Hôtel Drouot

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Hôtel Drouot
L'hôtel Drouot (à gauche).
L'hôtel Drouot (à gauche).
Présentation
Nom local Hôtel des ventes
Période ou style Contemporain
Architecte Jean-Jacques Fernier et André Biro
Date de construction 1976 - 1980
Destination initiale Hôtel des ventes
Propriétaire Drouot SA
Destination actuelle Hôtel des ventes
Site web www.drouot.com
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Arrondissement 9e arrondissement
Localité Paris
Localisation
Coordonnées 48° 52′ 22.3″ N 2° 20′ 25.5″ E / 48.872861, 2.34041748° 52′ 22.3″ Nord 2° 20′ 25.5″ Est / 48.872861, 2.340417  

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Hôtel Drouot

L'hôtel des ventes de Drouot ou hôtel Drouot, situé 9, rue Drouot et propriété de Drouot S.A., est le principal hôtel des ventes de Paris. Avec ses 16 salles de vente aux enchères, l'hôtel Drouot est une plaque tournante du marché de l'art français et international.

Historique[modifier | modifier le code]

Depuis l’avènement des commissaires-priseurs, les ventes avaient lieu, lorsque l’espace y était suffisant, au domicile du vendeur ou, pour les ventes plus importantes, dans des locaux loués spécialement à cet effet. Ce sera notamment le cas de la vente de la collection de gravures et estampes de Jean de Julienne qui se tiendra dans le grand salon carré du Louvre.

En 1801, est créée la chambre des commissaires-priseurs de Paris qui réorganise la profession et fixe un code vestimentaire (costume de ville). En 1807, face à la difficulté de trouver des lieux pour les ventes et pour permettre aux acheteurs de participer à toutes les ventes sans avoir à se déplacer aux quatre coins de Paris, la chambre décide l'acquisition d'un espace consacré aux ventes aux enchères publiques. Ce sera, à l'unanimité, l'hôtel des Fermes situé 55, rue de Grenelle Saint Honoré (actuelle rue Jean-Jacques-Rousseau). Mais face à la rapide exiguïté du lieu, la Compagnie des commissaires-priseurs décide d’investir l’hôtel Bullion situé à côté du précédent, rue Platrière (actuelle rue Jean-Jacques-Rousseau), ouvrant ainsi, en 1817, 6 salles de vente avec des bureaux et des magasins de stockage.

Façade de l'hôtel des ventes en 1852.

Paris devient, à cette époque, la capitale mondiale du marché de l'art et, une fois encore, l’Hôtel des ventes se trouve mal adapté et trop petit. La Compagnie parisienne, voulant rester dans le quartier de la Bourse, acquiert, en 1850, le terrain de l’ancien manoir de Pinon de Quincy (actuelle rue Drouot) pour la somme de 438 000 francs et lance un concours d’architecture pour la réalisation du bâtiment. Le 1er juin 1852, l’Hôtel des ventes de Drouot, construit sur les plans de Lejeune et Levasseur, est inauguré. Il compte alors 14 salles réparties sur deux étages, ainsi que l’un des premiers monte-charge hydrauliques de Paris, installé en 1869 par Félix Edoux. Commence alors l’une des périodes les plus faste de l’hôtel des ventes avec la dispersion de nombreuses collections néerlandaises, belges, autrichiennes et anglaises ainsi que la vente des joyaux de la Couronne (1887), celle du mobilier de l’hôtel particulier d’Émile Zola (1898) ou celle de la collection de Jacques Doucet (1912).

En 1951, pour le centenaire de l’hôtel des ventes et le 150e anniversaire de la Compagnie des commissaires-priseurs, une cérémonie est organisée en présence du président de la République, Vincent Auriol. Pour l’occasion, le Mobilier national présente plusieurs pièces de ses collections, notamment la tapisserie figurant Louis XIV en visite à la manufacture royale des Gobelins.

Victime de son succès, l’hôtel des ventes doit rapidement être repensé. Ainsi, entre 1976 et 1980, l’Hôtel des ventes prend ses quartiers dans l’ancienne gare d’Orsay, actuel musée du même nom, pour permettre la rénovation et la modernisation des bâtiments de la rue Drouot - ceux que nous connaissons aujourd’hui. Cependant, le maire du 7e arrondissement avait demandé à la Compagnie des Commissaires-priseurs de Paris de rester dans les lieux, profitant ainsi de 20 salles de vente de plain-pied, mais la proposition fut rejetée à une voix. L'actuel bâtiment, dessiné par Jean-Jacques Fernier et André Biro, est une « réinterprétation surréaliste de l'architecture haussmannienne » et reprend une partie des châssis métalliques de l'ancien bâtiment.

Les salles de vente[modifier | modifier le code]

Situé 9, rue Drouot à Paris, c’est le plus ancien, mais aussi le plus important des sites. Les ventes y ont lieu tous les jours (du lundi au samedi), principalement de 14 h 0 à 18 h 0.

  • 2e étage : les bureaux de l’administration de l’Hôtel des ventes et des services de Drouot Presse, Drouot Formation et Drouot Documentation.
  • 1er étage : 7 salles de vente (no 1 à 7) dont certaines peuvent être réunies (no 1 et 7 ; no 5 et 6) pour les ventes de grande importance, ainsi qu’une salle (no 3) de petite taille et sans magasin, destinée aux ventes de bijoux ou objets de petite taille.
  • Rez-de-chaussée : l’accueil de l’hôtel des ventes et des services de transport, une agence bancaire (BNP Paribas) et 2 salles de vente (no 8 et 9).
  • Entresol : Service d’emballage, vestiaire, toilettes et service des catalogues.
  • 1er sous-sol : 6 salles de vente (no 10 à 16) dont une (no 12) de plus petite taille et sans magasin réservée aux ventes de petits objets (timbres, cartes postales, numismatique, etc.).
  • 2e sous-sol : une plate-forme de déchargement et de stockage des lots destinés à la vente.
  • 3e sous-sol : un entrepôt où sont conservés les lots vendus (ce garde-meuble est à la charge de l’acheteur) ainsi que les ateliers d’entretien du matériel de l’hôtel des ventes.

Il existe par ailleurs trois autres salles, indépendantes de l'hôtel des ventes, puisque dans les locaux de maisons de vente situées dans le quartier : rue Rossini, rue de la Grange-Batelière et rue de Provence.

L’hôtel des ventes est titulaire d’une licence IV, à ce titre, le magasin de la salle no 8 était, une fois par an, transformé en débit de boisson.

Les enchères[modifier | modifier le code]

La publicité des enchères[modifier | modifier le code]

C’est une tradition qui remonte au XIXe siècle avec le développement de la presse écrite. C’est ainsi qu’apparaît La Gazette de l'Hôtel Drouot, l’hebdomadaire traitant des ventes aux enchères françaises. Le Moniteur des ventes est aussi né à cette époque. Si pendant longtemps, c’est la façade de l’hôtel des ventes qui a servi à l’affichage publicitaire, ce sont aujourd’hui des écrans qui annoncent aux visiteurs les ventes et expositions en cours.

L’usage des catalogue de vente est lui plus ancien. Il sert non seulement à indiquer l’ordre de la vacation et ce qu’elle contient, mais il a aussi un rôle juridique puisqu’il établit l’origine et l’authenticité des biens proposés à la vente. Ces catalogues sont généralement disponible quinze jours avant les ventes, pendant les expositions et la vente. Leur prix varie entre 2 et 50 euros (parfois plus) et ils sont disponibles à l’entrée de l’hôtel des ventes.

Le déroulement des enchères[modifier | modifier le code]

Il existe deux types de ventes :

  • Les ventes dites « cataloguées », c’est-à-dire dont les lots ont fait l’objet d’une description écrite préalable et inscrite dans un catalogue en fonction de l'ordre de la vacation.
  • Les ventes dites « courantes » regroupant des meubles et objets de périodes et valeurs différentes qui ne sont pas décrits dans un catalogue.

Les ventes qui se tiennent à Drouot Richelieu font l’objet d’une exposition qui a lieu la veille, de 11 h 0 à 18 h 0 (sauf rares exceptions), et le matin même, de 11 h 0 à 12 h 0. Les vacations débutent ensuite à 14 h et se finissent, au plus tard, à 18 h 0. L’estimation des lots varie entre quelques euros et plusieurs milliers d’euros. Lors de l’adjudication d’un lot, l’acheteur doit verser entre 20 % et 25 % de frais en plus, auxquelles s’ajoutent la TVA (19,6 % ou 5,5 % pour les livres).

Les enchères peuvent être portées par un tiers mandaté, il peut s’agir du commissaire-priseur (ou de l’un de ses représentants), de l’expert ou du crieur. Ces ordres d’achat peuvent prendre trois formes :

  • L’ordre fixe : le mandant autorise le tiers à monter les enchères jusqu’à un plafond.
  • L’ordre par téléphone : le mandant est appelé pendant la vente pour porter ses enchères à distance.
  • L’ordre par Internet : le mandant suit en temps réel l’évolution des enchères sur Internet et peut ainsi porter directement ses enchères.

Les métiers de Drouot[modifier | modifier le code]

Le commissaire-priseur[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Commissaire-priseur.

Ils sont une centaine à travailler à Drouot, regroupés dans 67 sociétés de ventes volontaires (liste) et 72 études judiciaires (liste).

Le 20 janvier 2014, le Conseil des ventes, organisme disciplinaire, condamne la société Europ Auction et deux de ses commissaires priseurs à une interdiction d'exercer allant jusqu'à 9 mois pour une série de manquements et d'infractions (enchères fictives, publication de faux résultats, non paiement des vendeurs, ...) révélateurs des difficultés de la profession à assurer la transparence de ses activités[1].

Le clerc de commissaire-priseur[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Clerc de commissaire-priseur.

Le clerc assiste le commissaire-priseur, il procède aux inventaires et estimations, il organise les ventes et est souvent le lien avec la clientèle. Il existe deux catégories de clercs :

  • Le clerc attaché au service exclusif d'une étude.
  • Le clerc qui travaille pour plusieurs commissaires-priseurs, c'est souvent le cas du clerc au procès-verbal de vente (rédacteur du procès-verbal).

Le crieur[modifier | modifier le code]

C'est, comme son nom l'indique, celui qui annonce les enchères et donne un rythme à la vente. C'est aussi le lien entre le commissaire-priseur et la salle : il remet les bulletins et prend les preuves de paiement et l'identité des acheteurs. Il est aussi habilité à prendre des ordres d'achat pour autrui.

Les manutentionnaires[modifier | modifier le code]

La manutention au sein de l'hôtel des ventes était, depuis sa création, à la charge de l'Union des commissionnaires de l'Hôtel des ventes (UCHV).

Le 21 juillet 2010, l'UCHV est mise en examen en tant que personne morale pour association de malfaiteurs, complicité de vol et recel de vol en bande organisée, assorties d'un contrôle judiciaire à compter du 1er septembre 2010. Cela fait suite à une première vague d'interpellations au mois de décembre 2009 pour une affaire remontant à 2004. Les 110 manutentionnaires sont interdits d'exercice à partir du 1er septembre 2010. Le soupçon de détournement d'œuvres au cours des ventes ainsi qu'au sein des demeures de particuliers lors des successions donne lieu début août 2010 à 21 interpellations dans un premier temps.

Le 22 septembre 2010, a été dissoute l'UCHV. En réponse à l'appel d'offre lancé par Drouot Holding, c'est la société André Chenue SA[2] qui a été retenue pour assurer la manutention des objets dans l'Hôtel des ventes[3]. Depuis novembre 2011, ce marché a été ouvert et d'autres entreprises telles qu'Art Services Transport ont obtenu "l'agrément transporteurs", décerné par Drouot[4]. Les manutentionnaires sont identifiables à leur tablier noir et cravate rouge.

À voir aussi[modifier | modifier le code]

Records de vente[modifier | modifier le code]

  • Une aiguière chinoise en laque noire, provenant de la collection de M. Strycker, a été adjugée 1 350 000 € le 5 décembre 2007, par la maison de ventes Piasa. Elle constitue le record mondial pour un objet d'art en laque[5].
  • Avec un montant total de 3 350 000 € et plus de 20 000 visiteurs pendant les expositions et les neuf vacations, la vente aux enchères du mobilier de l’hôtel Royal Monceau, qui s'est tenue du 19 au 22 juin 2008, bat tous les records dans ce domaine.
  • Le 17 novembre 2008, une planche à l’encre de Chine par Uderzo, « Gladiateur », a été emporté à 312 500 € (frais compris). Il s’agissait de la planche no 41 pour le journal Pilote, (no 165 page 4 parue en 1962), et de celle de l’album « Astérix gladiateur », tome 4 par Uderzo et Goscinny. Cette enchère, réalisée par la société de ventes volontaires Millon et Associés constitue un record mondial pour une planche d’Uderzo.
  • Le 17 juin 2009, « Le Penseur », taille originale (soit 72,5 cm), par Auguste Rodin, a été adjugé 2 560 000 € (soit 3 095 808 € frais compris), constituant ainsi le record mondial de cette œuvre.
  • Un record mondial a été battu pour une œuvre du sculpteur Pablo Gargallo vendue 683 200 € (frais compris) par la société de ventes volontaires Brissonneau Daguerre, le 20 novembre 2009.
  • Le record français pour un tableau de Vasili Ivanovich Shukhaev a été atteint le 16 décembre 2009 avec le Portrait de Daria Kamenka (1924) adjugé 818 410 € (frais compris) par la société de ventes volontaires Aguttes.
  • Le 25 janvier 2010, un vase chinois en porcelaine, datant XVIIIe siècle, a été adjugé 1 020 833 € (frais compris) par la société de ventes volontaires Pescheteau-Badin.
  • En 2012, un album impérial de la dynastie Ming a été vendu à 7 800 000 €[6]

Drouot au cinéma[modifier | modifier le code]

Drouot dans la chanson[modifier | modifier le code]

  • La chanteuse Barbara, dans son album L'Aigle noir (1970), consacre une chanson à l'hôtel des ventes, intitulée Drouot.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • Le 14 décembre 2009, a eu lieu à l’hôtel Drouot à Paris, la mise en vente aux enchères d'un tronçon de l’escalier hélicoïdal de la tour Eiffel. Le tronçon de 18 mètres a été adjugé 180 000 € (hors frais) par maître Lucien.
  • En 1976, c'est à Drouot (gare d'Orsay) que fut mis aux enchères l'ancien orgue du Gaumont-Palace de Paris. Il fut acheté par la ville de Nogent-sur-Marne, et remonté dans le pavillon Baltard.

En savoir plus[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Reportage photographique commandé par la Chambre nationale des commissaires-priseurs, auprès de photographes de l'agence Magnum). Cet ouvrage est accompagné de textes historiques, d'illustrations évoquant l’hôtel Drouot au XIXe siècle et d’interviews de personnalités du XXe siècle.
  • Frédérique Bosser et Philippe Raynal, Adjugé ! - L'histoire des commissaires-priseurs et des ventes aux enchères, éd. Connivence, Paris, 1998 (ISBN 2-911259-11-4).
  • Michel Deléan, Adjugé, volé. Chronique d'un trafic à Drouot, éd. Max Milo, 2011 (ISBN 2315001439).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jugement du conseil des ventes (pdf) et lefigaro.fr/culture
  2. L'entreprise Chenue a été créée en 1760 par André Chenue, layetier royal de Marie-Antoinette, chargé d'emballer le linge de la famille royale.
  3. AFP, 14 septembre 2010.
  4. Agrément transporteurs - Art Services Transport Exemple d'agréments transporteurs - Art Services Transport
  5. Cette aiguière en laque est reproduite dans Arts de la Chine de R. Soame Jenyns et William Watson, 286 pages.
  6. Bilan des ventes 2012

Liens externes[modifier | modifier le code]

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  • Drouot.com - Tout sur les ventes aux enchères à Paris

Articles connexes[modifier | modifier le code]