Loup solitaire (terrorisme)

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Un loup solitaire est une personne qui commet des actes violents en rapport avec un groupe, un mouvement ou une idéologie mais le fait seul, en dehors de toute structure de commandement [1].


Origines du terme[modifier | modifier le code]

Ce terme est une traduction de l’expression anglaise « Lone wolf ». Selon la Anti-Defamation League (Ligue antidiffamation), le terme aurait été popularisé par les suprémacistes blancs Alex Curtis et Tom Metzger dans les années 1990[2],[3].

Ensuite ce terme fut adopté par les agences gouvernementales américaines et par les médias pour désigner des individus utilisant cette stratégie. Le FBI et la police de San Diego nommèrent leur opération de surveillance des activités de Curtis « Operation Lone Wolf » largement à cause du fait que Curtis encourageait d’autres suprémacistes blanc à suivre l’activisme de type « loup solitaire »[4].

Usage actuel[modifier | modifier le code]

Actuellement la notion de terrorisme de type « loup solitaire » désigne des actes violents qui sont perpétrés en dehors d’une structure de commandement, quelle qu’en soit l’idéologie.

Généralement, le « loup solitaire » partage un lien idéologique ou philosophique avec un groupe extrémiste, mais ne communique pas avec ce groupe. Bien qu’il cherche à faire avancer la cause de ce groupe, le « loup solitaire » conçoit et organise sa tactique seul, sans recevoir d’ordres ou de conseils. Dans de nombreux cas, comme dans la tactique imaginée par Curtis, le « loup solitaire » n’a jamais aucun contact personnel avec un groupe. De ce fait, ce type de terroriste pose un problème particulier aux responsables de la lutte anti-terroriste, car il est beaucoup plus difficile de réunir des informations sur les « loups solitaires » que sur des groupes terroristes conventionnels.

Liste des loups solitaires[modifier | modifier le code]

En Asie et au Moyen-Orient[modifier | modifier le code]

En Europe[modifier | modifier le code]

  • À la fin de 1991 et au début de 1992 en Suède, John Ausonius tire sur onze personnes à la peau sombre, en tuant une.
  • Entre 1993 et 1997 en Autriche, Franz Fuchs se lance dans une campagne contre les étrangers et contre des organisations ou individus qui aident les étrangers. Il tue quatre personnes et en blesse quinze, par le biais de trois engins explosifs et de 25 colis piégés.
  • En avril 1999 à Londres, David Copeland vise des noirs, des asiatiques et des homosexuels avec des bombes à clous, tuant 3 personnes et en blessant 129. Son but était de déclencher une guerre raciale. Il fut condamné à une peine de 50 ans qu'il purge dans un hôpital psychiatrique.
  • Le 6 mai 2002 aux Pays-Bas, neuf jours avant des élections, le politicien Pim Fortuyn fut tué par Volkert van der Graaf, un écologiste radical qui déclara que Fortuyn était un danger pour la société néerlandaise.
  • Le 2 mars 2011 en Allemagne, Arid Uka tue deux soldats des États-Unis et en blesse gravement deux autres à l'aéroport de Francfort. Les autorités allemandes considèrent qu'il s'agit d'une attaque islamiste, ce qui en ferait la première sur le sol allemand.
  • Le 22 juillet 2011 en Norvège, Anders Behring Breivik tue 77 personnes dans deux attaques consécutives. Il tue d'abord huit personnes avec une voiture piégée dans le quartier gouvernemental à Oslo. Une heure plus tard il débarque sur l'île d'Utøya, à 35 kilomètres à l'ouest d'Oslo, où se tient l'université d'été de l'organisation de la jeunesse du parti travailliste. Se présentant comme un officier de police, il tire pendant environ une heure et demie, tuant 69 personnes. Arrêté, il se présentera comme le seul membre d'une cellule d’extrême droite.
  • En mars 2012 en France, Mohammed Merah prend pour cible des soldats français puis, quelques jours plus tard, des civils à proximité d'une école juive en Midi-Pyrénées. Il est présenté par certains, dont Bernard Squarcini, comme étant un terroriste solitaire, sans lien avec un groupe militant. Le ministre de l'intérieur Manuel Valls considère au contraire que Merah n'était pas un loup solitaire[9].
  • Le 24 mai 2014, au Musée juif de Belgique à Bruxelles, un individu ouvre le feu sur 4 personnes, en tuant 3. Le 30 mai 2014, un suspect, Mehdi Nemmouche, est arrêté à Marseille en possession d'armes de guerre. Il est présenté par la presse comme un loup solitaire[10].

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr)Marie-Amélie Lombard, «Le loup solitaire, cauchemar de toutes les polices», sur lefigaro.fr,‎ 20 mars 2012 (consulté le 16 avril 2012)
  2. Alex Curtis and Lone Wolf Extremism – Extremism in America
  3. Tom Metzger and White Aryan Resistance (WAR) – Extremism in America
  4. FBI Major Investigation – Operation Lone Wolf
  5. (en)Michael Vincent, « Suicide bomb attack in Qatar's capital », ABC,‎ 21 mars 2005 (consulté le 6 mai 2012)
  6. (en)Conal Urquhart and Rishon Letzion, « Gunman's body to lie near his racist hero », sur guardian.co.uk,‎ 7 août 2005 (consulté le 21 février 2013)
  7. (en)Martin Asser, « Settler shooting shatters community », sur news.bbc.co.uk,‎ 18 août 2005 (consulté le 21 février 2013)
  8. (en)« Jordan tourist attacker to hang », sur news.bbc.co.uk,‎ 21 décembre 2006 (consulté le 21 février 2013)
  9. (fr)Jean-Marc Leclerc, « Selon Valls, Merah n'était pas un loup solitaire », sur lefigaro.fr,‎ 31 janvier 2013 (consulté le 21 février 2013) : « «La fameuse thèse du loup solitaire ne tient pas pour Merah», a-t-il soutenu. »
  10. (fr)Marc-Antoine Bindler, « Tuerie de Bruxelles : le "loup solitaire" existe-t-il vraiment ? »,‎ 3 juin 2014 (consulté le 6 juin 2014)

Liens[modifier | modifier le code]