôle des technologies ou les questions d’équité », selon Le Monde[63].

Principaux enseignements[modifier | modifier le code]

Selon le Giec, si l'on veut contenir le réchauffement par rapport aux températures préindustrielles à 1,5 °C — selon celui des scénarios étudiés qui semble le plus favorable pour l'avenir —, l'année 2025 est la limite pour le début de la décrue des émissions de gaz à effet de serre[68]. Si cette décrue commence seulement en 2025, la diminution des émissions de gaz à effet de serre devra — toujours dans l'objectif de contenir le réchauffement global planétaire à maximum 1,5 °C — être d'au moins 43 % entre 2025 et 2030[68],[69]. Et même dans le scénario étudié et aboutissant à ces recommandations, il peut y avoir parmi les conséquences un léger dépassement du seuil des +1,5 °C de réchauffement global durant un certain laps de temps avant de revenir à ces +1,5 °C en fin du XXIe siècle[68]. Le Giec souligne aussi l'importance d'atteindre ces objectifs dans le temps imparti[68]. Dans le cas contraire, les autres scénarios étudiés, qui tiennent compte de seuils d'émissions plus élevés dans des délais plus longs, aboutissent à une hausse de la température globale de la planète plus élevée, température qui mettrait en outre plus de temps à se réduire par la suite[68].

Selon António Guterres, ce rapport « met en place des options qui semblent financièrement viables dans chaque secteur pour garder vivante la possibilité de limiter le réchauffement à 1,5 degré »[68]. Les différentes solutions envisageables sont donc décrites dans ce rapport, qui est un état des lieux actualisé des connaissances scientifiques à ce propos[68],[69]. Hoesung Lee, président du groupe de travail III, qui a rédigé cette partie du rapport du Giec, indique que « nous disposons des outils et du savoir-faire nécessaires pour limiter le réchauffement »[68],[70]. De plus, même si les politiques et investissements tournés vers la réduction des émissions délétères pour le climat sont encore insuffisants dans le monde et prennent du temps, certaines politiques et lois qui existent actuellement montrent un engagement et des effets intéressants : leur reprise, avec une extension et davantage d'équité pourrait aider à une forte diminution des émissions[70],[69].

Le rapport aborde — dans son chapitre 9 consacré aux bâtiments — la question de la sobriété (sufficiency en anglais), laquelle nécessite des actions individuelles voire des changements de mode de vie, variables selon les revenus des individus, mais également des décisions politiques[71],[72],[73]. Cette sobriété[74] concerne aussi la demande énergétique, et cela dans différents domaines tels que l'alimentation, les bâtiments, l'urbanisme, le travail et les transports[64],[75]. Elle touche aussi à la limitation du gaspillage, dans tous les domaines[64]. Afin de la mettre en œuvre, il est nécessaire d'avoir des politiques et des investissements publics adéquats, mais l'échelle de l'individu et de ses comportements a également un rôle important[74].

En matière énergétique, le rapport souligne aussi la nécessité de décarboner les sources d'énergie, au moyen de celles neutres ou bas-carbone, en remplacement des énergies fossiles[64],[70],[69],[76]. En parallèle, des techniques et technologies de diminution des taux de carbone dans l'atmosphère seraient à développer (plantations, extraction du CO2 atmosphérique…)[64],[75]. La question d'un autre gaz à effet de serre très puissant qu'est le méthane est également présente, avec des sources d'émissions actuelles notamment liées à l'utilisation des énergies fossiles et à l'agriculture (élevage)[64],[74] ; à l'horizon 2050, ses émissions devraient être diminuées de moitié par rapport à celles de 2019 pour respecter le cadre de la limitation de la hausse globale de température à 1,5°C[75].

En termes d'investissements financiers, le rapport fait état d'un besoin de 2300 milliards de dollars annuels pour limiter la hausse de la température globale à 1,5°C (en relation avec l'Accord de Paris sur le climat), contre 1700 milliards pour limiter cette hausse à 2°C, bien que ces chiffres ne comprennent pas les économies budgétaires voire les gains qui auraient lieu si certains événements liés au changement climatique ne se produisaient pas[75]. Selon les experts du Giec, « les avantages des scénarios permettant de limiter le réchauffement à 2 °C dépassent les coûts des mesures d'atténuation [des émissions] »[17]. Toutefois, lors de la parution de ce volet du rapport, le Giec souligne que « les flux financiers privés et publics vers les énergies fossiles sont toujours plus importants que ceux pour l'adaptation et l'atténuation du changement climatique »[17].

Dans le rapport, des solutions par grand secteur d'émission de gaz à effets de serre ont été étudiées. Concernant la production d'énergie, secteur qui contribue à environ 34 % des émissions mondiales, d'ici à 2050, une forte réduction de l'emploi des énergies fossiles est recommandée (de 90 % (ou 100 %[69]) pour le charbon, 60 % pour le pétrole, 45 % (ou 70 %[69]) pour le gaz, par rapport aux taux de 2019)[17]. De même, l'utilisation et la construction de centrales produisant de l'énergie à partir de sources fossiles sont fortement émettrices[17]. Cette réduction de l'emploi des énergies fossiles peut être faite notamment en utilisant davantage les sources d'énergie émettant peu de gaz à effet de serre, dont l'emploi et les coûts ont déjà évolué entre le cinquième et le sixième rapport du Giec (plus développées et moins coûteuses qu'auparavant)[17],[70].

Au niveau de l'industrie, secteur qui contribue à environ 24 % des émissions mondiales, le Giec estime qu'il est possible d'envisager « zéro émission nette » bien que cela soit un défi[17].

Concernant le secteur de l'agriculture, la foresterie et des autres usages des terres, qui contribue à environ 22 % des émissions mondiales, il comporte plusieurs aspects : celui de la réduction de ses propres émissions, et celui du stockage de carbone plus généralement (en appui sur la nature et avec l'utilisation éventuelle de technologies en cours de développement[69], bien que certaines ne viennent qu'en dernier ressort et pour compenser des émissions d'autres domaines qui n'auraient pas pu être réduites par ailleurs[77])[17],[70]. Des régimes alimentaires accordant plus de place aux végétaux et moins d'importance à la consommation de chair animale ou de produits d'élevage industriel permettraient aussi la réduction de certaines émissions[17],[74],[69]. Les solutions envisageables s'accompagnent aussi de bénéfices possibles concernant la biodiversité, les écosystèmes, et le contexte de la vie humaine[17].

Le domaine du transport, qui contribue à environ 15 % des émissions mondiales, plusieurs solutions permettraient de diminuer les émissions : réduction des besoins en transport (passant par des choix en matière d'urbanisme et davantage de télétravail, par exemple) ; utilisation privilégiée de la marche, le vélo ou les transports en commun ; utilisation de véhicules électriques ou au biocarburant plutôt qu'utilisant des énergies fossiles[17],[74]. Ceci aurait aussi des bénéfices en parallèle sur différents points dont l'environnement et la santé humaine[17],[74].

Le domaine du bâtiment, qui contribue à environ 6 % des émissions mondiales, est également étudié, y compris sur un plan large touchant à l'urbanisme[17],[74],[70],[69] et l'aménagement du territoire[73].

Un autre aspect de la question des émissions de gaz à effet de serre est celui de la répartition de celles-ci dans le monde : en effet, celles-ci diffèrent selon le niveau de développement des pays (les plus développés émettant bien plus que les moins développés), mais aussi selon la richesse des ménages (les 10 % les plus riches du monde concourant à entre un tiers et presque la moitié des émissions)[17],[76]. Selon le rapport, ceci engage à utiliser différentes solutions pour réduire les émissions, solutions qui ont aussi différents impacts sur la réduction ; ainsi, les ménages qui émettent le plus ont aussi le plus de possibilité de réduction de ces émissions[17]. De plus, il est important que les pays les plus développés soutiennent davantage financièrement ceux les moins développés, à la fois pour des questions d'équité, de soutien aux mesures d'atténuation, et de soutien pour des pays vulnérables au changement climatique également sur un plan économique[17],[69],[76].

Ce rapport souligne l'intérêt non pas d'une simple transition mais d'une transformation des modes de vie, aussi bien à l'échelle des société qu'à celle des individus, avec divers bénéfices, y compris en termes de bien-être humain[74],[70].

Réactions[modifier | modifier le code]

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a notamment souligné la nécessité, pour la vie humaine à venir sur la planète, d'une réévaluation des politiques énergétiques des gouvernements des pays du monde, et cela sans tarder[78]. Selon le coprésident du groupe de travail III du Giec, Priyadarshi Shukla, « les bonnes politiques, infrastructures et technologies… pour permettre des changements dans nos modes de vie et nos comportements, peuvent entraîner une réduction de 40 à 70% des émissions de gaz à effet de serre en 2050 »[78],[17].

L'économiste du changement climatique Céline Guivarch, qui fait également partie des auteurs du rapport, souligne par ailleurs qu'« il faut arrêter de penser qu'en dessous du 1,5 °C, tout va bien. Il y a déjà des pertes et des dommages majeurs et chaque fraction de degré d'augmentation est dangereuse. On est déjà dans une situation, aujourd’hui, où les risques sont très élevés »[69].

Dans une vingtaine de pays du monde, un ensemble de plus de 1200 scientifiques a mené des actions en lien avec les enjeux relevés dans le rapport, dont l'urgence de l'action efficace contre le changement climatique ; en Suisse, cela a par exemple mené le 6 avril 2022 à une manifestation de 17 scientifiques ayant collé des extrait du rapport et d'articles de recherche sur le Palais fédéral à Berne[79].

Couverture médiatique[modifier | modifier le code]

En France, Arrêt sur images relève que le rapport du Giec publié le 4 avril 2022 a suscité aussi peu d’intérêt dans les médias que les précédents. Les chaînes de télévision privées lui ont consacré, dans les 35 heures ayant suivi sa publication, entre 0,05 % à 1,9 % de leur temps d'antenne[80].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Rapports du GIEC[modifier | modifier le code]

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Autres références[modifier | modifier le code]

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Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Rapport du groupe de travail I

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  • (en) Climate Change 2021, The Physical Science Basis : Technical Summary, Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, , 159 p. (lire en ligne [PDF]).
  • (en) Climate Change 2021, The Physical Science Basis : Full Report, Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, , 3949 p. (lire en ligne [PDF]).

Rapport du groupe de travail II Impacts, Adaptation and Vulnerabilty

  • (en) Climate Change 2022: Impacts, Adaptation and Vulnerabilty : Summary for Policymakers, Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, , 35 p. (lire en ligne [PDF])

Rapport du groupe de travail III Mitigation du changement climatique

  • (en) Climate Change 2022: Mitigation of Climate Chang, Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, , 1993 p. (lire en ligne)


Liens externes[modifier | modifier le code]