Canal+

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Image illustrative de l'article Canal+

Création 4 novembre 1984
Propriétaire Groupe Canal+
Slogan « Plus on aime Canal+, plus on aime le cinéma »
Format d'image 16:9, 576i et 1080i
Langue Français et anglais
Pays Drapeau de la France France
Statut Généraliste nationale privée
Siège social Issy-les-Moulineaux
Site web www.canalplus.fr
Diffusion
Diffusion TNT, satellite, câble, IPTV et Web.

Canal+ est une chaîne de télévision généraliste nationale française privée à péage sur engagement, axée sur le cinéma et le sport. Toute première chaîne privée à péage en France, elle appartient au groupe Canal+, lui même filiale du groupe Vivendi. Elle existe depuis le 4 novembre 1984.

Histoire de la chaîne[modifier | modifier le code]

Naissance de la première chaîne payante[modifier | modifier le code]

Le 21 juin 1982, le président de la République française François Mitterrand annonce lors d'une conférence de presse : « Une quatrième chaîne de télévision sera incessamment mise en œuvre. Elle se tournera davantage vers les retransmissions et aussi des problèmes de culture. Cette chaîne ne sera financée ni par la redevance, ni par la publicité ». Ce projet de chaîne culturelle que lui ont suggéré Jean-Louis Bianco et Jérôme Clément provient également de plusieurs autres sources. Une chaîne à dominante culturelle est un dossier soutenu par le ministre de la culture Jack Lang (et son conseiller Jean Cazès) ainsi que par le ministre des PTT Louis Mexandeau (et son conseiller Alain Giraud). L'objectif consiste à exploiter l'ancien réseau d'émetteurs de la bande TV VHF, que TF1 a abandonné en passant à la diffusion en couleurs sur la bande UHF. Toutefois, le projet initial axé sur les sujets culturels va être considérablement modifié pour devenir une chaîne à péage consacrée au cinéma. En juin 1981 Pierre Nicolaÿ est nommé président du Groupe Havas. En juillet 1981, il désigne Léo Scheer comme Directeur du Développement et Directeur de Cabinet du Président et le charge de définir un plan stratégique dans le domaine audiovisuel pour le groupe. En août 1981, un rapport est présenté lequel prévoit d'accompagner la CLT et le gouvernement luxembourgeois dans leurs projets européens de télévision par satellite, puis de créer une chaîne à péage à partir du premier réseau hertzien français historique 819 lignes noir et blanc (ex-TF1) qui doit être ré-exploité ou cédé par l'opérateur national TDF. Pour Havas, ce plan prévoit également d'augmenter sa participation dans Pathé (passer de 10 % à 50 %) pour consolider les investissements dans le cinéma. Ce plan est adopté par la Présidence.

L'équipe dirigée par Léo Scheer (Jacques Driencourt, Antoine Lefébure, Marie Castaing, rejoints par Sylvain Anichini et Marc Friedman) va développer ce projet durant une année. Il comprend l'élaboration du plan d'affaires, la définition d'une grille de programmes basée sur la diffusion de films récents, la négociation avec le BLIC et les industries du cinéma, avec TDF pour la reprise technique du réseau, avec le SJTI, le cadre juridique de la concession de service public, l'expertise technique du décodeur et l'adaptation de la logistique, inspirée des chaînes hertziennes américaines à péage basées à Los Angeles, à l'instar de HBO.

Contexte politique et privilèges règlementaires[modifier | modifier le code]

Lorsqu'André Rousselet est nommé président, Léo Scheer et Jacques Driencourt présentent au comité de direction d'Havas, en novembre 1982, le projet appelé "Canal 4"[1], qui à la suite d'une erreur d'impression, donnera l'idée de "Canal+". Le comité de direction est partagé, nombreux sont ceux qui s'inquiètent devant l'ampleur de l'investissement, en particulier Marc Tessier qui vient d'être nommé Directeur Financier. Toutefois, après une courte période d'hésitation, André Rousselet décide de mobiliser les moyens du groupe Havas pour faire aboutir ce projet. La phase de mise au point opérationnelle durera deux années supplémentaires au cours desquelles certains membres du gouvernement tenteront de réorienter le projet vers une télévision culturelle (Jack Lang en particulier), en désignant des personnalités comme Alain de Sédouy ou Michel Dahan pour participer à l'équipe de conception de la chaîne. Les projets développés jusque là n'ayant donné aucun gage de réussite, André Rousselet nomme alors Pierre Lescure à la tête du projet de programmes. Lui et son équipe, Alain de Greef, René Bonnell, puis Albert Mathieu et Charles Biétry, élaborent un projet qui, du point de vue du programme, de son impact sur le financement du cinéma et du sport et de son potentiel commercial peut être enfin lancé. Cependant, André Rousselet qui a la confiance du Président de la République, doit lutter pour parvenir à garder le contrôle du projet de l'entreprise, contre les pressions politiques. Certaines décisions visent également à protéger la toute première chaîne privée française. Entre 1982 et la naissance de Canal+, le gouvernement français met en œuvre en parallèle, une série de mesures visant à freiner la croissance du marché de la vidéo; un succès engendré par la faible offre télévisuelle de l'époque. Parmi les mesures qui permettent de freiner cette expansion, le 22 octobre 1982, un « blocus de Poitiers » vise à réduire considérablement l'importation des magnétoscopes, notamment d'origine asiatique[2]. De plus, une redevance spéciale sur les magnétoscopes est adoptée par décret, le 17 novembre 1982[3]. Enfin, une TVA dite « de luxe » à 33 % est appliquée pour tous les appareils vidéo et même les vidéocassettes préenregistrées[4]. Au contraire, les décodeurs de Canal+ sont assujettis à la TVA la plus réduite, à l'instar de celle appliquée pour les téléviseurs[5].

L’ère Rousselet[modifier | modifier le code]

Le dimanche 4 novembre 1984[6], André Rousselet, ex directeur de cabinet du président de la République, devenu président de Canal+, ouvre l'antenne à 8h du matin, en appuyant sur un bouton en régie, permettant à ses 186 000 premiers abonnés "fondateurs" de découvrir la première chaîne à péage française privée, douze ans après la création de la troisième chaîne, qui émet 24 heures sur 24 et sept jours sur sept[7]. Au contraire de HBO qui rediffuse jusqu'à 50 fois ses films dans l'année, Canal+ singularise ses programmes par la multi-diffusion limitée à six fois des films récents du cinéma international, la présence de sports peu diffusés ailleurs (boxe, basket-ball, Golf…) et la prédominance du football qui deviendra son deuxième pôle d'attraction : le 9 novembre 1984, Canal+ diffuse son premier match de football, Nantes-Monaco, avec cinq caméras[8].

Fraîchement accueillie par ses trois concurrentes publiques, la chaîne connaît des débuts difficiles, notamment en raison d'une erreur marketing : le choix d'orienter la commercialisation vers les foyers les plus favorisés vivant dans les grandes villes au lieu d'un public bien plus large et populaire. De plus, la chaîne doit exploiter une antenne de réception spécifique (VHF), l'introduction du standard SECAM amélioré (identification couleurs par ligne au lieu des trames) et exploiter la nouvelle connectique Péritélévision (introduite en 1980 sur les téléviseurs commercialisés). Ajouté à ces problèmes, le piratage de son décodeur « Discret 11 », s'étend considérablement (plus ou moins favorisé par des techniciens de Thomson et Philips)[réf. nécessaire].

En 1985, l'annonce de la création de deux nouvelles chaînes privées gratuites, La Cinq et TV6, incite les téléspectateurs à l'attentisme et freine sérieusement les abonnements. Fin 1985, le déficit est de 330 millions de francs pour un chiffre d'affaires de 558 millions. Les abonnements redécollent alors grâce au renforcement des plages « en clair » que la chaîne aménage entre ses programmes cryptés et qui servent de vitrines pour donner un avant-goût de la chaîne aux téléspectateurs et les inciter à s'abonner.

Cette période de forte croissance marque le tournant de l'axe "populaire" et moins "parisien" de la chaîne alors que les études marketing visaient les "CSP+" (Catégorie socio-professionnelle supérieure, les cadres, professions libérales) et les grandes villes, avec toute une série d'émissions et rendez-vous "accrocheurs" parmi lesquels :

  • films classés X, le premier diffusé le 31 août 1985 est « Exhibition »[8]
  • « Top 50 » présenté par Marc Toesca dès le 6 novembre 1984
  • « Coluche 1 Faux » 1/4 h d'humour animé par Coluche à partir du 7 octobre 1985
  • « Surtout l'après-midi » rendez-vous musical quotidien de et par Antoine de Caunes à partir du 6 novembre 1984.
  • « La Maxitête », jeu d'argent animé par l'ex-cocogirl Sophie Favier et Roger Zabel, consistant à reconnaître les visages et voix de plusieurs célébrités associées en un seul visage composite à compter du 2 septembre 1985
  • « Tout s'achète », jeu d'argent animé par Fabrice (de RTL) et son acolyte « Fifi », consistant à proposer des billets de banques aux passants contre un objet, une action ou leurs vêtements, dès le 2 septembre 1985
  • « Les Affaires sont les Affaires », animé par Georges Beller et Sophie Garrel ou Gérard Hernandez avec Sophie Michaud, jeu consistant à répondre à un quizz puis à échanger un cadeau proposé avec des boîtes au contenu surprise. Diffusé à partir du 2 septembre 1985

On retrouve également à l'antenne dès son lancement le 4 novembre 1984, Patrick Poivre d'Arvor (entretiens), Christophe Dechavanne (chroniques), Alain Chabat (météo humoristique et parodies) et Michel Denisot (émission matinale "7/9")[9]. Le premier film diffusé à l'antenne le matin du 4 novembre 1984 est L'As des as, avec Jean-Paul Belmondo en vedette.

Durant cette période qui n'a rien à envier aux pratiques des concurrentes commerciales TF1 et La Cinq, Canal+ engrange un volume insuffisant d'abonnés. Toutefois avec Alain de Greef, ami de Pierre Lescure directeur de la production des débuts qui devient ensuite directeur des programmes, la création ultérieure d'émissions comme Direct (9 octobre 1985), Nulle part ailleurs (31 août 1987), la chaîne se trouve un ton et une identité constitués d'irrévérence avec Coluche 1 faux puis avec Les Nuls (Objectif Nuls, 2 février 1987). En janvier 1987, Canal+ crée sa filiale de production, Canal+ Productions, laquelle deviendra StudioCanal, l'un des premiers catalogues de films du monde ; en octobre de la même année, Canal+ lance Canal+ Magazine (rebaptisé ultérieurement « PLUS+ »), le mensuel imprimé des millions d'abonnés de la chaîne.

Le 19 décembre 1989, Canal+ peut se targuer d'avoir plus de 3 millions d'abonnés et de dégager un bénéfice de 774 millions de Francs (118 million d'euros) pour un chiffre d'affaires de 5,3 milliards de francs (808 millions d'euros).

La chaîne lance pour la première fois, sa commercialisation par satellite, en étant diffusée par TDF 1, dans la norme D2 Mac et en 16/9e. Le récepteur-décodeur DECSAT est proposé en location par Canal+ et pour la première fois, le contrôle d'accès utilise une carte à microprocesseur. En 1992, la chaîne quitte la rue Olivier de Serres dans le 15e arrondissement de Paris et investit dans un nouveau siège sur les bords de Seine dessiné par Richard Meier, dans lequel sont regroupés les services techniques, financiers et les plateaux où sont tournées les émissions. En parallèle, principalement pour lutter contre le piratage et pour le lancement du bouquet Canalsatellite, Canal+ introduit son deuxième décodeur terrestre, le Syster.

L’ère Lescure[modifier | modifier le code]

En février 1994, à la suite d'une modification du pacte d'actionnaires, André Rousselet est poussé vers la sortie et démissionne. Il publie dans Le Monde du 17 février un cinglant papier titré « Édouard m'a tuer » (en référence à l’affaire Omar Raddad), dans lequel il dénonce le complot fomenté selon lui par le Premier ministre Édouard Balladur pour prendre le contrôle de la chaîne par le biais de la Compagnie générale des eaux (qui deviendra quelques années plus tard Vivendi). À la rentrée 1994, Jean-Luc Delarue quitte la chaîne, marquant la fin d'une époque, alors qu'elle s'apprête à fêter son dixième anniversaire. Antoine de Caunes, quant à lui, la quitte à la rentrée 1995.

À l'occasion du lancement de Canalsat, Canal+ introduit en 1995, son deuxième récepteur-décodeur satellite, cette fois-ci numérique à la norme DVB, le Mediasat.

L'ellipse de Canal+, véritable identité visuelle connue et reconnue de tous imaginée par Étienne Robial en 1984, passe à la trappe le 28 août 1995 lorsque Robial épure son logo en cartouche noir écrit en blanc et le décline l'année suivante sous forme de multiplex pour le satellite : Canal+ Bleu (plutôt orientée émissions et documentaires) et Canal+ Jaune (plutôt orientée cinéma). En 1998, Canal+ Vert (plutôt orientée sport) vient compléter le multiplex.

En septembre 1999, Vivendi détient 49 % de Canal+ mais surtout 75 % des voix au conseil d'administration. Jean-Marie Messier, le PDG de Vivendi, est seul maître à bord d’un groupe qui perd de l'argent depuis 1997 (alors que la chaîne Canal+ France reste très largement rentable). Nulle part ailleurs, l'émission phare de la chaîne, est « déclarée médiatiquement » en perte de vitesse à la suite du départ de Philippe Gildas en 1997 mais son audience est la plus forte de son histoire lors de la dernière année de Gildas et des deux années où Guillaume Durand lui succède. Le coût de la grille a explosé depuis que TPS s'est attaqué aux fondamentaux de la chaîne : le football et le cinéma et toutes les filiales européennes sont déficitaires. En 1999, alors que la chaîne française reste largement rentable, le groupe Canal+/CanalSatellite annonce une perte nette de 892 millions de francs toutes activités confondues.

Le 11 décembre 2000, Canal+, Vivendi et Universal fusionnent dans un nouvel ensemble, Vivendi Universal (VU), qui les propulse au 2e rang mondial avec à sa tête Jean-Marie Messier. La fusion a pour but d'alimenter les réseaux détenus par Vivendi (SFR, Cegetel, Canal+ SA) avec les contenus musicaux et les films d'Universal. Canal+ SA est la seule entité à rester en dehors de la fusion, puisqu'une règle stipule qu'aucun groupe industriel ne peut détenir plus de 49 % du capital d’une chaîne de télévision française. Toutes les autres composantes du groupe Canal+ (CanalSatellite, MultiThématiques, StudioCanal) sont fusionnées, y compris Canal+ Distribution qui détient le précieux fichier des abonnés. Le 21 décembre 2000, Michel Denisot remplace Alain de Greef à la direction générale des programmes, l'image se dégrade, le taux de désabonnement en France n'a jamais été aussi élevé, surtout en raison de l'explosion de l'offre concurrente : TPS, Canalsat et AB Sat. Canal+ ne détient alors plus le « monopole de fait » de la télévision payante institué en 1984. À la suite de la fusion, Jean-Marie Messier met en place un plan d’économies drastique. En France, Canal+ doit réaliser 400 millions d'euros d'économies sur deux ans et un plan social prévoit 217 licenciements dans le groupe. Ce plan social permet à quelques journalistes de Canal+ de venir remplacer la vingtaine de jeunes journalistes renvoyés de la chaîne d'information de Pierre Lescure, i>Télévision, lancée fin 1999. Les tensions qui règnent avec Vivendi entraînent le départ de Denis Olivennes le 12 avril 2002, puis le limogeage de Pierre Lescure du poste de président du directoire, le 16 du même mois. La chaîne interrompt ses programmes pour retransmettre une assemblée générale des salariés[10].

L’ère Couture[modifier | modifier le code]

Quelques jours plus tard, Jean-Marie Messier est obligé de se rendre au CSA sous les huées des salariés de Canal+ France pour rassurer le conseil sur les engagements pris deux ans plus tôt au nom de Canal+ SA à l'époque de la fusion avec Universal.

Xavier Couture, ancien numéro 3 de TF1, prend la succession de Pierre Lescure pour quelques mois. Après avoir vécu 18 ans dans l’illusion de faire partie d’une grande famille, les salariés de Canal+ découvrent que leur société, mise en difficulté par le groupe dont elle fait partie, est soumise aux mêmes lois que toutes les autres et craignent alors un possible rachat par le groupe TF1 ou Lagardère et la fin de leur singularité. Pour calmer le jeu, Dominique Farrugia est nommé Président de Canal+ SA comme garant du fameux « esprit Canal » des débuts. Hélène, la speakerine anti-potiche et l'éphémère Hypershow font leur apparition.

Le plan de convergence de Jean-Marie Messier a échoué forçant les actionnaires à demander son départ de Vivendi Universal début juillet 2002. Il est remplacé par Jean-René Fourtou qui met immédiatement en place un plan visant à rendre à la chaîne cryptée « son visage d'avant 1997 » : Canal+ Distribution (qui exploite le fichier d'abonnés), Canal+ Régie (publicité), CanalSatellite, MultiThématiques, i>télévision, la plate-forme outre-mer et internationale MediaOverseas, Pathé Sport, StudioCanal et le reste de participation dans le capital de l'espagnol Sogecable (ex-Sociedad de Televisión Canal Plus) qui opère Canal+ España et le bouquet CanalSatélite Digital, retournent dans le giron de Canal+ SA afin de récupérer les actifs rentables du groupe.

Détenu à 100 % par VU, « Canal+ Group » subsiste et abrite tous les actifs non repris par Canal+ SA et destinés être cédés :

  • vente de Tele+ et D+ à Sky (les deux marques disparaîtront)
  • vente de Canal+ Scandinavie (la marque sera conservée pour la chaîne premium - ainsi que le logo - et pour le bouquet satellite)
  • vente des parts dans Sogecable au groupe PRISA (l'un des principaux groupes de presse espagnol qui contrôle notamment les journaux El País et As)
  • vente de Canal+ Belgique, première déclinaison locale du concept premium en Europe, puis de Canal+ Nederland qui deviendront BeTV (Wallonie) et Prime (Flandres) en Belgique et Film 1 / Sport 1 aux Pays-Bas...

En février 2003, Jean-René Fourtou démet Xavier Couture de ses fonctions.

L’ère Méheut[modifier | modifier le code]

Le gestionnaire Bertrand Méheut qui vient de l'industrie pharmaceutique, remplace Xavier Couture à la présidence du groupe. Il décide de poursuivre la restructuration du groupe. Le siège mythique de la grande époque de Canal+ sur le quai André Citroën est revendu, le groupe s'installe à Issy-les-Moulineaux. Un nouveau plan social est mis en place avec 305 postes supprimés et 138 autres externalisés[11],[12],[13] qui touche tous les services (sauf la création, les commerciaux et les relations clientèle)[14]. Lors du mouvement de grève consécutif à l'annonce du plan social, le journal de la mi-journée du 14 février 2003 de Canal+ est remplacé par une édition réduite, présentée par Priscilia de Selve et réalisée par les équipes d'i>Télé[15], avec un retard exceptionnel de trois quarts d'heure.

À la rentrée 2003, la grille en clair est revue. Emmanuel Chain anime Merci pour l'info et Stéphane Bern présente 20H10 pétantes. Canal+ fête sereinement ses 20 ans en 2004. La chaîne renoue avec les succès de l'époque NPA avec Le Grand Journal de Michel Denisot. Canal récupère l'exclusivité des droits TV de la Ligue 1 pour 600 millions d'€ face à son concurrent TPS et acquiert les droits de la série Desperate Housewives. En 2005, Canal change de stratégie sur la TNT et décide de lancer sa chaîne info i>Télé en gratuit. Fin 2005, Patrick Le Lay, patron de TF1, accepte le principe d'une fusion entre son bouquet satellite TPS et Canalsat. La fusion est concrétisée début 2007 avec l'absorption de TPS par Canalsat.

À la rentrée 2006, Stéphane Bern et Karl Zéro quittent la chaîne, le Vrai Journal est remplacé par une émission politique, Dimanche+, animée par Laurence Ferrari. Jamel Debbouze lance le Jamel Comedy Club et Thierry Ardisson anime Salut les Terriens. À la rentrée 2007, Yann Barthès anime Le Petit Journal dans Le Grand Journal. Ces nouveaux programmes en clair connaissent beaucoup de succès et deviennent rentables pour la chaîne. Fin 2007, Canal renouvelle ses droits TV de la Ligue 1, mais il les partage avec Orange.

Fin 2010, les émissions de Canal+ sur le réseau Sécam-L analogique sont définitivement arrêtées au profit de la diffusion en numérique sur la TNT. En 2011, Canal+ renouvelle ses droits TV de la Ligue 1, mais il les partage cette fois avec Al Jazeera. De plus, le groupe tente d'obtenir une fréquence sur la TNT gratuite pour lancer Canal 20. Face à la réticence du gouvernement et de ses concurrents TF1 et M6, Canal rachète Direct 8 et Direct Star à Bolloré.

Le 21 décembre 2012, le Conseil d'État rend publique sa décision et de fait, supprime l'autorisation concernant la fusion avec TPS. Il confirme la décision de l'Autorité de la concurrence contre le recours déposé par Canal+ contestant les décisions de l'autorité de régulation. La décision de l'Autorité de la concurrence de septembre 2011 est confirmée : retrait de l'autorisation de fusion des deux bouquets TPS et Canalsat. De plus, l'amende prononcée en 2011 à l'encontre de Canal+, passe de 30 à 27 millions d'euros[16].

En février 2013, la chaine cryptée obtient la diffusion de la Formule 1 pour 29 millions d’euros par an. Cyril Linette, directeur des sports de Canal+ affirme au journal L'Équipe : « il n'y a pas, dans le monde du sport, de feuilleton du niveau de la F1 » avant d’expliquer que la chaine n’a pas vocation à « diffuser tout le sport, mais de monter en gamme pour proposer le meilleur ». Peu de temps auparavant, les services du sport avait réussi à conserver les droits pour la Première League anglaise, le championnat le plus regardé au monde[17].

Le 26 août 2013, l’animateur Antoine de Caunes arrive à la présentation du Grand Journal, après le départ de Michel Denisot.

Pour répondre à la demande de ses abonnés, le groupe lance le 21 septembre la chaine Canal + Séries. La nouvelle entité diffuse ses productions originales comme Braquo, mais aussi les grands succès de HBO comme Game of Thrones, The Wire ou encore Boardwalk Empire[18].

Le 3 février 2014 Canal + annonce une prise de participation à 60 % dans Studio Bagel, chaîne humoristique sur YouTube[19].

Identité visuelle (logo)[modifier | modifier le code]

Le tout premier logo de Canal Plus est composé d'un cercle et d'une croix. Ce premier sigle lors du lancement, présente une forte ressemblance avec la croix celtique, laquelle est alors utilisée par divers mouvements d'extrême droite. Le logo est donc très rapidement retouché et redessiné, en décalant la croix (vers la droite) et en ovalisant le cercle, devenant la fameuse ellipse. Le fait que cette ressemblance ait été volontairement recherchée par un dessinateur sympathisant d'extrême droite est une légende urbaine récurrente qui court dans ces milieux. En réalité, dans l'ouvrage "La télé, 10 ans d'histoires secrètes" écrit par deux journalistes du quotidien Libération, on apprendra que le logo est né d'une erreur d'impression et de transcription, partant de la lettre C et du chiffre 4. Le nom de code du dossier était alors Canal 4 (canal national no 4, après ceux de TF1, Antenne 2 et FR3). Le chiffre mal imprimé aurait ainsi donné à André Rousselet, l'idée du titre définitif de la chaîne.

L'ellipse du logo originel de Canal+ imaginée par Étienne Robial en 1984[20], passe à la trappe le 28 août 1995 lorsque Robial épure son logo en un cartouche noir écrit en blanc. En revanche, les déclinaisons espagnole et polonaise de la chaîne ne troqueront l'ellipse pour les carrés qu'au cours de l'année 1997.

Le 31 août 2009, Canal+ réactualise son habillage[21], la chaîne ayant exploité jusqu'alors les directives d'Étienne Robial depuis le milieu des années 1980.

Programmation[modifier | modifier le code]

Canal+ France diffuse essentiellement des films récents en exclusivité et tous les matches de football de Ligue 1 dont elle a acheté, pour 600 millions d'euros, l'exclusivité des droits de diffusion en 2004. Mais la chaîne est semi-généraliste et programme donc également des séries, des magazines, des flashs d'information, des émissions pour la jeunesse, des festivals comme celui de Cannes et de nombreuses émissions de divertissement dans ses plages en clair, le midi (La Nouvelle Édition) et en avant-soirée (Le Grand Journal).

Séries[modifier | modifier le code]

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Les séries françaises Drapeau : France :


Les séries américaines Drapeau : États-Unis :

Les séries britanniques Drapeau : Royaume-Uni :

Les séries animées japonaises Drapeau : Japon :

Les séries canadiennes Drapeau : Canada :

Les « créations originales » de Canal+ :

Sports[modifier | modifier le code]

Canal+ est la chaîne française ayant acquis le plus de droits de retransmission télévisée sur le sport. Elle possède depuis sa création, les droits de quasiment tous les grands événements sportifs de la planète, notamment les droits de télédiffusion de la Ligue 1, ceux de la Coupe du monde de football, ou des Jeux olympiques. Seuls TF1 et France Télévisions peuvent se targuer d'avoir aussi les droits tv de ces grandes compétitions internationales en France. Toutefois en 2012, après une baisse de 30 % entre 2004 et 2012 liée à une stratégie de désengagement[22], la chaîne est directement concurrencée par l'arrivée d'Al Jazeera concernant les droits sportifs, notamment ceux du football. Le 2 avril 2012, la chaîne acquiert les droits du Championnat de France Pro A de basket pour quatre saisons supplémentaires à partir de 2013/14[23]. Le 14 février 2013, la chaîne acquiert les droits de la Formule 1 pour trois saisons à partir de 2013, au prix de 29 millions d'euros[24]. Courant Mars 2014, Canal+ remporte un match de plus de Ligue 1 par rapport à la saison 2013-2014 pour les années saison 2016-2017 à 2019-2020[25].

Cinéma[modifier | modifier le code]

Les Chaînes Canal+ diffusent environ 500 films par an, dont une centaine exclusivement sur Canal+ Cinéma. Canal+ fait partie des chaînes de 'première exclusivité' comme l'établit le CSA, elles peuvent donc diffuser des films le samedi soir (21 heures), alors que cela est interdit sur les autres chaînes à cette heure. Pour alimenter leur grille, les chaînes Canal+ diffusent une grande partie des films en première exclusivité française à la télévision.

Ces chaînes diffusent ainsi des films français et européens, grâce à la coproduction de films, en échange d'une diffusion en première exclusivité ou d'accords internationaux avec des studios de cinéma français comme EuropaCorp de Luc Besson, ou Gaumont, lui permettant de diffuser l'ensemble de sa production en première exclusivité.

Pour les films américains, Canal+ dispose de contrats d'exclusivité avec l'ensemble des majors d'Hollywood à savoirs  : Universal Pictures, Warner Bros, Twentieth Century Fox, Walt Disney Pictures, Sony Pictures Entertainment (Columbia Pictures), Paramount Pictures. Canal+ dispose également de contrat avec des studios plus mineurs comme Regency Enterprises ou DreamWorks Animation, ce qui lui permet de diffuser l'ensemble de la production des studios en première exclusivité. Canal+ dispose également des films en 2nd fenêtre de Dreamworks SKG et Marvel Studio. Canal+ possède aussi des contrats avec des distributeurs français pour la diffusion de films américains comme Metropolitan Filmexport qui lui permet de diffuser les films de Lionsgate, mais aussi avec SND et StudioCanal.

Contexte stratégique et situation spécifique[modifier | modifier le code]

Privilèges et statut spécial entre 1983 et 1996[modifier | modifier le code]

Canal+ a bénéficié d'une réglementation et d'un statut totalement inédits et spécifiques. Le 6 décembre 1983, l'État français offre à l'opérateur Havas plusieurs privilèges ; la mesure la plus controversée concerne la concession de service public l'autorisant à exploiter la diffusion hertzienne terrestre (ce qui est unique au monde pour une chaîne à péage)[26].
Depuis son lancement, la chaîne payante apparaît "brouillée" aux non abonnés (l'image et le son sont perturbés pour restreindre l'accès aux abonnés via le décodeur). Toutefois, une réglementation spécifique prévoit de laisser une partie de l'antenne accessible à tous (en "clair") pour permettre la promotion commerciale et attirer de nouveaux abonnés. Les "fenêtres en clair" quotidiennes vont être non seulement rallongées mais l'État français autorise également la publicité durant ces tranches horaires (Décret du 14 mars 1986). La nouvelle loi audiovisuelle du 30 septembre 1986 maintient le statut juridique de Canal+. Toutefois, cette loi interdit alors le renouvellement de cette concession. Pourtant, la loi du 1er février 1994 a modifié ces clauses avec notamment une disposition favorable au maintien de la concession de Canal+. Il faut attendre, le 6 décembre 1995 pour que le CSA négocie une convention avec la chaîne et la reconduction de son autorisation.
Depuis lors, Canal+ est soumis au régime de droit commun. En revanche, la réglementation concernant le volume horaire et la publicité pour ses "plages en clair" reste en vigueur alors que ces dispositions avaient été conçues en 1983, pour aider la chaîne à son essor et à une période où sa situation commerciale et financière était en péril (de 1984 à 1986)[27].

Vers l'Europe et la diffusion par satellite[modifier | modifier le code]

Le premier développement de Canal+ concerne la participation à la plateforme de télédiffusion par satellite franco-allemande (TDF 1, Kopernicus, TVsat) devant exploiter la nouvelle norme TV européenne analogique D2 Mac. Devant diffuser aux côtés de la future chaîne culturelle franco-allemande (La Sept future Arte), une chaîne de sport, une chaîne éducative "jeunesse" et une chaîne musicale, Canal+ débutera ses diffusions satellitaires à compter de l'été 1990. Toutefois, cette plateforme de télédiffusion sera concurrencée par le satellite luxembourgeois de la société SES Astra.

La chaîne investit alors dans la création de chaînes premium en Europe et sur le bassin méditerranéen en lançant Canal+ TVCF, en Belgique francophone, 27 septembre 1989 puis Canal+ België et Canal+ Nederland (Pays-Bas), Canal Horizons (devenue Canal+ Horizons) sur le continent africain le 18 avril 1990, Canal+ España (Espagne) 14 septembre 1990, Canal+ Polska (Pologne) le 1er mars 1995, Tele+ en Italie (30 août 1997) et Canal+ Scandinavia (30 août 1997) pour le Danemark, la Suède, la Finlande et la Norvège (1er septembre 1997).

Avec sa filiale MultiThématiques, la chaîne crée aussi des chaînes thématiques sur le câble français, ainsi qu’à l’international (en Espagne, Belgique, Allemagne et Italie) en déclinant localement les programmes Planète, Cinécinémas, Jimmy...

Après l'échec des satellites TDF 1 et TDF 2 en D2 Mac, Canal+ lance son bouquet de chaînes à péage par satellite CanalSatellite au mode analogique pour sa première phase commerciale, dès (14 novembre 1992). Il couvre la France uniquement, puis le (27 avril 1996) passe au mode en numérique avec la reprise des chaînes développées pour le câble par MultiThématiques sur le satellite européen Astra. Canal+ va ensuite promouvoir ce modèle de bouquet en Europe en lançant CanalSatélite (Espagne) qui deviendra CanalSatélite Digital lors de son passage au numérique, Le Bouquet (Wallonie), Cyfra+ (Pologne), D+ (Italie), CanalSatelliet Digitaal (Pays-Bas), Canal Digital (Scandinavie).

À partir de 1998, Pierre Lescure demande à son ami « historique » Christian Dutoit de concevoir et lancer la première chaîne d'information du groupe Canal+ : i>Télévision devenue i>Télé, dont les premières émissions auront lieu lors du 15e anniversaire de Canal+, le (4 novembre 1999).

Canal+ forme alors l'un des plus grands et des plus puissants groupes audiovisuels européens, le Groupe Canal+.

Progression d'audience : taux de pénétration TNT[modifier | modifier le code]

Jusqu'à l'arrivée de la TNT, de très nombreux foyers français captaient difficilement voire pas du tout, les signaux de Canal+ en clair. Ainsi, à partir du 31 mars 2005 et le lancement de la Télévision numérique terrestre gratuite, soit avant l'introduction de la chaîne dans l'offre payante de la TNT en 2006, Canal+ a diffusé quotidiennement les plages de programmes non cryptées (numérique en clair). Dès lors, la chaîne payante a pu combler le retard de son « taux de pénétration » national (foyers pouvant réellement visualiser ses programmes notamment en clair) selon une problématique de parc d'équipement d'antennes VHF.

En 2012, avec 2,9% de part de marché, Canal+ est la 8ème chaîne la plus regardée en France.

Mouvements sociaux[modifier | modifier le code]

Alors que la chaîne a déjà connu deux importants mouvements en juin 2001 puis en mars 2003 en raison de plans sociaux, Canal+ connaît de nouveaux différends entre les représentants du personnel et sa direction à la fin de l'année 2008, portant principalement sur la revalorisation des salaires. Le 6 décembre 2008, sur fond de crise internationale mais également d'excellents résultats bénéficiaires de Canal+, les négociations salariales sont rompues[28]. L'un des syndicats évoque des tensions salariales aiguës au sein du groupe, jamais aussi importantes depuis plusieurs années. La grève pourrait être l'une des actions organisées par les syndicats.

Condamnations[modifier | modifier le code]

Le tribunal de grande instance de Nanterre vient ainsi le 10 juin 2010 de condamner pour diffamation publique envers le directeur du site Média-Ratings, Philippe Karsenty, Canal Plus et la société TAC Presse qui avaient produit et diffusé une émission intitulée « Jeudi investigation : rumeurs, intox : les nouvelles guerres de l’info », le 24 avril 2008.

Organisation[modifier | modifier le code]

Dirigeants[modifier | modifier le code]

Président-directeur généraux de Canal+ SA 
Directeurs généraux 
Directeurs généraux des programmes 
Directeurs des sports

Capital[modifier | modifier le code]

Le capital social de Canal+ SA est de 95 018 076 euros détenu à 48,48 % par Canal+ France, le reste est détenu par des investisseurs notamment institutionnels et le flottant[29].

Canal+ France est détenu à 80 % par le Groupe Canal+, filiale à 100 % de Vivendi, et à 20% par le groupe Lagardère[30].

Sièges[modifier | modifier le code]

Bâtiment de Canal+ à Boulogne-Billancourt

Le siège de la chaîne est situé 1, place du Spectacle à Issy-les-Moulineaux dans les Hauts-de-Seine, siège du Groupe Canal+.

Le premier siège de la chaîne a été installé dans la tour Olivier de Serres au 78-84, rue Olivier-de-Serres dans le 15e arrondissement de Paris qu'elle quitte en 1992 pour s'installer dans un tout nouveau bâtiment blanc, dessiné par Richard Meier, qu'elle a fait bâtir au 85 - 89, Quai André-Citroën toujours dans le 15e arrondissement de Paris sur les bords de Seine et dans lequel sont regroupés les services techniques, financiers et les plateaux où sont tournées les émissions. Les bureaux administratifs sont entièrement vitrés et donnent sur la Seine, tandis que les studios aux murs opaques sont plus discrètement placés dans un second bâtiment donnant sur la rue des Cévennes, les deux bâtiments communiquant par un atrium servant d’entrée. Canal+ vend ce siège en 2003 pour épurer ses dettes (il est aujourd'hui occupé par des bureaux du Ministère de la justice) et s'installe dans son siège actuel d'Issy-les-Moulineaux.

Particularités[modifier | modifier le code]

À sa création, Canal+ bouleverse plusieurs spécificités conservatrices de la télévision française :

  • Première entorse au monopole public de la télévision en France ;
  • Première chaîne à péage accessible par le réseau hertzien terrestre ;
  • Offre de films récents du box-office ;
  • Diffusion en direct des matches de la Ligue 1 puis de la ligue des champions de football ;
  • Multidiffusion des programmes et en particulier, des séances cinéma ;
  • Programmation d'émissions impertinentes, à l'origine de l'expression « l'esprit Canal », avec un ton décalé déjà amorcé par les soirées Les Enfants du Rock sur Antenne 2 ;

Durant ses dix premières années d'existence, l'impertinence est la marque de fabrique de la chaîne, avec Coluche, Antoine de Caunes, le quatuor Les Nuls ou Les Guignols de l'info ;

  • La chaîne procure un tremplin à certains inconnus ou débutants tels que Jean-Luc Delarue, déjà apparu sur TV6 en 1986, Isabelle Giordano, Pierre Sled, Marc-Olivier Fogiel, etc.
  • Absence de speakerines remplacées par des bandes-annonces ;
  • Habillage épuré et noir à une époque où l'écran noir est la hantise des chaînes, avec un logo en 2D (la fameuse ellipse de Canal+), à une époque où les images de synthèse sont en vogue ;
  • Avancées technologiques (diffusion par satellite, D2 Mac, 16/9, remastérisation de films anciens...

Toutefois, après la disparition de la ligne historique (direction artistique, programmation, habillage...) et à partir de son intégration au groupe Vivendi, la rentabilité de la chaîne semble passer avant l'originalité et la créativité qui l'ont caractérisée. Avec l'arrivée de Jean-René Fourtou à la tête de VU et de Bertrand Méheut à celle de Canal+ SA, les budgets programmation de la chaîne reviennent en priorité au cinéma et aux sports, dont les droits de diffusion augmentent fortement à partir des années 1990 (la chaîne acquiert la majeure partie des droits de la Ligue 1 pour plus de 600 millions d'euros).

Déclinaison en 3D relief[modifier | modifier le code]

Sur le canal no 18 du bouquet Canalsat, une programmation spécifique en Haute Définition et en stéréoscopie est lancée avec la première diffusion expérimentale d'une rencontre de tennis, le 22 janvier 2011. Ce canal spécifique diffuse alors en boucle des extraits de films, de retransmissions et d'émissions en relief 3D et ne propose durant l'année 2011, qu'un seul film chaque mois. Le premier long-métrage diffusé en relief est Alice au pays des merveilles de Tim Burton, en mars 2011[31]. Pour bénéficier de la stéréoscopie, il convient de s'abonner à Canal+ via le bouquet Canalsat, de souscrire à l'option HD et de disposer de l'équipement compatible : récepteur/décodeur Canalsat HD labellisé « Canal Ready » et téléviseur 3D ou vidéoprojecteur « 3D Ready » avec prise HDMI récente, ainsi que les lunettes stéréoscopiques compatibles. La diffusion de la chaîne Canal+ 3D est toutefois arrêtée début 2012.

Pari en ligne[modifier | modifier le code]

En septembre 2010, Canal+ obtient une licence de pari sportif auprès de l'Autorité de Régulation des Jeux En Ligne (ARJEL) pour territoire français et s’est associé au bookmaker anglais Ladbrokes pour lancer un site de paris en ligne[32]. Toutefois, en octobre 2010, les deux associés décident de se retirer pour, selon eux, des motifs de rentabilité limitée et de taille trop réduite du marché français.

Store Canal[modifier | modifier le code]

Le 15 décembre 2011, Canal+ inaugure son premier lieu de vente « Store Canal » dans le centre commercial de Vélizy 2, à Vélizy-Villacoublay (Yvelines)[33].

CanalStart[modifier | modifier le code]

Le 10 décembre 2013, Canal + annonce la création de CanalStart, une structure qui a pour objectif de soutenir les projets des jeunes entrepreneurs (incubateur de startup), dans le secteur des médias et nouvelles technologies[34],[35]. Le groupe a présenté sa nouvelle structure lors de la conférence LeWeb 2013. Les objectifs sont d'aider les projets innovants à se développer (participant jusqu'à hauteur de 100 000 euros par projet) et surtout d'encadrer le développement d'un écosystème permettant au groupe de rester compétitif[36].

Animateurs et chroniqueurs[modifier | modifier le code]

Animateurs et chroniqueurs actuels[modifier | modifier le code]

Anciens animateurs et chroniqueurs[modifier | modifier le code]

Comédiens voix-off des bandes annonces[modifier | modifier le code]

Slogans[modifier | modifier le code]

  • 1983 : « Canal+, La télévision des Nouvelles Images »
  • 1984-1986 : « Canal+, c’est plus » (uniquement dans "La Maxitête")
  • 1992 : « Canal+, la télé pas comme les autres »
  • 1995-1998 : « Au moins pendant que vous regardez Canal Plus, vous n’êtes pas devant la télé »
  • 2003-2006 : « Canal+, Demandez plus a la télé »
  • 2007-2008 : « Canal Plus et tellement plus encore »
  • 2010-2011 : « Canal+, créateur original de programmes originaux »[37]
  • 2011- : « Plus on aime Canal+, plus on aime le cinéma »[38]

Déclinaisons[modifier | modifier le code]

En France métropolitaine[modifier | modifier le code]

Les chaînes Canal+

Canal+ est déclinée au travers du bouquet de chaînes Les chaînes Canal+ (anciennement Canal+ Numérique, puis Canal+ Le Bouquet) sous la forme de six chaînes diffusées sur le bouquet satellite Canalsat, le câble et les bouquets xDSL :

Seules les trois chaînes Canal+, Canal+ Cinéma et Canal+ Sport sont diffusées sur la TNT payante.

  • Canal+ Hi-Tech (anciennement Canal+ 16/9). Elle ne diffuse plus ses programmes depuis le passage de Canal+ au format 16/9.
  • Canal+ 3D (canal diffusant des émissions, films et retransmissions en relief stéréoscopique, fermée depuis le 24 janvier 2012).

Fin 2005, la chaîne métropolitaine Canal+ comptait 5,06 millions d'abonnés en France métropolitaine.

En France d'outre-mer[modifier | modifier le code]

Dans les DOM-TOM, Canal+ est déclinée aux Antilles, en Nouvelle-Calédonie, en Guyane, en Polynésie française et à la Réunion. Canalsat est également présent aux Caraïbes (Antilles et Guyane) en Nouvelle-Calédonie et à la Réunion. Ces déclinaisons sont opérées par Canal+ Overseas, filiale à 100 % du Groupe Canal+.

En Europe[modifier | modifier le code]

Dans le monde[modifier | modifier le code]

Diffusion[modifier | modifier le code]

Depuis sa création en 1984, Canal+ s'est vu contrainte d'exploiter l'ancien réseau d'émetteurs VHF de TF1[39] (alors en noir et blanc 819 lignes jusqu'au 19 juillet 1983) au lieu de l'UHF exploitée par toutes les autres chaînes nationales. Ainsi, depuis le milieu des années 1980, les millions de foyers non abonnés à Canal+ n'ont pas jugé utile de s'équiper d'une antenne VHF pour uniquement recevoir ses programmes en clair car l'acquisition et l'installation d'un tel équipement VHF représente un coût pouvant aller de 45 à 350 euros par foyer (antenne + coupleur + installation) , ce qui a considérablement ralenti la croissance de l'audience. Depuis le 31 mars 2005, en étant diffusée par le nouveau réseau d'émetteurs TNT, lequel exploite quasi exclusivement la gamme UHF, la question de l'antenne spécifique VHF (souvent baptisée "antenne Canal+") a été progressivement résolue. Dès lors, pour chaque nouveau foyer équipé en réception TNT, la chaîne rattrape son retard en termes de taux de pénétration. Ainsi, "mécaniquement", alors que l'audience des chaînes nationales analogiques en clair a tendance à décroître, celle de Canal+ connaît une croissance régulière, conforme à la progression du taux d'équipement TNT.

Depuis le 24 novembre 2010, Canal+ a cessé définitivement d'émettre sur le réseau analogique herztien partout en France, un an avant les autres chaînes hertziennes, afin de libérer des fréquences pour la radio numérique. La chaîne est uniquement diffusée en numérique sur la TNT, le satellite (CanalSat), le câble et l'xDSL.

Depuis le 1er janvier 2012 à 11h08[40], Canal+ n'est plus disponible en analogique sur le satellite.

Décodeurs et contrôles d'accès[modifier | modifier le code]

L'accès aux programmes payants de la chaîne Canal+ est réservé aux détenteurs d'un décodeur TV et d'une clé ou carte (à puce) d'abonnement contenant des droits d'accès actifs. Depuis 1984, la chaîne a exploité une série de mode de contrôle d'accès :

  • Le plus ancien Discret 11 a été exploité en réception terrestre, satellite et câble à partir de novembre 1984. Il a nécessité d'entrer chaque mois, une série de chiffres (code mensuel) sur le clavier numérique intégré. Largement piraté, il sera abandonné à partir de 1995.
  • Son successeur le Syster est également réservé à la télédiffusion analogique. Il est basé sur le système Nagravision ainsi qu'un traitement du son monophonique (inversion de spectre de 12,8 kHz) via le décodeur Syster dont l'utilisation s'arrêtera avec la fin de la diffusion analogique française en novembre 2011 pour être remplacé par un récepteur TNT intégrant des circuits DVB MPEG-4.

En novembre 1991, le récepteur satellite analogique à la norme D2 Mac Decsat est commercialisé. Il est le premier appareil adapté au format d'image 16/9 et compatible avec les signaux Haute Définition (HD Mac).

Depuis 2004, le terminal de réception numérique Pilotime intègre un disque dur permettant d'enregistrer jusqu'à quarante heures de programmes. En 2005, cette dernière génération d'appareil propose en plus la réception d'un son en Dolby Digital 5.1. Cet appareil est dépourvu de la compatibilité TVHD. À partir de 2005, avec le lancement de la TNT, Canal+ lance une déclinaison du Syster (TNT+) et du Mediasat adaptée à ce mode de télédiffusion. En 2006, Canal+ propose son Mediasat Max lequel intègre des circuits TVHD et la possibilité d'ajouter un disque dur externe pour enregistrer les émissions.

  • Depuis août 2007, le Dual-S est commercialisé. Il est adapté à la haute définition TVHDet possède un second tuner satellite ce qui lui permet de visionner un programme tout en enregistrant un autre programme. On peut lui relier un disque dur externe pour enregistrer les émissions.
  • Depuis mars 2008, la technologie Merlin est exploitée en numérique (évolution v3 du système Mediaguard) pour les récepteurs Mediasat
  • Le 4 novembre 2008, pour ses 24 ans, Canal+ lance deux innovations :
    • le Cube Canal+. Ce récepteur numérique satellite intègre un dispositif spécifique permettant en le connectant à Internet de visualiser des émissions en avant-première (séries, téléfilms) par rapport à la programmation de la chaîne payante.
    • la Clé Canal+. Cette clé USB annoncée comme le plus petit décodeur TV du monde intègre un récepteur (démodulateur) DVB-T et le système de contrôle d'accès à brancher sur un ordinateur (PC).
  • Le 4 mai 2009, le diffuseur Canal+ annonce lancer dès juillet 2009, le label CanalReady visant officiellement à simplifier le choix du public pour un équipement TV garantissant une parfaite compatibilité avec ses émissions payantes (chaînes numériques de Canal+ et Canalsat). Toutefois, ce label est controversé car il impose certaines limites (restrictions pour l'enregistrement des émissions) et des surcoûts (options payantes supplémentaires)[41].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Une série d'ouvrages traite de l'entreprise et de la chaîne Canal+ ainsi que de ses personnalités, principalement publiés entre la fin des années 1990 et 2008 avec notamment, une multiplication des publications au tout début des années 2000, période de prise de contrôle par Jean-Marie Messier à la tête groupe Vivendi.

Annexe[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nicole Vulser, « André Rousselet : les trois vies d'un homme d'influence » Calman-Lévy, septembre 2001, page 188
  2. « Les 400 coups des cols blancs », dans L'Express, le 4 juin 1992
  3. « L’histoire de la contribution à l’audiovisuel public (alors dénommée redevance audiovisuelle) avant 2005 », sur le site du Ministère de la culture et de la communication, le 12 mai 2011
  4. Mark Hunter, Les Jours les plus Lang, Paris, éditions Odile Jacob,‎ 10 octobre 1990, 316 p. (ISBN 978-2738101020), page 159.
  5. « Article 11 : Suppression du taux réduit forfaitaire de tva sur les offres composites de services de télévisions et de services électroniques », sur le site du Sénat, Projet de loi de finances pour 2011 de la Commission des Finances, le 12 mai 2011
  6. Frédéric Depétris, Etat et cinéma en France: le moment de l'exception culturelle en France, Editions L'Harmattan, 2008
  7. Lancement de Canal+ par André Rousselet le 4 novembre 1984, Satmag.
  8. a et b François Roche, « Lescure : « Au début de Canal+, nous faisions rire le Tout-Paris » », sur lexpansion.lexpress.fr,‎ 17 décembre 1998
  9. « Canal+ : Historique », sur le site de la chaîne Canal+, octobre 2008
  10. Pierre Lescure limogé de Canal+, assemblée générale en direct. Soir 3 du 16/04/2002 - INA
  11. « L'annonce du "plan social" à Canal » Télé Satellite, mars 2003
  12. « A Canal, c'est la fin du grand bluff » Stratégie, 7 février 2003
  13. [PDF] « De la restructuration de l’entreprise à la restructuration des relations professionnelles : le cas de Canal Plus » par Claude Didry, directeur de recherche au CNRS
  14. Guy Dutheil « Canal+ réfléchit à sa nouvelle grille sur fond de plan social » Le Monde, 13 mars 2003
  15. « Dépôt légal de Canal+ - Le 12:30 du 14 mars 2003 », sur le site officiel de l'Institut national de l'audiovisuel, 14 février 2003
  16. Guy Dutheil « Fusion TPS/CanalSat: Le Conseil d'Etat déboute Canal+ définitivement » sur le site web de Jean-Marc Morandini, 21 décembre 2012
  17. Le Parisien.
  18. Huffington Post
  19. Canal+ rachète une chaîne de... YouTube, Challenges, 3 mars 2014
  20. Habillage télévisuel de Canal+ depuis 1992
  21. Ozap.com
  22. http://lecercle.lesechos.fr/entreprises-marches/high-tech-medias/medias/221147042/secours-qatar-debarque
  23. Le basket reste sur Canal+, Le Figaro, 2 avril 2012.
  24. La F1 en France sur Canal+ !
  25. « Droits TV Ligue 1 : montant record de 748,5 millions d'euros par an », sur leparisien.fr,‎ 4 avril 2014 (consulté le 26 juin 2014)
  26. « Canal+ : vingt ans, l'âge des défis » sur le site Les Échos, 4 novembre 2004
  27. « Secteur privé de la télévision » sur le site fr.jurispedia.org, 6 juin 2008
  28. Selon l'AFP « Les négociations salariales au sein de Canal+ ont été rompues », sur le site de Télé Satellite, 6 décembre 2008
  29. http://actionnaires.canalplus.fr/uploads/news/news_1396.pdf
  30. actionnaires.canalplus.fr/uploads/news/news_1396.pdf
  31. « Open d'Australie diffusé en 3D sur Canal+3D », sur le site hdnumerique.com, 24 janvier 2011
  32. Parier en France
  33. Canal+ s'offre une vitrine à Vélizy 2, LeParisien.fr
  34. CanalStart va soutenir les start-up qui connectent l'audiovisuel, Journal du Net, 10 décembre 2013
  35. Canal+ lance son incubateur de start-up, Les Échos, 10 décembre 2013
  36. Canal+ va accompagner jusqu'à 5 start-up par an, silicon.fr, 12 décembre
  37. "Canal+ / Le Placard".
  38. "Canal+ / The bear".
  39. « Télé notre Histoire : la fin du 819 lignes », sur le site www.telesatellite.com, 8 mars 2006
  40. http://fr.kingofsat.net/channelhistory.php?ch=179
  41. « « Canal Ready » La jungle des logos » sur le site de Que-Choisir, 4 mai 2009
  42. Le livre d'Ollivier Pourriol lu à la manière du Grand Journal, Laurence Debril, lexpress.fr, 16 avril 2013