Forces armées révolutionnaires de Colombie

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Fuerzas armadas revolucionarias de Colombia – Ejército del Pueblo
FARC-EP
Image illustrative de l'article Forces armées révolutionnaires de Colombie

Idéologie Marxisme
Objectifs Prise du pouvoir en Colombie
Statut Actif
Fondation
Date de formation 1964
Fondé par Manuel Marulanda
Jacobo Arenas
Pays d'origine Drapeau de la Colombie Colombie
Actions
Mode opératoire Guérilla
Zone d'opération Drapeau de la Colombie Colombie
Période d'activité 1964-aujourd'hui
Organisation
Chefs principaux Commandant en chef :
Timoleón Jiménez
(qui succède à Alfonso Cano, mort le 4 novembre 2011), qui a succédé à Manuel Marulanda, mort le 26 mars 2008)

Membres du Secrétariat (alias):
Timoleón Jiménez, Iván Márquez, Joaquín Gómez (Usuriaga), Mauricio Jaramillo, Pablo Catatumbo

Membres 7 000 combattants en 2010 selon le Ministère colombien de la Défense[1]
Branche politique Mouvement bolivarien pour la Nouvelle Colombie,
Parti communiste colombien clandestin (PCCC)
Financement Trafic de drogue, rançons de prise d'otages, vol de bétail
Groupe relié Ejército de Liberación Nacional
Répression
Considéré comme terroriste par Canada, États-Unis d'Amérique, Union européenne, Nouvelle-Zélande
Conflit armé colombien

Les Forces armées révolutionnaires de Colombie - Armée du peuple (espagnol : Fuerzas armadas revolucionarias de Colombia – Ejército del Pueblo, généralement appelées FARC, l'acronyme exact étant FARC-EP), sont la principale guérilla communiste colombienne impliquée dans le conflit armé colombien.

L'organisation est placée sur la liste officielle des organisations terroristes du Canada[2], des États-Unis d'Amérique[3], de la Nouvelle-Zélande[4] et de l'Union européenne[5], depuis 2005 par ces dernières entités.

Historique[modifier | modifier le code]

1930-1966 : origines[modifier | modifier le code]

Article détaillé : République de Marquetalia.

Au cours des années 1930, la Colombie voit se développer un puissant mouvement paysan visant à l'obtention d'une réforme agraire. Ce mouvement débouche sur la dislocation de plusieurs grandes haciendas en particulier dans le Cundinamarca et le Tolima et sur la création de zones d'autodéfenses paysannes, souvent de sensibilité communiste, pour défendre les terres prises aux haciendas dans des zones reculées du pays. Ces luttes agraires seront quelques années plus tard un terreau pour les FARC [p 1].

Le 9 avril 1948, le leader populiste du Parti libéral colombien Jorge Eliécer Gaitán est assassiné, créant une profonde blessure dans la société colombienne, et déclenchant plusieurs jours d'émeutes à Bogotá (le Bogotazo, qui fera des centaines de morts). La période qui suit, jusqu'au début des années 1960, dite La Violencia, reste la plus violente de l'histoire de la Colombie. Elle fera entre 100 000 et 300 000 victimes[6]. Jusqu'en 1953, le conservateur Laureano Gómez, élu le 26 novembre 1949 durant une élection qui se tient dans un climat d'extrême violence politique (et de laquelle s'était retiré le candidat libéral Darío Echandía)[7], incapable de rétablir la situation, devient extrêmement impopulaire aux yeux du peuple et des élites conservatrices comme libérales. Afin de rétablir l'ordre, l'armée, sous le commandement du général Gustavo Rojas Pinilla, prend le pouvoir en 1953 à l'appel des deux partis dominants. Le nouveau gouvernement militaire offre l'amnistie aux bandits et aux guérilleros, en échange de la livraison de leurs armes, ce que la plupart font. Cependant, certains groupes, dont les communistes, refusant de rendre leurs armes, se retirent dans des zones isolées où ils cessent leurs opérations. Le conflit reprend toutefois dès que, au milieu des années 1950, Rojas Pinilla lance d'importantes attaques contre les zones d'autodéfense constituées par les guérillas communistes dans le sud du Tolima et le sud du Cundinamarca[p 2].

Le pouvoir militaire cesse en 1958 à la faveur d'un accord entre conservateurs et libéraux, avec le soutien de dissidents du pouvoir militaire. Ces derniers mettent sur pied un accord de partage du pouvoir connu sous le nom de Front national, ne mettant pas fin aux zones d'autodéfense qui subsistent dans des zones reculées du pays, en particulier dans le département de Huila et le sud du Tolima[p 3], dans un contexte où le parti communiste prône officiellement la « combinaison de toutes les formes de lutte », y compris la lutte armée, depuis son congrès de 1961. En 1964, sous la pression de députés conservateurs qui dénoncent depuis 1961 la présence de seize « républiques indépendantes » où l'autorité de l'État est bafouée, dont la République de Marquetalia, le président Guillermo León Valencia prend la décision de reprendre ces zones par la force avec l'appui des États-Unis[p 4].

L'attaque de l'armée sur la République de Marquetalia commence le 27 mai 1964, jour considéré depuis par les FARC comme celui de leur fondation [8]. Les guerrilleros, sous la direction de Manuel Marulanda Vélez et de Jacobo Arenas (ce dernier missionné par le Parti communiste colombien), résistent quelques semaines mais doivent fuir la zone. De petits groupes de guérilla provenant des « Républiques » vaincues se réorganisent sous le nom de Bloc Sud (Bloque Sur)[p 5]. Ils forment un premier « État-major conjoint », sous la direction de Ciro Trujillo, Manuel Marulanda et Jacobo Arenas. Les FARC ne sont réellement fondées qu'en 1966 sous ce nom, lors de la « deuxième conférence de la guérilla »[9].

1966-1980 : stagnation[modifier | modifier le code]

Manuel Marulanda, chef historique des FARC.

Le groupe le plus nombreux de la guérilla, placé sous le commandement de Ciro Trujillo, dans les départements du Quindío et du Caldas est pratiquement anéanti par l'armée et Ciro Trujillo est abattu en 1967[9]. Cette défaite coûte aux FARC les deux tiers de leurs effectifs[p 6]. Pour se remettre de ces coups sévères, la guérilla se replie vers ses bases traditionnelles du Huila et du Tolima, dans le prolongement des « républiques indépendantes », là où elle dispose d'une certaine base sociale. Cela lui permet de se remettre progressivement sur pied[p 6]. Au cours de cette période se tiennent la troisième (1968) et la quatrième (1970) conférence des FARC, cette dernière consolidant la notion de « front », qui sera par la suite à la base de l'organisation des FARC[9].

En 1974, la cinquième conférence des FARC décide la création du « secrétariat de l'État-major », leur instance dirigeante jusqu'à aujourd'hui. Le secrétariat était composé de Manuel Marulanda, Jacobo Arenas, Martin Villa, Nestor Arenas et Rigoberto Lozada, tous des anciens de Marquetalia[9]. Les FARC « grandissent en silence », et comptent alors six fronts. Elles parviennent à se substituer à l'État dans des zones reculées où celui-ci est absent, surtout en périphérie du territoire colombien dans des zones nouvellement colonisées.

La marginalisation des FARC est aussi politique : Le Parti communiste, qui dirige toujours les FARC, ne pense pas que les conditions de la prise de pouvoir par les armes soient réunies et privilégie la lutte urbaine. En 1978, date à laquelle se tient la sixième conférence de la guérilla, les FARC comptent environ 900 combattants. Politiquement, la lutte armée (menée par les FARC mais aussi par l'ELN et l'EPL) empêche la gauche, qui peine à prendre ses distances avec la voie des armes, de dépasser 3 % ou 4 % dans la plupart des élections[p 7].

1982-1990 : expérience de l'Union Patriotique[modifier | modifier le code]

L'année 1982 marque un tournant dans l'organisation des FARC, avec la tenue de leur VIIe conférence suivie d'un « plenum amplifié » quelques mois plus tard. Considérant que la situation leur est favorable, les FARC décident de doubler le nombre de leur fronts (de 24 à 48 fronts) en s'implantant sur tout le territoire national, et se donnent 8 ans pour prendre le pouvoir. Cette ambition est symbolisée par l'ajout à leur sigle des lettres EP : Ejército del Pueblo (Armée du Peuple)[p 8]. Les années 1980 marquent également un tournant avec le trafic de drogue et le début des enlèvements contre rançon[10].

Malgré les ambitions renforcées des FARC, un processus de négociation s'engage entre le gouvernement de Belisario Betancur et les mouvements armés, aboutissant en 1984 à la signature d'un cessez-le-feu entre le gouvernement et les FARC, les accords de La Uribe, signés le 28 mars 1984. Ces accords prévoyaient une cessation complète des hostilités entre les FARC et le gouvernement dans un délai de deux mois. À la suite de ces accords, les FARC créent en 1985 l'Union Patriotique, aux côtés du Parti Communiste colombien. Mais malgré le cessez-le-feu et l'accord de La Uribe, les membres de l'UP sont tués massivement[11] : de 1985 à 1994, entre 3 000[9] et 5 000 [12] membres ou sympathisants de l'UP ont été assassinés, notamment les candidats aux élections présidentielles Jaime Pardo Leal (1987) et Bernardo Jaramillo Ossa (en) (1990), ainsi que 9 autres parlementaires de la même formation de gauche. Les coupables de ces assassinats seraient, selon les cas, les forces de l'ordre, des politiciens, des narcotraficants, mais aussi les paramilitaires qui commencent à émerger. Cet épisode a parfois été qualifié de génocide politique[13],[12], et renforce les FARC dans leur conviction que la lutte armée est la seule voie possible vers la prise du pouvoir. Les FARC ont également, pendant cette période, tué des leaders de partis gouvernementaux. Dès 1987, le cessez-le-feu est en pratique rompu, les liens se distendent entre les FARC et l'Union Patriotique, et les FARC reprennent leur confrontation avec le gouvernement, dans un contexte de violence généralisée dans le pays, non seulement par l'affrontement entre les guerrillas et l'État, mais aussi par l'essor de la criminalité organisée et du narcotrafic[p 9].

1990-1998 : vers la guerre de mouvement[modifier | modifier le code]

Dans un contexte international défavorable aux guerrillas marxistes, plusieurs groupes armés colombiens (le M-19, la majeure partie de l'EPL, le Movimiento Armado Quintín Lame) déposent les armes pour s'inscrire dans un processus de paix qui aboutira à la rédaction de la Constitution de 1991[p 10].

À l'inverse, Jacobo Arenas, le principal théoricien des FARC et cheville ouvrière de l'articulation avec le PCC meurt en 1990. À partir de cette date, c'est Manuel Marulanda qui prend seul la tête du mouvement. Moins porté aux débats théoriques que Jacobo Arenas, il exige que le congrès du Parti se tienne en 1991 dans une zone de guérilla. Devant le refus du PCC, les FARC ne seront pas représentées à ce congrès : les FARC s'inscrivent plus que jamais dans la lutte armée et s'émancipent de la tutelle du Parti communiste colombien, trop affaibli après l'expérience de l'Union Patriotique pour prétendre imposer sa volonté à des FARC plus puissantes que jamais. En 1991, le gouvernement prend le contrôle de La Uribe (Meta), siège traditionnel du secrétariat des FARC. Les FARC ripostent par une démonstration de force sous la forme d'une campagne militaire de six mois. En 1993, lors de leur IXe conférence nationale, les FARC écrivent un nouveau «plan stratégique» vers la prise du pouvoir[p 11].

Entre 1995 et 1998, les FARC atteignent une puissance militaire sans précédent, et pour la première fois dans leur histoire, ont la capacité de mobiliser des centaines de combattants pour attaquer avec succès des bases militaires ou des villes, tuant ou séquestrant de nombreux militaires ou officiers de police. La plus spectaculaire de ces opérations est sans doute la prise de Mitú, capitale du Vaupés, en 1998, petite ville qu'ils contrôlent pendant plus de 24h. Au cours de ces opérations, les FARC font prisonniers plus de 500 militaires ou policiers[p 12].

Cette incapacité de l'armée à contenir la guérilla favorise le développement des groupes paramilitaires d'extrême-droite, également très violents. Ces groupes, d'abord régionaux (comme les Autodefenses unies de Córdoba et Urabá, ACCU, fondées en 1994) se sont regroupés à partir de 1997 sous le nom d'Autodéfenses Unies de Colombie (AUC)[p 13]. Les paramilitaires agissent assez rarement en recherchant l'affrontement direct avec la guérilla, préférant s'en prendre directement à la population civile dans le cadre de massacres comme le Massacre de Mapiripán, en 1997. Ces massacres ont pour effet de forcer les habitants ayant vécu pendant un temps sous le contrôle de la guérilla, et donc suspects d'être ses sympathisants, à quitter leurs terres. Les déplacements massifs de population prennent de l'ampleur en Colombie à partir de 1995[p 14].

1998-2002 : processus de paix du Caguán[modifier | modifier le code]

Unité féminime des FARC entre 1998 et 2002.

Le président Andrés Pastrana avait concédé aux FARC le une zone démilitarisée, appelée «zone de détente», de 42 000 km2 couvrant cinq municipalités dans les départements du Meta et du Caquetá, dont San Vicente del Caguán et La Uribe. Cette démilitarisation, préparée par une rencontre entre Marulanda et Pastrana à la veille de la prise de fonction de ce dernier, a pour but d'établir des pourparlers de paix entre le gouvernement et la guérilla (négociations «au milieu de la guerre», sans accord de cesser-le-feu, contrairement au processus de paix des années 1980). Mais, dès le , jour de l'ouverture officielle des pourparlers dans la zone de détente, les espoirs de paix sont douchés par la «chaise vide» laissée par Manuel Marulanda, qui inflige ainsi un camouflet public au président Pastrana. Par ailleurs, les FARC profitent de la zone démilitarisée pour y établir des camps d'entraînement et l'utilisent comme base arrière pour des opérations ayant lieu à proximité. Ils expulsent de la zone tous les représentants de l'État (juges, fonctionnaires etc.)[p 15]. Bien que, dans la suite du processus, deux rencontres directes entre Pastrana et Marulanda aient pu avoir lieu, le processus de paix s'embourbe, à l'exception notable du thème de l'échange de prisonniers : En 2001, un échange de prisonniers a lieu entre le gouvernement (qui libère 14 guérilleros) et la guérilla, qui libère 55 membres de la force publique. Peu de temps après, les FARC libèrent unilatéralement 304 membres de la force publique (soldats ou policiers) faits prisonniers lors des grandes offensives de la deuxième moitié des années 1990, mais n'obtiennent pas la libération des quelque 500 guérilleros prisonniers[p 16].

Au début des années 2000, les FARC sont au faîte de leur puissance militaire et certains analystes pensent même qu'ils ont la capacité de renverser le gouvernement en quelques années[14]. Ils disposent de quelque 17 000 combattants répartis en 60 fronts opérant dans tout le pays, y compris dans les banlieues de Bogota ou Medellín grâce à leurs milices urbaines, et 172 municipes sur les 1090 que compte le pays sont dépourvus de présence militaire ou policière permanents[p 17]. Toutefois, dès 1999, les FARC sont dans l'impossibilité de réaliser des opérations d'ampleur comparable à celles de la période 1995-1998, à cause des progrès de l'aviation militaire colombienne, qui inflige des pertes sévères aux FARC lors des attaques massives de cette dernière, comme c'est le cas lors de la prise de Mitú[p 18]. Les groupes paramilitaires continuent parallèlement leur montée en puissance, et en 2001 la plupart des ONG considèrent que les AUC sont à l’origine de plus de morts que les FARC[15].

À partir de 2001, les FARC commencent à pratiquer l'enlèvement d'hommes politiques comme Alan Jara, gouverneur du Meta, enlevé le . C'est d'ailleurs l'enlèvement spectaculaire du sénateur Jorge Géchem Turbay le (par le détournement d'un avion entre Neiva et Bogota) qui conduit Andrés Pastrana à décréter la fin de la zone démilitarisée. L'enlèvement de la franco-colombienne Íngrid Betancourt le 23 février attire l'attention de l'opinion internationale sur le conflit[16],[p 19].

2002-2010 : les FARC face à la « sécurité démocratique » d'Álvaro Uribe[modifier | modifier le code]

Le président Álvaro Uribe, élu en 2002 puis réélu en 2006, mène depuis 2002 une politique visant à vaincre militairement les FARC (dans le cadre de la politique dite de sécurité démocratique). Entre la reprise des opérations militaires en 2002 par les présidents Andrés Pastrana puis Álvaro Uribe et 2008, les FARC auraient perdu 8 000 combattants et le contrôle d’une vingtaine de territoires, zones de production de drogues qui leur assuraient des revenus substantiels[17],[18]. Le , Raul Reyes, porte-parole du groupe, est tué par un bombardement de l'armée colombienne sur un camp des FARC en territoire équatorien. C'est la première fois dans l'histoire du groupe qu'un membre du Secrétariat, l'instance suprême des FARC, est tué au combat. Six jours plus tard est annoncé l'assassinat de Manuel Muñoz Ortiz alias Iván Ríos, également membre du Secrétariat, par son garde du corps sous la pression des opérations militaires. Dans ce dernier cas, la façon dont s'est produit l'assassinat d'un membre du secrétariat par l'un de ses proches révèle en outre l'état de dégenerescence d'une partie des FARC[19],[p 20]. En une semaine, ce sont donc deux membres du Secrétariat qui tombent au combat[p 21]. Plus grave encore pour l'organisation, Manuel Marulanda Vélez est mort le (de mort naturelle selon les FARC), laissant les FARC orphelines de leur fondateur et leader. C'est Alfonso Cano qui reprend en mai 2008 le poste de Commandant en chef[20],[p 22]. L'organisation est également frappée par d'importantes désertions, comme celle de la commandante du front 47 des FARC, Nelly Avila Moreno, alias Karina, qui s'est rendue aux autorités le . Selon l'administration colombienne, environ 9 000 personnes auraient déserté les rangs des FARC pour bénéficier d'un programme de réinsertion ces dernières années[21].

Le niveau de violence dans le pays pendant les deux mandats du président Uribe reste toutefois dramatique. On enregistre près de 20 000 homicides par an en Colombie entre 2002 et 2006, dont plus de 60 % sont commis par les paramilitaires et 25 % par les guérillas (FARC et ELN)[22]. Les AUC sont aussi responsables de la grande majorité des 3,5 millions de déplacés par la guerre (près de 3 000 000 de personnes selon le rapport de mars 2008 de la Croix Rouge) [22],[p 14]. Cette action des forces paramilitaires est un élément important du recul des FARC, en particulier entre 2000 et 2005. Par ailleurs, les paramilitaires parviennent à intervenir sur les élections politiques à tous les niveaux : plus du tiers des parlementaires élus en 2002 l'auraient été avec le soutien des paramilitaires. La révélation de ces liens entre paramilitaires et personnel politique donne lieu au scandale de la parapolitique. En avril 2008, 29 parlementaires étaient emprisonnés dans le cadre de ce scandale[p 23],[23]. La loi justice et paix (2003) proposant une amnistie large aux paramilitaires ou guérilleros démobilisés a toutefois permis de désarmer progressivement certains groupes paramilitaires, en particulier les AUC, officiellement démantelées en 2006. La dissolution officielle des Autodéfenses unies de Colombie n'a toutefois pas mis fin au phénomène paramilitaire en Colombie, et de nouveaux groupes paramilitaires ont émergé rapidement, nommées « Bandes criminelles émergentes » par le gouvernement.

le , lors d'une journée de manifestations d'une ampleur sans précédent, près de deux millions de Colombiens dans l'ensemble du pays descendent dans la rue pour protester contre les actions des FARC et ses prises d'otages[24],[p 24]. Toutefois, malgré leur impopularité et les nombreux revers militaires des années 2000, dans des régions comme la cordillère Occidentale, les FARC conservent en 2008 le contrôle de certaines zones où elles représentent la seule autorité et sont à même de contrôler les mouvements de la population, de disposer d'un réseau d'informateurs civils qui leur permet de déjouer les attaques de l'armée, de protéger la production de drogue et d'exercer des pouvoirs de police. Dans ces zones peu peuplées où elle est présente depuis des décennies, la guérilla continue de bénéficier d'un certain degré de soutien de la population[25].

Le 7 août 2010, Juan Manuel Santos succède à Álvaro Uribe. Le bilan de la politique de sécurité démocratique mené sous la présidence Uribe est contrasté. Elle a permis de réduire l'influence de la guérilla, et en particulier d'éviter les prises de villages et de bases militaires ainsi que les prises d'otages en masse. Toutefois, les FARC ont réagi à cette politique par une tactique connue sous le nom de «Plan renacer» («plan renaître»), comprenant l'utilisation de francs-tireurs et la pose massive de mines anti-personnelles (présentes dans 400 municipes sur le millier que compte le pays). La guérilla parvient ainsi à se maintenir dans certains territoires. À la suite du recrutement massif d'enfants par les FARC, l'armée de l'air est par ailleurs contrainte de s'abstenir de bombarder certains campements de la guérilla[26]

Depuis 2010 : mandat de Juan Manuel Santos[modifier | modifier le code]

Évolution du conflit sur le terrain[modifier | modifier le code]

En septembre 2010, selon les mots de Germán Vargas Lleras, ministre de l'intérieur de Juan Manuel Santos, « la guérilla a toujours une capacité de nuisance. Elle est provocatrice et le gouvernement va devoir faire de nouveaux efforts pour la contenir ». Le ministre de la défense Rodrigo Rivera indique même que la guérilla est à l'offensive, et non plus en repli comme l'indiquait le gouvernement d'Álvaro Uribe. Cette offensive est marquée en septembre 2010 par une série d'attaques (des FARC, mais aussi de l'ELN et de l'EPL) contre les forces publiques faisant une quarantaine de victimes parmi les militaires et la police, (dont 14 dans une seule embuscade tendue dans le département du Caquetá)[26].

Toutefois, le 23 septembre 2010, Jorge Briceño Suárez (Mono Jojoy), commandant en chef du Bloc oriental, le plus important des FARC, et considéré comme le «chef militaire» de l'organisation est abattu par l'armée colombienne lors d'une opération militaire réunissant les forces terrestre et aérienne, menée dans la Serranía de la Macarena (département de Meta)[27],[28]. Selon le président colombien Juan Manuel Santos, Briceño Suarez était « le symbole de la terreur » qui a fait tant de mal à la Colombie, et c'est pour cela que sa mort est « le coup le plus dur qui ait été donné aux FARC dans l'histoire[29] ». Pour l'hebdomadaire Semana, Mono Jojoy était, parmi les dirigeants des FARC, celui qui avait le plus d'autorité sur les guérilleros du rang, par son aura de guerrier implacable, et celui qui avait construit la puissance militaire des FARC au cours des années 1990, d'où le fait que sa mort, plus encore que celle de Raúl Reyes, est un coup extrêmement dur porté à la structure des FARC. Sa disparition pourrait se comparer à ce que la capture d'Abimael Guzmán en 1992 avait signifié pour le Sentier lumineux, au Pérou. Comme Guzmán, Jorge Briceño Suárez jouissait d'une réputation d'invincibilité et son seul nom suffisait à inspirer la peur, de sorte que pour l'opinion publique sa mort représente le «début de la fin» pour les FARC et donne la sensation d'une victoire totale du gouvernement face à une guérilla qui, si elle n'est pas liquidée, semble «en voie d'extinction»[30]. Les FARC remplacent Jorge Briceño par Jaime Alberto Parra Rodríguez, alias Mauricio Jaramillo ou El médico, qui selon Ariel Ávila de la fondation Nuevo arco iris, parvient à réorganiser le bloc oriental des FARC et à éviter les désertions massives qui avaient été pressenties après la mort de Briceño. Jaramillo semble suivre de plus près que Briceño les ordres provenant d'Alfonso Cano en s'entourant de seulement une cinquantaine d'hommes, contre 800 pour Briceño ce qui lui permet d'envoyer plus d'hommes pour des opérations offensives. Son arrivée à la tête du bloc oriental des FARC s'accompagne d'un regain d'activité et montre, selon Ávila, que les FARC ont toujours la capacité de remplacer efficacement leurs dirigeants[31]

En 2011, les relations entre la Colombie et le Venezuela semblent se réchauffer, et le , Guillermo Enrique Torres Cueter, l'adjoint de Paul Reyes que l'on pensait mort depuis le raid de 2008, est arrêté au Venezuela[32], ce qui montre un renforcement de la coopération bilatérale entre le Venezuela et la Colombie dans le cadre de la lutte contre les FARC. Le 4 novembre 2011, c'est un coup encore plus dur qui est porté aux FARC avec la mort d'Alfonso Cano, successeur de Manuel Marulanda à la tête de l'organisation, dans un accrochage avec l'armée[33]. C'est Timoléon Jiménez, aussi connu comme Timochenko qui lui succède à la tête de l'organisation[34].

Le 26 novembre de la même année, le ministre de la Défense colombien annonce qu'au cours d'opérations militaires controversées (peut-être une tentative de libération par l'armée) dans le département de Caqueta, quatre colombiens détenus en otage par les FARC ont été retrouvés fusillés par la guérilla. Il s'agit du colonel Edgar Duarte, du sergent Libio José Martínez (plus ancien otage des FARC), du major Elkín Hernández Rivas (militaires colombiens détenus depuis plus de 12 ans) ainsi que Álvaro Moreno, membre de la Police colombienne (détenu depuis 11 ans). À côté des corps, des chaines auraient été retrouvées [35]. Durant cette même opération, le policier Luis Alberto Erazo, séquestré depuis 1999, réussit à prendre la fuite et à se cacher dans la forêt. Il est ensuite récupéré par les forces gouvernementales.

Le , le 10e front des FARC tue 11 soldats de l'armée colombienne dans un assaut[36]. En réponse, l'armée lance le 20 mars une riposte armée incluant assaut terrestre et bombardement aérien. En deux jours de combat, 39 guérilleros sont tués, dont 33 lors du bombardement de leur camp, et 12 autres capturés. L'armée se félicite de cette action, parlant du plus gros coup dur pour les FARC depuis le début de l'année[37]. Le 23 mars, les autorités vénézuéliennes annoncent l'arrestation au Venezuela, en coopération avec les services colombiens, de William Alberto Asprilla Chitiva, alias « Marquetaliano », un des membres fondateurs de l'état-major du groupe armé[38]. Le 26 mars, l'armée colombienne lance une offensive dans le département de Meta contre une colonne militaire de la guérilla, tuant 32 rebelles, tout en en capturant 6 autres appartenant au 53e front[39].

En France, la capture par les FARC du journaliste Roméo Langlois le 28 avril 2012 suivi de sa libération le 30 avril attire de nouveau l'attention sur le conflit colombien[40]. En parallèle de l'affrontement qui continue entre les FARC et l'armée, un nouveau processus de négociations aboutit à l'ouverture de pourparlers de paix fin 2012.

Pourparlers de paix d'Oslo et de La Havane[modifier | modifier le code]

Le 18 octobre 2012, à Oslo, des délégués des FARC et du gouvernement donnent une conférence de presse commune marquant le début de négociations qui ont lieu dans un premier temps dans la capitale norvégienne, puis par la suite à La Havane, avec comme pays garants du processus la Norvège et Cuba. Ces pourparlers qui se tiennent sans mise en place d'un cessez-le-feu sur le terrain ont pour objectif de permettre la fin du conflit armé[41]. Les discussions reprennent en 2013 à La Havane sur un programme en cinq points : Réformes agraires, cadre juridique pour la réinsertion des FARC dans la vie politique et sociale, mécanisme de fin du conflit, lutte contre le trafic de drogue, et réparations à apporter aux victimes. Le 26 mai 2013, les deux parties annoncent avoir trouvé un accord sur le premier de ces points, les réformes agraires, accord qui ne pourra devenir définitif que si l'ensemble des points mis à la négociation sont résolus[42].

Organisation[modifier | modifier le code]

Chaîne de commandement[modifier | modifier le code]

Les FARC sont dirigées par un secrétariat («Secrétariat de l'État-major central»), issu de L'État-major central de l'organisation, composé d'une trentaine de membres. Le secrétariat est lui composé de sept membres titulaires, qui peuvent être placés à la tête de l'un des sept «Blocs» géographique regroupant plusieurs fronts. le secrétariat compte également deux suppléants. À partir de la mort de Jorge Briceño Suárez le 23 septembre 2010, sa composition est la suivante :

  • Guillermo Leon Saéz, alias Alfonso Cano, commandant en chef des FARC, chef du Commandement conjoint de la région centrale
  • Luciano Marín Arango, alias Iván Márquez, commandant du Bloc Caraïbes et du Bloc du nord-ouest (aujourd'hui appelé Bloc Iván Ríos)
  • Rodrigo Londoño Echeverri, alias Timoleón Jiménez, Timochenko, commandant du Bloc du Moyen Magdalena
  • Jaime Parra (ou Wilson Valderrama Cano), alias Mauricio Jaramillo, El Médico, commandant du Bloc oriental (appelé Bloc Commandant Jorge Briceño depuis la mort de Jorge Briceño Suárez)
  • Miltón de Jesús Toncel Redondo, alias Joaquín Gómez, Usuriaga, commandant du Bloc Sud
  • Jorge Torres Victoria, alias Pablo Catatumbo, commandant du Bloc occidental
  • Félix Antonio Muñoz Lascarro, alias Pastor Alape
  • Bertulfo Álvarez (membre suppléant)[43],[44]

Les blocs sont eux-mêmes divisés en fronts, unités d'environ 200 combattants. Chaque bloc compte en théorie au minimum 5 fronts, les FARC comptaient environ 60 fronts en 2002 dont 22 pour le seul bloc oriental. Les fronts peuvent eux-mêmes être subdivisés en unités plus petites:

  • Columna (Colonne) : les fronts les plus grands sont découpés en colonnes d'une centaine de combattants.
  • Compañía (Compagnie) : unité de combat à l'échelle de laquelle les combats sont les plus courants. Environ 50 combattants.
  • Guerilla (Guérilla) : deux pelotons.
  • Pelotón (Peloton) : unité de base, environ 12

La structure des FARC est donc extrêmement hiérarchisée, voire bureaucratique, même s'il est probable que cette organisation théorique n'est que rarement vérifiée dans toute sa rigueur en pratique, surtout vu la récente diminution des effectifs des FARC[p 25]. L'organisation inclut également des «colonnes mobiles», structures plus souples que les fronts. Certains fronts des FARC possèdent ou ont possédé des hôpitaux clandestins bien équipés[45].

Discipline[modifier | modifier le code]

Les guerilleros sont soumis à une discipline extrêmement rigoureuse, et sanctionnée par des «conseils révolutionnaires de guerre», au cours desquels un jury de guérilleros décide de la sanction à appliquer pour diverses violations du règlement (allant du vol de cigarettes ou de l'indiscipline mineure à la désertion ou à des accusations d'espionnage en faveur de l'ennemi). Selon des cahiers retrouvés dans des campements guérilleros et divulgués par l'armée colombienne, bien que des sanctions graduées existent (allant du creusement de tranchées à la condamnation à mort) les «conseils de guerre» sont souvent encouragés par les commandants a prononcer des sanctions sévères afin de «maintenir la morale révolutionnaire», de sorte que ces jugements se terminent bien souvent par des exécutions. Ainsi, selon les chiffres fournis par l'armée, plus de 300 guérilleros auraient été fusillés entre 2005 et 2007 au sein du front dirigé par Ivan Ríos, 180 dans le front 48 (sous le commandement de Tovar) et dans la colonne mobile Teofilo Forero (sous le commandement de El Paisa), 112 au premier semestre 2008 dans le bloc oriental sous la direction de Mono Jojoy. La peine de mort serait parfois prononcée pour des infractions mineures telles que le vol d'une cigarette[46],[47].

Forces et implantation géographique des FARC[modifier | modifier le code]

Alors que les FARC comptent 17 000 guérilleros en 2000, à leur apogée [p 26], leur nombre serait tombé à 8 000 en 2010 selon l'armée[48]. En 2008, l’armée colombienne estimait à plusieurs centaines par mois le nombre de désertions, une évolution attribuée notamment au programme gouvernemental visant à offrir des conditions de vie décentes à tout déserteur[49]. Début 2011, selon l'amiral Edgar Cély, commandant des forces armées colombiennes, les principales zones de présence des FARC sont le nœud de Paramillo, dans le nord-ouest du pays, la région du Catatumbo, dans le département du Nord de Santander, au centre-nord, frontalier du Venezuela, ainsi que dans les départements du Cauca, Nariño, et Caquetá, dans le sud du pays[50]. À côté des forces militaires du mouvement, des milices urbaines ont été créées, avec pour but d'accroître l'influence de cette guérilla initialement paysanne dans les zones urbaines, y compris par des menaces sur la population civile et des actions terroristes[51],[52].

À partir de 2010, le sud du Tolima, berceau des FARC et où se trouverait leur commandant en chef Alfonso Cano, est devenu un objectif stratégique pour les forces armées colombiennes, et une unité spéciale de l'armée colombienne, forte de 7 000 hommes, a été affectée à cette zone, avec pour mission d'y combattre l'influence des FARC et de poursuivre Alfonso Cano. Dans cette zone, sous l'influence des FARC depuis 40 ans, la guérilla dispose de milices très influentes et enracinées dans certains villes comme Rioblanco et Planadas, la tâche de l'armée est également rendue difficile par la montagneuse et boisée, et le climat difficile et froid. L'armée y a toutefois obtenu des succès, dont la démobilisation de 35 guérilleros, et est parvenue à porter des coups importants aux « anneaux de sécurité » d'Alfonso Cano[53].

Idéologie[modifier | modifier le code]

Les FARC sont une guerrilla rurale, issue des zones d'autodéfense paysannes des années 1950-1960, en particulier de la République de Marquetalia. Jusqu'en 1991 environ, leur direction politique a été assurée par le Parti communiste colombien, parti marxiste-léniniste prônant la combinaison de toutes les formes de lutte : lutte politique et action sociale dans les villes, lutte armée dans les campagnes[54]. Pendant toute cette période, c'est donc le Parti qui gère l'orientation politique et idéologique des FARC[p 27]. Toutefois, les FARC disposent du « Programme agraire de la guérilla », proclamé en 1964 et réaffirmé en 1993, qui prévoit la redistribution des terres à ceux qui les cultivent. Ce programme prévoit toutefois que « le Gouvernement Révolutionnaire respectera la propriété des paysans aisés qui travaillent leurs terres personnellement[55]». Il prévoit également la création d'un « front unique de toutes les forces révolutionnaires du pays » afin de « jeter à terre le régime oligarchique au service des impérialistes yankee ». L'aspect exclusivement rural du programme des FARC à cette époque est dû au fait que l'activité dans les villes et les syndicats est entièrement laissée au Parti communiste.

En 1993, alors que les FARC s'émancipent de la tutelle du Parti, elles se dotent d'un nouveau programme politique, lors de leur VIIIe conférence. Cette «Plate-forme pour un gouvernement de réconciliation et reconstruction nationale»[56] comporte dix points et dépasse les revendications agraires originelles des FARC. Parmi ces dix points :

  • Établissement d'une solution politique au conflit armé,
  • Modernisation de l'économie et renforcement du secteur public, en particulier dans les secteurs stratégiques (énergie, transports, télécommunications), renforcement du marché intérieur, stimulation de la production, «de la petite, moyenne et grande industrie privée, de l'autogestion, des microentreprises et de l'économie solidaire». Participation des acteurs sociaux à la gestion de l'économie.
  • affectation de 50 % du budget national aux dépenses sociales, 10 % pour la recherche scientifique
  • Accès facilité au crédit pour les agriculteurs, liquidation du latifundium là où il existe, redistribution des terres, protection des agriculteurs contre la concurrence internationale[p 28].

Recrutement[modifier | modifier le code]

Le recrutement des FARC est essentiellement rural (90 % des combattants en 2002). Le niveau d'éducation des guérilleros est souvent très faible, et de nombreux mineurs sont recrutés (15 à 20 % des forces du mouvement en 2008 selon une ONG). Ce profil est également celui d'environ la moitié des dirigeants historiques des FARC, qui se sont avant tout formés au sein même de la guérilla[p 29]. La plupart des combattants rejoignent la guérilla de façon volontaires, soit naturellement parce qu'ils ont toujours côtoyé les guérilleros dans leur vie quotidienne, soit par l'absence de perspectives, l'attrait des armes et de l'organisation. Le recrutement forcé de mineurs existe toutefois dans les zones contrôlés par la guérilla[p 30].

Les femmes constituent près de 40 % des forces de la guérilla, un chiffre en augmentation. Combattant à l'égal des hommes, elles sont toutefois fréquemment victimes de harcèlement sexuel de la part de leurs camarades masculins, et ont donc intérêt à se mettre sous la protection d'un commandant en devenant sa compagne attitrée. En cas de grossesse, elles sont forcées à avorter ou à se séparer de leur enfant[p 31].

Financement[modifier | modifier le code]

Selon une étude de l'UIAF (émanation du ministère colombien des finances) portant sur les finances des FARC en 2003, le revenu total de l'organisation en 2003 se serait élevé à 77 millions de dollars.

La majeure partie de ces revenus proviendrait selon l'UIAF de l'extorsion (37 millions de dollars), suivie des vols de bétail (22 millions de dollars), et des revenus liés au trafic de drogue (environ 11 millions de dollars)[57],[58]. Selon cette même étude de l'UIAF, les FARC n'auraient dépensé en 2003 que la moitié de leur revenu, les principaux postes de dépense étant l'alimentation des guerrilleros et des otages (14 millions de dollars), le carburant, l'armement et la propagande[59].

Toutefois, ces chiffres sont sujets à caution puisque d'autres études, universitaires ou administratives avaient envisagé des montants allant de 500 à 800 millions de dollars. Daniel Pécaut citant un rapport du ministère colombien de la Défense, réalisé en 2003, estime que les enlèvements contre rançon ne représentent à cette date que 40 % du financement des FARC, contre plus de 50 % pour le trafic de drogue[p 32].

Trafic de drogue[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Narcotrafic en Colombie.

Après avoir refusé de s'impliquer dans le trafic de drogue durant les premières années de leur existence, les FARC considèrent depuis leur VIIe conférence nationale, en 1982, que les profits tirés de la drogue sont un élément de leur stratégie de contrôle du territoire et de prise du pouvoir[60]. Ils sont soupçonnés, notamment par la DEA américaine et les autorités colombiennes, de liens avec les narcotraficants, principalement via l'aide logistique et la protection armée, de ce fait, plusieurs de ses membres ont leur tête mise à prix par le gouvernement fédéral des États-Unis[61]. Depuis le milieu des années 1990, les FARC sont très impliquées dans cette activité, contrôlant dans certaines régions comme le Guaviare tout le processus de production, depuis la culture de la coca jusqu'à la vente aux trafiquants en vue de l'exportation de la cocaïne[p 33]. Les FARC nient être impliquées dans la culture de la coca ou sa transformation ainsi que toute collusion avec le narcotrafic. Selon Raúl Reyes, les FARC imposent un impôt sous forme d'un pourcentage prélevé aux personnes possédant plus d'un million de dollars sans vérification de leur origine. Il explique toutefois que la guérilla n'interdit pas la culture de la coca[62].

La cocaïne peut servir comme moyen de paiement pour acheter des armes sur le marché noir international, auquel cas la drogue est fournie au trafiquant d'armes en échange des armes qu'ils apportent sur le territoire colombien, et peut quitter la Colombie par le même moyen de transport utilisé pour l'acheminement des armes[63]. Le chef d'une organisation de commerce de la drogue et de trafic d'armes, Luiz Fernando da Costa (aussi connu sous le nom de Fernandinho Beira-Mar), fut capturé en Colombie en avril 2001 après plusieurs jours de fuite dans la jungle. Il aurait avoué avoir fourni des armes aux FARC en échange de cocaïne[64], mais il nie plus tard ces accusations devant le Parlement brésilien, indiquant que « s'il avait fourni des armes aux FARC, le gouvernement colombien ne l'aurait pas extradé et qu'il aurait été jugé en Colombie »[65]. En mai 2010, quatorze membres des FARC et du cartel de Juárez (puissant cartel mexicain) sont arrêtés après une enquête de plusieurs mois menée par la police colombienne sur les activités d'un des membres du cartel en Colombie. Les narcotraficants sont accusés de se procurer de la cocaïne auprès des FARC, leur fournissant en échange des armes légères (pistolets, fusils). Selon la police, la drogue provenait du département de Caquetá, où les FARC ont une forte présence, et serait acheminée par le réseau mexicain jusqu'au port de Buenaventura ou au Golfe d'Urabá, d'où elle partait vers l'Amérique centrale. C'est la première fois que la police colombienne parvient à démasquer et à prouver avec précision les relations des FARC avec des narcotraficants étrangers, même si l'existence de ces liens était déjà établie auparavant[66].

Extorsion[modifier | modifier le code]

En 2000, les FARC ont publié la « Loi 002 », par laquelle ils exigent des Colombiens ayant un patrimoine supérieur à un million de dollars le paiement d'un « impôt » équivalent à 10 % de la valeur de leur patrimoine, et menacent de séquestrer ceux qui s'y refusent. Cette «loi» ne faisait en fait qu'officialiser la pratique de l'extorsion telle que le pratiquaient déjà les FARC. Dans les faits, l'extorsion et les prises d'otage ont concerné des familles bien plus modestes que celles visées par la « loi 002 ». Dans ce contexte, le groupe enlève des personnes qu'il considère comme de gros propriétaires terriens, des hommes d'affaires, tout comme des touristes et des entrepreneurs, mais aussi des officiels nationaux et internationaux ainsi que leurs familles. Des civils de milieu modeste furent pris en otage aussi, en représailles, dans des petites villes peu contrôlées par l'armée et à Cali. En janvier 2008, certaines sources estiment à plus de 750 le nombre de personnes détenues par les FARC[67].

Les FARC sont responsables de 25 % des enlèvements contre rançon perpétrés en Colombie entre 1981 et 2003, soit plus de 7 900 enlèvements sur cette période[p 34]. Au-delà des souffrances intrinsèques de la privation de liberté, les otages des FARC sont soumis à de mauvais traitements pouvant aller jusqu'à la mort. Le , une bombe télécommandée soudée au cou de l'otage Elvia Cortes, 53 ans, est déclenchée, tuant l’otage ainsi qu'un démineur et mutilant les sauveteurs. Les FARC réclamaient 7 500 dollars. Raul Reyes finira par indiquer que l'ordre a été donné de renoncer à cette méthode [68]. 45 otages auraient été assassinés en 2006 parce que leurs familles n'avaient pas pu payer la rançon demandée par la guérilla[69]. Quand les otages sont exécutés ou trouvent la mort lors de leur captivité, les FARC exigent une rançon des familles pour leur restituer les restes de leur défunt[p 35].

En février 2012, au travers d'un communiqué du secrétariat de l'organisation, les FARC annoncent finalement qu'ils interdiront désormais la pratique de l'enlèvement de civils (à compter de cette date, nous interdisons ces pratiques dans le cadre de notre combat révolutionnaire)[70].

Actions[modifier | modifier le code]

Actions militaires[modifier | modifier le code]

Les FARC mènent des opérations de guérilla classique :

  • dynamitage de ponts, routes, oléoducs, pylônes électriques
  • harcèlement d'unités militaires ou de police
  • pose de mines antipersonnel
  • attaques de bases militaires ou de villes : prise de Mitú (capitale du Vaupés). Ces actions ambitieuses ont eu lieu en particulier à la fin des années 1990, témoignant de la capacité des FARC à cette époque à mener des attaques de grande échelle mobilisant plusieurs centaines de combattants.
  • incursions dans les villages pour faire connaître publiquement leur présence et distribuer des éléments de propagande.

Ils mènent également des actions de type terroriste : attentats à la voiture piégée, prises d'otages etc.

Otages politiques[modifier | modifier le code]

Les otages politiques, dits «échangeables» par les FARC sont ceux (militaires, policiers, hommes politiques) que les FARC considèrent comme des prisonniers de guerre qui sont libérés soit unilatéralement comme geste de bonne volonté politique, soit en échange de la libération de guerilleros prisonniers dans le cadre d'un échange humanitaire avec le gouvernement. Pour cela, ils demande la création d'une zone démilitarisée pour conduire des négociations avec le gouvernement, de façon analogue à ce qui avait été fait lors des négociations de paix avortée du Caguán, entre 1999 et 2002.

Quinze de ces otages politiques, dont la Franco-Colombienne Íngrid Betancourt (captive de février 2002 à juillet 2008), 3 agents de la CIA et onze soldats et policiers colombiens ont été libérés le 2 juillet 2008 par l'armée colombienne lors de l'opération Jaque. Après ces libérations, les FARC conservaient en leur pouvoir 29 otages « échangeables » en août 2008[71]. Leur nombre diminue depuis au fil des libérations unilatérales, comme celles d'Alan Jara et Sigifredo López en février 2009, de Pablo Emilio Moncayo[72],[73] et Josué Daniel Calvo[74] en ou des évasions comme celle d'Oscar Tulio Lizcano en octobre 2008. Une opération militaire se déroulant les 13 et 14 juin 2010, en pleine campagne pour le second tour de l'élection présidentielle colombienne de 2010, permet la libération par les forces armées de quatre militaires retenus par les FARC depuis douze ans, dont l'un (Luis Mendieta), nommé au grade de général pendant sa captivité, était le plus hauté gradé détenu par la guérilla. Après ces libérations, 17 otages « échangeables » restaient détenus par les FARC, presque tous privés de liberté depuis plus de dix ans, comme José Libio Martínez Estrada, capturé le 21 décembre 1997 lors de la prise de la base militaire de Patascoy[75],[76].

La plus spectaculaire prise d'otages politiques par les FARC a eu lieu en avril 2002, quand les FARC ont enlevé 12 députés du Valle del Cauca, à Cali, en se faisant passer pour des militaires colombiens. Pendant 5 ans les négociations de libération restent au point mort. Au mois de mai 2007, Rodrigo Granda est libéré par le gouvernement pour servir comme intermédiaire dans la libération d'otages (dont Íngrid Betancourt). Le 28 juin, les FARC annoncent la mort de 11 des 12 députés, tués 10 jours plus tôt, elles accuseront l'armée d'avoir tenté une opération de libération, mais cela se révèlera faux. Dans des documents récupérés dans les ordinateurs de Raul Reyes, Alfonso Cano reconnaîtra que les FARC ont commis « une erreur », ayant confondu un groupe de l'ELN avec une unité de l'armée. Le 18 juin 2008 plusieurs cérémonies de commémoration ont eu lieu[réf. nécessaire]. Sigifredo López, le seul survivant, a été libéré par les FARC le 5 février 2009.

Fin mai 2009 à Garzon une tentative d'enlèvement du maire et du conseil municipal de Garzon fait trois morts [77],[78].

Missiles artisanaux[modifier | modifier le code]

Les FARC fabriquent des missiles improvisés fabriqués à partir de bonbonnes de gaz, et les utilisent souvent pour lancer des attaques contre des villes et objectifs militaires (comme le commissariat de police de Toribió en 2002). Ces armes sont très peu précises, augmentant la fréquence d'impact sur les civils et leurs maisons, comme cela a été le cas le à Bojayá avec l'attaque d'une église qui tua 119 civils dont 45 enfants[79],[80]. Les attaques à la bonbonne de gaz des 14 et 17 avril 2005 de la ville de Toribió causèrent le déplacement de plus de deux mille habitants et la destruction de deux douzaines d'habitations[81]. En 2009, les FARC lancent encore des attaques avec l'utilisation de missiles improvisés, telle celle qui a eu lieu le 13 janvier dans la localité de Roberto Payán tuant trois enfants et faisant une dizaine de blessés[82]. Selon Human Rights Watch, « le fait que les FARC continuent d'utiliser les bombes à base de bonbonne de gaz montre le désintérêt flagrant de ce groupe pour les vies des civils… Les bombes à base de bonbonne de gaz ne peuvent être utilisées avec précision, et ont pour conséquence d'atteindre fréquemment des objets civils et de causer d'inévitables dommages civils. »

Droits de l'Homme[modifier | modifier le code]

Actions visant les civils[modifier | modifier le code]

En parallèle de leur action contre les forces armées et de police, les FARC utilisent des moyens d'action visant les civils comme les véhicules piégés, les explosions de bonbonnes de gaz, les meurtres, les enlèvements et l'extorsion. L'assassinat de candidats pendant les périodes électorales est également un moyen pour ce groupe de tenter de peser sur le processus électoral par l'élimination directe de certains candidats, et de réaffirmer leur emprise sur certaines zones du pays[83],[84]. Un rapport de février 2005 du commissaire aux droits de l'Homme de l'Organisation des Nations unies mentionne que, en 2004 « les FARC continuèrent de commettre de graves violations des droits de l'homme comme des meurtres de personnes protégées, des actes de torture et des prises d'otages, qui affectèrent de nombreux civils, dont des femmes, des rapatriés, des garçons et des filles, et des groupes ethniques »[85].

Droits des enfants[modifier | modifier le code]

Selon un rapport de l'ONU publié en mai 2010, les FARC (tout comme l'ELN et les groupes paramilitaires) violent de façon massive et persistante les droits des enfants. Ils ont été inclus à ce titre sur une liste de 16 organisations que les Nations Unies considèrent comme les « violateurs les plus persistants » de ces droits. Ils sont en particulier accusés de recruter des enfants soldats pour participer aux combats, obtenir des renseignements, recruter à leur tour d'autres mineurs ou même, toujours selon ce même rapport, les utiliser comme « esclaves sexuels ». 633 enfants auraient ainsi été recrutés par ces différents acteurs armés entre 2008 et 2009. Selon ce même rapport, l'armée utilise également des enfants pour obtenir des renseignements, ce qui les expose aux représailles des guérillas. Au-delà du recrutement par les différents acteurs armés, les enfants sont également victimes de la violence indiscriminée, attaques d'écoles ou d'hôpitaux, assassinats massifs, viols[86]. 80 % des mineurs recrutés le seraient de façon volontaire, les 20 % restant étant forcés à s'enrôler. L'engagement «volontaire» d'un mineur dans la guérilla peut toutefois être vu comme un engagement forcé par les conditions sociales et économiques : absence de perspectives économiques, risques pesant sur les mineurs auxquels ils pensent pouvoir se soustraire en rejoignant la guérilla. Bien que le recrutement de mineurs soit de moins en moins toléré par la société colombienne, les dénonciations sont encore rares par rapport aux cas constatés, d'une part par peur des représailles, d'autre part par l'ignorance des démarches administratives à suivre[87].

Liberté de la presse[modifier | modifier le code]

En 2010, Reporters sans frontières inclut les FARC sur une liste de 40 États et organisations qui sont des «prédateurs» de la liberté de la presse, indiquant qu'une cinquantaine de journalistes auraient été enlevés par la guérilla depuis 1997, que l'organisation rend impossible le travail de la presse dans les régions où elle est implantée, et a saboté les moyens de transmission de médias jugés hostiles[88].

Populations indigènes[modifier | modifier le code]

L'impact du conflit armé sur les populations indigènes est dramatique[89], menaçant d'extinction pure et simple de nombreuses populations en particulier dans les départements du Sud-Est colombien: Guainía, Vaupés, Guaviare, Vichada et Amazonas, qui sont à la fois une zone de forte population indigène (environ 60 % de la population de ces départements) et des zones de forte présence des FARC[90]. Le peuple Awá, vivant essentiellement dans le département du Nariño est également souvent victime d'actions meurtrières des FARC[91], ces actions allant jusqu'à des massacres par les FARC de dizaines d'indiens Awá accusés d'avoir été des informateurs de l'armée[92],[93],[94]. Il semble que l'armée colombienne se soit également rendue coupable de massacres d'indiens Awá[95]. Dans plusieurs régions de Colombie, dont les départements de Chocó, Cauca, Nariño et Vaupés, les FARC, comme l'ELN ou l'armée nationale, forcent des mineurs indigènes à s'enrôler, conduisant parfois des familles entières à fuir leur région d'origine pour éviter à leurs enfants d'être recrutés, contribuant à la disparition de cultures indigènes dont plusieurs sont composées de moins de 500 membres[87].

En , les FARC tuèrent trois citoyens des États-Unis, des militants des droits pour les indigènes d'Amérique, au Venezuela, après les avoir capturés en Colombie. Après une période de déni, les FARC ont assumé la responsabilité de ces assassinats prétendant que les victimes tentaient de monter les communautés indigènes contre les FARC. Les FARC ont toutefois également déclaré que les responsables allaient être punis pour avoir agi sans autorisation[96].

Relations internationales[modifier | modifier le code]

Les relations avec l'étranger étaient assurées jusqu'à sa mort par Raul Reyes (y compris à partir de camps éventuellement installés à l'étranger). Rodrigo Granda, son adjoint, étant parfois considéré jusqu'à son enlèvement le 15 décembre 2005 à Caracas puis de nouveau à partir de sa libération le [97] comme le ministre des affaires étrangères des FARC, bien qu'il rejette lui-même cette appellation (« Ça, c’est un truc de journalistes. Le véritable ministre des affaires étrangères des FARC, c’est Raúl Reyes, le chef de la commission internationale. »[98]).

Bogota aurait identifié sept pays européens (la Suisse, l'Allemagne, la France, l'Espagne, le Danemark, l'Italie et la Belgique) qui abriteraient une douzaine de membres de la commission internationale des FARC (Cominter - Reyes en était l'un des membres) [99]. Néanmoins, l'inscription des FARC sur la liste des organisations terroristes par l'Union européenne, en juin 2002, ainsi que la libération de Betancourt, ont facilité une éventuelle collaboration des États européens avec la Colombie dans la lutte contre les FARC [99]. En revanche, la Suisse n'a pas inscrit les FARC sur la liste des organisations terroristes, et conserve de mauvais rapports avec Bogotá, qui accuse en effet l'émissaire suisse chargé de négocier la libération des otages, Jean-Pierre Gontard, d'avoir convoyé des fonds pour le compte des FARC .

Selon le journal El País du dimanche 11 mai 2008, les FARC ont créé des groupes de soutien et de cellules clandestines pour leur expansion internationale grâce à la Coordination continentale bolivarienne (CCB), mouvement de la gauche radicale disposant de représentations dans 17 pays, dont l'Allemagne et la Suisse[100]. Les FARC ont eu ou conservent une présence particulière ou des relations privilégiées avec les pays suivants :

Pérou[modifier | modifier le code]

En 1998, les FARC auraient obtenu 10 000 fusils Kalachnikov provenant de Jordanie par l'intermédiaire de Vladimiro Montesinos, chef des services secrets péruvien à l'époque[p 36].

Équateur et Venezuela[modifier | modifier le code]

Sur la base de documents saisis chez l'un des chefs des FARC, Raul Reyes, par l'armée colombienne et authentifiés par Interpol, le Venezuela et l'Équateur auraient apporté un soutien financier, logistique et militaire actif aux FARC[101],[102].

Le Venezuela aurait ainsi versé 300 millions de dollars d'aides aux FARC, leur auraient livré des armes, aurait servi d'entremetteur dans des achats d'armes, et aurait passé des accords d'entraînement militaire avec la guérilla. Ce soutien vénézuelien serait un remerciement au soutien apporté à Hugo Chávez lorsqu'il était en prison après sa tentative de coup d'État en 1992[103]. Le Venezuela a toutefois démenti ce soutien aux FARC, évoquant un complot anti-vénézuelien réunissant les États-Unis et la Colombie. Le Venezuela aurait également proposé des quotas de pétrole aux FARC pour financer leurs achats d'armes.

En 2011, le rapport de l'IISS qualifie les relations entre les FARC et le gouvernement de Chavez de complexes. Le président vénézuelien a pu voir dans les FARCS un allié stratégique contre les menaces extérieures telle que celle qu'il prête aux États-Unis, mais inversement il a pu agir contre les FARC. Le Venezuela a démenti et rejette la véracité des données saisies dans les ordinateurs de Reyes et autres FARC[104].

À la suite des révélations contenues dans les ordinateurs de Reyes, Hugo Chavez s’est progressivement détaché des FARC, appelant publiquement à ce qu’ils rendent les armes.

Grâce aux financements vénézuéliens, les FARC auraient soutenus financièrement la campagne électorale du président équatorien Rafael Correa[105], ce que celui-ci dément[106]. Correa s'est déclaré prêt à reconnaître un statut de belligérant aux FARC, sous réserve d'une libération des otages[réf. nécessaire]. Les FARC disposent également de bases en territoire équatorien, dont celle où est abattu Raúl Reyes en 2008. Toutefois, l'armée équatorienne mène une politique active de destruction des bases des FARC sur son territoire, démantelant 126 bases des FARC sur le territoire équatorien en 2010 (60 de moins que l'année précédente)[107]

Irlande[modifier | modifier le code]

L'Armée républicaine irlandaise provisoire est soupçonnée d'avoir apporté aux FARC son savoir-faire, principalement pour ce qui concerne les attaques à l'explosif. En , trois membres de l'IRA ont été arrêtés à Bogota et condamnés pour ces faits bien que l'organisation armée ait niée toute implication officielle.

Espagne[modifier | modifier le code]

Les FARC auraient entretenu depuis 1993 une relation continue avec ETA, basée en particulier sur de l'échange de connaissance et de technologies : l'ETA aurait transmis aux FARC leurs techniques de fabrication de missiles artisanaux ainsi que de déclenchement à distance de bombes à l'aide de téléphones portables et de guérilla urbaine, tandis que les FARC auraient reçu en Colombie en 2000 quatre membres d'ETA pour leur transmettre leurs propres méthodes et les entraîner, en partie en vue d'attentats contre des personnalités colombiennes en Espagne. Ces liens ont progressivement été dévoilés à partir de 2008 avec l'exploitation des informations contenues dans les ordinateurs de Raul Reyes[108]. Selon le juge espagnol chargé du dossier, ces relations se feraient avec la «collaboration du gouvernement vénézuelien», en particulier à travers la personne de Arturo Cubillas, vénézuelien d'origine basque accusé de faire le lien entre les deux groupes armés[109].

Le 26 juillet 2008, l'espagnole Maria Remedios Garcia Albert a été arrêtée en Espagne[110]. Le ministère espagnol de l’Intérieur a indiqué que cette femme de 57 ans serait membre de la commission internationale des FARC. L’Espagne l’accuse d’avoir offert une couverture à la guérilla et de faire la liaison avec ses représentants en Europe, notamment en leur versant de l’argent.

Scandinavie[modifier | modifier le code]

Au Danemark, la société Fighters + Lovers (en) vend des T-shirts portant notamment le logo des FARC. Une somme de 5 euros est reversée à la guérilla sur chaque vente. Le 13 décembre 2007, la société a été acquittée des charges de soutien à un groupe terroriste par la justice danoise, au motif que l’action du groupe armé ne visait pas à intimider les populations ou à détruire le système économique et politique colombien[111]. En appel, six des inculpés ont été condamnés pour aide à une organisation terroriste et un septième acquitté. Deux ont été condamnés à 6 mois fermes de prison, 2 autres à quatre mois avec sursis et les deux derniers mois avec sursis[112].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Daniel Pécaut, Les Farc, une guérilla sans fins ?, Paris, Lignes de repères,‎ 2008, 169 p. (ISBN 978-2-915752-39-7) :
  1. p. 20-21
  2. p. 25
  3. p. 27
  4. p. 28
  5. p. 29
  6. a et b p. 34
  7. p. 35-37
  8. p. 40
  9. p. 42-43
  10. p. 45
  11. p. 46-47, p. 89
  12. p. 97-98
  13. p. 104
  14. a et b p. 112-113
  15. pp. 48-50
  16. pp. 138-139
  17. p. 103
  18. p. 50
  19. p. 49
  20. p. 110
  21. p. 55
  22. p. 155-157
  23. p. 106-107
  24. p. 142
  25. p. 90-91
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie en français[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]