Fedayin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Arabic albayancalligraphy.svg Cette page contient des caractères arabes. En cas de problème, consultez Aide:Unicode ou testez votre navigateur.

Les fedayin (aussi écrit feddayin ou aussi fedday ; pluriel de feda'i فدائي qui signifie celui qui se sacrifie pour quelque chose ou quelqu'un) sont de petits groupes de commandos palestiniens ne reconnaissant pas Israël et qui s'y opposent par les armes. Souvent mentionnés dans les années 1970, ils sont à la base des mouvements comme le Hamas, ou le Jihad islamique.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot fedayin, qui signifie littéralement "prêt à se sacrifier", fut utilisé à l'époque médiévale pour désigner les membres de la célèbre secte des Assassins. Il faut ensuite attendre les années 1890 pour que le mot soit utilisé pour désigner les commandos arméniens faisant des raids contre les turcs en Anatolie. Le mot a ensuite été utilisé durant la révolution iranienne de 1905 pour désigner les troupes du Mouvement libéral constitutionnel et sera ensuite repris dans ce pays par divers groupes tout au long du XXe siècle. Le mot est utilisé pour la première fois dans la presse égyptienne au lendemain de la seconde guerre mondiale pour désigner les combattants irréguliers en Palestine, en particulier les frères musulmans. On l'utilise ensuite au début des années 1950 pour désigner les irréguliers qui harcèlent les britanniques dans la zone du canal de Suez. Il désignera pour la première fois des combattants palestiniens à en 1955 lorsque l'Égypte décidera de mettre en place des troupes irrégulières palestiniennes dans la bande de Gaza pour répondre aux opérations israéliennes[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Des petits groupes de palestiniens non entrainés et mal organisés mènent des raids contre Israël à partir de la Bande de Gaza, de la Syrie et de la Jordanie. On ne parlait pas à cette époque de fedayin mais d'infiltrés[2]. Les incidents les plus nombreux se produisent au cours des premières années sur la ligne d'armistice jordano-israélienne. La Jordanie tente d'empêcher ces infiltrations, mais il est difficile de contrôler 650 km de frontière et environ 500 000 réfugiés. Il promulgue alors une loi punissant de six mois de prison la traversée de la ligne de démarcation. Ces infiltrations sont le fait de réfugiés qui tentent de récupérer une partie de leur biens abandonnés. Certains peuvent même apercevoir à quelques distances de la ligne d'armistice leurs maisons, leurs champs, leur ferme dont ils ont été privés[2].

À la fin de 1954, c'est à partir de la Bande de Gaza que part la plupart des infiltrés, ce qui obligea Israël à mener un important raid sur la Bande le 28 février 1955. La conjonction de ces deux facteurs déclenchera un cycle de raids et de représailles qui iront jusqu'à la crise de Suez en 1956[2].

À la suite de l'occupation de la Cisjordanie par Israël en 1967, les fedayin apparaissent comme fruit du traumatisme de la défaite de 1967[3] et s'installent sur la rive Est du Jourdain, en Jordanie, et c'est de cette nouvelle base qu'ils mènent leurs actions armées contre Israël jusqu'en septembre 1970 (Septembre noir) où la Jordanie (dont le roi Hussein était gêné par les mouvements de lutte palestiniens puisque lui-même souhaitait une certaine paix avec Israël (plan Rogers - du nom du secrétaire d'État américain - qui reprend les grandes lignes de la Résolution 242 des Nations unies), le 16 septembre, forme un gouvernement militaire et l'armée reçoit l'ordre d'intervenir contre le FPLP de George Habache.

Les combats, d'une violence inouïe, font entre 10 000 et 15 000 victimes palestiniennes, y compris civiles; ils se poursuivent jusqu'au 27 septembre. Moins d'une année plus tard, l'OLP (dont le FPLP était une branche) est totalement évincée de Jordanie, et ainsi les mouvements de lutte palestiniens se voient radicalement restreints.

Il y a aussi les fedayin du peuple (http://www.iranian-fedaii.de/), un groupe d'opposition contre le pourvoir iranien. Sans oublier les fedayin Saddam, l'une des composantes de la guerilla sunnite en Irak

Plusieurs termes conviennent pour traduire le mot fedayyin. Ainsi, on peut retenir "commando-suicide", et selon l'analyse d'Henry Laurens[réf. souhaitée], ce serait plus proche du "franc-tireur", c'est-à-dire des combattants civils (donc illégaux selon les termes de la Convention de Genève). Le Vieux de la Montagne, Hassan As Sabah, maître de la secte des Assassins, nommait ainsi ceux qui étaient désignés pour une mission, à laquelle faisait le plus souvent suite la mort.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henry Laurens, La question de la Palestine, cours au Collège de France, 15 novembre 2006
  2. a, b et c Xavier Baron : Les Palestiniens, Genèse d'une nation. p. 86.
  3. Xavier Baron : Les Palestiniens, Genèse d'une nation. p. 518.