Terrorisme nucléaire

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Le terrorisme nucléaire peut désigner l'une des attaques terroristes suivantes :

  1. utilisation d'une arme nucléaire contre une cible civile
  2. utilisation d'une bombe radiologique ou bombe sale contre une cible civile
  3. attaque d'une centrale nucléaire ou d'un site de stockage de déchets nucléaires.

Probabilité d'un usage terroriste[modifier | modifier le code]

Certains experts en sécurité comme Jacques Baud pensent qu'une telle action est extrêmement improbable.[réf. souhaitée] La fabrication d'une bombe atomique demande des budgets très élevés, de l'ordre du milliard de dollars[réf. nécessaire], des spécialistes hautement qualifiés, et des installations parfaitement sécurisées pendant plusieurs années. Aucune organisation terroriste, même Al-Qaïda, n'a jamais réuni ces trois conditions[1]. Cependant, Mohammed el-Baradei, ex-directeur de l'AIEA, déclare ne pas l'exclure[2].

Historique[modifier | modifier le code]

Genèse du postulat[modifier | modifier le code]

Certaines personnes affirment que les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki constituent un tel acte de terrorisme nucléaire en raison du caractère civil des cibles, ou de crime contre l'humanité, puisque les auteurs n'étant pas terroristes.

La peur du nucléaire véhiculée par la guerre froide plaçait plus au centre de la scène mondiale un holocauste nucléaire que l'usage terroriste de ce genre de technologies.

Cependant, la menace des organisations terroristes utilisant des armes nucléaires très mobiles (les mini-nukes) a été dénoncée dans les discours et la culture occidentale au moins depuis les années 1970[3].

Depuis les attentats du 11 septembre[modifier | modifier le code]

Selon le journal britannique Times, citant un écrit attribué à un cadre d'Al-Qaïda, l'Égyptien Abu Walid Al-Misri, Oussama Ben Laden aurait tenté de se procurer des matériaux radio-actifs en 2001. Ces produits auraient été commandés à des complices tchétchènes en Russie, mais détournés par des contrebandiers et finalement vendus au Pakistan, qui en offrait sans doute un meilleur prix[4].

En juin 2002, le citoyen américain José Padilla a été arrêté pour menées terroristes. Il était accusé, entre autres, de planifier une attaque radiologique sur la ville de Washington, DC. Mais ce chef d'accusation n'a pas été retenu, n'ayant connu aucun début de réalisation[5]. Padilla a été condamné le 22 janvier 2008 à 17 ans et 4 mois de prison par la United States District Court for the Southern District of Florida.

En août 2002, les États-Unis ont lancé un programme pour suivre et sécuriser l'uranium enrichi de 24 réacteurs de conception soviétique dans 16 pays, dans le but de réduire les risques que des matières nucléaires tombent dans les mains de terroristes ou d'états voyous. La première opération du programme fut le Project Vinca, une opération en Serbie « pour retirer une quantité d'uranium hautement enrichi, suffisante pour produire 2-1/2 armes nucléaires, provenant d'un réacteur de recherche proche de Belgrade » [4].

Dans le but de réduire le danger d'une attaque utilisant des déchets nucléaires, la membre de la Commission de l'Union européenne Loyola de Palacio a proposé en novembre 2002 la création de normes communes dans l'Union Européenne, en particulier dans les nouveaux pays membres qui exploitent des réacteurs de conception soviétiques, pour l'organisation du stockage en subsurface.

Le 9 août 2005, l'ayatollah Ali Khamenei lança une fatwa interdisant la production, le stockage et l'utilisation d'armes nucléaires. Le texte complet de la fatwa a été reproduit dans un rapport officiel lors d'une rencontre de l'Agence internationale de l'énergie atomique (IAEA) à Vienne. [5]

En novembre 2006, Dhiren Barot, un Britannique d'origine hindoue converti à l'islam, a été condamné à la prison à vie (ramenée ensuite à 40 ans) pour avoir préparé une série d'attentats en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Six de ses complices ont été condamnés à la prison en 2007. Un de leurs plans prévoyait une "bombe sale" à faible radio-activité, et un membre du groupe avait été formé aux techniques radioactives au Pakistan. Mais la fabrication de la "bombe sale" aurait nécessité 10 000 détecteurs de fumée (à 15 £ pièce) et elle ne semble pas avoir dépassé le stade du projet[6].

Le terrorisme nucléaire dans la fiction[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

Octobre noir de Ulysse Brandon (ISBN 2-9526162-0-5). Le roman débute sur une attaque nucléaire terroriste sur les villes de Paris et Milan.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Braud, "renseignement et lutte contre le terrorisme", Lavauzelle, 2005
  2. Mohammed el-Baradei, "La menace du terrorisme nucléaire s'est aggravée", L'Express, 12 novembre 2009
  3. Le roman Le Cinquième Cavalier par exemple est paru en 1980.
  4. Bin Laden’s dirty bomb quest exposed, The Sunday Times, 19/12/2004 [1]
  5. Al-Qaeda cell guilty of terrorism but not of ‘dirty bomb’, Times, 17/08/2007]
  6. Al-Qaeda plotter jailed for life, BBC News, 7/11/2006 [2]; Al-Qaida plotting nuclear attack on UK, officials warn, Guardian, 14/11/2006 [3]

Liens externes[modifier | modifier le code]