Présence africaine

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Repères historiques
Dates clés 1947 - Création de la revue Présence Africaine

1949 - Création de la maison d'édition Présence Africaine

1956 - Premier Congrès des écrivains et artistes noirs (Paris-Sorbonne)

1959 - Deuxième Congrès des Ecrivains et Artistes noirs (Rome)

1966 - Festival mondial des arts nègres (Dakar)

Fondateur(s) Alioune Diop
Fiche d’identité
Siège social Paris
Drapeau de la France France
Direction Christiane Diop
Spécialité(s) Littératures (Afrique et Outre-Mer)
Site officiel www.presenceafricaine.com [2]

Présence africaine est une revue panafricaine semestrielle, fondée en 1947 par Alioune Diop (1910-1980) et qui paraît toujours.

C'est aussi une maison d'édition, fondée en 1949, et une librairie située dans le Quartier latin à Paris, au 25bis, rue des Écoles. La maison d'édition Présence Africaine est aujourd'hui dirigée par la veuve du fondateur, Christiane Diop.

Alioune Diop, Fondateur de Présence Africaine

Les origines[modifier | modifier le code]

Couverture Revue Présence Africaine no 1

La naissance de la revue s'inscrit dans la mouvance du panafricanisme dont les idées s'expriment depuis le début du XXe siècle, notamment lors de plusieurs congrès, dont celui de Paris en 1919, organisé par W.E.B. DuBois soutenu par Blaise Diagne. Les intellectuels sont aussi marqués par le surréalisme et le marxisme. En 1936 le Front populaire confronte les Africains vivant en France au monde syndical et politique et cette dynamique trouve un écho notamment au Sénégal. Enfin, la liberté retrouvée à l'issue de la Seconde Guerre mondiale soulève désormais avec acuité la question de la souveraineté des peuples et des cultures à l'échelle mondiale, et notamment en Afrique. Petit à petit des périodiques donnent la parole aux Noirs, tels que La Revue du Monde Noir, Légitime Défense, L'Étudiant noir ou Tropiques, édité par Aimé Césaire au début des années 1940.

Le rayonnement de la revue[modifier | modifier le code]

C'est dans ce contexte que la revue est créée en novembre-décembre 1947 par Alioune Diop, professeur de philosophie né au Sénégal, avec le soutien d'intellectuels, écrivains ou anthropologues, tels que Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Richard Wright, Albert Camus, André Gide, Jean-Paul Sartre, Théodore Monod, Georges Balandier ou Michel Leiris.

Dans le premier numéro – avec un avant-propos d'André Gide – Alioune Diop déclare que « la revue ne se place sous l'obédience d'aucune idéologie ou politique. Elle veut s'ouvrir à la collaboration de tous les hommes de bonne volonté (Blancs, Jaunes ou Noirs), susceptibles de nous aider à définir l'originalité africaine et de hâter son insertion dans le monde moderne ».

La revue rencontre le succès et dès 1949 la maison d'édition du même nom est créée. Le premier titre publié est l'ouvrage – controversé[1] – du missionnaire belge Placide Tempels (1906-1977), La philosophie bantoue[2].

Pendant les années 1950 et 1960, la revue milite activement en faveur de l'émergence d'une culture africaine indépendante. Véritable moteur intellectuel, elle offre une tribune de choix aux figures montantes du monde littéraire et politique. Les mentalités devancent ainsi les décisions politiques dans l'accession à l'indépendance.

En 1951, la revue commandite un court-métrage documentaire, réalisé par Chris Marker et Alain Resnais, Les Statues meurent aussi[3]. Dénonciation des méfaits de la colonisation, le film sort en 1953 et obtient la même année le prix Jean-Vigo, mais il est censuré pendant une dizaine d'années.

En 1956, Présence africaine réunit dans le grand amphithéâtre Descartes de la Sorbonne le premier Congrès des écrivains et artistes noirs, un événement que l'on a parfois qualifié de « Bandung culturel », en référence à la conférence de Bandung qui s'était tenue en 1955. La Société africaine de culture (SAC) se constitue à l'issue de ce premier congrès.

Dans un Sénégal désormais indépendant, Alioune Diop et son équipe organisent avec Léopold Sédar Senghor le premier Festival mondial des Arts nègres à Dakar, inauguré en 1966.

Depuis la mort d'Alioune Diop en 1980, sa veuve Christiane Mame Yandé Diop a repris le flambeau. Le 50e anniversaire de la revue a été célébré solennellement par un colloque organisé au siège de l'UNESCO à Paris du 3 au 5 décembre 1997, en présence de nombreuses personnalités. Du 19 au 22 septembre 2006, la Communauté africaine de culture, ONG succédant à la Société africaine de culture, présidée par le Prix Nobel Wole Soyinka, a organisé le cinquantenaire du premier Congrès des écrivains et artistes noirs à la Sorbonne et à l'Unesco en présence de nombreuses personnalités.

Christiane Diop a reçu la décoration de Chevalier de la Légion d'Honneur, au Palais de l'Élysée, mercredi 8 avril 2009.

Fin 2009, on dénombre près de 300 numéros de la revue et environ 400 ouvrages parus[4].

Le directeur de la publication actuel est Romuald Fonkoua, professeur de littérature française et comparée à l'Université de Strasbourg.

Du 11 novembre 2009 au 31 janvier 2010, le musée du Quai Branly accueille une exposition thématique autour de la revue Présence africaine[5], dans le cadre des célébrations du centenaire de la naissance de son fondateur Alioune Diop. [3]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Voir l'article Philosophie africaine
  2. Placide Tempels, La philosophie bantoue, traduit du néerlandais A. Rubbens, 1949, 125 p.
  3. « Les Statues meurent aussi, un film censuré »
  4. Tshitenge Lubaru M. K., « Soixante ans de Présence », Jeune Afrique, no 2448, du 9 au 15 décembre 2007, p. 108
  5. L'Express, 24 novembre 2009 [1]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Quelques auteurs[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Bennetta Jules-Rosette, Black Paris: The African Writer’s Landscape, Chicago, University of Illinois Press, 1998
  • (en) Marga Graf, « Roots of Identity: The National and Cultural Self in Présence Africaine », Comparative Literature and Culture, juin 2001, 3(2)
  • (en) Salah D. Hassan, « Inaugural Issues: the cultural politics of the early résence Africaine », Research in African Literatures, 30:2, été 1999, p. 194-221
  • (en) Valentin Y. Mudimbe (sous la direction de), The Surreptitious Speech: Présence Africaine and the Politics of Otherness, 1947-1987, Chicago, University of Chicago Press, 1992
  • (fr) Léopold Sédar Senghor et la revue "Présence Africaine", Paris, Présence africaine, 1996, 250 p. (ISBN 2-7087-0621-7) (anthologie)
  • (fr) Jacques Howlett, Index alphabétique des auteurs et index des matières de la revue "Présence Africaine", Paris, Présence africaine, 1977, 381 p. (ISBN 2-7087-0343-9)
  • (fr) Micaela Fenoglio, "Présence africaine" entre critique et littérature : l'esprit du dialogue, Rome, Bulzoni, 1998
  • (fr) Sarah Frioux-Salgas (dir.), Présence africaine. Les conditions noires : une généalogie des discours, Gradhiva no 10, Paris, Musée du quai Branly, 2009.[lire en ligne]
  • (fr) Marcella Glisenti (sous la direction de), Hommage à Alioune Diop, fondateur de Présence Africaine, Rome, Éditions des amis italiens de Présence Africaine, 1977
  • (fr) Lilyan Kesteloot, Les Écrivains noirs de langue française : naissance d'une littérature, Bruxelles, Université libre de Bruxelles, 1965
  • (fr) Diane T. Simard, Théorie et critique littéraires dans la revue "Présence africaine", Montréal, Université McGill, 1972 (Thèse M.A.)
  • (fr) 20e Anniversaire : Mélanges: réflexions d’hommes de culture, Présence Africaine 1947-1967, Paris, Présence Africaine, 1969
  • (fr) 30e Anniversaire de Présence Africaine. Hommage à Alioune Diop, Paris, Présence Africaine, 1977
  • (fr) 50e anniversaire de Présence africaine, 1947-1997 : colloque de Dakar, 25-27 novembre 1997, Paris, Présence africaine (numéro spécial), 1999, 385 p. (ISBN 2-7087-0674-8)
  • (fr) Tshitenge Lubabu M. K., « Soixante ans de Présence », Jeune Afrique, no 2448, du 9 au 15 décembre 2007, p. 106-108

Liens externes[modifier | modifier le code]