Suicide par police interposée

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Le suicide par police interposée est une méthode de suicide dans laquelle une personne agit délibérément d'une manière menaçante vis-à-vis d'un représentant des forces de l'ordre en vue de provoquer une réponse mortelle, par exemple en se faisant tirer dessus.

Motivations[modifier | modifier le code]

Généralement désespérée, une telle personne ne veut ou ne peut pas commettre l'acte de s'ôter la vie par elle-même. Par exemple, il se peut qu'elle veuille garantir à ses proches le versement de l'assurance-vie, ce qui est difficile à obtenir en cas de suicide prouvé. Une autre raison pour le choix de ce type de suicide est la volonté d'éviter des méthodes lentes, incertaines et plus douloureuses: la personne n'ayant pas accès à une arme à feu détourne ainsi l'obligation qu'ont les policiers de porter une arme, afin qu'elle puisse mourir.

De façon moins fréquente, le candidat au suicide cherchant à provoquer une réaction violente peut s'attaquer à un criminel réputé ou à d'autres types de personnes qui font couramment usage d'une forme de force meurtrière. La motivation finale reste la même, avec en plus le désir de mettre le tireur en situation périlleuse.

Ce type de suicide peut être vu comme une forme moderne d'amok, où la future victime attaque son entourage jusqu'à être tuée.

Des indices de ce comportement suicidaire peuvent être décelés a posteriori, comme l'usage d'une arme non fonctionnelle (jouet, pistolet de départ) ou non chargée. Une lettre retrouvée sur la victime et précisant son intention de se donner la mort est une autre forme d'indice. De nombreux programmes d'entraînement destinés aux forces de l'ordre incluent aujourd'hui des chapitres spécifiques pour gérer ce type de situation.

Localisation et utilisation du terme[modifier | modifier le code]

Le suicide par police interposée (suicide by cop) est un phénomène essentiellement américain où l'usage des armes à feu et les techniques de neutralisation des individus armés par la police ne sont pas les mêmes qu'en Europe.

Le suicide par police interposée a été cité pour la première fois dans les journaux en 1981 et dans les revues scientifiques depuis 1985, bien que ce terme ne devienne courant qu'au début des années 1990. Il semble que cette expression soit née aux États-Unis. Certains historiens pensent que Giuseppe Zangara, l'homme qui essaya d'assassiner le président Franklin D. Roosevelt fraîchement élu, ait pu tenter un suicide par police interposée.

Parfois le terme suicide par police interposée est utilisé ironiquement, pour dissimuler le fait que la victime a été tuée de façon volontaire par la police, en des circonstances qui peuvent laisser penser à un cas de légitime défense du policier. Les raisons réelles sont fréquemment une volonté d'écourter une situation périlleuse, une malice qui pousse à punir l'attaquant au-delà de ce qui est permis par la loi, une peur irrationnelle du suspect (souvent basée sur une considération raciale) ou encore un excès de zèle de la part d'un membre inexpérimenté des forces de l'ordre. Le policier peut également avoir reçu l'ordre d'un supérieur (assassinat extrajudiciaire) pour raisons diverses: contournement de l'abolition de la peine de mort, raison d'État, pression de l'opinion publique, pour éviter un lynchage.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Un certain nombre de films mettent en scène le suicide par police interposée, comme Chute libre (1993, avec Michael Douglas), Duets, Tir à vue (1984, avec Sandrine Bonnaire) et certains épisodes de séries américaines (FBI : Portés disparus sur CBS, New York, section criminelle sur NBC). Le roman The Outsiders en fait également état. Enfin le film Seven en montre une variante particulièrement complexe.

Exemples[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]