Jean-Pierre Mocky

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Jean-Pierre Mocky

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Jean-Pierre Mocky, invité d'honneur du festival
Sous les Projecteurs (juillet 1995, Villandraut).

Nom de naissance Jean-Paul Adam Mokiejewski
Naissance (80 ans)
Nice (France)
Nationalité Drapeau de France Français
Profession Réalisateur
Scénariste
Acteur
Films notables Un drôle de paroissien
Solo
À mort l'arbitre
Le Miraculé
Bonsoir
Séries notables Myster Mocky présente
Site internet Site officiel

Jean-Pierre Mocky, de son vrai nom Jean-Paul Adam Mokiejewski, né le à Nice, est un réalisateur, scénariste et acteur français. Il a réalisé plus de soixante longs métrages et quarante épisodes de série pour la télévision.

Il débute en tant qu'acteur au cinéma et au théâtre. Il joue notamment dans Les Casse-pieds (1948) de Jean Dréville, Orphée (1950) de Jean Cocteau ou Le Gorille vous salue bien (1957) de Bernard Borderie. Mais c'est surtout en Italie qu'il devient célèbre, notamment grâce à son rôle dans Les Vaincus de Michelangelo Antonioni.

Après avoir travaillé comme stagiaire auprès de Luchino Visconti pour Senso (1954) et de Federico Fellini pour La strada (1954), il écrit un premier film, La Tête contre les murs (1959) et projette de le réaliser lui-même, mais le producteur préfère confier cette tâche à Georges Franju. Il passe à la réalisation l'année suivante avec Les Dragueurs (1959). Depuis lors, il n'a jamais cessé de tourner. Dès les années 1960, il a su toucher un vaste public avec des comédies déjantées comme Un drôle de paroissien (1963) ou La Grande Lessive (!) (1968). Après mai 68, il se tourne vers le film noir avec Solo (1969) dans lequel il montre un groupe de jeunes terroristes d'extrême gauche puis L'Albatros (1971) qui montre la corruption des hommes politiques.

Dans les années 1980, il renoue avec le succès avec un film dénonçant, un an avant le drame du Heysel, les dérives de certains supporters de football (À mort l'arbitre, 1984) puis une comédie dénonçant les hypocrisies autour du pèlerinage de Lourdes (Le Miraculé, 1987). Dans les années 1990 et 2000, ses films rencontrent moins de succès mais Jean-Pierre Mocky continue de tourner avec autant d'enthousiasme. Il a ainsi réalisé plus de 60 longs métrages.

Son cinéma, souvent satirique et pamphlétaire, s'inspire généralement de faits de société. Il travaille avec peu de moyens et tourne très rapidement. Il a notamment tourné avec Bourvil (Un drôle de paroissien, La Cité de l'indicible peur, La Grande Lessive (!) et L'Étalon), Fernandel (La Bourse et la Vie), Michel Simon (L'Ibis rouge), Michel Serrault (douze films dont Le Miraculé), Francis Blanche (cinq films dont La Cité de l'indicible peur), Jacqueline Maillan (cinq films) et Jean Poiret (huit films).

Il a reçu en 2010 le prix Henri-Langlois pour l'ensemble de sa carrière et le prix Alphonse-Allais 2013.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Jean-Pierre Mocky naît le à Nice[note 1]. Son père, Adam Mokiejewski, est polonais d'origine tchétchène et de religion juive et sa mère, Janine Zylinska, est polonaise de religion catholique[1]. Ses parents s'étaient installés à Nice en 1922. Lorsque la guerre éclate, en 1939, la famille Mokiejewski, qui vit grâce à la fortune polonaise de sa mère, doit vendre la villa du mont Boron à Nice ; elle s'installe à Grasse[2]. En 1942, pendant l'occupation allemande, le père cherche à protéger son fils des persécutions contre les Juifs et souhaite l'envoyer chez son oncle, en Algérie. Jean-Pierre Mocky est trop jeune pour prendre le bateau seul. Son père fait alors modifier sa date de naissance qui devient le 6 juillet 1929[3],[4],[5]. Il renonce finalement à ce voyage et envoie simplement son fils à la ferme[6]. La même année, Jean-Pierre Mocky fait une première apparition au cinéma comme figurant dans Les Visiteurs du soir de Marcel Carné[7]. Lorsqu'il est collégien, Jean-Pierre Mocky fréquente le collège municipal de Grasse[8],[9]. L'été, il travaille comme plagiste à l'Hôtel Carlton Cannes[8]. À l'époque, ses parents sont gardiens d'une propriété[8].

Carrière d'acteur (1946-1958)[modifier | modifier le code]

Il se marie en 1946, à l'âge de 13 ans, avec Monique Baudin qu'il avait mise enceinte mais leur union ne dure que quatre mois[4],[5]. En 1946, il interprète le rôle d'un milicien dans Vive la Liberté de Jeff Musso[9]. Installé à Paris en 1947, il joue au cinéma comme figurant dans quelques films comme L'Homme au chapeau rond. Il gagne sa vie comme chauffeur de taxi, et rencontre, dans son véhicule l’acteur Pierre Fresnay. C'est grâce à lui qu'il décroche un premier rôle au théâtre dans Pauline ou l'Écume de la mer de Gabriel Arout. Pierre Fresnay le prend sous sa protection et le loge chez lui à Neuilly-sur-Seine[10],[9]. Jean-Pierre Mocky est ensuite admis au Conservatoire national supérieur d'art dramatique où il suit les cours de Louis Jouvet. Il y rencontre Jean-Paul Belmondo avec qui il sympathise[11]. Il obtient un premier grand rôle au cinéma avec Le Paradis des pilotes perdus (1948)[9].

En 1952, il rencontre Michelangelo Antonioni et joue dans Les Vaincus, qui remporte un grand succès en Italie[12],[13],[14]. Il est alors engagé comme acteur par les studios Ponti-De Laurentiis et joue dans de nombreux films italiens. Il travaille ensuite comme stagiaire de Federico Fellini sur La Strada (1954) et comme stagiaire de Luchino Visconti pour Senso (1954)[14]. En tant qu'acteur en Italie, il devient vite très célèbre. Dans un entretien donné à la revue Cinéma en 1982, il explique : « J'avais une Ferrari, une maison sur le Tibre, je donnais des réceptions, j'avais un valet de chambre : c'était incroyable[15] ! »

De retour en France, il est engagé par le metteur en scène Raymond Rouleau pour jouer au théâtre de Paris avec Ingrid Bergman la pièce Thé et sympathie. Raymond Rouleau se désiste au dernier moment pour tourner Les Sorcières de Salem. Il est remplacé par Jean Mercure qui le renvoie de la distribution pour le remplacer par un de ses amis. Jean-Pierre Mocky porte plainte et remporte son procès. Avec les 150 000 francs qu'il a gagnés, il crée une petite maison de production pour produire La Tête contre les murs[15].

Il rencontre Claude Chabrol, François Truffaut et Jean-Luc Godard en 1958 et sympathise avec eux mais bien qu'il soit de la même génération que ces cinéastes, il ne fait pas partie de la Nouvelle Vague. Il ne partage pas les indignations des critiques des Cahiers du cinéma contre l'académisme du cinéma français d'après-guerre[16],[14].

Premiers films (1958-1968)[modifier | modifier le code]

Certains membres de la famille de son père, d'origine juive, ont été internés dans des asiles après leur sortie des camps de concentration. Jean-Pierre Mocky a été marqué par leur témoignage et souhaite faire un film sur les asiles[17]. Il découvre le roman d'Hervé Bazin, La Tête contre les murs et ce dernier lui cède gratuitement le droit d'adapter son livre. Il travaille sur le scénario avec François Truffaut puis confie les dialogues à Jean-Charles Pichon. Il rassemble notamment Pierre Brasseur, Paul Meurisse, Charles Aznavour et Anouk Aimée, dont il est éperdument amoureux[17], mais les producteurs ne lui font pas confiance et préfèrent confier la réalisation à quelqu'un de plus expérimenté. Jean-Pierre Mocky contacte alors Alain Resnais puis Georges Franju, qui réalise alors le film[18],[19]. Jean-Luc Godard, alors critique de cinéma, signe un article dans l'hebdomadaire Arts et deux articles dans les Cahiers du cinéma pour défendre le film[20],[21],[22]. Dans le premier article, il écrit : « La Tête contre les murs est un film de fous sur les fous. C'est donc un film d'une beauté folle[20]. » Et Godard salue à la fois le scénario de Jean-Pierre Mocky et Jean-Charles Pichon et le jeu des acteurs : « Franju ne sait peut-être pas diriger ses acteurs. Mais jamais Jean-Pierre Mocky, Anouk Aimée, Paul Meurisse, Pierre Brasseur n'ont été meilleurs, jamais leur diction n'a été plus juste. Ils ne jouent pas. Ils tremblent[20]. » Le film est remarqué dans les festivals et remporte douze prix, mais fait très peu d'entrées (45 000)[15].

Michael Lonsdale a tourné huit films avec Jean-Pierre Mocky dont Snobs ! (1961), La Grande Lessive (!) (1968), L'Étalon (1970) et Le Renard jaune (2012).

Après l'échec de La Tête contre les murs, Jean-Pierre Mocky réalise son premier film, Les Dragueurs en 1959. L'idée du film vient de son expérience personnelle. Il avait lui-même pris l'habitude d'aborder les filles sur les Champs-Élysées avec quelques amis et le terme « draguer » avait été inventé par l'un d'entre eux[23]. Il souhaite d'abord donner le premier rôle à son ami du conservatoire Jean-Paul Belmondo mais la production lui impose Jacques Charrier. Le second dragueur, Joseph, est interprété par Charles Aznavour. Au départ, il conçoit une fin pessimiste dans laquelle Freddy (Jacques Charrier) va au bordel avec une femme qui ressemble à Jeanne, la femme idéale incarnée par Anouk Aimée. Les producteurs préfèrent laisser ouvert l'avenir de ce personnage et amputent le film de cette dernière scène[24],[25],[26]. Le film est exporté dans 63 pays et rencontre un grand succès public (1,5 millions d'entrées[27]). Le terme même de « dragueur » aurait été popularisé par le film[14],[15],[28]. À la suite d'un désaccord avec son producteur, Joseph Lisbona, sur le partage des bénéfices des Dragueurs, il crée en 1960 sa propre société de production, Balzac films[29],[25],[23].

Inspiré par sa relation avec l'actrice Véronique Nordey, Jean-Pierre Mocky souhaite faire un film sur ce qui se passe dans un couple quand le désir se fait moins fort. Pour écrire Un couple (1960), Mocky se tourne vers Raymond Queneau qui introduit un esprit de dérision dans le film. Le couple est incarné par Juliette Mayniel et Jean Kosta. Mocky a du mal à trouver des distributeurs et le film tourné au début de l'année 1960 ne sort sur les écrans français qu'en janvier 1961. Il divise la critique. Queneau fait appel à ses connaissances dans le monde des lettres. Françoise Sagan soutient le film dans L'Express[30] et les Cahiers du cinéma lui consacrent la une du numéro 115 de janvier 1961[31]. Finalement le film, mal distribué, ne fait que 62 000 entrées[32],[25],[33].

Après un succès (Les Dragueurs) et un échec (Un couple), le cinéaste décide de passer pour de bon à la comédie satirique avec Snobs !. Pour ce film, tourné en mai 1961, il s'entoure de Francis Blanche, Michael Lonsdale, Élina Labourdette et Véronique Nordey. Certaines scènes doivent être coupées pour satisfaire la censure. Le film sort sur les écrans en septembre 1962 et fait peu d'entrées en France (50 000). À l'exception de quelques critiques dont Jean-Louis Bory et Michel Mardore, la presse est défavorable au film[34],[35]. Dans les Cahiers du cinéma, Michel Mardore loue le sens de la démesure du film : « Le mérite de Jean-Pierre Mocky, c'est d'avoir prolongé cette bouffonnerie au-delà des limites permises, d'avoir oublié les convenances de l'accord tacite entre le satiriste et l'objet de la satire. Ainsi se trouve transcendé, et enfin chargé d'un pouvoir corrosif, le goût bien français, et sans grande conséquence de la hargne, de la grogne et de la rogne[36]. »

Pour Les Vierges (1962), Jean-Pierre Mocky reprend l'idée des Dragueurs et s'intéresse cette fois-ci aux femmes. Sur les conseils de Jean Anouilh, il fait passer dans le magazine Ici Paris un appel à témoignage des femmes sur la manière dont elles ont perdu leur virginité. Parmi les 3 500 témoignages retenus, les scénaristes dégagent cinq catégories et chacune de ces catégories fait l'objet d'un des cinq sketches du film. Le film sort en mai 1963[37]. Henri Gault, passé à la postérité comme critique gastronomique, signe dans Paris-Presse-L'Intransigeant un article au vitriol intitulé « On devrait coller 20 ans à Mocky ». Il lui reproche d'avoir « défloré un sujet qui n'était pas tabou sans quelques raisons[38],[31]. » Un an après la sortie du film, François Truffaut, sous le pseudonyme d'Antoine Doinel, sans être enthousiaste, défend le film et plus généralement la manière de Jean-Pierre Mocky : « Comme souvent chez Mocky, on voit ici des comédiens inconnus admirablement choisis et utilisés. Enfin, une netteté d'exécution très appréciable ; il n'y a dans l'image que ce que Mocky veut y mettre et veut qu'on y voie. C'est net, dénudé, précis, direct[39]. » Dans son entretien à la revue Midi Minuit Fantastique en 1967, Jean-Pierre Mocky se défend d'avoir voulu provoquer et voit au contraire Les Vierges comme un film romantique et « profondément moral »[24],[40].

À partir du roman Deo Gratias de Michel Servin, Jean-Pierre Mocky et son scénariste Alain Moury imaginent ensuite l'histoire d'un aristocrate désargenté qui, se refusant à travailler, pille les troncs des églises. Mocky souhaite d'abord tourner avec Fernandel mais ce dernier refuse. Sur une suggestion de Michel Servin, il se tourne vers Bourvil. Dans un premier temps, l'entourage de Bourvil est sceptique sur cette collaboration, et décourage le comédien d'accepter la proposition. Pourtant, la proposition s'avère fructueuse, puisque Jean-Pierre Mocky et Bourvil tournent par la suite trois autres films ensembles. Bourvil accepte même d'être en participation sur le film et aide Mocky à trouver des financements. Le film rencontre un grand succès. Sorti dans trois salles parisiennes, il enregistre 73 000 entrées la première semaine et 63 000 entrées en deuxième semaine. Au total, on compte (2,3 millions d'entrées[41]). Il est ensuite sélectionné au festival de Berlin et distribué en Allemagne[42],[43],[44].

Sur les conseils de Raymond Queneau, Jean-Pierre Mocky adapte La Cité de l'indicible peur de Jean Ray. Avec ce film, il s'essaie au genre fantastique. L'action du roman, qui se situe initialement en Écosse, est transposée à une petite ville du CantalSalers). Bourvil participe à la production du film. Le distributeur ampute le film de certaines scènes et le renomme La Grande frousse. Il sort le 28 octobre 1964 mais ne rencontre pas le succès escompté (680 000 entrées[45]). La critique est très négative et Mocky se fâche avec Bourvil et Queneau après cet échec[46],[47]. En juin 1972, Mocky sort la version complète de La Cité de l'indicible peur et diffuse le film dans les ciné-clubs[48].

Il obtient ensuite le soutien de la Columbia pour tourner avec Fernandel. Finalement, la production lui impose aussi le comique allemand Heinz Rühmann. Avec l'écrivain Marcel Aymé, il rédige le scénario de La Bourse et la Vie[49]. Le film fait 625 000 entrées[50] mais Jean-Pierre Mocky n'aime pas ce film. Dans l'entretien qu'il accorde à la revue Cinéma en 1982, il juge sévèrement ce film : « C’est un film d'une dérision totale qui ne présente aucun intérêt[15]. » Et un plus loin : « C'est vrai ! En quoi est intéressante l'histoire de deux types qui n'arrivent pas à se débarrasser de 15 millions[15] ? ».

Les Compagnons de la marguerite sort sur les écrans en janvier 1967 et reçoit un bon accueil. Le film s'inspire des difficultés rencontrées par Mocky pour divorcer de sa première épouse. Il raconte l'histoire d'un restaurateur de manuscrits qui falsifie l'état civil pour changer de femme sans avoir à passer par une procédure de divorce et fonde une société secrète pour généraliser le procédé[51]. On compte 520 000 entrées[52].

En 1967, il travaille en Angleterre sur un film intitulé Les Carrossiers de la mort. L'idée du film vient d'une conversation avec un « gentleman cambrioleur » qui volait des voitures de luxe et les revendait à l'étranger. Il avait raconté son trafic à Jean-Pierre Mocky et considérait le vol comme un art. La distribution du film comprend notamment Marlon Brando, Henry Fonda, Anthony Quinn et Orson Welles. Le projet est abandonné après la mort du producteur Cecil Tennant[53],[54].

Il se réconcilie ensuite avec Bourvil avec qui il est en froid depuis l'échec de La Grande Frousse et commence le tournage de La Grande Lessive (!), initialement intitulé Le Tube, en avril 1968. Le film narre l'histoire d'un professeur de latin nommé Saint-Just, interprété par Bourvil, qui pour lutter contre le pouvoir de la télévision décide de passer à l'action et de saboter les antennes télévisées à la sulfateuse. La distribution est complétée par Francis Blanche, Roland Dubillard et R. J. Chauffard. Le film sort sur les écrans le 15 novembre 1968 et rencontre un grand succès (2,1 millions d'entrées)[55],[56],[57],[58].

Reconnaissance (1968-1988)[modifier | modifier le code]

Du 27 novembre au 12 décembre 1968, Henri Langlois et Bernard Martinand lui consacrent une rétrospective à la Cinémathèque française. Celle-ci constitue une étape importante dans la reconnaissance de l'œuvre de Mocky. Il y présente une copie complète de La Cité de l'indicible peur[59].

Après mai 68, Mocky se rend dans un bistro où un CRS avait brisé les testicules d'un jeune homme. Il y entend d'autres jeunes, venus dans le même café en hommage au même garçon, parler de poser des bombes pour aller au bout de la « révolution ». Il a alors l'idée du scénario de Solo. Le film raconte l'histoire des frères Cabral. L'un d'eux, Vincent, est violoniste sur des bateaux de croisière et vole des bijoux pour les revendre. Son petit frère, Virgile, est étudiant. Révolté par la société telle qu'elle est, il décide de passer à l'action terroriste pour « marquer les esprits ». En voulant sauver son frère, Vincent se trouve à son tour poursuivi par la police et finit par mourir[60],[18]. Mocky dit que Solo est né de sa déception de mai 68[61]. Le film est tourné en avril 1969. Néanmoins le producteur François Harispuru n'accepte de distribuer le film qu'à la condition que Jean-Pierre Mocky réalise aussi une comédie à succès à la manière d'Un drôle de paroissien. Mocky réalise alors L'Étalon. Solo sort le 27 février 1970, la critique est très positive[62] et le film rencontre un grand succès (660 000 entrées)[63],[64].

L'idée de L'Étalon vient une nouvelle fois d'une conversation entendue avec Bourvil dans un bistro. Bourvil et Mocky entendent deux femmes se plaindre du fait que leurs maris respectifs les négligent et imaginent des solutions à ce problème qui ne remettent pas en cause la pérennité du couple[65]. Le film raconte l'histoire du vétérinaire William Chaminade, qui comprenant que les femmes sont négligées par leur mari, décide de mettre en œuvre une sorte de service pour les femmes mariées pour qu'elles puissent faire l'amour sans sentiment. William Chaminade cherche à généraliser son idée et souhaite l'étendre à toute la société. Le tournage de L'Étalon, en septembre 1969 à Cerbère, avec en figuration les habitants du village, est marqué par la maladie de Bourvil[66]. Sorti le 13 février 1970, il déplaît fortement aux critiques mais rassemble 1,2 millions de spectateurs[67]. Dans les Cahiers du cinéma, Jacques Aumont déplore le manque d'audace du film[68].

Dans l'esprit de Solo, Mocky réalise L'Albatros (1971). Le film est inspiré par une autre anecdote. Lors d'une manifestation contre Habib Bourguiba, son scénariste, Alain Moury, s'est fait tabasser par les policiers et incarcérer après avoir lui-même tapé un membre des forces de l’ordre en retour. L'Albatros raconte l'histoire d'un homme qui s'est retrouvé en prison pour avoir tué un policier dans des conditions similaires. L'homme s'évade de prison en pleine campagne électorale et kidnappe la fille de l'un des deux candidats[18],[69]. Après avoir fait appel à Georges Moustaki pour Solo, Mocky demande à Léo Ferré de composer la musique du film. La critique réserve un bon accueil au film et le public répond présent[70]. Dans Le Nouvel Observateur, Jean-Louis Bory s'enthousiasme pour le romantisme du film qu'il qualifie de « Hernani de la contestation moderne »[71]. Le film rassemble 570 000 spectateurs[72].

En 1973, il rencontre André Ruellan et collabore avec lui sur le scénario de L'Ombre d'une chance. Ensemble, ils écriront au total une vingtaine de scénarios. Le film raconte l'histoire de Mathias, un brocanteur un peu bohème et de son fils, qu'il a eu à l'âge de quatorze ans. Mocky inverse le conflit de génération en faisant du fils, un étudiant rangé, plutôt du côté de l'ordre et du père, un marginal libertaire qui n'hésite pas à enfreindre la loi et à se jouer des huissiers qui viennent lui rendre visite[73]. Le tournage débute en juillet 1973 et le film sort sur les écrans en février 1974[74]. Le critique André Cornand rapproche ce film de Solo et L'Albatros. Dans les trois films, le héros, interprété par Mocky lui-même, est un marginal traqué par la police ou la justice, aimé d'une jeune femme et que le scénario mène à une mort inévitable[75].

Jean-Pierre Mocky continue de tourner très vite. Dans Un linceul n'a pas de poches, il se donne le rôle d'un journaliste qui lutte seul contre la pourriture du système. Le film ne remporte pas un grand succès (250 000 entrées)[76],[77]. Dans L'Ibis rouge, il engage Michel Simon aux côtés de Michel Galabru et Michel Serrault. Michel Simon est malade et n'a plus beaucoup l'occasion de tourner. Il meurt une semaine après la sortie du film en mai 1975[78],[79]. Il poursuit avec Le Roi des bricoleurs, une comédie loufoque avec Sim, Michel Serrault et Pierre Bolo. Sorti en février 1977, le film ne fait que 144 000 entrées[80],[81]. Il revient à un sujet plus sérieux avec Le Témoin qui raconte l'histoire d'un homme condamné à mort à la suite d'une erreur judiciaire. Tournée avec l'acteur italien Alberto Sordi, le film, sorti en 1978 remporte un succès en France mais aussi en Italie (400 000 entrées)[82],[83],[57]. Enfin, il clôt la décennie en renouant avec le romantisme révolutionnaire de Solo et L'Albatros dans Le Piège à cons. Il y interprète le rôle d'un ancien soixante-huitard qui rentre en France après des années d'exil forcé et se retrouve à nouveau entraîné dans la lutte contre un « système corrompu ». Le film est mal compris et ne plaît pas au public (75 000 entrées)[84],[85].

Michel Serrault est l'un des acteurs fétiches de Jean-Pierre Mocky. Il a tourné onze films avec lui dont À mort l'arbitre (1983) et Le Miraculé (1986).

Au début des années 1980, Jean-Pierre Mocky revient au cinéma fantastique, genre qu'il avait déjà abordé avec La Cité de l'indicible peur, avec Litan : La cité des spectres verts (1982)[86]. Le film obtient le prix de la critique au festival international du film fantastique d'Avoriaz mais n'est pas un succès[87]. Après cet échec, il réalise en quatre mois Y a-t-il un Français dans la salle ?, un film adapté du roman éponyme de Frédéric Dard[88]. Dans les Cahiers du cinéma, Olivier Assayas voit dans ce film un second souffle dans la carrière de Mocky après un essoufflement dans la seconde moitié des années 1970[89] et Jean-Pierre Mocky retrouve un public nombreux (800 000 entrées)[90].

Bien que leurs genres cinématographiques soient aux antipodes, Jean-Luc Godard et Jean-Pierre Mocky s'apprécient et le premier propose au second de jouer le rôle de l'oncle dans Prénom Carmen (1983). Malheureusement, après avoir vu les premiers rushes, l'actrice principale, Isabelle Adjani, décide de quitter le film. Le tournage est alors reporté de quelques mois et Jean-Pierre Mocky n'est alors plus disponible. Finalement, il fait une brève apparition dans le film en jouant un malade sur un lit d'hôpital qui s'écrie « Y a-t-il un Français dans la salle ? » en référence au titre de son dernier film et Godard joue lui-même le rôle de l'oncle[18]. Jean-Luc Godard lui propose un nouveau rôle en février 1986 dans Grandeur et décadence d'un petit commerce de cinéma, un film de commande réalisé pour la télévision. Jean-Pierre Mocky y joue le rôle d'un producteur de cinéma et partage l'affiche avec Jean-Pierre Léaud qui joue un personnage de réalisateur. Le film est diffusé sur TF1 le 24 mai 1986[91]. En retour, Jean-Pierre Mocky propose à Jean-Luc Godard de jouer dans l'un de ses films, Noir comme un souvenir (1995), mais la proposition n'aboutit pas[18].

Avec À mort l'arbitre (1984) adapté d'un roman d'Alfred Draper, Jean-Pierre Mocky dénonce, un an avant le drame du Heysel, la bêtise de certains supporters fanatiques de football[92]. Dans Libération, le critique Serge Daney défend le film avec vigueur : « À mort l'arbitre est le 22e film de Mocky en 25 ans. C'est la 22e preuve que Mocky est décidément l'un des bons cinéastes français et, de loin, le meilleur cinéaste français d'origine polono-russe[93]. » Après avoir rassemblé 360 000 spectateurs en salles, le film connaît deux ans plus tard un grand succès à la télévision avec 17 millions de téléspectateurs[94],[57].

Jean-Pierre Mocky poursuit dans la veine loufoque avec une comédie satirique sur le pèlerinage de Lourdes, intitulée Le Miraculé (1987). Il y raconte l'histoire d'un faux handicapé (Jean Poiret) poursuivi par un assureur muet (Michel Serrault) qui cherche à démasquer l'usurpateur. Le film remporte un grand succès public avec 820 000 entrées[18],[95],[96]. Le cinéaste enchaîne ensuite avec un film noir, Agent trouble (1987), dans lequel il s'amuse à donner à Catherine Deneuve un rôle inhabituel de vieille fille. Le film, sorti à l'été 1987, rassemble 630 000 spectateurs[97],[98]. Il signe ensuite une comédie rabelaisienne, Les Saisons du plaisir, qui plaît de nouveau au public (770 000 entrées)[99],[100]. Alors qu'il est à la fois soutenu par la critique et extrêmement populaire, il rencontre un échec retentissant avec Une nuit à l'Assemblée nationale. Le scénario écrit avec l'écrivain Patrick Rambaud raconte l'histoire d'un naturiste qui découvre un trafic au plus haut niveau de l'État dans l'attribution de la légion d'honneur. Sorti entre les deux tours des élections législatives, le 8 juin 1988, le film est boycotté par la presse et ne rassemble que 78 000 spectateurs[18],[101].

Mocky underground (1988-)[modifier | modifier le code]

Après l'échec d'Une Nuit à l'Assemblée nationale, Jean-Pierre Mocky devient « underground » selon l'expression qu'il emploie lui-même dans Le Monde en 1999[102]. Le public ne le suit plus : moins de 10 000 entrées pour Bonsoir (1994)[103], 13 700 entrées pour Alliance cherche doigt (1997)[104], 27 000 entrées pour Robin des mers (1998)[105] et 6 200 entrées pour Vidanges (1997)[106]. La critique aussi devient de plus en plus sévère. Après la sortie de Alliance cherche doigt (1997), le critique Olivier Séguret parle d'un film bâclé et regrette le temps où Mocky réalisait La Cité de l'indicible peur ou L'Ibis rouge[107].

Deux films rencontrent un écho plus favorable au cours des années 1990, Ville à vendre (1992) avec 155 000 entrées[108] et Noir comme le souvenir (1995) avec 83 000 entrées[109]. Le premier raconte l'histoire de laboratoires pharmaceutiques qui recrutent des cobayes dans des villes particulièrement touchées par le chômage pour tester leurs médicaments. Le film sort sur les écrans en février 1992. Le film, pourtant coproduit par TF1, n'est diffusé à la télévision que quatre ans après sa production[14],[110]. Noir comme le souvenir avec Sabine Azéma, Jane Birkin et Jean-François Stévenin raconte l'histoire d'un couple séparé que leur fille disparue 17 ans plus tôt revient hanter. Pour une fois, la critique est un peu moins dure. Édouard Waintrop notamment défend le film dans Libération[111],[112].

En 1991, il tourne pour la télévision les trois premiers épisodes de la série Myster Mocky présente. Cette série, poursuivie en 2008 et 2009 pour la chaîne 13ème Rue, est adaptée de nouvelles d'Alfred Hitchcock[113].

Le Brady, cinéma parisien acheté par Jean-Pierre Mocky en 1994 pour y diffuser ses films et revendu en 2011.

Pour assurer la diffusion de ses films, il a fait l'acquisition d'une salle de cinéma parisienne en août 1994, Le Brady[114],[115],[13]. Pour Mocky, c'est un vieux rêve d'indépendance qu'il réalise. Dès 1982, il déclarait à la revue Cinéma son souhait d'acheter sa propre salle pour être totalement indépendant : « C'est la raison pour laquelle j'envisage d'acheter un cinéma et d'y projeter mes films. Si j'avais la possibilité financière d'acheter une salle et, en même temps, celle de réaliser mes films, j'arrêterais purement et simplement tout contact avec l'extérieur. Je m'enfermerais dans une tour d'ivoire et produirais des films uniquement destinés à cette salle[54] ».

Après leur collaboration au cours des années 1980, Jean-Luc Godard et Jean-Pierre Mocky ont de nouveau envie de travailler ensemble. Le premier souhaite offrir au second le rôle principal dans Éloge de l'amour avec Françoise Fabian mais Mocky et Godard se brouillent. Dans sa biographie de Godard, Antoine de Baecque raconte que Mocky reprocha à Godard d'avoir accepté en février 1998 un César d'honneur[116] alors que dans son entretien à la Lettre du cinéma, Mocky explique qu'ils se sont brouillés parce qu'ils ont voulu monter un projet annexe pour financer le film et que Godard lui aurait reproché de l'avoir annoncé à la presse sans son accord[18].

Les années 2000 ne sont pas plus faciles pour Jean-Pierre Mocky que les années 1990. Infatigable, il continue de tourner à un rythme élevé mais ses films ne sont pratiquement plus distribués. Certains films, comme Touristes, Oh yes (2004), ne sont pas distribués en salle. 13 French Street (2007), adapté d'un roman de Gil Brewer avec Bruno Solo, Thierry Frémont et Tom Novembre ne rassemble que 4 000 spectateurs et est mal accueilli par la critique[117],[118]. Enfin, Les Ballets écarlates (2004), dans lequel Jean-Pierre Mocky raconte l'histoire d'une mère à la recherche de son enfant qui découvre un réseau de pédophilie, est censuré pour incitation à la violence et au meurtre[119]. Seule exception dans cette décennie, le mini-succès (57 000 entrées) du Furet (2003), adapté du roman Un furet dans le métro de Lou Cameron, avec Michel Serrault et Jacques Villeret[120]. Mais le succès est de courte durée. En 2005, lorsque Mocky travaille à nouveau avec Michel Serrault dans Grabuges, le succès n'est plus au rendez-vous (13 204 entrées) malgré le soutien de certains critiques comme Jacques Mandelbaum[121],[122],[123].

De 2007 à 2010, Jean-Pierre Mocky travaille pour la télévision. Il réalise d'abord Le Deal (2007), un téléfilm, pour la chaîne de télévision 13e Rue. Lors de la diffusion du film sur 13e Rue, le 13 mars 2007, le film rassemble 183 000 téléspectateurs[82] puis 3 900 spectateurs lors de son exploitation en salle[124]. Dans Le Monde, Jacques Mandelbaum, souvent bienveillant avec Mocky, y voit un film raté[125]. La collaboration avec 13e Rue se poursuit avec la série intitulée « Myster Mocky présente ». Cette série, commencée en 1991 avec trois épisodes, est adaptée de nouvelles écrites par Alfred Hitchcock dont il a acheté les droits. Entre 2007 et 2009, il réalise 24 nouveaux épisodes de 26 minutes chacun[115]. Enfin, il réalise un téléfilm intitulé Colère (2010) pour la chaîne de télévision française France 2. Le film, diffusé le 16 juillet 2010, rassemble 4 millions de téléspectateurs[126].

En 2011, Jean-Pierre Mocky achète la salle de cinéma parisienne Le Desperado pour y diffuser ses films.

Après ce passage pour la télévision, Jean-Pierre Mocky revient au cinéma et enchaîne les tournages. Il réalise coup sur coup Les Insomniaques (2011), Le Dossier Toroto (2011) et Crédit pour tous (2011). Ces films ne sont pas distribués dans les circuits classiques mais il les diffuse dans son propre cinéma. En 2011, il revend sa salle de cinéma Le Brady et rachète l'Action Écoles dans le quartier latin à Paris qu'il rebaptise Le Desperado. C'est dans cette salle qu'il diffuse ses nouveaux comme ses anciens films aux côtés des classiques du cinéma français et américain habituellement diffusés dans cette salle[127],[128].

Jean-Pierre Mocky , Noël Simsolo, Roger Facon lors de Cinémania II à L'Idéal Cinéma-Jacques Tati d'Aniche en novembre 2012.

En novembre 2012, le festival Entrevues de Belfort lui rend hommage avec une rétrospective incluant une quinzaine de films[129],[130].

Vie privée[modifier | modifier le code]

On sait peu de choses de la vie privée de Jean-Pierre Mocky. Dans ses mémoires M le Mocky (2001), il est très évasif et ne raconte que certains détails et les ouvrages qui lui sont consacrés se concentrent essentiellement sur son œuvre. On sait simplement qu'il s'est marié à l'âge de 13 ans mais que ce mariage n'a duré que quelques mois[4],[5]. On sait aussi qu'il a longtemps vécu avec l'actrice Véronique Nordey dont il a eu un fils, le metteur en scène Stanislas Nordey, né en 1966[131],[18],[132],[133]. Il est aussi le père de la réalisatrice de documentaire Olivia Mokiejewski[134]. Depuis 2000, il partage la vie de Patricia Barzyk[135],[136].

En février 2005, lors d'une interview, il déclare être le père de dix-sept enfants[136].

Analyse de l’œuvre[modifier | modifier le code]

Méthodes de travail[modifier | modifier le code]

Mocky est à la fois metteur en scène, interprète, scénariste, monteur, producteur et distributeur. Il contrôle ainsi ou cherche à contrôler l'ensemble du processus de production d'un film[137].

Très tôt dans sa carrière, Mocky comprend que pour garantir son indépendance, il doit avoir sa propre société de production. Il fonde ainsi dès 1960 sa société de production, Balzac films[29],[23]. En octobre 1974, il ferme sa société pour en créer M. Films[138] et en 1986, il fonde la société Koala Films[139]. La recherche de l'indépendance le pousse aussi à privilégier des films à budget modeste[140].

Mocky tourne généralement ses films très rapidement. Par exemple, Le Glandeur a été tourné en 12 jours[132], Agent trouble en 19 jours[18]. Dans son entretien à la Lettre du cinéma, il explique : « La création, c'est quelque chose qui surgit, un peintre ne s'arrête pas de peindre à chaque coup de pinceau, un musicien ne s'interrompt pas de composer après chaque note[18]. » Et dans le même entretien : « La rapidité, c'est prendre le risque que la qualité soit dans le défaut[18]. »

S'il tourne rapidement avec des budgets modestes, il reste pourtant particulièrement attentif à la technique. Il travaille généralement avec des chefs opérateurs reconnus comme Eugen Schüfftan, Edmond Richard, Henri Alekan, William Lubtchansky, Marcel Weiss ou encore L.H. Burel. Contrairement à ses contemporains de la Nouvelle Vague, il reste très classique en matière de technique et s'inspire, notamment par le choix de ses chefs opérateurs, du cinéma des années 1930 et 1940[141]. De même, alors que certains de ses contemporains explorent les possibilités du son direct, Mocky préfère avoir recours à la post-synchronisation des dialogues, ce qui lui permet de tourner vite et d'avoir une bonne qualité de son[142].

Mocky s'occupe généralement lui-même des décors de ses films[143].

Sa mise en scène peut-être qualifiée de sobre et efficace. Dans son analyse, André Cornand explique : « La caméra de Jean-Pierre Mocky est éminemment fonctionnelle. Son utilisation, essentiellement narrative, à base de plans fixes et de panoramiques latéraux, n'a souvent d'autre but que de suivre un sujet en déplacement. Rare est l'usage du travelling, sinon lorsque la caméra est à bord d'une voiture, du zoom, ainsi que des objectifs à longs foyers ; en revanche, la courte focale est couramment employée[144]. »

Mocky a appris à monter avec Marguerite Renoir, la femme de Jean Renoir, qui a travaillé avec lui sur Snobs !, Un drôle de paroissien, La Cité de l'indicible peur, Les Compagnons de la Marguerite, La Grande Lessive (!), L'Étalon, Solo et Chut !. Après son départ, il a continué à travailler seul au montage[145].

Mocky cherche dans la mesure du possible à contrôler la distribution en salle de ses films. Ainsi, il fait en 1994 l'acquisition d'une salle de cinéma parisienne, Le Brady, lui permettant de diffuser lui-même ses films sans passer par les grands groupes de distributions[114]. Son souci d'indépendance l'amène à réfléchir à de nouveaux moyens de diffusion de ses films. Ainsi, dès 2000, dans son entretien à la Lettre du cinéma, il envisage la possibilité de numériser ses films et de les rendre disponibles par internet[18].

Thématiques[modifier | modifier le code]

Dans un esprit libertaire, Mocky représente souvent la corruption des élites et du pouvoir (Snobs !, L'Albatros, Agent trouble, Une nuit à l'Assemblée nationale ou encore Vidange)[146]. Dans Agent trouble, Mocky dénonce la collusion entre la raison d'état et des organismes mafieux[147].

La bêtise humaine est aussi un thème récurrent chez Mocky. Dans La Grande Lessive (!), le personnage principal lutte contre l'abrutissement du peuple par la télévision. Plus tard, dans À mort l'arbitre, Mocky dénonce la bêtise des supporters de football[146].

L'Église catholique est régulièrement l'objet de la satire de Mocky. On la trouve dans Snobs ! (1962) avec le personnage de l'évêque. Elle est au centre d'Un drôle de paroissien (1963) qui raconte l'histoire d'un catholique fervent qui refusant de travailler entreprend de piller les troncs des églises. Enfin, on la retrouve évidemment dans Le Miraculé (1987) avec la dénonciation du commerce de l'Église autour du pèlerinage de Lourdes. René Prédal souligne qu'en général, c'est plus l'institution religieuse qui est visée que la croyance elle-même[144],[148].

Le critique André Cornand souligne que Mocky montre souvent des femmes décomplexées par rapport à la sexualité et affichant nettement leur désir. Ainsi dans le premier sketch des Vierges, l'héroïne cherche délibérément à perdre sa virginité et dans le troisième sketch, l'héroïne ruse pour perdre sa virginité avec son amant plutôt qu'avec son futur époux. Dans L'Étalon, le vétérinaire William Cheminade s'inquiète de voir que les femmes mariées sont sexuellement insatisfaites et entreprend une sorte de service public pour satisfaire les femmes mariées. Enfin, dans L'Ombre d'une chance, Odile meurt d'envie de faire l'amour avec Mathias et se plaint du manque de désir de Michel[75],[149].

Personnages[modifier | modifier le code]

On trouve souvent dans l'œuvre de Jean-Pierre Mocky des révolutionnaires malicieux qui tentent de changer la société par des moyens non violents. Dans Les Compagnons de la Marguerite, Matouzec veut généraliser les falsifications d'état civil pour faciliter le divorce dans l'ensemble de la société. Dans La Grande lessive (!), Saint-Just (Bourvil) veut libérer la population de l'emprise de la télévision. Dans L'Étalon, William Cheminade (Bourvil) veut étendre à l'ensemble de la société son service d'étalon pour femmes mariées. Tous ces personnages sont des utopistes[146],[150].

Dans Solo, L'Albatros, L'Ombre d'une chance et Le Piège à cons, Mocky incarne lui-même quatre héros romantiques. Tous ces héros finissent par choisir la mort au nom d'un certain respect de leur morale personnelle. Ainsi, dans Solo, Vincent Cabral se sacrifie pour sauver son frère. Dans L'Albatros, Stef Tassel se sacrifie pour que Paula échappe à la prison et dans L'Ombre d'une chance, Mathias meurt parce qu'il ne se résout à pas à accepter l'amour d'Odile[151]. Mocky définit lui-même ses héros comme des romantiques : « À la fin de Solo comme de L'Albatros, le héros meurt : c'est la fatalité du héros romantique, qu'il soit en lutte contre la tyrannie du XIXe siècle ou contre la bourgeoisie du XXe[152] ». De même, Jean-Louis Bory, dans sa critique de L'Albatros compare Stef Tassel au personnage d'Hernani[71].

Les films de Mocky sont peuplés de personnages de seconds plans au caractère monstrueux et délirant[153].

Acteurs[modifier | modifier le code]

Mocky prête aussi bien attention aux premiers qu'aux petits rôles. On retrouve dans de nombreux films de Mocky certains acteurs remarquables par leur « trogne », parmi lesquels Jean-Claude Rémoleux (12 films), Jean Abeillé (37 films), Marcel Pérès (8 films), Dominique Zardi (41 films), Roger Legris (7 films), Rudy Lenoir (14 films) ou encore Noël Roquevert[154]. Ces acteurs forment le « Mocky circus »[155]. Mocky a ainsi donné à Jean-Claude Rémoleux le rôle de l'inspecteur Bartin dans Un drôle de paroissien, qui passe son temps à chanter Marinella dans La Grande lessive (!) ou encore le rôle d'un député sourd et muet dans L'Étalon[156].

Ce goût pour les « têtes » lui vient de Visconti qui préférait recruter des têtes marquantes croisées dans la rue que des acteurs confirmés pour certains seconds rôles[14]. C'est aussi quelque chose qu'il apprécie dans le cinéma de Jean Renoir. Dans un bref hommage au cinéaste dans le journal L'Humanité, il écrit : « Ce que j'ai aimé en lui, outre le cinéaste, c'est l'auteur et son engagement politique en faveur des plus démunis. Puis l'amour des seconds rôles (Carette, Dalio, Toutain et ceux d'avant-guerre). Des gueules ! Comme il en reste peu[157] ».

Mocky travaille aussi avec des acteurs reconnus mais il s'ingénie alors à leur donner des rôles à contre-emploi. Alors que Bourvil était habitué des rôles qui soulignaient son côté benêt et gentil, Mocky lui offre des rôles beaucoup plus subversifs. Bourvil joue alors un pilleur de tronc dans Un drôle de paroissien, un professeur révolté qui sabote les antennes de télévision dans La Grande lessive (!) et enfin un vétérinaire malicieux qui propose de satisfaire les femmes délaissées par leurs maris dans L'Étalon[158],[159]. Toujours dans cette logique du contre-emploi, il s'amuse dans La Grande Lessive (!), après avoir donné le rôle de l'intellectuel à Bourvil, à donner à l'écrivain Roland Dubillard le rôle d'un professeur de sport[160].

De même, quand il tourne avec Catherine Deneuve dans Agent trouble, il lui donne un rôle de vieille fille et lui met une perruque, de sorte que son rôle est à l'opposé des rôles habituels de l'actrice et qu'elle en devient presque méconnaissable[155],[161].

Esthétique[modifier | modifier le code]

Pour François Bégaudeau, l'esthétique de Jean-Pierre Mocky est à l'opposé du réalisme. Mocky cherche toujours à grossir le trait plutôt qu'à faire des personnages et des situations vraisemblables : « […] il est hors de question de faire croire à ses propres fables. Sinon la joie de la fabulation ne se sentirait plus. Il faut qu'un mensonge soit mauvais, et qu'il se voie, car ses simagrées seules amusent Mocky — d'où les hénaurmités. » À travers le jeu des acteurs, les décors où les artifices dont se parent les acteurs (fausses moustaches, perruques, etc.), il cherche avant tout à renforcer l'impression de « théâtre » : « Chez Mocky, ça joue mal parce que ça ne veut pas gommer le jeu[162]. »

Influences[modifier | modifier le code]

Dans un entretien avec Véronique Rossignol sur sa cinémathèque personnelle pour la bibliothèque du film, Mocky cite d'abord les films américains des années 1930 et 1940 sur le thème de la corruption et notamment Les Anges aux figures sales (1938) de Michael Curtiz, L'enfer est à lui (1949) de Raoul Walsh et les films de Frank Capra, Monsieur Smith au Sénat (1939) et L'Extravagant Mr. Deeds (1936). Il cite aussi les Marx Brothers (Une nuit à l’opéra, 1935). Évidemment, il cite aussi Alfred Hitchcock, dont il a adapté des nouvelles dans la série « Myster Mocky présente », (L'Ombre d'un doute, 1943) et Orson Welles (La Soif du mal, 1958)[163].

Filmographie[modifier | modifier le code]

En tant que réalisateur[modifier | modifier le code]

Courts métrages[modifier | modifier le code]

Longs métrages[modifier | modifier le code]

Téléfilms[modifier | modifier le code]

  • 1988 : Méliès 88 : Gulliver
  • 2007-2009 : Myster Mocky présente (série TV diffusée sur la chaîne 13e rue, 24 épisodes de 26 minutes)
    • 1991 : La Méthode Barnol
    • 1991 : La Vérité qui tue
    • 1991 : Dis-moi qui tu hais
    • 2008 : Dans le lac
    • 2008 : Chantage à domicile
    • 2008 : Le Farceur
    • 2008 : Le Diable en embuscade
    • 2008 : L'Énergumène
    • 2008 : Témoins de choix
    • 2008 : Cellule insonorisée
    • 2008 : Mort sur commande
    • 2008 : Service rendu
    • 2008 : La Clinique opale
    • 2008 : Le Jour de l'exécution
    • 2008 : Un éléphant dans un magasin de porcelaine
    • 2009 : Une si gentille serveuse
    • 2009 : Le Voisin de cellule
    • 2009 : Un risque à courir
    • 2009 : La Voix de la conscience
    • 2009 : De quoi mourir de rire
    • 2009 : Meurtre entre amies
    • 2009 : Martha in memoriam
    • 2009 : L'Aide
    • 2009 : Ultime Bobine
    • 2009 : Haine mortelle
    • 2009 : Sauvetage
    • 2009 : La Cadillac
  • 2009 : Colère (téléfilm diffusé par France 2 et TV5 Monde)
  • 2012 : Chapeau et Au-delà des grilles (Histoires courtes, France 2)
  • 2013 : Hitchcock by Mocky (série TV de 26 minutes pour Canal Jimmy) :
    • 2013 : Selon la loi
    • 2013 : Aveux publics
    • 2013 : Sursis pour un assassin
    • 2013 : La curiosité qui tue
    • 2013 : Derrière la porte close
    • 2013 : La main du destin
    • 2013 : Auto-stop
    • 2013 : Alibi en chaîne
    • 2013 : Demande en mariage
    • 2013 : Deux cœurs solitaires
    • 2013 : Le don d'Iris
    • 2013 : Les nains
    • 2013 : La mélodie qui tue
    • 2013 : Trop froide

En tant qu'acteur[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Vidéo-clips[modifier | modifier le code]

Films publicitaires, bandes annonce[modifier | modifier le code]

Documentaires avec Jean-Pierre Mocky[modifier | modifier le code]

Documentaires sur Jean-Pierre Mocky[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Mocky, M. le Mocky, éditions Denoël,‎ 2001
    Mémoires
  • Jean-Pierre Mocky, Mister Flash : gentleman gangster, Flammarion,‎ 2005
    Roman
  • Jean-Pierre Mocky, Cette fois je flingue, éditions Florent Massot,‎ 2006
  • Jean-Pierre Mocky, Mocky s'affiche, éditions Christian Pirot,‎ 2007
    Commentaire du réalisateur sur les affiches de ses films
  • Jean-Pierre Mocky, Les vacances du pouvoir, éditions Michalon,‎ 2007
    Comédie politique
  • Jean-Pierre Mocky, Jean-Pierre Mocky : Pensées, répliques et anecdotes, Le Cherche Midi, coll. « Les Pensées »,‎ 2009, 208 p.
  • Jean-Pierre Mocky, Jean-Pierre Mocky : Je vais encore me faire des amis!, Le Cherche Midi,‎ 2014
  • Jean-Pierre Mocky, La longue marche : entretiens avec Noël Simsolo, Ed. Neige,‎ 2014

Préfaces[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Mocky, « Préface », dans Maxime Schmitt, Cinéma perdu, Bordeaux, Le Castor Astral,‎ 2004
  • Jean-Pierre Mocky, « Préface », dans Dominique Zardi, Le Comédien fétiche du cinéma, Monaco, Alphée-J.P. Bertrand,‎ 2007

Articles[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

  • 1991 : Les trente coups de gueule de Jean-Pierre Mocky, versions originales des génériques des films, Mantra Records (31 extraits)
  • Les réalisateurs : Les plus belles musiques de films de Jean-Pierre Mocky 1993, label Playtime

Honneurs et distinctions[modifier | modifier le code]

Rétrospectives[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Sa date de naissance officielle a longtemps été le 6 juillet 1929 et de nombreuses références, y compris Éric Le Roy (Le Roy 2000), mentionnent le 6 juillet 1929 comme date de naissance. Dans ses mémoires (Mocky 2001), Jean-Pierre Mocky explique qu'il est né le 6 juillet 1933 et que l'état civil a été modifié par la suite. Dans l’émission On n'est pas couché animée par Laurent Ruquier et diffusée le samedi 1er juin 2013, il affirme même être né en 1934.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Mocky 2001, p. 10
  2. Mocky 2001, p. 20
  3. Mocky 2001, p. 22
  4. a, b et c Laurence Durieu, « Jean-Pierre Mocky », VSD,‎ 10 juin 2008 (lire en ligne)
  5. a, b et c Lionel Paoli, « Jean-Pierre Mocky raconte son enfance agitée au Mont-Boron », Nice-Matin,‎ 29 septembre 2011 (lire en ligne)
  6. Mocky 2001, p. 22-23
  7. Mocky 2001, p. 30
  8. a, b et c Guillaume D'Alessandro, « Mocky, le maître du laid », Libération,‎ 8 avril 1995, p. 40-43
  9. a, b, c et d Le Roy 2000, p. 14
  10. Mocky 2001, p. 34-35
  11. Mocky 2001, p. 39-41
  12. Mocky 2001, p. 58-61
  13. a et b Jean-Pierre Mocky, « Mes dates-clés », Libération,‎ 29 octobre 2003 (lire en ligne)
  14. a, b, c, d, e et f Axelle Ropert et Camille Nevers, « La Pantomime des gueux : Entretien avec Jean-Pierre Mocky (1re partie) », La Lettre du cinéma, no 14,‎ été 2000, p. 24-41
  15. a, b, c, d, e et f Gilles Dagneau, « Entretien avec Jean-Pierre Mocky, 1re partie », Cinéma, no 279,‎ mars 1982
  16. Le Roy 2000, p. 19
  17. a et b Mocky 2001, p. 95-96
  18. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Axelle Ropert et Camille Nevers, « La Pantomime des gueux : Entretien avec Jean-Pierre Mocky (2e partie) », La Lettre du cinéma, no 15,‎ automne 2000, p. 64-82
  19. Mocky 2001, p. 80-84
  20. a, b et c Jean-Luc Godard, « Georges Franju : La Tête contre les murs », Cahiers du cinéma, no 90,‎ décembre 1958 réédité dans Jean-Luc Godard, Les Années Cahiers, Flammarion,‎ 1989, p. 169-171
  21. Jean-Luc Godard, « Remarquable », Arts, no 715,‎ 25 mars 1959 réédité dans Godard 1989, p. 214-215
  22. Jean-Luc Godard, « Une loi obscure : Georges Franju. La Tête contre les murs », Cahiers du cinéma, no 95,‎ mai 1959 réédité dans Godard 1989, p. 240-242
  23. a, b et c Mocky 2001, p. 91
  24. a et b Michel Caen et Jean-Claude Romer, « Entretien avec Jean-Pierre Mocky », Midi Minuit Fantastique, no 17,‎ juin 1967, p. 39-55
  25. a, b et c Frodon 2010, p. 199-201
  26. Le Roy 2000, p. 21
  27. « Les Dragueurs », sur jpmocky.com
  28. Mocky 2001, p. 85-92
  29. a et b Le Roy 2000, p. 22
  30. Françoise Sagan, « La part des choses », L'Express,‎ 8 décembre 1960 réédité dans Le Roy 2000, p. 145-146
  31. a et b Éric Le Roy, « Jean-Pierre Mocky », Bibliothèque du film,‎ 2000 (lire en ligne)
  32. Mocky 2001, p. 119-124
  33. Le Roy 2000, p. 23
  34. Le Roy 2000, p. 24
  35. Mocky 2001, p. 125-132
  36. Michel Mardore, « Les Petits Caprices », Cahiers du cinéma, no 128,‎ février 1962
  37. Le Roy 2000, p. 25
  38. Henri Gault, « On devrait coller 20 ans à Mocky », Paris-Presse-L'Intransigeant,‎ mai 1963
  39. Antoine Doinel, « Pucelle que j'aimé », Cahiers du cinéma, no 145,‎ juillet 1963 réédité dans François Truffaut, « Les Vierges », dans François Truffaut, Les Films de ma vie, Flammarion,‎ 2007 (1re éd. 1975), p. 344-345 et dans Le Roy 2000, p. 148-149
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  44. Samuel Douhaire, « La bande à Mocky », Libération,‎ 14 mai 2004 (lire en ligne)
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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • René Prédal, Jean-Pierre Mocky, Lherminier/Quatre-Vents,‎ 1988 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Gaston Haustrate, Entretiens avec Jean-Pierre Mocky, Édilig,‎ 1989
  • Éric Le Roy, Jean-Pierre Mocky, Bibliothèque du film/Durante, coll. « Ciné-regards »,‎ 2000, 1e éd., 255 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
    Éric Le Roy a été un collaborateur de Jean-Pierre Mocky, notamment sur des films comme À mort l'arbitre ! ou Le Miraculé.

Articles[modifier | modifier le code]

  • Michel Caen et Jean-Claude Romer, « Entretien avec Jean-Pierre Mocky », Midi Minuit Fantastique, no 17,‎ juin 1967, p. 39-55 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • René Prédal, « La Galerie des monstres de JP Mocky », Jeune Cinéma, no 35,‎ janvier 1969
  • Dossier Solo dans L'Avant-Scène Cinéma, no 103, mai 1970
  • Claude Benoît, « L'inclassable Jean-Pierre Mocky », Jeune Cinéma, no 78,‎ mai 1974
  • André Cornand, « Jean-Pierre Mocky », La Revue du cinéma (Image et Son), no 301,‎ décembre 1975 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Claude Benoît, « Le combat solitaire de Jean-Pierre Mocky », Jeune Cinéma, no 102,‎ avril-mai 1977
  • Olivier Assayas, « Jean-Pierre Mocky : Le Malentendu », Cahiers du cinéma « Situation du cinéma français », no 323-324,‎ mai 1981
  • Olivier Assayas, « Mocky », Cahiers du cinéma, no 329,‎ novembre 1981
  • Bruno Villien, « Mocky persiste et signe », Le Nouvel Observateur,‎ 30 avril 1982 (lire en ligne)
  • Gilles Dagneau, « Entretien avec Jean-Pierre Mocky, 1re partie », Cinéma, no 279,‎ mars 1982 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Gilles Dagneau, « Entretien avec Jean-Pierre Mocky, 2e partie », Cinéma, no 280,‎ avril 1982 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Olivier Assayas, « Un auteur-artisan », Cahiers du cinéma, no 336,‎ mai 1982
  • Olivier Assayas, « Entretien », Cahiers du cinéma, no 336,‎ mai 1982
  • Antoine de Baecque et Stéphane Braunschweig, « De fil en aiguille », Cahiers du cinéma, no 379,‎ janvier 1986
  • Gilles Dagneau, « Mocky, au-delà des apparences », Cinéma, no 280,‎ avril 1982
  • Iannis Katsahnias, « Les bouchées doubles : Entretien avec Jean-Pierre Mocky », Cahiers du cinéma, no 398,‎ juillet-août 1987
  • Serge Toubiana, « Darry Crowl - Jean-Pierre Mocky : Sacrés monstres », Cahiers du cinéma, no 407-408,‎ mai 1988
  • René Prédal, « Le « système Mocky » par lui-même », Jeune Cinéma, no 193,‎ février-mars 1989
  • Jacques Siclier, « Les sarabandes de Mocky », dans Le cinéma français, Ramsay,‎ 1993
  • René Prédal, « Rencontre avec Jean-Pierre Mocky », Jeune Cinéma, no 226,‎ février-mars 1994
  • Axelle Ropert et Camille Nevers, « La Pantomime des gueux : Entretien avec Jean-Pierre Mocky (1re partie) », La Lettre du cinéma, no 14,‎ été 2000, p. 24-41 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Axelle Ropert et Camille Nevers, « La Pantomime des gueux : Entretien avec Jean-Pierre Mocky (2e partie) », La Lettre du cinéma, no 15,‎ automne 2000, p. 64-82 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • David Matthieu, « Jean-Pierre Mocky », dans Bruno Deniel-Laurent et Johan Cariou, Gueules d'amours, Éditions Mille et une nuits,‎ 2003
  • Jean-Christophe Berjon, « Signé Mocky : Le Furet », Avant Scène Cinéma, no 525,‎ octobre 2003
  • Isabelle Potel, « Moqueur Mocky », Libération,‎ 2 octobre 2004 (lire en ligne)
  • « Entretien avec jean-Pierre Mocky », Cancer !,‎ 2004
  • Sylvain Angiboust et Hélène Thoron, « Au royaume des aveugles, le fou est roi », Splitscreen, no 2,‎ automne 2007, p. 76-78
  • François Bégaudeau, « Jean-Pierre Mocky, des masques et des gueules », Cahiers du cinéma, no 625,‎ juillet-août 2007, p. 66-67 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Nicolas d'Estienne d'Orves, « Génération Mocky », La Règle du jeu,‎ 27 janvier 2012 (lire en ligne)
  • Benoît Basirico, « Interview Gabriel Yared/Jean-Pierre Mocky », Cinézik,‎ 12 mai 2012 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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