Attaques de novembre 2008 à Bombay

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Attaques de novembre 2008 à Bombay
Image illustrative de l'article Attaques de novembre 2008 à Bombay
Les différents sites des attaques.

Localisation Bombay, Inde
Coordonnées 18° 57′ 00″ N 72° 49′ 00″ E / 18.95, 72.8167 ()18° 57′ 00″ Nord 72° 49′ 00″ Est / 18.95, 72.8167 ()  
Date 26 novembre - 29 novembre 2008
Mort(s) 175 (dont 9 terroristes)
Blessé(s) 308
Organisation(s) Lashkar-e-Toiba
Mouvance Terrorisme islamiste

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Attaques de novembre 2008 à Bombay

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Attaques de novembre 2008 à Bombay
Le Taj Mahal Palace.

Les attaques de novembre 2008 à Bombay sont une série de dix attaques terroristes islamistes coordonnées qui ont eu lieu du 26 au 29 novembre 2008 à travers Bombay, capitale financière et plus grande ville de l'Inde. 173 personnes, dont au moins 26 ressortissants étrangers ont été tuées[1] et 312 blessées. L'équipe terroriste était composée de 10 militants islamistes entrainés au Pakistan sans appui direct du gouvernement, 9 d'entre eux ont été tués et un fait prisonnier[2]. Alors que ce seul rescapé, jugé en Inde, a été condamné à mort et exécuté le 21 novembre 2012, sept autres pakistanais soupçonnés d'être liés à l'attentat sont en cours de jugement au Pakistan.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Toutes ces attaques à l'exception d'une, ont eu lieu dans le sud de la ville, à la gare centrale Chhatrapati Shivaji Terminus où le nombre de morts - plus de 50 - est le plus élevé, à deux hôtels de luxe, l'Oberoi Trident et le Taj Mahal Palace & Tower, au restaurant touristique populaire Léopold Café, à l'hôpital Cama, au centre communautaire juif Loubavitch à Nariman House où le rabbin Holtzberg et sa femme[3] ainsi que plusieurs autres personnes sont torturés et assassinés[4] et au siège de la police où trois hauts fonctionnaires dont le chef de la Brigade de lutte contre le terrorisme du Maharashtra, ont été tués par des coups de feu.

Le groupe Moudjahidines du Deccan, inconnu, a revendiqué la responsabilité de ces attaques par courriel envoyé aux organes de presse. Certains médias ont attribué ces attentats terroristes au Lashkar-e-Toiba, groupe islamique militant basé au Pakistan.

Les attaques commencent aux alentours de 21 heures 50, le mercredi 26 novembre, lorsque des coups de feu sont entendus à l'intérieur du Léopold Café. Ensuite, armés d'AK-47, deux terroristes entrent dans le hall de la CST (terminal ferroviaire) aux environs de 22 heures 30 et ouvrent le feu et jettent des grenades, tuant au moins dix personnes. Deux terroristes prennent quinze personnes en otages dont sept étrangers, dans l'hôtel Taj Mahal. Les terroristes tirent sur les clients du restaurant de l'hôtel, achevant les blessés à terre, certaines victimes restent en vie car elles ont fait le mort[5]. Les otages sont finalement libérés, selon CNN citant le chef de la police de l'État du Maharashtra, tandis que les otages à l'hôtel Oberoi Trident ne sont libérés que le vendredi 28. Plusieurs explosions ont eu lieu à l'hôtel Taj Mahal et une à l'Oberoi Trident. Les deux hôtels sont partiellement incendiés. De nombreux autres clients de l'hôtel sont restés barricadés dans leurs chambres jusqu'à la fin des opérations le samedi 29 novembre.

Plusieurs personnalités, notamment politiques, se trouvaient dans ces hôtels[6]. Au Taj Mahal au moment de l'attaque se trouvaient la chef du gouvernement régional de Madrid, Esperanza Aguirre et le député indien N. N. Krishnadas, ainsi que plusieurs députés européens : les Britanniques Sajjad Karim et Syed Kamall, le Polonais Jan Masiel, l'Espagnol Ignasi Guardans Cambó et les Allemands Erika Mann et Daniel Caspary et l'hongrois Béla Glattfelder. Deux Français, Loumia Hiridjee, la fondatrice de la marque Princesse Tam-Tam et son mari sont tués au restaurant de l'hôtel Oberoi[7]. Deux Canadiens, le docteur Michael Moss, 73 ans, de l'hôpital Richardson de Montréal Ouest et sa conjointe Elizabeth Russell ont été tués à l'hôtel Oberoi.

Trois des activistes arrêtés auteurs des attaques de Bombay ont avoué être des militants du mouvement Lashkar-e-Toiba, basé au Pakistan, rapporte, vendredi, le journal indien The Hindu[8]. Selon certains analystes ces attaques pourrait avoir eu lieu pour éviter un rapprochement de l'Inde et du Pakistan à un moment où les gouvernements pakistanais et américains s'attaquent aux bases islamistes en Afghanistan qui servent de refuge aux talibans et à Al-Qaïda[2].

Confession d'un terroriste capturé[modifier | modifier le code]

Mohammed Ajmal Kasab (Azam Kasav Amir), un terroriste pakistanais de 21 ans, a été capturé et emmené à l'hôpital Nair. Selon les premières enquêtes menées par les agences de renseignement, Azam est de Farîdkot au Pakistan et a reçu une formation aux armes au Pakistan. Des munitions, un téléphone satellite et un plan de la gare Chhatrapati Shivaji ont été récupérés sur lui. Il a fourni de nombreux indices pour les organismes d'enquête et aurait décrit comment ils sont arrivés à Bombay par l'intermédiaire de Karachi Porbandar. Il aurait dit que lui et d'autres terroristes avaient reçu des revolvers, des AK-47, des munitions et des fruits secs, de leurs coordonnateurs. Azam aurait dit à la police qu'ils voulaient reproduire l'attentat à l'hôtel Marriott d'Islamabad du 20 septembre 2008, et réduire le Taj Mahal en décombres[9].

Il est signalé qu'Azam aurait dit à la police que lui et son associé, Ismail Khan, ont été ceux qui ont tiré sur le chef de l'organisme anti-terroriste Hemant Karkare. Selon la police, Kasav serait entré au Taj Mahal en se présentant comme un étudiant de l'île Maurice où il aurait caché des explosifs dans sa chambre. Azam a aussi révélé que lui et son associé sont restés dans la chambre 630 du Taj Mahal où ils ont stocké des munitions. Ils avaient réservé la chambre pour quatre jours en utilisant de fausses identités mauriciennes[10]. L'unité anti-terroriste indique que le sang et l'urine d'Azam a montré que le terroriste était sous l'influence de la drogue, chose qu'il confirme en indiquant que les assaillants ont ingéré des amphétamines avant les attaques afin de rester alertes. Une prime de 1250 dollars aurait été promise aux familles des attaquants si ceux-ci mouraient dans l'attaque[11].

Le 29 novembre, Amir Azam Kasav donne le nom de ses collègues comme Abu Ali, Fahad, Omar, Shoaib, Umer, Abou Akasha, Ismail Khan, Abdul Rahman (Bara), et Abdul Rahman[12]. Il a dit qu'ils avaient prévu de tuer aveuglément les touristes étrangers et les Juifs[13] en épargnant les musulmans chaque fois que possible.

Il est annoncé le 21 mars 2009 par le ministre de l'intérieur de l'État de Maharashtra que la peine de mort sera requise contre lui[14], fait rarissime en Inde. La sentence est prononcée le 6 mai 2010 par le juge qui le condamne à la peine de mort par pendaison. Au terme d'un examen en appel, la cour suprême indienne confirme sa condamnation à mort le 29 août 2012[15]. Amir Azam Kasav est pendu le 21 novembre 2012 après que son recours en grâce a été rejeté[16].

L'enquête sur l'attentat[modifier | modifier le code]

Le 2 décembre 2008, la police indienne pense avoir identifié Yusuf Muzammil, un responsable du groupe Lashkar-e-Toiba, basé au Pakistan, comme étant le cerveau de ces attentats de Bombay[17]. Le dimanche 7 décembre, les militaires pakistanais procèdent à plus d'une dizaine d'arrestations dont celle de Zaki-ur-Rehman Rakvi qui serait le chef opérationnel du Lashkar-e-Toiba. Toutefois, le Pakistan n'entend pas livrer les suspects à l'Inde[18]. Le président du Pakistan, Asif Ali Zardari confirme ses intentions dans une déclaration au Figaro : « Le Pakistan s'engage à poursuivre, arrêter, juger et punir quiconque est impliqué dans l'horrible massacre de Bombay.(...) Comme il l'a montré lors des raids commencés le 7 décembre et des arrestations qui ont suivi (contre les camps et les militants islamistes du Lashkar-e-Taiba, NDLR du Figaro), le Pakistan agira contre tous les acteurs non étatiques de ce type et les traitera pour ce qu'ils sont : des criminels, des terroristes, des assassins »[19]. Le Lashkar-e-Toiba dément toutefois toute participation aux attentats de Bombay[20].

Le 12 février 2009, le gouvernement pakistanais, par la voix du directeur du ministère de l'Intérieur, Rehman Malik, admet que les attentats ont été préparés au Pakistan et qu'un important commandant du Lashkar-e-Toiba, arrêté en décembre 2008 en est un des instigateurs[21].

Six mois après l'arrestation de Hafiz Saeed, chef de l'organisation caritative Jama'at-ud-Da'wah (en), accusée d'être une vitrine du Lashkar-e-Taiba, placé sous assignation à résidence, celui-ci a été relâché par la Haute Cour de Lahore, faute de preuves[22].

Réouverture des hôtels[modifier | modifier le code]

Trois semaines après le drame, une cérémonie œcuménique s'est déroulée pour marquer la réouverture partielle des hôtels de luxe Oberoi et Taj Mahal Tower.

Sites ciblés par les terroristes[modifier | modifier le code]

Site Type d'attaques
Mumbai India.jpg Gare Chhatrapati Shivaji Terminus Tirs et grenades
Mumbai Police Headquarters.jpg Siège de la police de Bombay Tirs
LeopoldCafe gobeirne.jpg Restaurant Leopold Cafe Tirs
TajMahalPalaceMumbai1 gobeirne.jpg Hôtel Taj Mahal Fusillades, explosions, incendies prise d'otages
OberoiMumbai02 gobeirne.jpg Hôtel Oberoi Trident Fusillades, explosions, incendies et prise d'otages
Docks de Mazagaon Explosion et saisies d'armes
Hôpital Cama Fusillades et otages
Nariman House, siège du Mouvement Loubavitch Fusillades et otages
Vile Parle, station de métro Attentat
Girgaum Chowpatty Deux terroristes appréhendés

Liste des victimes par nationalité[modifier | modifier le code]

Liste non exhaustive au 4 décembre 2008 (les auteurs de ces attaques tués lors de leur action ne sont pas mentionnés) :

Nationalité Tués Blessés
Drapeau de l'Inde Inde 140[23] 284
Drapeau d’Israël Israël 6 -
Drapeau des États-Unis États-Unis 6[24] 3[25]
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 3 3[26]
Drapeau de l'Australie Australie 2[27] 2
Drapeau du Canada Canada 2[28] 2
Drapeau de la France France 2[29] -
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 1 7
Drapeau de Singapour Singapour 1 -
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 1 1
Drapeau du Japon Japon 1 1
Drapeau de l'Espagne Espagne 1 1
Jordanie Jordanie 1 1
Drapeau de l'Italie Italie 1 1
Drapeau de Thaïlande Thaïlande 1 -
Drapeau de la Grèce Grèce 1 -
Drapeau du Mexique Mexique 1 -
Maurice (pays) Maurice 1 -
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 1 -
Oman Oman - 2
Philippines Philippines - 1
Drapeau de la Finlande Finlande - 1
Drapeau de la Norvège Norvège - 1
Drapeau de l'Autriche Autriche - 1

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « 188 morts dans les attaques de Bombay », sur www.lefigaro.fr (consulté le 28 juin 2010)
  2. a et b (fr) L'Inde demande au Pakistan d'agir vite et fort L'Express, 1/12/2008
  3. (fr) « La nourrice héroïque de Moshe Holtzberg », Jerusalem Post (consulté le 1er décembre 2008)
  4. (en) « Mumbai attacks: Jews tortured before being executed during hostage crisis », The Daily Telegraph,‎ 2 décembre 2008
  5. (fr) Des rescapés de l'enfer de l'Hôtel Oberoi témoignent, LE MONDE | 01.12.08
  6. (fr) Un hôtel de luxe de Bombay toujours assiégé, Le Figaro, 26 novembre 2008.
  7. (fr) « La fondatrice de Princesse tam.tam tuée à Bombay, », sur www.lefigaro.fr,,‎ 28 novembre 2008.
  8. « abonnes.lemonde.fr »
  9. (en) « Planned 9/11 at Taj, reveals caught terrorist », Zeenews,‎ 29 novembre 2008 (consulté le 1er décembre 2008)
  10. (en) « Preparations began four months back », NDTV,‎ 29 novembre 2008 (consulté le 1er décembre 2008)
  11. (fr) « À Bombay, 1.000 euros pour devenir un martyr », Le Point,‎ 4 décembre 2008 (consulté le 8 décembre 2008)
  12. (en) « Arrested terrorist says gang hoped to get away », The Economic Times,‎ 29 novembre 2008 (consulté le 1er décembre 2008)
  13. (en) « Mumbai locals helped us, terrorist tells cops », The Times of India),‎ 30 novembre 2008 (consulté le 1er décembre 2008)
  14. (en) La peine de mort requise
  15. Attentats de Bombay : peine capitale pour le seul survivant du commando Euro News, 29 août 2012
  16. Le seul survivant des attentats de Bombay exécuté en Inde
  17. (fr) Marie-France Calle, « Le cerveau des attentats de Bombay identifié ? », Le Figaro,‎ 3 décembre 2008
  18. (fr) « Bombay : le Pakistan n'entend pas livrer les suspects », Le Figaro,‎ 9 décembre 2008
  19. (fr) « Pakistan :« Nous sommes l'homme malade de l'Asie» », Le Figaro,‎ 15 décembre 2008
  20. (fr) « Cachemire: le groupe Lashkar s'engage à continuer la lutte contre l'Inde », AFP citée par le Monde,‎ 16 décembre 2008
  21. (fr) « Le Pakistan admet que les attentats de Bombay ont été planifiés sur son sol », Libération,‎ 12 février 2009 (consulté le 16 février 2009)
  22. (en) Griff Witte et Rama Lakshmi, Pakistan Releases Mumbai Suspect, Washington Post, 3 juin 2009
  23. (fr) « Attentas en Inde au moins 30 étrangers tués », sur actu.orange.fr (consulté le 28 juin 2010)
  24. http://www.romandie.com/ats/news/081129013037.g4pv03zx.asp
  25. http://www.startribune.com/nation/35216344.html?elr=KArksLckD8EQDUoaEyqyP4O:DW3ckUiD3aPc:_Yyc:aUUF
  26. (en) « Three From Brooklyn Killed In Mumbai Terrorist Attack », sur www.ny1.com (consulté le 28 juin 2010)
  27. http://actu.orange.fr/articles/dossier/Attentats-en-Inde-au-moins-30-etrangers-tues.html
  28. (fr) Le ministère des Affaires étrangères a confirmé la mort d'un deuxième Canadien
  29. (fr) Deux victimes françaises

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]