Terrorisme en URSS et en Russie

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Terrorisme russe au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le 1er mars 1881, l'empereur Alexandre II de Russie est assassiné par la Narodnaïa Volia. Le geste est salué par la presse anarchiste, notamment dans Le Révolté et La Révolution sociale.

Terrorisme en Union soviétique[modifier | modifier le code]

Terreur rouge[modifier | modifier le code]

Terreur interne soviétique[modifier | modifier le code]

Article connexe : Grandes Purges.

Ramón Mercader, un des exécuteurs travaillant pour le NKVD, a assassiné Léon Trotski au Mexique et aurait auparavant tué une vingtaine de ses partisans[1].

Russie contemporaine[modifier | modifier le code]

Nombre de victimes annuels du terrorisme en Russie. En bleu : le total des victimes; en rouge : le nombre de terroristes, militaires et membres des forces de l'ordre inclus dans le total des victimes.

Un rapport d'un centre de l'OTAN sur le terrorisme relève en 2011, selon les sources publiques, un total de 330 actes terroristes (9e rang mondial) faisant 247 tués, 535 blessés et 3 personnes enlevées[2].

Menace du terrorisme islamique dans le Caucase du Nord[modifier | modifier le code]

Les autorités russes affirment disposer de preuves de liens des groupes djihadistes tchétchènes (surtout de ceux de l'émir Al-Khattab ou de Chamil Bassaïev) avec des réseaux terroristes étrangers, notamment Al-Qaida. Le juge Jean-Louis Bruguière, patron du pôle antiterroriste français, confirme également l'existence de ces liens[3]. En même temps, le Rapport d'information de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale française sur la coopération internationale pour lutter contre le terrorisme affirme, entre autres, qu'« en termes de formation des terroristes, à l’abri du sanctuaire afghan, s’est développée une nébuleuse (Al-Qaida) avec des relais dans le monde entier (Algérie, Tchétchénie, Balkans…) Vers ce sanctuaire ont convergé des centaines de djihadistes. Ainsi, pendant cinq à sept ans, des centaines de combattants ont été formés dans les camps afghans, avant de retourner en Europe, aux États-Unis ou dans leurs pays d’origine où ils avaient à la fois la légitimité et la compétence pour diriger des cellules terroristes, n’ayant d’ailleurs plus nécessairement de liens directs avec Al-Qaida.[4]. »

L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe affirme que dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, devenue une importante priorité internationale, on constate une concordance de vues entre les États-Unis d’une part, et la Russie et la Géorgie d’autre part, sur la lutte contre les combattants tchétchènes et leurs alliés mercenaires, dits « les arabes du Pankissi », cachés de l'autre côté de la frontière russe et soupçonnés d’être liés au réseau Al-Qaida[5]. En octobre 2002, le parquet de Paris ouvrit une instruction sur la préparation d'un attentat contre l'ambassade russe dans la capitale française. Cette enquête a été présentée par les médias sous le nom générique de l'« affaire des filières tchétchènes ». En effet, le dénominateur commun des terroristes consistait dans le fait qu'ils étaient tous passés par la Tchétchénie, en 1999-2000 et étaient liés à l’imam Benchelali, lui-même proche des combattants d'Al Qaïda[6].

Entraînés dans les camps existants en Tchétchénie et en Afghanistan dans les années 1990, et financés par les capitaux terroristes internationaux, de nombreux groupes djihadistes tchétchènes ont fait régulièrement recours aux actes de terreur dans le cadre de leur lutte armée contre le pouvoir central russe.

Attentats contre des immeubles en 1999[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Attentats en Russie en 1999.

Une série de cinq attentats contre des immeubles d'habitations entre le 31 août et le 16 septembre 1999 dans plusieurs villes de Russie d'Europe ont fait au moins 290 morts et un millier de blessés.

Ces attaques commises à l'explosif et à la voiture piégée ont été attribuées à des indépendantistes Tchétchènes. Elles ont conduit, avec l'invasion du Daguestan par des séparatistes tchétchènes à partir du 7 août, au déclenchement de la Seconde guerre de Tchétchénie. Alexandre Litvinenko, ex-lieutenant-colonel du FSB, service de contre-espionnage de Russie, a été empoisonné au polonium après avoir accusé le FSB d'avoir fomenté ces attentats.

Le 25 janvier 2011, sur France Inter, Hélène Blanc, politologue et spécialiste de la Russie au CNRS, commentant le récent attentat à l'aéroport Domodiedovo, affirme qu'est établie la responsabilité du FSB et non de la Tchétchénie dans les attentats de 1999 :

« Je crois qu'il faut se garder d'interpréter rapidement les attentats, par exemple de 1999, qui ont servi d'alibi à déclencher la seconde guerre de Tchétchénie. Eh bien il est aujourd'hui clair, ça ne l'était pas à l'époque bien entendu, mais maintenant nous savons que ces attentats n'étaient pas du tout l'œuvre des Tchétchènes auxquels on les a attribués, mais l'œuvre du FSB. D'ailleurs, il y a eu trois attentats au total dans différentes villes, mais la quatrième ville, Riazan, là le FSB a été pris la main dans le sac. Par la suite, on a su que non seulement le modus opérandi n'était pas du tout dans l'habitude tchétchène, mais qu'en plus les explosifs n'étaient pas des explosifs tchétchènes mais bien des explosifs russes. Le FSB est capable de beaucoup de choses, y compris contre son peuple. »[7].

Prise d'otages de Beslan en septembre 2004[modifier | modifier le code]

Photos de jeunes victimes de la prise d'otages de Beslan.
Article détaillé : Prise d'otages de Beslan.

La prise d'otages de Beslan commence le 1er septembre 2004 lorsque des terroristes séparatistes tchétchènes armés prennent des centaines d'enfants et d'adultes en otage dans l'école numéro 1 de Beslan en Ossétie du Nord (fédération de Russie) dans le cadre de la seconde guerre de Tchétchénie.

Le 3 septembre après trois jours de siège, les forces spéciales russes donnent l'assaut. Celui-ci fut sanglant : selon le bilan officiel, il y aurait eu 344 civils tués, dont 186 enfants[8].

Autres actes de terrorisme (1994 - 2005)[modifier | modifier le code]

Les autorités russes attribuent aux terroristes du Caucase du Nord (principalement aux séparatistes tchétchènes) les attentats et les prises d'otage suivants :

  • 26 mai 1994, prise d'otages d’écoliers à Mineralnye Vody.
  • 29 juillet 1994, prise d'otages des voyageurs à Mineralnye Vody.
  • Juin 1995, un commando de Bassaïev s'empare de l'hôpital et de la maternité à Boudionnovsk, 150 morts.
  • 16 novembre 1996, explosion de bombes dans une maison à Kaspijsk, 69 morts
  • 19 mars 1999, explosion de bombes dans un marché central de Vladikavkaz, 64 morts
  • 4 septembre 1999, explosion de bombes dans une maison à Bujnaksk, 62 morts
  • 16 septembre 1999, explosion de bombes dans une maison à Volgodonsk, 18 morts
  • 5 décembre 2003 explosion de bombes dans le train à Kislovodsk, 42 morts
  • Série d'attentats attribués aux Tchétchènes, à Moscou (septembre 1999). Bilan : plus de 200 morts.
  • Prise d'otage par un commando tchétchène au Théâtre de Moscou (octobre 2002). Ces terroristes portaient des ceintures d'explosifs. Les services spéciaux russes ont usé d'un gaz dangereux. Le commando a été totalement éliminé, peut-être parce qu'il était infiltré, selon un « informateur anonyme du FSB »[9]. Bilan : 128 morts parmi les otages, 41 parmi les terroristes[10].
  • Attentat du métro de Moscou, attribué aux Tchétchènes (février 2004). Bilan : 40 morts.
  • Attentats simultanés sur deux avions de lignes russes, 89 morts (août 2004)[11]
  • Prise d'otages de Beslan, en Ossétie du Nord-Alanie (septembre 2004). De nombreux enfants assassinés par le commando terroriste tchétchène.
  • Opération contre des bâtiments des forces de l'ordre à Naltchik (Kabardino-Balkarie), revendiquée par Chamil Bassaïev (13 octobre 2005). Bilan : 137 morts dont 92 assaillants.

Attentats du 29 mars 2010 à Moscou[modifier | modifier le code]

Les attentats du 29 mars 2010 à Moscou, survenus à h 52 et à h 36 (heure locale), furent les deux attentats-suicides qui ont créé deux explosions et ont fait 39 morts et 102 blessés[12] dans deux stations de la même ligne du métro moscovite[13]. Ils ont été revendiqués par Dokou Oumarov, le fondateur de l'Émirat du Caucase[14].

Attentat à l'aéroport Domodedovo le 24 janvier 2011[modifier | modifier le code]

Un attentat à l'aéroport Domodedovo, le 24 janvier 2011 à 13h32 (GMT), a fait au moins 35 morts et plus de 180 blessés, dans la zone de livraison des bagages du terminal des arrivées des vols internationaux de l'aéroport international Domodedovo à Moscou. Trois hommes sont suspectés d'après les caméras de surveillance. On aurait retrouvé la tête de l'auteur de l'attentat-suicide, jeune homme d'une trentaine d'années. La piste islamique du Caucase est privilégiée par les enquêteurs.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Vladimir Fédorovski, De Raspoutine à Poutine. Les hommes de l'ombre, Tempus, 2007, p. 84.
  2. (en)[PDF]« 2011 Annual Terrorism Report », sur Centre of Excellence Defense Against Terrorism,‎ mars 2012 (consulté le 22 mars 2012)
  3. Source : (fr) archquo.nouvelobs.com, le 5 octobre 2005.
  4. Source : (fr) [PDF] assemblee-nationale.fr
  5. A ce sujet, voir (en) assembly.coe.int
  6. À ce sujet, voir (fr) politiqueinternationale.com
  7. "Attentat-suicide à l’aéroport de Moscou Domodedovo : la piste caucasienne privilégiée", France Info
  8. Le Monde du 26/05/2006 (« Peine de mort commuée en prison à vie pour l'unique accusé de la prise d'otages de Beslan ») annonce le bilan de 331 morts, dont 186 enfants [lire en ligne]
  9. Source : Le Monde du 16 novembre 2002
  10. Source : Monde diplomatique, décembre 2002
  11. (en) Russian aircraft bombings of August 2004
  12. fr.rian.ru, consulté le 30 mars 2010
  13. fr.rian.ru, consulté le 29 mars 2010
  14. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/03/31/97001-20100331FILWWW00656-moscou-les-attentats-revendiques.php