Scène de crime

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Photo en noir et blanc avec un corps étendu de dos sur un sol aride, trois personnes discutant en second plan sur la droite.
Le corps d'Orlie Cormeau près de Cannonball dans la Réserve indienne de Standing Rock, en 1941.

La scène de crime ou scène du crime est définie comme comprenant à la fois les lieux où s'est produit un crime, mais aussi l'état de ces lieux. Le mot crime est pris au sens du latin crimen (« chef d'accusation »), et la scène de crime peut concerner aussi bien un crime ou un délit qu'un accident, un incendie, une explosion ou une catastrophe.

La scène comprend donc l'ensemble des différents lieux où se sont produits un ou des événements donnant lieu à l'intervention de la police technique ou scientifique ou celle d'un expert en criminalistique, leur état au moment de l'intervention et tout élément physique présent sur ces lieux : butin, preuves, indices, traces, ...

Définition du terme[modifier | modifier le code]

Le terme scène de crime est un terme technique utilisé en criminalistique, en français, pour désigner les lieux de l'événement ainsi que le positionnement et l'état de l'ensemble de ses éléments constitutifs. Une scène de crime peut être constituée par le lieu d'un crime ou d'un délit, le lieu d'un accident, d'un incendie, d'une explosion ou encore d'une catastrophe[1].

L'usage de l'article indéfini de pourrait être un barbarisme issu de l'anglais crime scene popularisé par les séries télévisées centrées sur les enquêtes policières alors que la traduction correcte serait scène d'un crime ou scène du crime[réf. nécessaire] ; les lieux du crime étant une autre expression qu'on retrouve dans le proverbe l'assassin revient toujours sur les lieux du crime. On a usé cependant du terme scène de crime très tôt avant cette popularisation[2],[3], bien que l'expression la plus fréquente au XIXe siècle ait plutôt été le théâtre du crime[4], d'où la dérive vers scène du crime, et sans doute plus tard scène de crime, scène du crime est utilisé de manière indifférente à scène de crime mais induit que l'on traite d'un crime en particulier (article défini)[5].[travail inédit ?] L'institut national de police scientifique français parle de scène d'infraction[6].

Intervention sur une scène de crime[modifier | modifier le code]

Périmètre[modifier | modifier le code]

Agents de la United States Army Criminal Investigation Command ayant délimité la scène de crime par la rubalise.

Les limites de la scène de crime sont définies par les enquêteurs et interdites au public tant que les experts de la Police scientifique n'ont pas terminé l'examen approfondi des lieux. La délimitation se fait par de la bande plastique dite de « gel des lieux ». La plupart du temps, un certain nombre d'intervenants autres que des experts et techniciens de scène de crime arrivent sur les lieux. Afin d'éviter la « contamination » de la scène, c'est-à-dire la dégradation des preuves ou de l'état des lieux, ces acteurs sont formés aux principes de base de la « fixation de la scène » ou « gel des lieux »[7].

Analyse d'une scène de crime[modifier | modifier le code]

Deux hommes en combinaison blanche, une caméra et un appareil photo à la main tournés vers la droite.
Des techniciens de la police scientifique à Chester, au Royaume-Uni, en pleine documentation de la scène, en 2005.

Au Canada et en Suisse, la personne chargée de relever les indices est nommée technicien en scène de crime[8],[1], en France c'est un technicien ou un expert de la police scientifique qui est appelé à jouer ce rôle[9]. Il est nécessaire pour le technicien de ne pas contaminer la scène : il porte donc des gants, une tenue adaptée (vêtements propres et blancs, masque)[8].

D'abord il doit photographier et filmer la scène, en établir un plan précis. Puis il doit découvrir et faire apparaître les indices. Les indices sont alors prélevés en les mettant dans une poche en plastique munie d'un code l'identifiant, l'emplacement de l'indice est noté par des cavaliers en plastique jaune (lettres ou numéros[10]) et l'indice donné à un enquêteur[8].

Types de scènes de crime[modifier | modifier le code]

  • Accident
  • Incendie ou explosion
  • Catastrophe
  • Crime ou délit

Techniciens et experts[modifier | modifier le code]

Un technicien en scène de crime, au Canada, doit avoir suivi une formation en techniques policières puis être passé par le Collège canadien de police. Ce sont des connaissances polyvalentes qui lui permettent d'analyser correctement les scènes[8].

Un des premiers experts en criminologie de ce type fut Alphonse Bertillon, un anthropologue français qui établit une procédure permettant le recueil d'indices par la police française. Sa méthode, appelée « bertillonnage », utilise un relevé de plusieurs points du corps du cadavre ainsi que sa photographie[8]. Edmond Locard fonda le premier laboratoire français pour la « police technique »[9]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Le travail des policiers et des médecins légistes sur les scènes de crime a inspiré plusieurs séries télévisées comme Les Experts ou Preuve à l'appui.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Martin et al. 2010, p. 3
  2. « Action de la presse en matière de criminalité », Bulletin de l'Institut général psychologique, Institut général psychologique, vol. 10,‎ 1910, p. 480
  3. Jean-Denis Lanjuinais, Contre le nouveau projet de loi relatif aux délits de la presse : Discours, Paris, Baudouin,‎ 1822, 40 p. (lire en ligne), p. 32
  4. Faustin-Adolphe Hélie et J.S.G. Nypels, Théorie du code d'instruction criminelle,‎ 1845, p. 364, 372
  5. Manuel de la police, sous la direction d'Anne Leriche, La criminalistique : du mythe à la réalité quotidienne, Wolters Kluwer, 2002, Bruxelles.
  6. « Enquête technique et scientifique : qui fait quoi ? », sur Police Nationale Française,‎ 12 septembre 2011
  7. Martin et al. 2010, p. 6
  8. a, b, c, d et e [flash]« Autopsie d'un meurtre », sur Centre des sciences de Montréal
  9. a et b « La police scientifique : de la scène de crime au laboratoire », sur Cité des sciences et de l'industrie
  10. Cavaliers d'identification pour photo

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Claude Martin, Olivier Delemont, Pierre Esseiva et Alexandre Jacquat, Investigation de scène de crime : fixation de l'état des lieux et traitement des traces d'objets, Presse polytechnique universitaire romande, coll. « Sciences forensiques »,‎ 2010, 3e éd., 237 p. (ISBN 978-2-8874-845-6[à vérifier : ISBN invalide], lire en ligne)