Éthylotest

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L’éthylotest Prononciation du titre dans sa version originale Écouter, l’éthylomètre Prononciation du titre dans sa version originale Écouter, l’alcootest au Québec, ou encore l'ivressomètre (bien qu’inapproprié)[1], est une technique d'évaluation de l'alcoolémie par mesure du taux d'alcool dans l'air expiré.

L'éthylotest a été inventé en 1954[2].

Il existe deux types d'éthylotest[3] : les éthylotests chimiques composés d'un réactif chimique changeant de couleur selon le taux d’alcool dans l’air expiré, les plus courant nécessitant de souffler dans un ballon. Les éthylotests électroniques qui comportent une sonde sensible au taux d’alcool dans l’air expiré.

Leur fiabilité est régulièrement remise en question[3],[4].

Un éthylotest permet de mesurer le taux d'alcool dans l'air expiré.

Principe de fonctionnement des éthylotests à usage unique (ballon)[modifier | modifier le code]

Éthylotests à usage unique

Chaque éthylotest de ce type est constitué d'une embouchure stérilisée, d'un tube de verre rempli de dichromate de potassium solide (K2Cr2O7) acidifié et d'un ballon en plastique de 1L. Lorsqu'une personne a consommé de l'alcool, de l'éthanol passe de son sang dans l'air de ses poumons. Si elle souffle dans un éthylotest, l'éthanol contenu dans son haleine sera oxydé en acide éthanoïque par les ions dichromates, de couleur orange, qui se transformeront alors en ions chrome (III), de couleur verte, selon la réaction d'oxydoréduction suivante:

3 CH3CH2OH + 2 Cr2O72- + 16 H+ \to 3 CH3COOH + 4 Cr3+ + 11 H2O.

Si la personne a consommé plus d'alcool que ce que la législation autorise, des ions chrome (III) se formeront le long du tube de verre et la couleur verte atteindra le trait qui délimite la valeur à ne pas dépasser.

L'éthylotest électronique mesure le taux d'alcool contenu dans l'haleine humaine et affiche l'alcoolémie en g/l ou en ‰ (pour mille).

Il faut noter que le dichromate de potassium est fortement toxique, corrosif et cancérigène. Il est en aussi dangereux pour l'environnement.

La question du recyclage[modifier | modifier le code]

Plusieurs de ses propriétés (toxicité, corrosivité et impact environnemental) font qu'un tel produit ne devrait pas être jeté dans des poubelles comme recommandé par les fabricants mais faire l'objet d'une politique de recyclage responsable. Notamment parce qu'il pourrait mettre en danger par les aérosols (corrosifs et toxiques) les employés des entreprises de traitements des déchets et à cause de la grande quantité de plastiques et de verre qu'introduit la nouvelle loi le rendant obligatoire. Ceci est notamment signalé par plusieurs ONG[5].

Éthylotest antidémarrage[modifier | modifier le code]

Des éthylotests électroniques antidémarrage[6] peuvent être installés dans des véhicules afin d'empêcher un conducteur ivre de démarrer[7] .

Utilisation et lois dans le monde[modifier | modifier le code]

Belgique[modifier | modifier le code]

L’éthylotest est la technique légale d'évaluation de l'alcoolémie, notamment pour établir l'intoxication alcoolique dans le cadre d'accidents de la route. Les échantillons sont expertisés par une quarantaine de laboratoires agréés par les tribunaux de police. Une personne insatisfaite du résultat d'un alcootest peut demander une contre-expertise.

L'éthylotest est basé sur la méthode « Casier-Delaunois », devenue légale en 1959. Selon cette méthode, le taux d'éthanol est mesuré dès que possible après les faits, puis est ajusté pour tenir compte de l'élimination naturelle de l'alcool par le métabolisme, au rythme d'environ 0,15 g/l par heure[8].

France[modifier | modifier le code]

C'est la Loi LOPPSI 2, mise en place par le gouvernement Fillon et votée courant , qui a entrainé ces modifications au niveau de la Prévention routière afin de réduire le nombre des accidents mortels dus à l’alcool au volant (presque 30 % des accidents). Le décret du [9] stipule qu'à partir du , tout conducteur d'un véhicule terrestre à moteur, à l'exception des cyclomoteurs, doit justifier de la possession d'un éthylotest non usagé disponible immédiatement (deux en pratique si le conducteur est consommateur d'alcool. Les véhicules équipés d'un éthylotest électronique antidémarrage sont dispensés de cette obligation. Le défaut de possession d'un éthylotest devait être sanctionné à partir du , cependant suite à la pénurie et aux difficultés d'approvisionnement, le ministère de l'intérieur a annoncé le report de quatre mois de cette mesure, qui aurait du s'appliquer seulement à partir du [10]. Pour être en règle avec ce décret, il est indispensable que l'éthylotest soit homologué selon la norme NFX 20.702[11] et NFX 20.704 pour les éthylotests électroniques[12]. L'amende forfaitaire pour non possession d'un éthylotest dans son véhicule serait d'un montant de 11 €.

Du fait des doutes portant sur la fiabilité des résultats donnés par les éthylotests cette mesure a été reportée « sine die » le 24 janvier 2013[13] par le gouvernement français.

Prix 
De nombreuses arnaques existent avec des éthylotest à plus de 10 €. Le prix conseillé[14] est de 1 € à 1,50 € (le prix sortie d'usine est de 0,50 cts par unité)[15]. La loi précise que l'éthylotest doit porter le sigle du « NF » ou être conforme à la norme NF et être non-périmé, ce qui oblige à le changer au minimum tous les 2 ans, les éthylomètres et éthylotests électroniques doivent être contrôlés tous les ans[16].
Qualité 
Le 21 décembre 2012, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes annonce qu'elle demande le retrait de 400 000 éthylotests du marché en raison de leur dangerosité[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Grand Dictionnaire Terminologique
  2. Le Figaro Magazine du 26 octobre 2012, page 106, article L'éthylotest arrive à petite vitesse
  3. a et b Peut-on faire confiance à l'éthylotest ? sur le site e-sante.fr
  4. Les vertus aléatoires de l'éthylotest, Philippe Doucet, 21/12/2007, lefigaro.fr.
  5. Les éthylotests, un déchet dangereux pour l’ONG Robin des Bois, sur le site futura-sciences.com
  6. J'ai testé l'alcootest antidémarrage, Le Point, le 18 mai 2012
  7. MAM veut généraliser l'éthylotest antidémarrage, Delphine Chayet, 24 juillet 2008, lefigaro.fr
  8. Toussaint, Gilles « Un alcootest pas forcément positif ». La Libre Belgique, 14 mars 2005.
  9. Décret n° 2012-284 du 28 février 2012 relatif à la possession obligatoire d'un éthylotest par le conducteur d'un véhicule terrestre à moteur, sur le site legifrance.gouv.fr
  10. Pas de PV pour défaut d’éthylotest avant le 1er mars 2013, sur le site leparisien.fr du 8 octobre 2012
  11. Voir paragraphe éthylotests, sur le site vosdroits.service-public.fr
  12. Le Figaro Magazine du 26 octobre 2012, page 106, article L'éthylotest arrive à petite vitesse
  13. La mort des éthylotests obligatoires à bord des véhicules, sur le site corse.france3.fr du 24 janvier 2013
  14. Service Public: renseignement officiel sur l'éthylotest, sur le site vosdroits.service-public.fr
  15. Le Figaro Magazine du 26 octobre 2012, page 106, article L'éthylotest arrive à petite vitesse
  16. Test de mesure d'alcoolémie, sur le site ugap.fr
  17. La DGCCRF met en garde contre des éthylotests chimiques ou électroniques dangereux

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]