Frantz Funck-Brentano

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Frantz Funck-Brentano
Frantz Funck-Brentano à la bibliothèque de l'Arsenal
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Frantz Funck-Brentano, né au château de Munsbach (Luxembourg) le 15 juin 1862 et mort à Montfermeil le 13 juin 1947, est un bibliothécaire et historien français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Très jeune diplômé de la prestigieuse École des chartes, Frantz Funck-Brentano se vit, dès 1885, nommé conservateur à la Bibliothèque de l'Arsenal (dont il ne fut jamais directeur). S'il s'est avant tout intéressé à l'histoire de l'Ancien Régime, c'est parce que cette Bibliothèque, la seconde des trois plus éminentes de Paris, possède l'intégralité des documents constituant le fonds des archives de la Bastille, lequel représente une source inestimable pour l'histoire, politique singulièrement, de l'Ancien Régime, un fonds dont les pièces ont fait l'objet d'un catalogue volumineux parce qu'exhaustif, de la propre main de Frantz Funck-Brentano lorsqu'il y fut conservateur. La spécificité de ce fonds l'a conduit à s'intéresser à toute l'histoire de l'Ancien Régime sous ses aspects les plus divers : il en étudia aussi bien les institutions que les particularités, ainsi que des personnages et des affaires célèbres dont il a fait le sujet de livres très documentés qui ont remporté de grands succès de librairie.

En 1900, il devint professeur remplaçant au Collège de France, dans la chaire d'Histoire des législations comparées où il traita de la formation des villes dans l'Europe occidentale.

En 1905, il fut désigné comme premier conférencier de la Fédération de l'Alliance française aux États-Unis. Dans le même temps, il était chargé par le gouvernement français d'étudier la diffusion de la littérature française aux États-Unis et au Canada, ainsi qu'à Cuba. C’est en cette qualité que le 14 janvier 1905, il parla devant le président Theodore Roosevelt à la Maison-Blanche. À son retour, il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur.

En 1909, devant les cercles français d'Autriche-Hongrie, à Vienne à Prague et à Budapest, il traita de l'histoire de Paris à travers les âges.

Par la suite, il fut plusieurs fois conférencier de l'Alliance française, en Hollande, en Angleterre, en Danemark, Suède et Norvège, en Roumanie et en Russie. En 1907, l'Académie des inscriptions et belles-lettres lui décerna l’important prix Berger pour l'ensemble de ses travaux sur l'histoire parisienne.

Élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1928, il fut également président de la Société des études historiques.

Parallèlement à ses travaux d'érudition, Funck-Brentano mena une carrière littéraire (pièces de théâtre, ouvrages de vulgarisation historique) et journalistique : il collabora notamment à Minerva (revue d'histoire et de critique littéraire nationaliste et monarchiste), à la Revue d'Action française puis à L'Action française de Charles Maurras.

Cet engagement à l'« extrême droite » se traduit également dans son œuvre. Une partie importante de son Marat, ou le mensonge des mots est consacrée à la critique virulente de Marat, « sémite » supposé, autour des thématiques antisémites classiques de l'époque.

L'un de ses fils, Christian Funck-Brentano (1894-1966), compte parmi les fondateurs du journal Le Monde. Un autre, Claude Théophile, né le 27 juillet 1892, qui est sous les drapeaux dès le 11 août 1914, est tué à l'ennemi comme aviateur sur le front des Vosges le 15 février 1916. Sa mémoire est honorée à Pair-et-Grandrupt.

Œuvres (liste non exhaustive)[modifier | modifier le code]

  • Mandrin et les contrebandiers à Autun, Autun, Imprimerie de M. Dejussieu, 1871
  • La Mort de Philippe le Bel, étude historique, Paris, A. Picard, 1884
  • Les Archives de la Bastille. Rapport à M. l'Administrateur de la Bibliothèque de l'Arsenal, 1887
  • Philippe le Bel et la noblesse franc-comtoise, Nogent-le-Rotrou, Imprimerie de Daupeley-Gouverneur, 1888
  • L'Homme au masque de velours noir dit Le Masque de fer, Paris, 1894
  • Le Drame des poisons, études sur la société du XVIIe siècle et la cour de Louis XIV, Paris, Hachette, 1899
  • La Prise de la Bastille (1789, 14 juillet), Paris, Fontemoing, 1899
  • L'Affaire du collier, Paris, Hachette, 1901
  • La Mort de la reine, les suites de l'affaire du collier, Paris, Hachette, 1901
  • Les Lettres de cachet à Paris : étude, suivie d'une liste des prisonniers de la Bastille (1659-1789), Paris, Imprimerie nationale, 1903
  • La Bastille des comédiens : le For l'Évêque, Paris, Fontemoing, 1903
  • L'Île de la Tortue, La Renaissance du Livre, 1929, rééd. librairie Jules Tallandier, 1979.
  • Les origines de l'Histoire de France, Paris, Hachette
  • Le Moyen Age (dans la collection de l'Histoire de France racontée à tous), Paris, Hachette
  • Légendes et archives de la Bastille, Paris, Hachette
  • Les Nouvellistes (En collaboration avec Paul d'Estrée), Paris, Hachette
  • Figaro et ses devanciers (En collaboration avec Paul d'Estrée), Paris, Hachette
  • Mandrin, Paris, Hachette
  • Les lettres de cachet, Paris, Hachette
  • La Renaissance, Paris, Librairie Fayard
  • L'Ancien Régime, Paris, Librairie Fayard
  • Luther, Paris, Librairie Grasset,
  • La Cour du Roi-Soleil, Paris, Librairie Grasset
  • Lucrèce Borgia, Paris, éditions de la Nouvelle Revue Critique
  • Liselotte, duchesse d'Orléans, Paris, éditions de la Nouvelle Revue Critique
  • Scènes et tableaux de la Révolution, Gautier-Languereau, 1934
  • Les Brigands, Paris, Hachette, 1904
  • Ce qu'était un Roi de France, Paris, Hachette, 1940
  • Marat, ou le mensonge des mots, Paris, éditions Bernard Grasset, 1941
  • Le Moyen Âge, Paris, Hachette, 1943

Source[modifier | modifier le code]