Laurent Mucchielli

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Laurent Mucchielli

Description de l'image  Laurent Mucchielli.JPG.
Naissance (45 ans)
Nice (France)
Nationalité Drapeau : France française
Pays de résidence France
Diplôme
doctorat en histoire des sciences sociales, EHESS (1996)
Profession sociologue
Activité principale épistémologie des sciences humaines
sociologie de la délinquance et des politiques de sécurité
Famille

Laurent Mucchielli est un sociologue français né le à Nice (Alpes-Maritimes)[1]. Après avoir travaillé sur l’histoire et l’épistémologie des sciences humaines, il s’est orienté vers la sociologie de la délinquance et des politiques de sécurité. Chercheur, Mucchielli se dit aussi "entrepreneur des sciences sociales" et intervient régulièrement dans le débat public.[réf. nécessaire]

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Laurent Mucchielli est issu d'une famille d'universitaires. Son père, Roger Mucchielli (1919-1981), est au moment de sa naissance professeur titulaire de la chaire de « psychologie et pédagogie » de l’université de Nice où il a créé l’UFR de psychologie. Sa mère, Arlette Bourcier-Mucchielli (née en 1935), psychologue pour enfants, est alors maître de conférences en sciences de l’éducation à la même université[2]. Il a une sœur cadette.

Mucchielli fait ses études secondaires à Nice, au lycée Masséna. Après son baccalauréat, il s’inscrit en faculté de droit à l’université d’Aix-Marseille III où il obtient une licence en 1989[1]. Il bifurque ensuite vers la sociologie et l’histoire et refait ces deux licences à l’université Paris VII - Diderot, où il suit notamment les cours de Jean Duvignaud, Robert Bonnaud et Michelle Perrot. En master, il fait la connaissance de Claude Blanckaert, chercheur au CNRS, spécialiste de l’histoire des sciences humaines au XIXe siècle[3]. Mucchielli suit son séminaire de recherche au Centre Alexandre Koyré (CNRS et EHESS) et intègre la Société Française pour l’Histoire des Sciences de l’Homme (SFHSH)[4]. Il y organise en janvier 1994 son premier colloque intitulé « Discours et représentations scientifiques du crime et du criminel en France 19°-20° siècle ». Dans ce réseau d’historiens et d’épistémologues, Mucchielli rencontre notamment le sociologue Philippe Besnard (1942-2003), spécialiste du durkheimisme, puis l’historien de la sociologie italien Massimo Borlandi[5].

En 1992, Laurent Mucchielli s’inscrit à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) où il soutient le une thèse intitulée « De la nature à la culture. Les fondateurs français des sciences de l’homme (1870-1940) » (633 pages, jury pluridisciplinaire composé de Philippe Besnard, Claude Blanckaert, Jacqueline Carroy, Roger Chartier et Ernest Coumet).

Durant sa thèse, Laurent Mucchielli est chargé de cours à l’université Paris V dans le DEUG Sciences humaines, il assure les travaux dirigés (TD) de la psychologue Françoise Parot[6]. Par ailleurs, depuis 1992, il collabore au magazine scientifique Sciences humaines où il rédige de nombreuses notices historiques sur les grands auteurs en sciences humaines (Emile Durkheim, Norbert Elias, Bronisław Malinowski, Marcel Mauss, Gabriel Tarde…), des interviews-portraits (Georges Balandier, Henri Mendras…) des articles de synthèse et des dizaines de critiques de livres[7].

Le 2 octobre 2004, il soutient à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne une Habilitation à Diriger les recherches (HDR) en Sociologie intitulée « De l’histoire des sciences de la déviance à la sociologie du crime » (jury pluridisciplinaire composé de Jean-Michel Chapoulie, Claude Dubar, Dominique Kalifa, Georges Kellens, Didier Lapeyronnie et Philippe Robert).

Début de carrière à la FNSP[modifier | modifier le code]

En 1996, Laurent Mucchielli candidate une première fois au concours de recrutement des chercheurs au CNRS, sur un poste fléché « histoire de la sociologie ». Bien que classé premier du concours par la commission de spécialistes, il n’est pourtant pas recruté par la direction.

Il est alors embauché comme chargé d’études par le sociologue Henri Mendras (1927-2003), pour participer au groupe de recherche « Louis Dirn » que Mendras dirige à l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE) dépendant de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP)[8]. Mucchielli y fait notamment la connaissance du sociologue Louis Chauvel, avec lequel il publie plusieurs articles dans la rubrique « Chronique des tendances de la société française »[9],[10],[11]. En 1998, le groupe publiera aux Presses universitaires de France un livre intitulé La société française en tendances 1975-1995[12]. Mucchielli y signe ou cosigne 23 des 58 chapitres.

En 1997, Mucchielli passe à nouveau le concours d’entrée au CNRS dans la section 36 (Sociologie), il est recruté comme Chargé de recherche et affecté à sa demande au Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales (CESDIP)[13]. En 2007, il sera promu au grade de Directeur de recherche au CNRS.

Chercheur au CNRS et enseignant[modifier | modifier le code]

Le CESDIP est l’unique laboratoire de recherche français entièrement spécialisé sur les questions criminelles et pénales. En 1997, il est une unité mixte de recherche (UMR) du CNRS associé au ministère de la Justice. Fondé par le sociologue Philippe Robert, il est alors dirigé par René Lévy. Le CESDIP est implanté dans la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines, dans la banlieue Sud-Ouest de Paris. Mucchielli y travaillera durant 14 ans, jusqu’en 2010. Il participe également rapidement au réseau européen piloté par le CESDIP : le Groupe européen de recherche sur les normativités (GERN)[14].

Laurent Mucchielli recommence à enseigner à partir de l’année 2000.

Du côté de l’enseignement universitaire, il se rapproche de l’UFR de sciences sociales de l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) et du laboratoire de sociologie « Printemps » dirigé alors par le sociologue Claude Dubar[15]. Mucchielli donne pendant plusieurs années un cours d’initiation à la sociologie de la déviance en Licence. Puis il assure un séminaire du master professionnel « Développement social urbain et action publique » dirigé par la sociologue Catherine Delcroix. Il assure ensuite un séminaire du master Recherche en sociologie sur « Normes et déviances », avec Philippe Robert. Parallèlement, Mucchielli noue des liens avec les politistes de la Faculté de droit et de science politique de l’UVSQ. Il enseigne dans le master Recherche « Analyse des conflits et de la violence » dirigé par le politiste Xavier Crettiez[16].

Du côté de la formation professionnelle, Mucchielli est invité à partir de 2002 à enseigner occasionnellement puis régulièrement au Centre national de formation et d'études de la protection judiciaire de la jeunesse (CNFE-PJJ) alors basé à Vaucresson, puis à l’École nationale de la magistrature (formation continue, à Paris). Ponctuellement, il donnera aussi des conférences au Collège interarmées de défense (Paris) ainsi qu’à l’École des officiers de la gendarmerie nationale de Melun.

Directeur du CESDIP[modifier | modifier le code]

Fin 2003, Laurent Mucchielli est proposé à la direction du CNRS pour prendre la direction du Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales (CESDIP) à la suite du vote interne des membres du laboratoire en sa faveur. Mucchielli dirige le CESDIP pendant six ans (1er janvier 2004-31 décembre 2009). Il va renforcer la position institutionnelle du laboratoire, de trois façons détaillées dans le rapport d’activité quadriennal du laboratoire[17],[18]. Il va d’abord ajouter un partenaire universitaire aux deux tutelles préexistantes du laboratoire. De 2004 à 2006, Mucchielli mène une négociation avec la présidence de l’UVSQ qui aboutit au rattachement du CESDIP à cette université à compter du 1er janvier 2006. Ensuite, il assouplit la politique de recrutement du laboratoire en direction d’une part des universitaires (et de leurs doctorants), d’autre part des professionnels exerçant des activités de recherche dans d’autres institutions (par exemple les services d’études et de statistiques des ministères). À la fin de son mandat, Mucchielli organise le rattachement au CESDIP d’une partie des enseignants-chercheurs en science politique de l’UVSQ. Les effectifs du CESDIP sont ainsi passés en six ans de trente-sept personnes à une soixantaine. Enfin, malgré un contexte politique peu favorable à la recherche, Mucchielli établit de bonnes relations et des collaborations scientifiques avec la Direction de la Protection Judiciaire de la Jeunesse et la Direction des Affaires Criminelles et des Grâces au ministère de la Justice, ainsi qu’avec la Mission de recherche « Droit et justice »[19].

En 2009, Mucchielli organise sa succession sans heurt. Fabien Jobard et Christian Mouhanna lui succèdent comme directeur et directeur adjoint[20].

Rattachement au LAMES et création de l’ORDCS[modifier | modifier le code]

Au 1er novembre 2010, Laurent Mucchielli est rattaché à sa demande au Laboratoire Méditerranéen de Sociologie (LAMES), unité mixte de recherche entre le CNRS et l'université Aix-Marseille, localisé à Aix-en-Provence, au sein de la Maison méditerranéenne des sciences de l'homme (MMSH)[21].

Mucchielli continue par ailleurs à enseigner son domaine de recherche. Il donne des cours d’initiation à la sociologie de la délinquance dans trois filières d’Aix-Marseille Universités : la sociologie, le droit pénal et les sciences criminelles, enfin les mathématiques appliquées aux sciences sociales (MASS)[22].

Début 2011, Mucchielli créé un nouveau programme de travail ainsi qu’une structure inédite qu’il baptise « Observatoire régional de la délinquance et des contextes sociaux » (ORDCS). L’Observatoire est d'abord un « programme de recherche transversal » de la Maison Méditerranéenne des Sciences de l'Homme, voté par son conseil scientifique le . Ensuite, une convention de partenariat entre l'Université, le CNRS et le Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) est votée par le Conseil régional le [23]. L’Observatoire propose une mise en réseau des différents chercheurs, enseignants-chercheurs et étudiants avancés. En effet, il n’existe pas dans la région PACA de laboratoire de recherche spécialisé dans ce domaine. Début 2013, le réseau rassemble - outre le directeur de l’Observatoire et les deux ingénieures d’étude qui l’assistent - douze enseignants-chercheurs, sept doctorants, six post-doctorants et quatre chercheurs contractuels, soit un total de trente-deux personnes[24].

L'Observatoire a trois missions principales : 1) aider les collectivités territoriales et les administrations publiques qui le souhaitent à diagnostiquer les problèmes et à évaluer leurs politiques publiques ; 2) lancer toute recherche jugée utile pour mieux connaître les questions de délinquance et leurs contextes sociaux ; 3) diffuser les résultats de ces connaissances par le biais de journées de restitution et d'un site Internet.

Fin 2012, Mucchielli publie dans la Revue de sciences criminelles et de droit pénal comparée un premier bilan de cette expérimentation, ne cachant pas les critiques qu’il adresse également à l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales[25].

Responsabilités éditoriales[modifier | modifier le code]

En 1997, sur proposition de Philippe Robert, Laurent Mucchielli intègre le comité éditorial de la revue internationale francophone Déviance et société. Il en sera par la suite le directeur scientifique de 2000 à 2004 en compagnie du sociologue Dominique Duprez[26].

En 1999, Mucchielli créé la Revue d’histoire des sciences humaines (RHSH) éditée d’abord aux Presses universitaires du Septentrion[27], puis par les éditions Sciences Humaines[28]. Il codirige ensuite la revue pendant dix ans en compagnie du sociologue Olivier Martin.

En 2004, Mucchielli intègre le Conseil d’administration de la récente Association française de sociologie (AFS). Il crée avec Philippe Robert le réseau thématique n°3 (l’association en compte 48) « Normes, déviances et réactions sociales » et participe avec notamment les sociologues Daniel Bertaux et Philippe Cibois[29] à la création en 2006 de la revue de l’association, Socio-Logos, dont Mucchielli est membre du comité de lecture[30].

En 2009, Mucchielli participe activement à la fondation de la revue Sociologie dirigée par le sociologue Serge Paugam[31].

Mucchielli est également membre du comité scientifique de la revue Sociétés et jeunesses en difficulté[32] ainsi que membre du Conseil scientifique de l’ l'Association pour l'histoire de la protection judiciaire des mineurs (AHPJM) fondée par Jacques Bourquin[33],[34].

Mucchielli a par ailleurs fondé deux collections de livres universitaires au cours de sa carrière. En 1994, il crée avec Claude Blanckaert la collection « Histoire des sciences Humaines » aux éditions L’Harmattan[35]. En 2009, il crée la collection « Questions de société » aux éditions Champ social[36].

Engagement dans le débat public[modifier | modifier le code]

Laurent Mucchielli est un intellectuel engagé dans le débat public, bien que n’étant membre d’aucun parti politique et soulignant par ailleurs les pièges du fonctionnement médiatique[37]. En 2012, dans la préface de son livre Vous avez dit sécurité ?, il écrit : « À l’instar de beaucoup de femmes et d’hommes de ma génération intellectuelle, j’ai très probablement été influencé par l’atmosphère sociale et politique du milieu des années 1990, en particulier – s’agissant de sciences sociales – par l’engagement de Pierre Bourdieu. Ce dernier eut en effet une influence qui a totalement débordé les frontières de son école, à laquelle du reste ni moi ni la plupart de mes ami(e)s de l’époque n’appartenions. Bourdieu fut alors pour nous un symbole et non un maître à penser. Le symbole enthousiasmant d’un savoir sur la société qui pouvait et même devait aussi servir à la société, moyennant des prises de position publiques (notamment dans les médias) et la publication de livres de format réduit visant à diffuser les connaissances autrement que sur le mode académique du manuel pour étudiants. Cette démarche offrait sans doute aux jeunes intellectuels un sentiment d’utilité, une forme de reconnaissance et un modèle d’engagement » (page 9).

En mars 2001, Mucchielli publie aux éditions de La Découverte un petit livre intitulé Violences et insécurité. Fantasmes et réalités dans le débat français qui connaît un vif succès[38],[39],[40] et le fait connaître du « grand public »[réf. nécessaire]. Il y analyse « le spectacle de la violence » organisé par les médias, la récupération politique du thème de « l’insécurité », l’action de certains lobbies sécuritaire (notamment certains syndicats de police), l’usage erroné des « statistiques de la délinquance » et le discours « catastrophiste » des « nouveaux experts de la sécurité » au premier rang desquels Alain Bauer et Xavier Raufer[41]. Il propose en retour une analyse sociologique de l’évolution de la délinquance depuis les années 1950.

Fin 2001, inquiet de « l’instrumentalisation politique » et de la « mise en scène médiatique » du thème de « l’insécurité » dans le débat public, Mucchielli créé le groupe « CLARIS. Agir pour clarifier le débat sur la sécurité » en compagnie de plusieurs sociologues (notamment Maryse Esterle, Catherine Delcroix et Michel Kokoreff[42]), d’un juriste, d’une psychologue, d’un travailleur social, de deux journalistes et d’un sous-préfet[43]. Le manifeste du groupe est publié dans le quotidien Libération le [44],[45]. Mucchielli et le groupe Claris éditent d’abord un « bulletin » à partir de 2002[46] puis une petite revue sur Internet, dont le premier numéro « Justice des mineurs, émeutes urbaines » est publié en 2006[47],[48]. À partir de 2007, il administre un blog avec Christophe Daadouch (juriste, formateur dans les collectivités territoriales et dans les écoles de travail social)[49].

Le groupe Claris publie plusieurs tribunes dans le quotidien Libération mettant en cause notamment la déshérence de la notion de prévention[50], le « tout sécuritaire » des lois votées ente 2002 et 2007[51], l’ethnicisation des débats sur la délinquance et l’usage politique de la notion de « racisme anti-blancs »[52]. En mai 2002, le groupe Claris a appelé à voter pour Jacques Chirac au second tour de l’élection présidentielle contre Jean-Marie Le Pen[53].

En 2009, Mucchielli lance un nouveau site internet baptisé « Délinquance, justice et autres questions de société » qui reprend au départ ses propres travaux puis qu’il élargit pour en faire un « Site de ressources documentaires et d'analyse critique animé par un réseau de chercheurs en sciences sociales » dont il est le rédacteur en chef[54],[55]. Publiant notamment des commentaires de l’actualité et des chroniques de livres et de revues, sur les thèmes de la délinquance, la police, la justice, la prévention, l’école, la politique de la ville, etc., le site est devenu une référence dans le domaine[réf. nécessaire].

Entre 2010 et 2012, Mucchielli expérimente la tenue d’un blog sur Rue89[56], Mediapart[57] puis le site Internet du Monde où il tient une chronique soutenue jusqu’à la publication d’un livre Vous avez dit sécurité ?, qui reprend ses meilleurs chroniques.

En 2012, dans une tribune du quotidien Libération, Laurent Mucchielli estime après le premier tour des élections présidentielles qu’il faut « cesser de victimiser les électeurs du FN »[58]. Il appelle par ailleurs à voter pour François Hollande au second tour. Il déclare apprécier beaucoup « ce que dit François Hollande sur « l’impartialité de l’État, l’intégrité des élus et le respect des contre-pouvoirs » : la réforme du statut pénal du chef de l’État, le non-cumul des mandats, la durée d’inéligibilité des élus condamnés pour faits de corruption (portée à dix ans), ..., le droit de vote aux élections locales des étrangers résidant légalement en France depuis cinq ans… »[59].

Travaux de recherches[modifier | modifier le code]

Avec une dizaine d’ouvrages personnels, la direction d’une vingtaine d’ouvrages collectifs ou de numéros spéciaux de revue, la réédition de plusieurs auteurs classiques, une cinquantaine d’articles dans des revues scientifiques à comité de lecture, plus de soixante-dix chapitres de livres collectifs et de dictionnaires et une quarantaine d’articles publiés dans des livres ou des revues en langues étrangères (Anglais, Allemand, Espagnol, Portugais, Italien, Russe), Mucchielli est un des chercheurs les plus prolifiques, connus et reconnus de sa génération[60].

Histoire des sciences humaines[modifier | modifier le code]

Les premières recherches de Mucchielli en histoire des sciences humaines sont concentrées sur la « Belle Époque » (1880-1914), moment charnière qui voit selon lui les sciences humaines s’émanciper du paradigme biologique (La Découverte du social. Naissance de la sociologie en France, 1998[61]). Le cœur de son travail est consacré à la naissance de l’école française de sociologie, l’école durkheimienne, et à la façon dont la sociologie a influencé toutes les sciences humaines de l’époque : historiens, géographes, économistes, linguistes, psychologues, etc.

Chemin faisant, Mucchielli a contribué à écrire l’histoire générale des sciences humaines, remettant en cause nombre de « mythes » relatifs à l’histoire des disciplines scientifiques tels que l’opposition entre sociologie française et sociologie allemande, le fait que la pensée de Gabriel Tarde aurait été occultée par celle de Durkheim, la « Nouvelle histoire » qui daterait des années 1930, l’anthropologie qui aurait rompu depuis longtemps avec la croyance en l’inégalité des « races ». Ses différentes contributions sont réunies dans Mythes et histoire des sciences humaines (La Découverte, 2004).

Dès sa thèse, Mucchielli déborde en réalité la Première Guerre mondiale pour suivre le cheminement des écoles et des courants de pensée jusqu’à la fin des années 30. Il a en particulier travaillé sur le sociologue Maurice Halbwachs auquel il consacre le premier numéro de la Revue d’histoire des sciences humaines en 1999[62],[63],[64],[65].

Par ailleurs, Mucchielli manifeste un intérêt particulier pour l’histoire des sciences criminelles et l’histoire de la sociologie de la déviance. Son premier livre collectif est intitulé Histoire de la criminologie française (L’Harmattan 1994). Il y produit plusieurs contributions sur la naissance de la sociologie du crime (1880-1914), sur l’école d’anthropologie criminelle de Lacassagne et sur l’histoire des théories psychanalytiques du crime de Freud à nos jours[66].

Il a également travaillé sur l’histoire de l’eugénisme tant dans ses relations avec l’hygiénisme et avec la criminologie biologisante de la fin du XIXe siècle[67] qu’au travers de la pensée du médecin français Alexis Carrel[68].

Mucchielli a aussi écrit l’histoire de la revue Déviance et société, de la « criminologie critique » en Europe dans les années 1970 et du développement de la recherche en sociologie de la délinquance et en criminologie (selon les pays) jusqu’aux années 2000[69],[70].

Il a ensuite travaillé avec le sociologue Jean-Christophe Marcel, rappelant notamment le rôle d’André Davidovitch (1912-1986) dans le redémarrage de la sociologue du crime en France après la Seconde Guerre mondiale[71].

En 2004, Mucchielli rédige un article de synthèse sur « l’impossible institutionnalisation de la criminologie en France » de 1880 à nos jours, qui tente de comprendre pourquoi une discipline criminologique proprement dite ne s’est pas instaurée en France contrairement à d’autres pays européens[72].

Enfin, Mucchielli a réalisé trois rééditions d’auteurs classiques de statuts différents. En republiant en 1998 (dans la collection de Vincent de Gaulejac chez Desclée de Brouwer) la thèse d’Alexandre Vexliard sur Le Clochard. Étude de psychologie sociale (1957), il met à jour un pionnier méconnu de la sociologie de la déviance, dont Mucchielli explore la vie, la carrière et l’œuvre en historien, montrant au passage la proximité des analyses de Vexliard d’avec celles d’Howard Becker[73]. En 2003, Mucchielli préface la réédition du livre d’Émile Copfermann sur Les Blousons noirs (1962), faisant la biographie de l’auteur et montrant l’ancienneté et la récurrence des interrogations sur la délinquance juvénile et les bandes de jeunes[74]. Enfin, en 2010, les éditions Flammarion demandent à Mucchielli de succéder à Jean-Michel Berthelot pour introduire à l’ouvrage majeur et classique d’Émile Durkheim Les Règles de la méthode sociologique (1895)[75]. Mucchielli y explique dans sa préface « comment lire un classique aujourd’hui ».

Recherches sur la criminalité[modifier | modifier le code]

Laurent Mucchielli commence à travailler sur la criminalité à la fin des années 1990. Constatant la quasi absence de recherche sur les crimes de sang, pourtant si médiatisés par ailleurs, il s’oriente vers l’étude des homicides. Son texte principal est publié en 2004 dans la revue Population[76] et traduit en anglais[77]. À partir du dépouillement d’une centaine d’affaires criminelles jugées en cour d’appel dans le sud-ouest de la région parisienne durant dix ans (1987-1996), Mucchielli analyse les caractéristiques démographiques et sociales de 122 meurtriers et de leurs victimes. Il met notamment en évidence la très forte surreprésentation des milieux populaires et même des couches les plus pauvres de la population, tant dans la population des meurtriers que dans celle de leurs victimes, ainsi que le poids de l’inactivité et du chômage. Il souligne aussi l’importance des déstructurations familiales précoces (abandons, placements divers) et, plus encore, des conflits familiaux. Sur le plan empirique, ces résultats sont comparés à ceux d’études réalisées dans d’autres pays, notamment l’abondante production quantitative nord-américaine. Sur le plan théorique, Mucchielli rejoint les discussions initiées par des auteurs américains travaillant sur les notions de « désorganisation sociale » et de « désagrégation sociale » et par des auteurs français travaillant sur les notions de « désaffiliation », de « disqualification » ou de « désinsertion » pour proposer de dépasser la seule analyse des caractéristiques sociales et familiales des personnes au moment des crimes afin de considérer leurs « histoires de vie » et intégrer notamment les composantes familiales et scolaires qui ont marqué leurs trajectoires. Dans un autre article, Mucchielli détaille les éléments relatifs à l’histoire familiale des auteurs d’homicides et vient sur le terrain des psychiatres discuter notamment les notions de « psychopathie » et « sociopathie »[78].

En 2006, Laurent Mucchielli publie dans Déviance et société un article dans lequel il s’intéresse aussi aux affaires d’homicides qui ne parviennent pas jusqu’en justice. Il mène une enquête de terrain auprès de policiers et de gendarmes spécialisés afin d’étudier les affaires non élucidées. La sociologie du crime rencontre ici la sociologie du travail, en l’occurrence celui des enquêtes de police judiciaire. Mucchielli analyse les « compétences » particulières de ce métier. Il confronte le discours des professionnels à leurs pratiques, ce qui l’amène à inverser la hiérarchie des trois principaux facteurs d’élucidation que sont les investigations sur la scène de crime (« constatations initiales»), l’enquête de voisinage et la recherche des témoins. Les éléments humains fournis par les deux derniers facteurs sont en réalité les plus déterminants pour identifier des suspects. En analysant la série d’affaires non élucidées, Mucchielli établit ensuite une première typologie des causes de non-élucidation[79]. Enfin, en 2009, il organise avec l’historien néerlandais Pieter Spierenburg un séminaire européen dont est tiré un livre sur l’histoire des homicides en Europe du Moyen Âge à nos jours[80].

Ces recherches font de Mucchielli le spécialiste français de l’homicide[réf. nécessaire]. Mais il s’intéresse aussi aux viols, à deux reprises. D’abord, en 2005, il publie un livre consacré aux viols collectifs, rebaptisés « tournantes » par les médias au tout début des années 2000[81]. Le livre n’est pas seulement une étude de ce comportement. Il est aussi une confrontation de la réalité criminelle avec les discours politico-médiatiques.

Ensuite, en 2008, à la demande de la Direction des Affaires Criminelles et des Grâces du ministère de la Justice, Mucchielli constitue une équipe de recherche sur les viols. Pendant deux ans, avec le concours principal de la sociologue Véronique Le Goaziou ainsi que d’une post-doctorante et de trois étudiants de Master, l’équipe récolte et analyse 425 affaires de viol impliquant 488 auteurs et 566 victimes dans trois juridictions (Paris, Versailles et Nîmes). Mucchielli et Le Goaziou proposent une « typologie relationnelle » des viols (basée sur l’étude des relations entre auteurs et victimes) et dégagent cinq catégories de viols : les viols intrafamiliaux, les viols conjugaux, les viols de proximité, les viols collectifs et viols de faible connaissance[82]. En 2010, Véronique Le Goaziou publie le livre principal issus de cette recherche, mettant en évidence l’importance de la figure du « violeur en série de proximité », principalement incestueux[83]. Loin des peurs communes, des représentations issues des faits divers médiatiques et des représentations fictionnelles (séries télévisées, romans policiers, etc.), Mucchielli et Le Goaziou insistent ainsi sur le fait que les grandes violences sont au contraire le produit de l’interconnaissance et même de l’intimité[84].

Recherches sur la délinquance juvénile[modifier | modifier le code]

Laurent Mucchielli écrit que la question de la délinquance des mineurs n’est ni anodine ni facile à aborder pour un chercheur[85]. Elle est en effet hautement médiatisée et politisée, ce qui n’est en réalité pas nouveau. L’« air du temps » est certes différent, mais le contenu des discours catastrophistes qui dominent de nos jours, au sujet de l’augmentation, du durcissement (violent) et du rajeunissement supposés de la délinquance juvénile, n’est guère plus virulent que celui du temps des « Blousons noirs » au début des années 1960. Toutefois « nos sociétés sont rendues amnésiques » par des médias en quête de nouveauté et de sensation, et qui « se complaisent parfois dans le traitement des faits divers ». Elles sont de surcroît maintenues dans la peur par un marketing politique de la « tolérance zéro » et du « risque zéro » qui a besoin de trouver sans cesse de nouveaux combats pour s’autoalimenter. Face à un tel sujet, Mucchielli explique que, après avoir rédigé un rapport de synthèse sur « Famille et délinquance » pour le compte de la CNAF (où il a discuté les notions de famille monoparentale[86] et de contrôle parental[87]), il a élaboré un programme de recherche à la fin des années 1990, qu’il a clôturé dix ans plus tard, fin 2009[88]. Le programme comporte trois dimensions.

La première est une recherche documentaire de type historique ou comparative puisque les questionnements sont en réalité anciens. Il prend pour point de comparaison la fin des années 1950 et les années 1960. En effet, non seulement cette période connut déjà un intense débat public sur la délinquance juvénile (témoin la figure des « Blousons noirs »), mais elle vit aussi le démarrage des recherches scientifiques en sciences sociales sur ces phénomènes, autour du Centre de Vaucresson (créé en 1958) et de ses diverses publications (en particulier une revue – les Annales de Vaucresson fondées en 1963 – et une collection de livres) que Mucchielli a dépouillées[89].

La seconde dimension du programme de recherche est de type statistique. Dans un contexte où des chiffres sont lancés à tout bout de champ dans le débat public, Mucchielli estime qu’il importe d’expliquer ce que l’on sait et ce que l’on ne sait pas, de montrer comment sont construites les statistiques afin de pouvoir les interpréter correctement[90]. Il va ainsi collecter et comparer les multiples données disponibles sur le sujet, qui sont d’une part des données administratives (statistiques de police depuis 1972 et statistiques de justice : statistiques spécifiques de l’éducation surveillée depuis 1945 puis, pour la période contemporaine, statistique des condamnations depuis 1984 et statistiques du parquet depuis 1992), d’autre part des enquêtes en population générale (enquêtes de victimation et de délinquance auto-reportée)[91].

Enfin, la troisième dimension du programme de recherche, à la fois qualitative et quantitative, consiste en un travail empirique de dépouillement de dossiers judiciaires en grand nombre. Comme dans le cas des viols, avec ici le soutien de la Direction de la Protection Judiciaire de la Jeunesse et de la mission de recherche « Droit et Justice », Mucchielli va ici mettre sur pieds et diriger pendant 2 ans une équipe de recherche avec V. Le Goaziou et des étudiants. Cette équipe va recueillir et analyser 557 dossiers judiciaires de mineurs impliquant 750 auteurs et 765 victimes, poursuivis pour des infractions à caractère violent (violences verbales, physiques ou sexuelles) dans un tribunal de la région parisienne durant les premiers mois de deux années éloignées (1993 et 2005) afin de repérer d’éventuelles évolutions. Le résultat de cette recherche est publié dans divers articles[92] puis, en 2009 dans un livre coécrit avec V. Le Goaziou[85], qui sera traduit en italien[93].

Recherches sur les émeutes urbaines[modifier | modifier le code]

Dans la préface de la deuxième édition (2007) de Quand les banlieues brûlent. Retour sur les émeutes de novembre 2005, Laurent Mucchielli explique que, comme la plupart de ses collègues, son intérêt pour le phénomène des émeutes urbaines est ancien mais n’a pris une tournure empirique qu’à partir des émeutes de novembre 2005. En effet, si « le déclenchement d’émeutes locales était prévisible », « leur généralisation a surpris tout le monde ». L’ampleur de cet événement social, de même que celle de la réaction politique (l’instauration de l’État d'urgence en France) l’ont décidé à proposer à d’autres sociologues de former une équipe pour réaliser une recherche « à chaud » sur ces événements[94]. Un cas de « sociologie du présent », écrit Mucchielli en référence à Edgar Morin.

Après l’échec d’une tentative de collectif spontané de sociologues lors d’une réunion suggérée par François Gèze, directeur des éditions La Découverte[95], Mucchielli forme sa propre équipe de recherche qu’il va diriger avec V. Le Goaziou. Elle se compose de neuf personnes parmi lesquelles les sociologues Manuel Boucher[96], Eric Marlière[97] et Marwan Mohammed[98]. L’ouvrage connaît un succès en librairie[réf. nécessaire], l'hebdomadaire Politis y voyant « l'analyse la plus poussée de la crise survenue en novembre dernier »[94].

Réalisé en un peu moins de 3 mois (entre mi-novembre 2005 et fin janvier 2006),il s'agit du fruit de nombreuses années d'observation, d'entretiens, d'analyse dans les quartiers. Ce travail d’équipe repose sur l’addition de trois méthodes : 1) le recueil et l’analyse des quelques 4 000 dépêches diffusées par l’AFP sur ces émeutes, dans le but d’une part de ramasser le maximum d’informations sur les faits, d’autre part d’analyser les commentaires et analyses (notamment politiques) de ces émeutes ; 2) une série d’entretiens avec des habitants émeutiers, des habitants non émeutiers et des professionnels de terrain dans cinq quartiers concernés par le phénomène (4 en région parisienne, 1 en province), quartiers sur lesquels les membres de l’équipe travaillaient déjà avant les émeutes (d’où la possibilité de revenir rapidement y réaliser de nouveaux entretiens y compris avec des émeutiers) ; 3) une synthèse des données statistiques sur les « zones urbaines sensibles ». Cette recherche collective a été par ailleurs complétée en 2007 par la recherche d’Aurore Delon, étudiante de Mucchielli à l’UVSQ, sur le traitement judiciaire des mineurs émeutiers déférés devant la justice en 2005, à partir du dépouillement des affaires du tribunal de Bobigny[99].

Les résultats de ces recherches sont également publiés dans des revues scientifiques en Anglais[100] et en Allemand[101].

Mesure statistique de la délinquance[modifier | modifier le code]

Formé à la recherche sociologique dans le groupe Louis Dirn puis au CESDIP, laboratoire spécialisé dans la production et l’analyse des statistiques criminelles et pénales, Mucchielli accorde une place importante à l’analyse quantitative dans ses recherches déjà détaillées. Il a également consacré plusieurs articles à la pédagogie des statistiques, insistant sur la « différence de nature » entre les statistiques administratives (police et justice) et les enquêtes en population générale (notamment les enquêtes de victimation et les enquêtes de délinquance auto-reportée). Il s’efforce de « clarifier les choses du point de vue de la construction et de l’usage des statistiques, en rappelant d’abord ce que nous appellerions volontiers trois ‘règles d’or’ de l’analyse statistique en sciences humaines : 1) On ne peut rien dire d'un chiffre si l'on ignore comment il a été fabriqué ; 2) Un seul chiffre ne saurait permettre de décrire ni mesurer un phénomène social complexe ; 3) Les chiffres ne ‘parlent pas d'eux-mêmes’, c'est nous qui les faisons parler »[102],[103].

En 2009, il participe à un ouvrage signé sous le pseudonyme « Lorraine Data », œuvre d’un collectif de fonctionnaires issus de la statistique publique et de la recherche, dont la plupart sont tenus à l’obligation de réserve[104]. Les auteurs y expliquent que « maîtriser l'information statistique a toujours constitué un enjeu pour les pouvoirs en place. Mais, depuis quelques années, la manipulation des chiffres s'est amplifiée ». L'objectif du pouvoir politique est désormais « de contrôler au plus près l'information économique et sociale afin de justifier sa politique ». Ces statisticiens travaillant au cœur des organismes chargés de produire les données statistiques servant notamment à évaluer les effets de l'action gouvernementale dans divers domaines (pouvoir d'achat, emploi, chômage, heures supplémentaires, lutte contre la pauvreté, école, immigration, délinquance… ) « n'admettent pas ces manipulations des chiffres ». Multipliant les exemples précis, ils mettent à jour les procédés utilisés par le gouvernement : publications sur des thèmes « sensibles » annulées ou reportées, sélection de chiffres censés flatter l'action présidentielle, modification des indicateurs rendant compte de l'action gouvernementale, dénigrement de la qualité des données de ses propres services lorsqu'elles ne lui sont pas favorables, voire démantèlement plus ou moins discret des organismes chargés de la statistique publique.
Dans le même ordre d’idées, Mucchielli publie en 2008 dans la revue scientifique Champ pénal une « Note statistique de (re)cadrage sur la délinquance des mineurs », qui critique explicitement les déclarations de la ministre de la Justice de l’époque, Rachida Dati. Le sociologue y montre que « le diagnostic sur l’évolution de la délinquance juvénile avancé par les pouvoirs publics pour justifier un nouveau durcissement de l’arsenal pénal […] n’est ni neutre, ni objectif, ni fondé. Il apparaît au contraire totalement orienté, ne rend absolument pas compte de la totalité des éléments de connaissance statistique disponibles, dissimule tout ce qui ne ‘colle’ pas avec la démonstration souhaitée, et conduit pour finir à énoncer de telles déformations de la réalité que l’on peut parler de véritables contre-vérités induisant les citoyens en erreur »[105].

Alors que les statistiques policières mettent en avant une augmentation de la violence urbaine depuis le début des années 1980 et une hausse de la délinquance des mineurs entre 1996 et 2005, Laurent Mucchielli conteste ces chiffres et réfute « la thèse d’une aggravation (« augmentation », « durcissement », « rajeunissement ») de la violence des mineurs, définie comme un ensemble d’infractions condamnées par le droit pénal »[106]. Ces statistiques, selon Mucchielli, ne seraient nullement le reflet de la réalité, mais le résultat de la nouvelle incrimination de ces comportements qui autrefois n'auraient pas été considérés comme des infractions et de la pression qui serait exercée sur la justice et la police pour « accentuer les poursuites pénales à l’encontre des mineurs afin de lutter contre “le sentiment d’impunité”  »[106]. Le sociologue Sebastian Roché commentant ces prises de position parle de sociologie « militante » qui ne veut voir dans le sentiment d’insécurité des populations victimes qu'une réaction purement irrationnelle[107].

Pour les causes elles-mêmes de cette violence, Laurent Mucchielli souligne le rôle de l'environnement socio-économique, notamment ghettoïsation, taux de chômage et échec scolaire, responsables, selon lui de ces dérives. Ces thèses sont largement contestées par Sebastian Roché pour qui l'origine et la situation sociale n'expliquent pas tout[108] et qui analyse également les relations parents-enfants et le rapport à l'école.

En 2012 et 2013, Mucchielli et son équipe réalisent des enquêtes locales de victimation dans plusieurs villes de la région PACA[109].

Perspectives théoriques[modifier | modifier le code]

En 1999, dans un article intitulé « La déviance : entre normes, transgressions et stigmatisations » publié par le magazine scientifique Sciences Humaines[110], Mucchielli énonce le programme de recherche de la sociologie de la déviance. Celui-ci se divise donc en trois axes : 1) l’étude des normes et de leurs évolutions, 2) l’étude des transgressions de ces normes, 3) l’étude des réactions de la société face à ces transgressions. Il s’inspire en cela explicitement d’un programme déjà esquissé par Edwin Sutherland dès les années 1920. Ce programme général, dont la sociologie du crime est une des déclinaisons, sera également repris par Mucchielli et Philippe Robert dans « l’état des savoirs sur le crime » qu’ils dirigent ensemble en 2002 180.

Dans chacun des domaines de recherche qu’il a abordé, Laurent Mucchielli a proposé quelques concepts à portée théorique autant que descriptive et méthodologique.

Dans ses études sur les crimes de sang et les crimes sexuels, il a montré d’une part l’importance de l’analyse des relations entre auteurs et victimes et proposé la notion de « crimes de proximité », d’autre part montré la nécessité de croiser l’approche biographique et les conditions de vie des auteurs avec l’analyse contextuelle des passages à l’acte (cf. supra).

Dans ses études sur les chansons de rap comme dans son analyse du discours des émeutiers, il a proposé la notion de « victimation collective », articulant les notions classiques de « sentiment d’injustice », d’« exclusion » et de « besoin de reconnaissance »[111],[112],[113],[114].

Dans ses études sur la délinquance juvénile, Mucchielli a réactualisé une typologie distinguant trois types : une délinquance « initiatique », une délinquance pathologique » et une délinquance « d’exclusion », montrant comment les différentes méthodes et les différentes figures de jeunes délinquants étudiées trouvent leur place dans cette typologie, le type 2 et le type 3 pouvant parfois se cumuler pour engendrer alors les cas les plus rares mais les plus difficiles, les fameux « multi-récidivistes » occupant de façon centrale les institutions pénales[115].

Dans ses études sur les émeutes, rappelant l’origine du mot « esmote » dans la langue française ainsi que l’histoire des émeutes sous l’Ancien régime, Mucchielli a proposé de les considérer comme des « formes élémentaires de la contestation politique » ou encore des « formes élémentaires de la protestation », allusion au titre d’un livre de Durkheim (Les formes élémentaires de la vie religieuse)[116],[117],[118],[119].

Enfin, dans un article de synthèse publié dans la revue Déviance et société (traduit en anglais[120] et en espagnol[121]), Mucchielli a proposé un modèle d’interprétation socio-historique pour penser l’évolution des comportements violents dans les relations interpersonnelles depuis les années 1970[122]. S’appuyant sur une synthèse de différents types de données disponibles (statistiques policières et judiciaires, enquêtes de victimation et de délinquance auto-révélée, données démographiques et socio-économiques), le modèle articule cinq processus traversant la société française : un processus sociétal de pacification des mœurs, un processus politico-juridique de criminalisation, un processus de judiciarisation des conflits de la vie sociale ordinaire, un processus socio-économique de compétition pour les biens de consommation et un processus de ségrégation économico-socio-spatiale. Chemin faisant, cet essai tente également d’articuler de nombreux apports théoriques qui ont fait l’histoire de la sociologie et de la criminologie. Enfin, en 2011, Mucchielli a publié un livre de synthèse sur l’ensemble de ses recherches et de ses interprétations sociologiques sur les violences interpersonnelles (L'invention de la violence, 2011)</ref>.

Prix et distinctions scientifiques[modifier | modifier le code]

  • En 2004, Mucchielli a reçu le Prix Denis Szabo du meilleur article publié dans la revue canadienne Criminologie en 2003 et 2004[123]. L’article primé est intitulé Délinquance et immigration en France : un regard sociologique[124].
  • En 2006, Laurent Mucchielli a reçu la médaille de bronze du CNRS (en sociologie) récompensant les travaux des « jeunes chercheurs »[125],[126].

Critiques et controverses[modifier | modifier le code]

Depuis 2001, Laurent Mucchielli intervient dans le débat public, remettant en cause notamment :

  • l’instrumentalisation politique de la peur de la délinquance[127] ;
  • l’usage médiatique des faits divers et le spectacle de la violence[128],[129],[130],[131] ;
  • l’idée d’une montée continuelle de la violence[132] ;
  • l’idée d’une violence due principalement aux mineurs[133],[134],[135] ;
  • l’idée d’une « violence gratuite »[136] ;
  • l’idée d’un lien fondamental entre délinquance et immigration[137] ;
  • les « dérapages » fréquents sur « les Noirs et les Arabes » comme principaux voire uniques responsables de la délinquance ;
  • la peur exagérée de l’Islam engendrant l’islamophobie[138] ;
  • le prétendu « retour de l'antisémitisme » en France[139]. Laurent Mucchielli dénonce dans cette polémique « une incapacité [du CRIF] à prendre ses distances avec l’État israélien, ce qui est le pendant et l’amplificateur de l’incapacité de nombreux Français maghrébins à distinguer la politique israélienne de la communauté juive en général ». Cette position et cette analyse ont été contestées dans une chronique de Meïr Waintrater reprise par le bulletin du CRIF[140] ;
  • le débat sur « l'identité nationale »[141] ;
  • la réduction des émeutes à un problème de délinquance[142],[143],[144],[145],[146],[147],[148],[149] ;
  • la détérioration des liens entre polices et population[150] et l’escalade de la violence entre jeunes et policiers nationaux ou municipaux[151],[152],[153] ;
  • la répression policière des manifestations politiques pacifiques ;
  • l’illusion du prétendu « Plan Marshall pour les banlieues »[154] ;
  • la création d’un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale[155] ;
  • l’orientation xénophobe du débat sur « l’identité nationale » ;
  • la tournure de plus en plus sécuritaire et moralisatrice des politiques publiques[156],[157],[158],[159], conduisant à une véritable « frénésie sécuritaire » ;
  • la dissimulation des causes économiques et sociales de la délinquance[160] ;
  • l’alignement de la justice des mineurs sur celle des majeurs[161] ;
  • la manipulation des « statistiques de la délinquance »[162],[163],[164],[165],[166] ;
  • la dépénalisation de la délinquance économique et financière[167] ;
  • la croyance dans la « solution miracle » que serait la vidéosurveillance[168]. Il s'oppose sur ce sujet à Alain Bauer[169] ou au préfet Jean-Louis Blanchou[170] ;
  • la volonté de créer une « nouvelle criminologie » au profit du « lobby sécuritaire »[171],[172].

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) CV sur le site du Parlement européen.
  2. ESF-éditeur
  3. Centre Alexandre Koyré
  4. Société française pour l’histoire des sciences de l’homme
  5. Cairn.info
  6. Françoise Parot sur le site de l'IHPST
  7. Contributions de Laurent Mucchielli pour la revue Sciences humaines
  8. Qui est Louis Dirn ? Sciences humaines n°84, juin 1998
  9. Louis Dirn, Chronique des tendances de la société française, Revue de l'OFCE, vol. 57, 1996
  10. La croissance des inégalités économiques, Revue de l'OFCE, n°60, janvier 1997
  11. Les inégalités économiques au fil du temps, Revue de l'OFCE, n°60, janvier 1997
  12. La société française en tendances 1975-1995
  13. Site du CESDIP
  14. Site du GERN
  15. Site du laboratoire Printemps
  16. Fiche de Xavier Crettiez sur le site de l'UVSQ
  17. Rapport d'activité du CESDIP 2004-2008
  18. Historique du CESDIP
  19. Site de la Mission de recherche Droit et justice
  20. Présentation du CESDIP en 2012
  21. Site du MMSH
  22. Site de l'ORDCS
  23. Présentation de l'ORDCS
  24. Présentation des chercheurs de l'ORDCS
  25. Chronique de criminologie, 2012
  26. Déviance et société, vol. 24 n°4, 2000
  27. page de la revue sur le site des Éditions du Septentrion
  28. Page de la revue sur le site des éditions Sciences humaines
  29. Site personnel de Philippe Cibois
  30. Comité de rédaction de Socio-Logos
  31. Site de la revue Sociologie
  32. Sociétés et jeunesses en difficulté
  33. De l'éducation surveillée à la protection judiciaire de la jeunesse
  34. Publications de Jacques Bourquin
  35. Collection « Histoire des sciences Humaines »
  36. Collection « Questions de société »
  37. Le sociologue dans le champ médiatique : diffuser et déformer ?, Débat entre Cyril Lemieux, Laurent Mucchielli et Érik Neveu, 2010
  38. Violences et insécurité. Fantasmes et réalités dans le débat français, Jean Debyser, Sciences humaines, novembre 2001
  39. Violences et insécurité : Fantasmes et réalités dans le débat français, Louis Maurin, Alternatives économiques n° 195, septembre 2001
  40. Violences et insécurité : fantasmes et réalités dans le débat français, France Culture, octobre 2002
  41. Douteux audits alarmistes., Patricia Tourancheau, Libération, 26 juin 2001
  42. Présentation de Michel Kokoreff
  43. Blog de CLARIS
  44. Clarifier le débat public sur l'insécurité Appel de CLARIS dans Libération, 30 janvier 2002.
  45. Le groupe entend promouvoir « l’expertise des chercheurs et des professionnels de terrain [qui] procure des informations et des raisonnements qui tranchent souvent d’avec les discours médiatiques et politiques, qui mettent en évidence leurs simplismes voire leurs artifices, et qui proposent en retour de comprendre la nature et les raisons d’être des délinquances, les contextes qui en favorisent le développement ainsi que les ‘bonnes pratiques’ qui permettent de gérer ces phénomènes dans l’intérêt de tous (victimes, société mais aussi délinquants eux-mêmes qu’une bonne politique doit avoir pour but de réinsérer et non simplement d’exclure) »Blog de Claris, section "Qui sommes-nous ?"
  46. « Claris » un bulletin pour analyser l'«insécurité», Libération, 9 avril 2002
  47. CLARIS, La revue, n°1, octobre 2006
  48. La sécurité en débat avec «Claris», Jacky Durand, Libération du 25 octobre 2006
  49. Blog de CLARIS
  50. Ce que prévention veut dire Libération, 17 mars 2004
  51. Sécurité intérieure: une loi qui s'en tient aux symptômes Libération, 14 janvier 2003
  52. La dérive ethnique Libération, 5 avril 2005
  53. Claris appelle à voter Chirac, L'Humanité, 4 mai 2002
  54. site de Laurent Mucchielli section À propos
  55. Liens-socio
  56. Blog de Laurent Mucchielli sur Rue89
  57. Blog de Laurent Mucchielli sur Mediapart
  58. Cessons de victimiser le FN et ses électeurs Laurent Mucchielli, Libération, 26 avril 2012
  59. Présidentielle : Pourquoi ils appellent à voter pour François Hollande 3/4 Débats 2012 du 03/05/12
  60. Fiche de Laurent Mucchielli sur le site du CNRS
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  64. Revue d'histoire des sciences humaines n°1 : Halbwachs au Collège de France, résumé
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  82. Les viols jugés en cours d'assises : typologie et variations géographiques, 2010
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  88. Rapport d'activité du CESDIF 2004-2008
  89. Enfance et psy, vol. 41, n°4, 2008
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  95. Présentation de François Gèse sur le site des éditions de La Découverte
  96. Présentation de Manuel Boucher sur le site de l'ACOFIS
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  99. Le traitement judiciaire des mineurs : le cas des émeutiers déférés en novembre 2005
  100. Journal of Ethnic and Migration Studies, Vol. 35, n°5, mai 2009
  101. Sozial.Geschichte Online, 2010
  102. Savoir/Agir n°14 AlterIndic
  103. Savoir/Agir n°14 Entretien
  104. Le grand trucage, texte signé Lorraine Data
  105. Note statistique de (re)cadrage sur la délinquance des mineurs
  106. a et b Délinquance : comment interpréter les chiffres ?, Julien Bonnet, scienceshumaines.com, 30 août 2010
  107. « Les statistiques de police créeraient une illusion d’optique, les victimes d’agression seraient aux prises avec des “constructions sociales de la réalité” (il faut l’expliquer à ceux qui ont eu leur voiture brûlée, leur maternelle détruite), le sentiment d’insécurité serait purement irrationnel », Sébastian Roché, Le Frisson de l’émeute. Violences urbaines et banlieues, Seuil, 2006
  108. « Les jeunes de milieux aisés volent autant en supermarché que ceux des couches modestes, ils fument plus de cannabis et en vendent également plus souvent.  », Le Frisson de l’émeute. Violences urbaines et banlieues, Seuil, 2006
  109. Troisième journée de l'ORDCS, 2012
  110. Sciences humaines, La déviance, entre normes, transgression et stigmatisation, 15 juin 2011
  111. Questions pénales, Vol. XI, n°2, 1999. Le rap et l'image de la société française chez les jeunes des cités
  112. Editions L'Harmattan
  113. Nouvelle revue de psychologie, Vol. 12, n°2, 2011. Quartiers populaires : les enjeux d’une stigmatisation
  114. Revue internationale de psychosociologie et de gestion des comportements organisationnels, Vol. XIII, n°30, 2007. Les émeutes de l’automne 2005 dans les banlieues françaises du point de vue des émeutiers
  115. Chroniques du travail, n°2, 2012. Une activité délinquante à défaut d'emploi ?
  116. Les violences politiques en Europe
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  118. Etat d'émeutes, Etat d'exception
  119. Cités, VOl. 50, n°2, L’émeute, forme élémentaire de la protestation
  120. (en) Are we living in a more violent society?, 2010
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  122. Une société plus violente ?, Déviance et société, vol. 32, n°2, 2008
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  130. “Le drame de Toulouse ne peut pas être politisé”, lesinrocks.com, 20 mars 2012
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  134. Laurent Mucchielli : "La délinquance des mineurs n'est pas en augmentation", entretien, Le Monde du 10/12/08
  135. Délinquance des mineurs : les contre-vérités de Brice Hortefeux, entretien, Le Monde du 04/11/09
  136. Des «violences non crapuleuses» aux motifs futiles, Libération du 13/04/10
  137. Laurent Mucchielli. Politique securitaire : le show et l’effroi, Siné Mensuel, février 2012
  138. L'islamophobie : une myopie intellectuelle ?, Laurent Mucchielli, cairn.info, Mouvements, Vol. 31, n°1, 2004
  139. Rue89, Pseudo retour de l'antisémitisme : un rituel au dîner annuel du Crif, blog rue89, 6 mars 2009
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  141. L'immigration sert la France, Laurent Mucchielli, Libération du 13/04/07
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  147. Libération, Sarkozy démenti par les faits un an après, 24 octobre 2006
  148. Libération, Clichy, des chiffres pour le dire, 20 octobre 2006
  149. La réaction politique est de traiter les émeutes comme un problème de délinquance, entretien, Le Monde, 10 août 2011
  150. Libération, Les contrôles contribuent à provoquer les infractions, 6 avril 2007
  151. Libération, Police municipale : les leçons à tirer du drame de Woippy, 15 février 2010
  152. Libération, La mort, l'émeute et la police municipale de Woippy: «Circulez, y a rien à voir» ?, 14 février 2010
  153. Les policiers et les gendarmes ont tout intérêt à être parfaitement clairs, Libération, 27 juin 2012
  154. Les banlieues ont-elles besoin d'un énième plan ?, tribune, Libération, 22 janvier 2008
  155. «Nous exigeons la suppression du ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration», appel, Libération, 4 décembre 2009
  156. Libération, Sécurité: «Comme Juppé et Balladur», 18 avril 2001
  157. L’espoir plutôt que la répression, tribune, Libération, 24 novembre 2008
  158. « Le débat sur la sécurité reste intimement lié au poids de l'État jacobin », interview dans Le Monde, 14 janvier 2010.
  159. « La prévention de la délinquance menacée », Le Monde, 23 août 2011.
  160. « Il faut revenir à l'analyse des causes de la délinquance », interview dans Le Monde, 25 mars 2009.
  161. C'est la justice des mineurs qu'on assassine, Laurent Mucchielli et cosignataires, Libération, 21 juin 2011
  162. « Trois questions à Laurent Mucchielli », entretien, Le Monde, 4 février 2000.
  163. Triche : la statistique, c’est très pratique, Libération, 29 mai 2009
  164. Délinquance des mineurs, l'intox des chiffres du gouvernement, Libération, 3 décembre 2008
  165. Délinquance : la «mobilisation» miracle d’Hortefeux, Libération, 3 février 2010
  166. Faut-il croire les statistiques ?, Laurent Mucchielli, Pour la science, n°70, janvier 2011
  167. « Délinquance économique : l'impunité s'accroît en France », tribune de Thierry Godefroy et Laurent Mucchielli dans Le Monde, 13 novembre 2010
  168. L. Mucchielli, T. Le Goff, E. Heilmann, La vidéoprotection, une gabegie, Le Monde, 31 mai 2011
  169. France Inter, Le téléphone sonne, Alain Bedouet, 8 septembre 2009/2010, 19h20 - 20h00.
  170. Jean-Louis Blanchou à la tête du Comité de pilotage stratégique pour le Développement de la vidéo protection, vidéosurveillance-infos.com, 2 juillet 2010.
  171. La "criminologie" entre succès médiatique et rejet universitaire, Laurent Mucchielli et cosignataires, Le Monde, 28 mars 2012
  172. Vers une criminologie d’État en France ?, Laurent Mucchielli, Politix, Vol. 89, n°1, 2010

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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