Fraction armée rouge

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Rote Armee Fraktion
RAF, Baader-Meinhof-Bande
Image illustrative de l'article Fraction armée rouge

Idéologie Anti-impérialiste, communiste
Statut Autodissous en 1998[1]
Fondation
Date de formation 1968–1970
Fondé par Andreas Baader, Gudrun Ensslin, Thorwald Proll et Horst Söhnlein (en)
Pays d'origine Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Actions
Mode opératoire Attentats, enlèvements, assassinats
Victimes (morts, blessés) 33-34[réf. nécessaire]
Zone d'opération Drapeau de l'Allemagne Allemagne, Suède[réf. nécessaire]
Période d'activité 1968–1998
Organisation
Chefs principaux Andreas Baader, Ulrike Meinhof
Financement Braquage, Stasi
Groupe relié Revolutionäre Zellen, Rote Zora, Action directe, Mouvement du 2 juin, Brigades rouges, West Berlin Tupamaros, Sozialistisches Patientenkollektiv, FPLP

La Fraction armée rouge (allemand : Rote Armee Fraktion ; également connue sous le sigle RAF) est une organisation terroriste allemande d'extrême gauche se présentant comme un mouvement de guérilla urbaine[2] qui opéra en Allemagne fédérale de 1968 à 1998, contribuant au climat de violence sociale et politique de ce que l'on a appelé les « années de plomb ». Elle fut également surnommée bande à Baader ou groupe Baader-Meinhof, du nom de ses leaders historiques.

Historique[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

Vers le milieu des années 1960, les mouvements étudiants (qui avaient vu le jour aux États-Unis principalement pour protester contre la guerre du Viêt Nam et pour l'obtention des droits civiques par la population de couleur) apparurent aussi en Allemagne. Tout comme plus tard en France juste avant mai 1968, la révolte portait sur plusieurs sujets, en particulier sur les méthodes d'enseignement de l'université. Le slogan préféré lancé par les étudiants aux professeurs qui faisaient leur entrée solennelle en procession était alors (de) Unter den Talaren, der Muff von Tausend Jahren (« sous les capes traditionnelles des professeurs, l'air vicié de mille années [allusion au Troisième Reich, qu'Hitler souhaitait voir durer mille ans] »).

Après que les grands partis eurent décidé de former une grande coalition (CDU/CSU + SPD) le 1er décembre 1966, seul le petit parti libéral-démocrate restait en lice, les groupements d'étudiants décidèrent de créer l'Opposition extra-parlementaire ((de) Außerparlamentarische Opposition - APO). Avant même cet acte fondateur, les manifestations atteignirent leur paroxysme. La visite officielle en Allemagne du Chah d’Iran Mohammad Reza Pahlavi (qui avait écrasé l’opposition dans son propre pays avec une extrême brutalité) et de son épouse Farah Diba en mai 1967, déclencha une vague de manifestations. Lors de l’une d’elles, des supporters du Chah attaquèrent des étudiants sans que la police ne réagisse et le 2 juin 1967, un étudiant, Benno Ohnesorg, fut tué dans une arrière-cour d’une balle tirée par un policier travaillant aussi comme espion de la Stasi[3]. Des jeunes Allemands commencent à demander à la génération précédente des comptes sur son rôle dans la période nazie[4], et à lui reprocher sa passivité.

D'une façon générale, le mouvement étudiant allemand s'inscrit dans la vague d'agitation sociale que connaît l'occident depuis la fin des années 1960. De jeunes allemands dénoncent l' impérialisme des États-Unis , qui ont démontré leur autoritarisme avec la crise de Cuba, leur soutien au Shah d'Iran, l'interventionnisme au Viêt Nam. La jeunesse s'est émue de l'assassinat de Robert Kennedy le 5 juin 1968, celui de Martin Luther King le 4 avril, ou encore l'exécution en Bolivie de Che Guevara en 1967. À cela s'ajoute la tentative d'assassinat contre Rudi Dutschke, le 11 avril 1968, qui était la figure emblématique de l'opposition étudiante et marxiste en RFA, et membre influent du SDS (Sozialistischer Deutscher Studentenbund). En France, le précédent de mai 1968 donna évidemment des ailes aux jeunes allemands qui réclamaient une société où l'argent ne serait pas le moteur du monde. Il est évident que l'orientation marxiste des étudiants allemands ne trouvait pas de moyen d'expression légal dans une société hantée par la peur de l'Union Soviétique et dont la capitale "historique", Berlin, était au cœur de l'affrontement idéologique de la guerre froide (Bonn étant à l'époque la capitale administrative).

Première période[modifier | modifier le code]

Il n’y eut pas de naissance officielle de la RAF. Cependant, la première action (qui peut être considérée comme la naissance du mouvement), fut la libération de Baader le 14 mai 1970. Andreas Baader avait été transféré à l’Institut allemand pour les affaires sociales à Berlin, car la journaliste Ulrike Meinhof prétendait vouloir écrire avec lui un ouvrage sur les anciens pensionnaires des maisons de redressement. Il s’agissait d’un prétexte pour le libérer par la voie des armes.

Le 5 juin 1970, le texte Bâtir l’armée rouge fut publié dans la revue Agit 883 et constituait la déclaration officielle et fondatrice de la RAF. Le texte était conclu par les phrases programmatiques: « Favoriser la lutte des classes - Organiser le prolétariat - Commencer la résistance armée - Construire l'Armée Rouge ».

De juin à août 1970, Andreas Baader, Gudrun Ensslin, Ulrike Meinhof, Horst Mahler, Peter Homann, Brigitte Asdonk ainsi qu’une douzaine d’autres personnes séjournèrent dans un camp du Fatah en Jordanie pour y recevoir une formation militaire.

Dans un premier temps, le groupe attira l’attention de l’État par des attaques de banques, des vols de véhicules et de documents, qui avaient pour but de subvenir aux besoins de la vie clandestine. C’est dans ce contexte que furent attaquées simultanément trois banques de Berlin, le 29 septembre 1970, par au moins 16 membres du groupe qui s’emparèrent ainsi de 209 000 DM. D’après un article du magazine der Spiegel, seulement deux des attaques étaient imputables à la RAF, la troisième avait été perpétrée par le Mouvement du 2 juin. Le 9 octobre 1970, Horst Mahler, Irene Goergens, Ingrid Schubert, Brigitte Asdonk et Monika Berberich furent arrêtés au 89, Knesebeckstraße à Berlin pour avoir participé à ces attaques.

En avril 1971, la RAF sortit de l’anonymat et s’exprima publiquement en distribuant un prospectus intitulé Le concept de guérilla urbaine. C'en fut trop pour les autorités qui déclenchèrent dans toute la RFA une vaste opération de recherches des quelque 50 membres du groupe. Le noyau dur de la première génération était formé par Andreas Baader, Gudrun Ensslin, Holger Meins, Ulrike Meinhof et Jan-Carl Raspe.

Les pratiques musclées de la police et la résistance armée prônée par la RAF firent inévitablement couler le sang. Petra Schelm tomba sous les balles le 15 juillet 1971. Le 22 octobre et le 22 décembre de la même année, les policiers Norbert Schmid et Herbert Schoner furent tués. Le 1er mars 1972, ce fut la première bavure officielle de la police avec la mort d'un innocent, un jeune apprenti de 17 ans : Richard Epple.

À partir de 1972, la RAF dirigea ses attentats à la bombe contre des bâtiments militaires américains et des institutions publiques. Les cinq attaques à la bombe perpétrées en 1972 firent quatre morts et 30 blessés. Le 11 mai 1972, le commando « Petra Schelm » fit exploser une bombe au Terrace Club à Francfort, quartier général de la 5e armée américaine, tuant le Lieutenant américain Paul A. Bloomquist et blessant gravement 13 autres personnes. Les principaux leaders de la première génération de la RAF furent arrêtés en juin 1972 : Baader, Ensslin, Meinhof, Raspe, Meins, et Gerhard Müller.

Les terroristes décrivirent leurs conditions de détention comme une « torture par l'isolation » et exigèrent leur assouplissement ainsi qu'un statut de prisonniers de guerre. Pour appuyer leurs exigences, ils firent une grève de la faim dont Holger Meins mourut d'ailleurs le 9 novembre 1974. Amnesty International tenta d'intercéder en faveur des détenus pour améliorer leurs conditions de détention, et déposa une plainte officielle auprès du ministre de la justice Hans-Jochen Vogel (SPD), qui la rejeta.

Les activités et le travail de communication des détenus, appuyés par le travail de leurs avocats Klaus Croissant et Siegfried Haag, trouvèrent un écho dans la scène politique de la gauche allemande. Parmi les avocats renommés de la première génération, on notera la présence d'Otto Schily, Hans-Christian Ströbele et Rupert von Plottnitz ainsi que le juriste de renom Hans Heinz Heldmann.

On vit intervenir également le philosophe Jean-Paul Sartre, qui prit position pour les détenus. Le 4 décembre 1974, Sartre rencontra Baader au centre pénitentiaire de Stuttgart. On dit qu'il aurait par la suite qualifié Baader de « trou du cul » (cf le documentaire « Sartre par lui-même », 1976).

En avril 1977, après 192 jours de procès à Stammheim, les accusés furent condamnés pour assassinat à une peine d'emprisonnement à perpétuité. Ulrike Meinhof avait été condamnée le 29 avril 1974 à 8 ans de prison pour sa participation à la libération de Baader en 1970.

Plusieurs leaders de la première génération moururent entre 1976 et 1977 dans le quartier de haute sécurité de la prison de Stammheim. Le 9 mai 1976, on retrouva Ulrike Meinhof pendue dans sa cellule à l'aide d'un chiffon déchiré et transformé en corde. L'enquête officielle conclut au suicide. Après l'échec de la tentative de libération des détenus par la deuxième génération lors du fameux « printemps allemand » (nom donné en souvenir du printemps de Prague), Andreas Baader, Gudrun Ensslin et Jan-Carl Raspe se suicidèrent lors de ce qu'il est convenu d'appeler « la nuit de la mort de Stammheim », le 18 octobre 1977. Raspe et Baader se tuèrent par balle avec des armes fournies par l'avocat Arndt Müller. Ensslin se pendit à l'aide d'un câble électrique. Irmgard Möller tenta de se poignarder au cœur à l'aide d'un couteau de cantine de la prison, mis les blessures ne furent pas fatales. Quelques semaines plus tard, le 12 novembre 1977, la membre fondatrice de la RAF Ingrid Schubert se pendit dans sa cellule de la prison de Münich. Cette version officielle des évènements est fortement controversée par de nombreux militants[Qui ?] : ces leaders de la RAF constituaient une menace, mais morts, plus personne ne tenterait le diable pour les délivrer, ainsi donc, ils auraient été exécutés en prison[non neutre].

Deuxième période[modifier | modifier le code]

La deuxième génération se forma après l’arrestation d’une grande partie des membres de la 1re génération, dont les écrits et les propos diffusés depuis la prison de Stammheim avaient trouvé écho dans les cercles de gauche. De nombreux membres de la deuxième génération provenaient du Collectif socialiste des patients de Heildelberg (Sozialistische Patienten Kollektiv), fondé le 12 février 1970 par des patients en psychiatrie de la polyclinique de Heidelberg, ou encore furent recrutés par les avocats de la 1re génération, Siegfried Haag et Klaus Croissant, qui s’effacèrent ensuite du devant de la scène.

Le 27 février 1975, trois jours avant les élections au parlement du Land de Berlin, Peter Lorenz, tête de liste de la CDU, fut enlevé par des membres du Mouvement du 2 Juin. Les ravisseurs exigeaient la libération de certains terroristes et notamment de membres de la RAF. Le gouvernement céda. Verena Becker, Gabriele Kröcher-Tiedemann, Ingrid Siepmann, Rolf Heißler et Rolf Pohle furent relâchés et envoyés par avion militaire à Aden au Yémen, tandis que Lorenz fut libéré par ses ravisseurs le 4 mars. Le fait que certains des terroristes libérés redevinrent actifs par la suite renforça le gouvernement dans sa conviction qu’il ne fallait pas négocier avec les terroristes.

À la suite de cet épisode, la deuxième génération eut pour principal objectif de parvenir à la libération des membres de la 1re génération. Le 24 avril 1975 eut lieu la prise d’otages de Stockholm. Six membres de la RAF investirent l’ambassade de la RFA à Stockholm et exigèrent la libération des chefs de la RAF. Après l’exécution de deux diplomates par les terroristes, la prise d’otages finit en bain de sang par la négligence d’un ravisseur qui déclencha une charge explosive. Les terroristes Ulrich Wessel et Siegfried Hausner trouvèrent la mort dans l’explosion. Les otages purent s’échapper à la faveur de l’incendie, les auteurs furent arrêtés. Avaient pris part à cette opération Hanna Krabbe, Karl-Heinz Dellwo, Lutz Taufer et Bernhard Rössner. Ils avaient été recrutés par l’avocat d’Andreas Baader, Siegfried Haag, ce dernier n’ayant pas participé à l’opération. Il fut arrêté le 30 novembre 1976. On retrouva alors les fameux « papiers Haag-Meyer », sur lesquels étaient planifiés les attentats pour l’année 1977. Les enquêteurs ne purent cependant décrire à temps ces papiers qui étaient codés. Après l’arrestation de Haag, la deuxième génération de la RAF fut dirigée par Brigitte Mohnhaupt, qui venait d’être libérée en 1977.

« L'action anticapitaliste »[modifier | modifier le code]

Prison de Stammheim à Stuttgart.

Après avoir déjà mené quelques actions diverses, Gudrun Ensslin, Andreas Baader, Thorwald Proll et Horst Söhnlein (en) firent exploser le vers minuit des bombes incendiaires artisanales dans des grands magasins de Francfort-sur-le-Main qui causèrent des dégâts évalués à 700 000 DM. À cette époque, la RAF n’employait pas de méthodes violentes envers les personnes. Ce n’est que le jeudi , lors de la libération de leur chef Andreas Baader, qui avait été arrêté par hasard par la police alors qu’il essayait de se procurer des armes, qu’un agent de police fut tué. Plusieurs personnalités de haut rang furent assassinées, dont le procureur fédéral Siegfried Buback, exécuté en avril 1977 avec son chauffeur et son garde du corps[4].

La plupart des militants de la première génération, dont Andreas Baader et Ulrike Meinhof, ont été arrêtés en juin 1972 et incarcérés au quartier de haute sécurité de la prison de Stuttgart-Stammheim. En novembre 1974, Holger Meins meurt en prison après plusieurs semaines de grève de la faim. En mai 1976, Ulrike Meinhof est retrouvée pendue dans sa cellule après des conditions d'isolement sensoriel total.

Pour obtenir la libération de ses membres détenus à la prison de Stuttgart-Stammheim, la RAF enlève le président du patronat allemand Hans Martin Schleyer le 5 septembre 1977. Il est dénoncé comme ancien membre du parti nazi et des SS[4]. Le 13 octobre, un avion, le vol 181 de la Lufthansa, est détourné sur Mogadiscio en Somalie par un commando palestinien du nom de « Martyr Halimeh », prenant en otages 81 passagers et cinq membres d'équipage. La prise d'otages prend fin le 18 octobre avec l'intervention des forces spéciales allemandes durant laquelle trois des quatre membres du commando palestinien sont tués. Le même jour, les autorités allemandes annoncent la mort d'Andreas Baader, Gudrun Ensslin, la compagne de Baader, et Jan-Carl Raspe, officiellement morts par suicide.

Emprisonnée aux côtés de ses camarades, Irmgard Möller fut quant à elle grièvement blessée. Elle affirmera plus tard qu'il s'agissait en fait d'assassinats orchestrés par Bonn. En représailles, la RAF annonce le lendemain la mort de Hans Martin Schleyer. Son corps est retrouvé le lendemain dans le coffre d'une automobile à Mulhouse, en France[4]. Brigitte Mohnhaupt est impliquée entre autres dans ce meurtre, elle est considérée alors comme la femme la plus dangereuse d'Allemagne. Le 12 novembre, c'est au tour d'Ingrid Schubert d'être retrouvée pendue dans sa cellule.

La thèse des assassinats est appuyée par le témoignage d'Irmgard Möller, autre militante de la RAF incarcérée à la prison de Stammhein en même temps qu'Andreas Baader et Ulrike Meinhof et qui a été victime d'une tentative d'assassinat dans sa cellule le jour de la mort de ses codétenus (grièvement blessée de plusieurs coups de couteaux dans la poitrine). On a parlé de torture psychologique avec privation sensorielle.

La guerilla urbaine de la RAF a été l'épreuve la plus difficile pour la République fédérale allemande depuis 1949, date de sa création. Face aux attentats, le gouvernement a durci les lois et étendu les contrôles de police[4].

Des connexions internationales[modifier | modifier le code]

En juin 1970, plusieurs membres fondateurs de la RAF semblent s'être entraînés dans des camps du Front populaire de libération de la Palestine en Jordanie.

La Stasi semble avoir aidé et financé les activités de la Fraction armée rouge. En octobre 1980, la République démocratique d'Allemagne (RDA) accueille sur son territoire huit membres de la RAF en fuite. Parmi eux se trouve Susanne Albrecht, mêlée à l'assassinat de Jürgen Ponto, patron de la Dresdner Bank. Le régime communiste de la RDA leur octroie de nouveaux papiers d'identité. Les anciens terroristes mènent une existence tranquille jusqu'à la réunification allemande[5]. En 1984, la RAF s'allie au groupe français Action directe dans le cadre de la stratégie d'« unité des révolutionnaires en Europe de l'Ouest ». Elle s'allie ensuite aux Brigades rouges italiennes en 1988, avant de se dissoudre en 1998.

La fin du groupe[modifier | modifier le code]

Le 30 novembre 1989, trois semaines après la chute du Mur de Berlin, le patron de la Deutsche Bank, Alfred Herrhausen est assassiné. Cet acte est aussitôt revendiqué par la RAF[5].

Si le groupe ne sut pas mobiliser la classe ouvrière (comme les Brigades rouges à leurs débuts), il put compter, du moins dans les années 1970, sur un certain soutien de la part d'intellectuels et des milieux étudiants et militants, en Allemagne fédérale comme à l'étranger.

Entre 1970 et 1998, dates de la création et de la dissolution officielle du mouvement, celui-ci n'a compté au maximum qu'entre 60 et 80 membres actifs. La RAF a assassiné 34 personnes[4]. Des controverses ont actuellement lieu au sujet du sort à accorder aux deux derniers détenus de ce mouvement.

Chronologie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Première période[modifier | modifier le code]

  • 15 mai 1970 : évasion d'Andreas Baader[6].
  • juin 1970 : entraînement supposé dans les camps du FPLP.
  • 29 septembre 1970 : trois braquages simultanés dans trois grandes banques à Berlin.
  • 8 octobre 1970 : arrestation d'Horst Mahler, d'Ingrid Schubert, d'Irene Goergens, de Brigitte Asdonk et de Monika Berberich, placés en isolement total.
  • 15 septembre 1971 : Petra Schelm est abattue par la police à Hambourg.
  • 22 octobre 1971 : fusillade entre de supposés membres de la RAF et les forces de l'ordre à Hambourg qui aboutit à la mort d'un policier, Norbert Schmidt.
  • 2 mars 1972 : Thomas Weisbecker est abattu par la police à Augsbourg. Fusillade entre des membres de la RAF et les forces de l'ordre à Hambourg. Le policier Herbert Schone est tué. Manfred Grashof et Wolfgang Grundmann sont arrêtés.
  • 11 mai 1972 : triple attentat à la bombe au QG militaire américain à Francfort (1 mort, 14 blessés)[7].
  • 12 mai 1972 : trois attentats contre la police à Augsbourg (6 blessés) et Munich (10 blessés)[8].
  • 15 mai 1972 : attentat contre le juge Buddenberg à Karlsruhe.
  • 19 mai 1972 : double attentat contre Springer à Hambourg (34 blessés).
  • 24 mai 1972 : double attentat au QG militaire américain à Heidelberg (3 morts, 6 blessés)[9].
  • 1er juin 1972 : Andreas Baader, Holger Meins et Jan-Carl Raspe sont arrêtés à Francfort.
  • 7 juin 1972 : Gudrun Ensslin est arrêtée à Hambourg.
  • 9 juin 1972 : Brigitte Mohnhaupt et Bernhard Braun sont arrêtés à Berlin.
  • 15 juin 1972 : Ulrike Meinhof est arrêtée à Hanovre.
  • 13 juillet 1972 : Irmgard Möller et Klaus Jünschke sont arrêtés.

Deuxième période[modifier | modifier le code]

31 août 1981 : attaque du QG de l'USAAF de la Ramstein Air Base.
Autre photo de l'attaque du QG de l'US air force de la Ramstein Air Base.
  • 17 janvier 1973 : grève de la faim des prisonniers de la RAF (finie le 15 février).
  • 8 mai-2 juin 1973 : grève de la faim des prisonniers de la RAF.
  • 13 septembre 1974-5 février 1975 : troisième grève de la faim des prisonniers de la RAF. Holger Meins meurt le 9 novembre 1974[10],[11].
  • novembre 1974 : série d'attaques contre la police et la justice à Berlin et Hambourg.
  • 24 avril 1975 : prise d'otage à l'ambassade allemande de Stockholm revendiquée par le « commando Holger Meins » (2 morts, plusieurs blessés). Le commando exige la libération des détenus de la RAF. L'ambassade fut détruite par une explosion de TNT ; on apprit plus tard que celle-ci avait été accidentelle. Un membre de la RAF, Ulrich Wessel meurt dans l'explosion d'une bombe. Siegfried Hausner, Hanna Krabbe, Karl-Heinz Dellwo, Lutz Taufer et Bernhard Rössner sont arrêtés. Siegfried Hausner meurt le 4 mai de ses blessures. Le gouvernement de la RFA décide de ne plus négocier avec la RAF, comme il l'avait fait lors de l'enlèvement de Peter Lorenz.
  • [12]: procès des principaux membres arrêtés de la RAF
  • 29 juin 1975 : mort en prison de Katharina Hammerschmidt faute de soin.
  • 13 septembre 1975 : mystérieux attentats à Hambourg (11 blessés). La RAF accuse la police d'en être à l'origine.
  • 9 mai 1976 : mort en prison d'Ulrike Meinhof. La version officielle conclut au suicide.
  • 30 mars-30 avril 1977 : grève de la faim des prisonniers de la RAF. Le gouvernement finit par céder et accepte la réunion des prisonniers.
  • 8 avril 1977 : assassinat de Siegfried Buback, procureur fédéral, de son chauffeur, Wolfgang Göbel, et de Georg Wurster[13].
  • juin-juillet 1977 : début des poursuites contre l'avocat Klaus Croissant qui se réfugie en France.
  • 20 juillet 1977 : Hanna Krabbe, Karl-Heinz Dellwo, Lutz Taufer et Bernhard Rössner sont condamnés à deux fois la prison à vie.
  • 30 juillet 1977 : assassinat de Jürgen Ponto, directeur de la Dresdner Bank.
  • 8 août-2 novembre 1977 : à la suite de l'aggravation des conditions de détention, nouvelle grève de la faim des prisonniers de la RAF.
  • 30 août 1977 : arrestation de l'avocat Armin Newerla, proche de Klaus Croissant.
  • 5 septembre 1977 : enlèvement de Hanns Martin Schleyer, dirigeant du patronat allemand et ancien SS. Quatre personnes sont tuées. Il est abattu le 19 octobre.
  • 30 septembre 1977 : arrestation des avocats Klaus Croissant et Arndt Müller.
  • 13 octobre 1977 : détournement d'un avion de la Lufthansa par un commando palestinien du nom de « Martyr Halimeh », prenant en otages plus d'une centaine de passagers et détournant l'avion sur Mogadiscio demandant la libération de plusieurs prisonniers politiques dont ceux de la RAF. Trois des quatre preneurs d'otages sont abattus le 17 octobre.
  • 17-18 octobre 1977 : mort dans des conditions étranges de plusieurs prisonniers de la RAF en condition d'isolement total : Andreas Baader et Jan-Carl Raspe par arme à feu et Gudrun Ensslin par pendaison. Irmgard Möller est découverte le corps lacéré, mais survit de ses blessures. La version officielle conclut à un suicide, ce qui est contesté, en particulier par Irmgard Möller qui accuse l'État (les suicides auraient eu lieu au moment de l'assaut par la police de l'avion pris en otage[14]. Une commission internationale sera créée pour enquêter sur ces morts. Nouvelle grève de la faim[15].
  • 12 novembre 1977 : mort par pendaison (suicide ?) d'Ingrid Schubert dans sa cellule.
  • 25 juin 1979 : tentative d'attentat contre le général Alexander Haig, commandant de SACEUR (OTAN).
  • 31 août 1981 : attaque du QG de l'US Air Force à Ramstein (Ramstein Air Base).
  • 15 septembre 1981 : tentative d'attentat contre le général américain Frederick Kroesen.

Troisième période[modifier | modifier le code]

  • 30 décembre 1984 : attentat contre une radio militaire américaine et incendie des bureaux des services secrets militaires américains.
  • janvier 1985 : fusion avec Action directe[16].
  • 1er février 1985 : assassinat d'Ernst Zimmerman, président de la BDLI (Union Nationale de l'Industrie de l'aéronautique, de l'espace et de l'armement) et de la MTU (Union des Moteurs et Turbines[17].
  • 8 août 1985 : attentat contre un aéroport militaire américain (3 morts).
  • 9 juillet 1986 : assassinat de Karl Heinz Beckurts, président de la commission nucléaire, et de son chauffeur.
  • 8 septembre 1986 : attentat contre les bâtiments de la Sûreté de l'État.
  • 15 septembre 1986 : attentat contre une entreprise concevant des avions militaires.
  • 10 octobre 1986 : assassinat de Gerold von Braunmühl, directeur politique au Ministère des Affaires étrangères[18].
  • 16 novembre 1986 : attentat au siège d’IBM.
  • 19 décembre 1986 : attentat contre une société de crédit au Tiers-monde.
  • 21 décembre 1986 : attaque de la fondation Friedrich-Ebert.
  • septembre 1988 : alliance avec les Brigades rouges[19].
  • 20 septembre 1988 : tentative d’assassinat de Hans Tietmeyer, secrétaire d'État au ministère des Finances.
  • 1er février-12 mai 1989 : nouvelle grève de la faim.
  • 30 novembre 1989 : assassinat de Alfred Herrhausen, président de la Deutsche Bank.
  • juin 1990 : série d'arrestations (Susanne Albrecht, Christine Dümlein, Ralf-Baptist Friedrich, Werner Lotze, Silke Maier-Witt, Sigrid Sternebeck, Inge Viett et Wolgang Beer).
  • 27 juillet 1990 : agression de Neusel, secrétaire d'État au ministère de l'Intérieur.
  • 14 février 1991 : mitraillage de l'ambassade américaine de Bonn.
  • 1er avril 1991 : assassinat à Düsseldorf de Detlev Karsten Rohwedder, directeur de la Treuhandanstalt.
  • 10 avril 1992 : la RAF décide d'arrêter les assassinats.
  • 30 mars 1993 : attentat contre un chantier de prison à Weiterstadt[20]
  • 27 juin 1993 : fusillade à Bad Kleinen, mort du policier du GSG-9, Michael Newrzella, et de Wolfgang Grams. Arrestation de Brigitte Hogefeld.
  • novembre 1993 : scission entre les prisonniers et la RAF.
  • 18 mars 1998 : auto-dissolution déclarée[1].

Membres marquants[modifier | modifier le code]

1re génération[modifier | modifier le code]

2e génération[modifier | modifier le code]

3e génération[modifier | modifier le code]

Victimes[modifier | modifier le code]

  • Norbert Schmid (policier, le 22 octobre 1971) (dans une fusillade avec de supposés membres de la RAF)
  • Herbert Schoner (policier, le 22 décembre 1972)
  • Hans Eckhardt (policier chargé de l'enquête contre la RAF, 3 mars 1972)
  • Paul A. Bloomquist (soldat américain, victime de l'attentat contre le QG du Ve Corps de l'armée américaine, le 11 mai 1972)[21]
  • Clyde R. Bonner (soldat américain, victime de l'attentat contre le QG européen des forces américaines, le 24 mai 1972)[22]
  • Ronald A. Woodwar (soldat américain, victime de l'attentat contre le QG européen des forces américaines, le 24 mai 1972)[22]
  • Charles L. Peck (soldat américain, victime de l'attentat contre le QG européen des forces américaines, le 24 mai 1972)[22]
  • Günter von Drenkmann, président de la chambre de justice de Berlin-ouest, abattu le 10 novembre 1974, en représailles à la mort en prison d'Holger Meins.
  • Andreas von Mirbach (attaché militaire de l'ambassade allemande à Stockholm, le 24 avril 1975)
  • Heinz Hillegaart (attaché economique de l'ambassade allemande à Stockholm, le 24 avril 1975)
  • Fritz Sippel (policier, 7 mai 1976)
  • Siegfried Buback (procureur général, le 7 avril 1977)
  • Wolfgang Göbel (chauffeur de Buback, le 7 avril 1977)
  • Georg Wurster (le 7 avril 1977)
  • Jürgen Ponto (directeur de la Dresdner Bank AG, le 30 juillet 1977)[23]
  • Heinz Marcisz (chauffeur, assassiné lors de l'enlèvement de Schleyer, le 5 septembre 1977)
  • Reinhold Brändle (policier(garde du corps ?)[réf. nécessaire], assassiné lors de l'enlèvement de Schleyer, le 5 septembre 1977)
  • Helmut Ulmer (policier(garde du corps ?)[réf. nécessaire], assassiné lors de l'enlèvement de Schleyer, le 5 septembre 1977)
  • Roland Pieler (policier(garde du corps ?)[réf. nécessaire], assassiné lors de l'enlèvement de Schleyer, le 5 septembre 1977)
  • Arie Kranenburg (policier hollandais, 22 septembre 1977)[réf. nécessaire]
  • Hans Martin Schleyer (président du patronat allemand, ancien nazi, le 19 octobre 1977)[24]
  • Hans-Wilhelm Hansen (policier, 24 septembre 1978)[réf. nécessaire]
  • Dionysius de Jong (douanier hollandais, le 1er novembre 1978)[réf. nécessaire]
  • Johannes Petrus Goemans (douanier hollandais, le 1er novembre 1978)[réf. nécessaire]
  • Edith Kletzhändler (femme au foyer, morte par balle lors d'un braquage à Zurich, le 19 novembre 1979)[réf. nécessaire]
  • Ernst Zimmerman (PDG de MTU, le 1er février 1985)[25]
  • Edward Pimental (soldat américain, le 8 août 1985)[26]
  • Frank Scarton (soldat américain, le 8 août 1985)[26]
  • Becky Jo Bristol (soldat américain, le 8 août 1985)[26]
  • Karl Heinz Beckurts (président de la commission nucléaire et dirigeant de Siemens, 9 juillet 1986)[27]
  • Eckerhand Gropplen (chauffeur de Beckurts, 9 juillet 1986)[27]
  • Gerold von Braunmühl (directeur politique au ministère des affaires étrangères, 10 octobre 1986)[28]
  • Alfred Herrhausen (directeur de la Deutsche Bank, le 30 novembre 1989)[29]
  • Detlev Karsten Rohwedder (directeur de la Treuhand, 1er avril 1991)[30]
  • Michael Newrzella (agent du GSG-9, le 21 juin 1993 à Bad Kleinen)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fraction Armée Rouge, La Bande à Baader ou la violence révolutionnaire, éditions Champ Libre, 1972
  • Anne Steiner et Loïc Debray, La Fraction Armée Rouge. Guérilla urbaine en Europe occidentale, Éditions Méridiens Klinsieck, 1987. Réédition : Éditions L'échappée, 2006, (ISBN 2-915830-05-3).
  • Anne Steiner et Loïc Debray, La Fraction Armée Rouge. Guérilla urbaine en Europe occidentale, Éditions L'échappée, 2006, (ISBN 2-915830-05-3).
  • Édouard Husson, « La "bande à Baader" ou la stratégie de la terreur », in L'Histoire, no 236, mars 2002, p. 44-47.
  • Eine Einführung in die Geschichte der Rote Armeee Fraktion (RAF), 1970-1996, Reihe Antifaschisticher texte, 1998.
  • Rote Armee Fraktion, Texte und Materialien zur Geschichte der RAF, ID-Archiv 1997.
  • Thomas Elsaesser, Terrorisme, mythes et représentations - la RAF de Fassbinder aux T-shirts Prada-Meinhof, essai avec le DVD du film L’Allemagne en Automne (1977-1978), film collectif de Alexander Kluge, Rainer Werner Fassbinder, Volker Schlöndorff, etc., Éditions Tausend Augen, 2005
  • Michel Deutsch, La décennie rouge - Une histoire allemande, Christian Bourgois, 2007, Théâtre

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Communiqué : Pourquoi nous arrêtons (RAF, 1998)
  2. (fr) Das Konzept Stadtguerilla, « Le concept de guérilla urbaine », tract de la Fraction armée rouge du 1er mai 1971, attribué à Ulrike Meinhof
  3. La thèse de l'accident fut admise par la justice. On apprit en 2009 que le policier, Karl-Heinz Kurras, était un agent de la Stasi. L'ombre de la Stasi sur les années de plomb, Libération, 28 mai 2009
  4. a, b, c, d, e et f Cécile Calla, Terrorisme : l'Allemagne commémore les victimes de la RAF, Le Monde, .
  5. a et b Cécile Calla, Nombreuses interrogations autour du rôle de la Stasi, Le Monde, .
  6. communiqué : http://www.contre-informations.fr/doc-inter/allemagne/allemagne17.html
  7. communiqué : http://www.contre-informations.fr/doc-inter/allemagne/newallem13.html
  8. communiqué : http://www.contre-informations.fr/doc-inter/allemagne/allemagne22.html
  9. communiqué : http://www.contre-informations.fr/doc-inter/allemagne/newallem14.html
  10. communiqué des prisonniers: http://www.contre-informations.fr/doc-inter/allemagne/newallem6.html
  11. communiqué : http://www.contre-informations.fr/doc-inter/allemagne/newallem10.html
  12. Thierry Vareilles, Encyclopédie du terrorisme international, éditions L'Harmattan, 2001, page ?
  13. communiqué : http://www.contre-informations.fr/doc-inter/allemagne/newallem15.html
  14. http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=CAB7701618601
  15. communiqué : http://www.contre-informations.fr/doc-inter/allemagne/allemagne21.html
  16. communiqué commun : http://www.contre-informations.fr/doc-inter/allemagne/allemagne10.html
  17. communiqué : http://www.contre-informations.fr/doc-inter/allemagne/allemagne23.html
  18. communiqué : http://www.contre-informations.fr/doc-inter/allemagne/allemagne6.html
  19. communiqué : http://www.contre-informations.fr/doc-inter/allemagne/allemagne11.html
  20. communiqué : http://www.contre-informations.fr/doc-inter/allemagne/allemagne14.html
  21. http://www.start.umd.edu/gtd/search/IncidentSummary.aspx?gtdid=197205110001
  22. a, b et c http://www.start.umd.edu/gtd/search/IncidentSummary.aspx?gtdid=197205240001
  23. http://www.start.umd.edu/gtd/search/IncidentSummary.aspx?gtdid=197707300001
  24. http://www.start.umd.edu/gtd/search/IncidentSummary.aspx?gtdid=197709050001
  25. http://www.start.umd.edu/gtd/search/IncidentSummary.aspx?gtdid=198502010003
  26. a, b et c http://www.start.umd.edu/gtd/search/IncidentSummary.aspx?gtdid=198508080001
  27. a et b http://www.start.umd.edu/gtd/search/IncidentSummary.aspx?gtdid=198607090004
  28. http://www.start.umd.edu/gtd/search/IncidentSummary.aspx?gtdid=198610100005
  29. http://www.start.umd.edu/gtd/search/IncidentSummary.aspx?gtdid=198911300004
  30. http://www.start.umd.edu/gtd/search/IncidentSummary.aspx?gtdid=199104010004

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]