Assemblée constituante

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Une assemblée constituante est une institution collégiale avec pour tâche la rédaction, ou l'adoption, d'une constitution, c'est-à-dire le texte fondamental d'organisation des pouvoirs publics d'un pays.

La façon dont les membres de l'assemblée sont désignés dépend des circonstances et des pays. Ils peuvent être désignés expressément pour cette tâche, ou bien avoir d'autres fonctions institutionnelles, voire s'autoproclamer. En effet, l'assemblée peut détenir le pouvoir constituant en vertu de la précédente constitution (on parle alors plutôt de révision), ou bien par les circonstances de faits, à la suite d'une crise de régime (révolution, guerre civile, coup d'État, invasion…).

Le résultat des travaux de l'assemblée peut n'être qu'un projet qui devra être entériné par le détenteur du pouvoir (par exemple un référendum). Il peut être une constitution entièrement nouvelle ou une simple modification plus ou moins importante.

Assemblées constituantes dans le monde[modifier | modifier le code]

En Allemagne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Assemblée nationale de Weimar.

En Belgique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Congrès national (Belgique).

Au Canada[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Confédération canadienne.

Le processus politique et législatif ayant mené à la création du Dominion du Canada et s'étallant sur une période allant de 1864 à 1867 porte le nom, dans ce pays, de Confédération canadienne.

Conférence de Charlottetown[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conférence de Charlottetown.

La première assemblée constituante se tint à Charlottetown (Île-du-Prince-Édouard), du 1er au 9 septembre 1864 et réunit des représentants élus des colonies de l'Amérique du Nord britannique pour discuter d'une éventuelle union de l'Ïle-du-Prince-Édouard, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse.

Conférence de Québec[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conférence de Québec (1864).

La deuxième assemblée constituante se tint à Québec (Québec), du 10 au 27 octobre 1864 avec pour objectif d'élargir l'union ayant fait l'objet de la conférence précédente pour y inclure la Province du Canada. Les instances politiques du futur pays y furent discutées en détail pour aboutir en 72 résolutions qui seront votées par les assemblée législatives des quatre colonies britanniques concernées.

Conférence de Londres[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conférence de Londres (1866).

La troisième assemblée constituante se tint à Londres (Royaume-Uni), du 4 décembre 1866 au 29 mars 1867, au Parlement impérial. Au cours de cette dernière conférence, les 72 résolutions évoluèrent jusqu'en projet de loi (l'Acte de l'Amérique du Nord britannique) qui recevra finalement la sanction royale de la reine Victoria et consacrera la création du Canada moderne.

En Égypte[modifier | modifier le code]

À la suite de la révolution de 2011, l'Assemblée du peuple est dissoute, des élections sont organisées, et les députés constituants sont chargés de rédiger une nouvelle constitution. Cette assemblée est néanmoins quittée par les libéraux ayant dénoncé sa mainmise par les Frères musulmans.

En France[modifier | modifier le code]

L'Assemblée constituante de 1789[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Assemblée constituante de 1789.

La première assemblée constituante fut fondée par des députés des États généraux lorsqu'ils s'érigèrent d'eux-mêmes en une « Assemblée nationale » le 17 juin 1789.

Cette assemblée devient le l'Assemblée nationale constituante.

La constitution qu'elle met en place le 3 septembre 1791 consacre une monarchie constitutionnelle.

L'Assemblée constituante de 1848[modifier | modifier le code]

Selon la tradition républicaine de 1789 à 1792, le gouvernement provisoire décide de faire rédiger la nouvelle constitution par une assemblée constituante, qui est élue au suffrage universel direct masculin le 23 avril par 7 800 000 Français.

L'Assemblée souhaite un texte de compromis pour maintenir un ordre social libéral. Un projet est rédigé par un Comité de Constitution de 18 membres qui est discuté en Assemblée plénière et aboutit à un accord le 4 novembre.

L'Assemblée nationale constituante de 1871[modifier | modifier le code]

La République est proclamée à Paris le 4 septembre 1870 à la suite de la défaite de Sedan et les républicains constituent un gouvernement provisoire, le Gouvernement de la Défense nationale, lequel signe un armistice avec la Prusse le 28 janvier 1871.

L'Assemblée nationale est élue le 8 février 1871 à la demande de la Prusse. Elle se proclame constituante le 31 août 1871 (loi Rivet).

La Troisième République fut définitivement instaurée le 30 janvier 1875 par l'adoption, à une voix de majorité, en première lecture 353 contre 352, puis à une plus large majorité en deuxième lecture 413 contre 248, de l'Amendement Wallon qui stipulait :

« Le président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages par le Sénat et la Chambre des Députés réunie en Assemblée nationale. Il est nommé pour sept ans ; il est rééligible. »

Sont ensuite votées les trois lois constitutionnelles qui fixent le régime.

Ayant rempli son rôle, l'Assemblée se sépara le 31 décembre 1875.

Les Assemblées constituantes de la IVe République[modifier | modifier le code]

Le Comité français de la Libération nationale (CFLN), organe politique de la Résistance, se déclare Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) le .

Le 21 octobre 1945, à la question : « Voulez-vous que l'assemblée élue ce jour soit constituante ? », une très large majorité des électeurs et électrices (le droit de vote des femmes date de 1944) répondent oui. Ainsi, le référendum du 21 octobre établit une Assemblée nationale constituante, élue le même jour. Elle est chargée de rédiger une nouvelle Constitution, celle de la IVe République.

Un premier projet de Constitution est rejeté par référendum le . Une nouvelle Assemblée constituante est élue le 2 juin et la constitution de la IVe République est définitivement adoptée par référendum le . Elle entre en vigueur le 27 octobre 1946.

En Inde[modifier | modifier le code]

L'Assemblée constituante indienne s'est réunie pour la première fois le , quelques mois avant l'Indépendance de l'Inde et elle était composée de membres élus par les Assemblées législatives des provinces de l'Empire britannique des Indes. Son premier président était le Dr Sinha Sachidanand, plus tard remplacé par Rajendra Prasad.

Sous la direction du leader dalit B. R. Ambdekar, président du Comité de Rédaction, elle s'est réunie en sessions ouvertes au public pendant 166 jours, réparties sur une période de 2 ans, 11 mois et 18 jours et a adopté la Constitution indienne qui est entré en vigueur le , faisant de l'Inde une république.

En Indonésie[modifier | modifier le code]

Le Gedung Merdeka à Bandung, où s'est tenue la Konstituante

La Konstituante (en) était l'organisme issu des élections législatives indonésiennes de 1955. Elle était chargée de rédiger une constitution permanente pour remplacer celle, provisoire, de la République des États-Unis d'Indonésie qui datait de 1950. La Konstituante a siégé du 10 novembre 1956 au 2 juillet 1959 à Bandung (Java occidental). Le président Soekarno l'a dissoute par le décret du 5 juillet 1959, qui a en outre imposé un retour à la constitution de 1945.

En Islande[modifier | modifier le code]

En Italie[modifier | modifier le code]

Au Népal[modifier | modifier le code]

En Russie[modifier | modifier le code]

En Suisse[modifier | modifier le code]

Assemblée constituante vaudoise[modifier | modifier le code]

L'Assemblée constituante vaudoise a été élue par le peuple du canton de Vaud en Suisse le . Son but était d'écrire une nouvelle constitution pour ce canton. La précédente constitution datait du .

La Constituante a siégé de 1999 à 2002. Elle adopte le nouveau projet de Constitution le en assemblée plénière, à l'appel nominal, par 135 voix contre 16 et 10 abstentions.

Article détaillé : Assemblée constituante vaudoise.

Assemblée constituante de Genève[modifier | modifier le code]

L'Assemblée constituante de Genève, élue le [1], était l'assemblée chargée de rédiger une nouvelle constitution pour le canton de Genève. À l'issue de ses travaux, le texte a été soumis en votation le et accepté par 54,1 % des électeurs[2]. La nouvelle constitution genevoise entrera donc en vigueur le .

Article détaillé : Assemblée constituante de Genève.

Assemblée constituante du Jura[modifier | modifier le code]

Le L'Assemblée constituante du Jura a approuvé la création du canton du Jura à l'unanimité, en la collégiale de Saint-Ursanne. Un odonyme local (Rue du 3 février) rappelle cet évènement[3].

En 1977-1978, la même Constituante élabore la législation jurassienne, l'organigramme de l'Administration jurassienne, le statut des fonctionnaires ; elle adopte le budget cantonal pour 1979.

En Tunisie[modifier | modifier le code]

L'histoire de la Tunisie nouvelle a connu deux assemblées constituantes. La première a été élue le 25 juillet 1956 et a abouti à la proclamation de la république en 1957 et a fini ses travaux avec l'adoption de la constitution en date du 1er juin 1959. La deuxième fut élue lors des élections du 23 octobre 2011 et constitue la plus importante date de l'après 14 janvier 2011, lors de la révolution tunisienne qui a fait chuter Ben Ali

L'assemblée constituante de 2011 représente l'une des plus importantes revendications du peuple tunisien après son soulèvement contre le pouvoir dictatorial de l'ex-président Zine el-Abidine Ben Ali, déchu le , et aboutissant ainsi à la Révolution tunisienne de 2010-2011 aussi connue en Occident sous le nom de « Révolution du Jasmin ». Le , le Premier ministre dans le gouvernement de transition Béji Caïd Essebsi a officiellement annoncé la tenue des élections d'une assemblée constituante pour le dimanche [4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. www.ge.ch Élection de l'Assemblée constituante du 19 octobre 2008.
  2. www.ge.ch État de Genève - Une nouvelle constitution pour Genève.
  3. www.jura.ch Les dates-clés de la création de la République et Canton du Jura.
  4. www.lesechos.fr « Tunisie : les élections reportées au 23 octobre », Les Echos, 8 juin 2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]