Cartel de Medellín

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Le cartel de Medellín est un cartel consacré au trafic de cocaïne entre l'Amérique du Sud et les États-Unis dont la principale période d'activité se situe dans les années 1980.

Historique[modifier | modifier le code]

Fondé par un parrain d'origine basque nommé Fabio Ochoa, les principaux membres étaient José Gonzalo Rodríguez Gacha, Pablo Escobar, les frères Ochoa (Fabio, Jorge Luis et Juan Davis), Carlos Lehder. Le cartel était constitué de plusieurs branches, notamment les hommes chargés de la protection des stupéfiants ainsi que des commis pour la commercialisation de la cocaïne.

Le cartel de Medellín était le plus grand réseau de narcotrafiquants du monde, soupçonné d'avoir commandité et exécuté des milliers d'assassinats de juges, politiciens, journalistes et autres. On a évalué que ce cartel fournissait de 70 à 80 % de la production mondiale de cocaïne pendant les années 1980. Le chiffre d'affaires du cartel se comptait en milliards de dollars, le cartel aidait la population dite prolétaire des villes et des communas (bidonvilles) de Medellín.

Le nom de "cartel" a été donné car il se fonde sur le même schéma que les cartels, des entreprises : les différents chefs d'entreprises partagent les ressources comme les routes, mais gèrent de manière séparée leurs bénéfices, il reçut le nom de la ville de Medellín où se situaient les principales opérations du cartel et lieu d'origine des responsables.

Le cartel de Medellín a été désintégré avec la mort de Pablo Escobar, celle de José Gonzalo Rodríguez Gacha, ainsi que la plupart de leurs hommes de main, abattus par les forces de police, ou emprisonnés à perpétuité… Très peu d'entre eux sont encore en vie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Naissance et développement (1976 - 1984)[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

  • Histoire et organisation

L’origine du cartel remonte à l’année 1976 quand des petits groupes de trafiquants de drogues s'unirent, donnant naissance au cartel de Medellín. Ils décidèrent de s’associer afin de créer une entreprise illégale qui se développa de manière importante tant au niveau économique que militaire du fait des bénéfices dus au trafic de drogue. Le chef visible était Pablo Escobar (« el padrino »), originaire de Rionegro et Gonzalo Rodríguez Gacha ("El Mexicano") originaire de Pacho Cundinamarca, chef militaire et trafiquant. Les associés étaient les frères Fabio, Jorge Luis et Juan David Ochoa originaire de Medellín. Carlos Lehder, germano-colombien parlant couramment anglais, avait accès aux États-Unis grâce à son ami George Jung qui était un vétéran du trafic de marijuana. Il y avait aussi Griselda Blanco la mentor de Pablo Escobar.

Au second rang il y avait Gustavo Gaviria et Roberto Escobar, cousin et frère de Pablo Escobar, ils s’occupaient spécialement de la gestion de la comptabilité. Il y avait aussi un grand nombre de jeunes recrutés à différentes fins, et qui commençaient à être connus par leurs différents surnoms (John Jairo Arias Tascón alias Pinina, Jhon Jairo Velásquez Vásquez alias Popeye, Mario Alberto Castaño Molina alias El Chopo, Dandeny Muñoz Mosquera alias La Quica , Branches Muñoz Mosquera alias Tayson, Carlos Mario Alzate Urquijo alias El Arete, El negro Pabón, HH, L’ange…). À la fin des années 1980, le cartel avait plus de 2 000 hommes uniquement dans l’organisation militaire.

  • Fonctionnement du trafic de drogue

Les trafiquants de drogues importaient au début des années 1970 de la coca du Pérou, et de Bolivie[1], et la transformaient en cocaïne, dans la forêt du sud de la Colombie. La production était réalisée dans la jungle au Sud de la Colombie et était transportée grâce à des pistes clandestines vers des zones d’embarquement dans d’autres zones du pays.

La nouveauté de cette organisation de trafic de drogue a été d'utiliser les moyens aériens afin de créer et d'acheminer la cocaïne aux États-Unis développant et créant un marché de la drogue aux États-Unis. De la jungle colombienne, la cocaïne était transportée par des petits avions qui survolaient à très basse altitude au-dessus de la mer, jusqu’aux côtes des Bermudes, des Bahamas, et de Floride. Pablo Escobar avait même acheté une ile située au large de la Floride[1], dans laquelle il avait fait construire une piste d'atterrissage, où transitaient tous les avions, qui déchargeaient et faisaient escale entre les États-Unis et la Colombie. Une fois arrivée, la cargaison était déchargée et grâce aux associés qui achetaient la drogue, des millions de dollars étaient ramenés au pays.

Carrière politique de Pablo Escobar[modifier | modifier le code]

Pablo Escobar décide de développer une nouvelle face de sa carrière, il devient délégué suppléant élu en 1982 à la chambre des représentants. Grand mécène, il dépense des millions dans les bidonvilles, construisant même un quartier entier sur l'emplacement d'une décharge publique, le "Barrio Pablo Escobar"[2]. Ainsi durant cette période, Pablo Escobar se sert de sa fortune gagnée dans le trafic de drogue afin de redorer son image. Cependant très vite le gouvernement commence à critiquer cette vision, le ministre de la justice commence à engager des poursuites, ainsi que le président du gouvernement. Ainsi très vite, le climat change entre le cartel de Medellín et le gouvernement.

En 1984, l'élection de Pablo Escobar est censurée et le cartel de Medellín commence une campagne profondément violente contre le gouvernement qui continuera jusqu'à la fin et la mort des principaux acteurs du cartel.

Développement de la phase extrêmement violente[modifier | modifier le code]

Début de l'opposition à Pablo Escobar[modifier | modifier le code]

L'arrivée à la chambre des représentants de Pablo Escobar, conduit le ministre de la Justice à critiquer ouvertement Pablo Escobar et l'accuser des nombreux crimes et délits qu'il avait commis. Cette accusation publique conduira à rendre publics les différents crimes et délits de Pablo Escobar, renversant l'image publique du chef du cartel de Medellín. Cette opposition du gouvernement conduira à sa radiation de la chambre des députés et à la confiscation de ses biens. À partir de ce moment, Pablo Escobar conduit alors une guerre totale contre le gouvernement et tous ses opposants.

Guerre contre le cartel de Cali[modifier | modifier le code]

Dans le milieu des années 1980 se développa un affrontement entre les narco-trafiquants du cartel de Medellín et du cartel de Cali. L'origine de l'affrontement entre les deux cartels est encore inconnue mais il semble qu'il soit dû au contrôle du trafic de drogue aux États-Unis. Les principales manifestations de cette guerre furent des assassinats ciblés commis à Cali, Medellín, New York ainsi que d'autres villes. Des attentats dynamitèrent les installations d'une chaîne de pharmacie légale "Drogas la Rebaja", appartenant au cartel de Cali, ainsi que l'explosion d'une voiture piégée le 13 janvier 1988 dans la propriété Monaco de Medellín, de Pablo Escobar. Ce fut enfin la participation financière du cartel de Cali à la lutte du groupe illégal "los Pepes" dans les années 1992 et 1993.

Narco-terrorisme[modifier | modifier le code]

Dans la deuxième moitié des années 1980 se développe un affrontement armé contre le cartel de Cali. En plus du trafic de drogue, le cartel de Medellín, principalement Pablo Escobar et José Gonzalo Rodríguez Gacha (les frères Ochoa n'ayant jamais été accusés d'actes de terrorisme) participèrent aux activités délictueuses des deux groupes "Muerte a Secuestradores", "MAS"[3], et "Los Extraditables"[4]. Ces actes consistaient en assassinats et actes de terrorisme contre des civils et surtout contre le gouvernement colombien.

Le groupe MAS était un groupe paramilitaire créé au début des années 1980 par une des sœurs des frères Ochoa en représailles au groupe Movimiento 19 de Abril, M-19 [5]. Après plusieurs attaques mutuelles et d'après plusieurs témoignages de ses membres, une trêve s'engagea entre le M-19 et Pablo Escobar, le MAS arrêta ses actions. On estime que cette alliance fut à l'origine de la prise du Palais de Justice de Colombie en novembre 1985.

La cartel de Medellín assassine le 17 décembre 1986, Guillermo Cano Isaza, journaliste de El Espectador, qui s'opposait à l'influence des cartels dans la politique nationale, il fut assassiné sur les ordres de Pablo Escobar[6]. Ce même journal qui s'opposait au cartel fut victime d'une voiture piégée le 2 septembre 1989.

L'argent amassé par Pablo Escobar fait de lui l'une des personnes les plus riches de la planète selon le magazine Forbes qui le classe en 1989 au septième rang des personnes les plus riches au monde[7].

Le 18 août 1989, le cartel de Medellín assassine le candidat à l'élection présidentielle du Parti libéral colombien, Luis Carlos Galán, opposant déclaré au cartel de Medellín et favorable à un traité avec les États-Unis permettant l'extradition des trafiquants de drogue aux États-Unis. Le groupe los extraditables (personnes susceptibles d'être extradées) fut créé afin de s'opposer à la politique d'extradition des trafiquants de drogue aux États-Unis par le gouvernement colombien. Ils commencèrent alors un certain nombre d'actes terroristes comme des assassinats de politiques, juges, militaires, et explosions de voitures piégées. Leur devise était « Nous préférons une tombe en Colombie qu'une prison aux États-Unis ».

Le 27 novembre 1989, le cartel tente d'assassiner César Gaviria, successeur de Luis Carlos Galán, candidat à la présidentielle colombienne en faisant exploser le vol 203 d'Avianca, faisant 110 morts. César Gaviria n'avait cependant pas embarqué dans l'avion[8], et fut élu président de Colombie en 1990. La mort de deux Américains dans l'avion contribua à renforcer les moyens donnés par les États-Unis, afin de lutter contre le cartel de Medellín et Pablo Escobar.

Fin[modifier | modifier le code]

José Gonzalo Rodriguez Gacha

José Gonzalo Rodríguez Gacha, aussi connu sous le nom de "El Mexicano"[9], devint célèbre dans ses faits de violences dans l'exploitation de l'émeraude. En plus de la violence liée aux drogues, il a toujours entretenu des liens contre les FARC et l'Union Patriotique (branche politique des FARC). À la mort de celui-ci en 1989, Pablo Escobar avait cumulé tellement d'ennemis que se créa le groupe de "los Pepes" (acronyme de "Perseguidos Por Pablo Escobar"[10]), qui s'allièrent à Fidel Castaño, Carlos Castaño et des futurs commandants des groupes d'Autodéfenses Unies de Colombie qui s'attaquèrent tant légalement, qu'illégalement au cartel de Medellín, appuyés par le gouvernement colombien.

Livres[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMEve?codeEve=564, Texte de l'université de Sherbrooke sur la naissance du cartel de Medellín
  2. http://www.filmeeinewelt.ch/francais/files/40158.pdf, Film en ligne concernant le Barrio Pablo Escobar
  3. Traduction en français : "Mort aux ravisseurs"
  4. Traduction possible en français : "les extradictionnables"
  5. Traduction en français: Mouvement du 19 avril
  6. (en) « Prestigious but failing Colombian paper ceases daily editions », The Miami Herald, 30 août 2001.
  7. http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMEve?codeEve=830, Article sur la mort de Pablo Escobar de l'université de Usher Brooke
  8. (en) "Drug cartel tied to crash of Colombia jet, 107 dead", Chicago Sun-Times, 28 novembre 1989, p. 2.
  9. traduction en français : le Mexicain
  10. Traduction en français : "Persécutées Par Pablo Escobar"