Raymond Poulidor

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Raymond.
Raymond Poulidor
Image illustrative de l'article Raymond Poulidor
Raymond Poulidor lors de l'Étoile de Bessèges 2012
Informations
Nom Poulidor
Prénom Raymond
Surnom Poupou
L'Éternel Second
Date de naissance 15 avril 1936 (1936-04-15) (78 ans)
Pays Drapeau de la France France
Équipe professionnelle
1960-1969
1970-1971
1972-1976
1977
Mercier-BP-Hutchinson
Fagor-Mercier-Hutchinson
Gan-Mercier-Hutchinson
Miko-Mercier-Hutchinson
Principales victoires
Super Prestige Pernod 1964

1 championnat
Maillot tricolore Champion de France sur route 1961
1 grand tour
Jersey yellow.svg Tour d'Espagne 1964
4 classements annexes sur un grand tour
Jersey yellow number.svg Classement par équipes du Tour de France 1967, 1972 et 1975
Jersey yellow number.svg Classement par équipes du Tour d'Espagne 1965
11 étapes dans les grands tours
Tour de France (7 étapes)
Tour d'Espagne (4 étapes)
2 classiques
Milan-San Remo 1961
Flèche wallonne 1963
10 courses à étapes
Paris-Nice 1972 et 1973
Critérium du Dauphiné libéré 1966 et 1969
Grand Prix du Midi libre 1973

Critérium national 1964, 1966, 1968, 1971 et 1972

Raymond Poulidor, dit « Poupou »[1], est un coureur cycliste français, né le 15 avril 1936 à Masbaraud-Mérignat, dans le département de la Creuse. Sa popularité (« poupoularité[2] ») fut exceptionnelle en France, en dépit de son statut d'« éternel second » sur le Tour de France, épreuve qu'il n'a jamais gagnée et au cours de laquelle il n'a jamais porté le maillot jaune, mais dont il détient le record de podiums (8).

Repères biographiques[modifier | modifier le code]

Raymond Poulidor naît le 15 avril 1936 à Masbaraud-Mérignat, dans la Creuse. Ses parents, Martial (1899-1970) et Marie Marguerite Montlaron, y sont métayers, au domaine des Gouttes. Ils s'installent ensuite à Champnétery, en Haute-Vienne, où Raymond Poulidor passe son adolescence. Il est le cinquième enfant de la famille. Il a trois grands frères : René, André et Henri.

Il s'est marié à l'âge de vingt-cinq ans, le 16 avril 1961 à Champnétery (Haute-Vienne) avec Gisèle Bardet[1]. Ils ont eu deux filles, Isabelle et Corinne qui a épousé Adrie van der Poel, qui est lui-même ancien très bon cycliste et sacré champion du monde de cyclo cross, à Montreuil en 1996. Leur fils cadet Mathieu van der Poel a été sacré champion du monde de cyclo-cross 2011-2012 et 2012-2013 et Champion du monde sur route juniors (2013)[2]

Carrière cycliste[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Il va à l'école à Auriat et y obtient le certificat d'études primaires. Son instituteur lui offre un abonnement à Miroir Sprint, dans lequel il découvre les champions français Louison Bobet et Raphaël Géminiani. Il accompagne ses frères André et Henri lorsqu'ils disputent des courses cyclistes dans la région le week-end, et roule avec des coureurs locaux le soir, avec le vélo de sa mère. En 1952, André Marquet, un marchand de cycles de Sauviat-sur-Vige, offre à Raymond Poulidor, qui a alors 16 ans, un vélo demi-course de marque Alcyon. Il commence alors à s'entraîner quotidiennement, en le cachant à sa mère qui juge ce sport dangereux. Il prend sa première licence auprès de « La pédale marchoise », dont le siège se trouvait à Montboucher[réf. souhaitée]. Il est sixième de sa première course, remportée par son frère Henri, à Saint-Moreil, et obtient une première victoire au Grand Prix de Quasimodo à Saint-Léonard-de-Noblat en mars 1954[3].

En août 1956, il est invité à participer au Bol d'or des Monédières, à Chaumeil, en tant que meilleur coureur régional, aux côtés de coureurs professionnels comme Géminiani et Bobet. Il effectue une partie de la course en tête avec ce dernier et termine à la sixième place. Quelques jours plus tard, il commence à envisager sérieusement une carrière de cycliste professionnel lorsqu'il reçoit 120 000 francs pour sa deuxième place lors d'une course à Peyrat-le-Château[4].

Âgé de 20 ans, il est cependant temps pour lui d'effectuer son service militaire. Il est d'abord en Allemagne, à Coblence, puis en Algérie, dans la région de Bône. Il revient chez lui en décembre 1958. À cause du manque d'entraînement, il pèse 15 kg de plus qu'à son départ. Il s'entraîne durant l'hiver 58/59 et au printemps gagne, avec huit minutes d'avance sur le professionnel Roger Buchonnet, la première course à laquelle il prend part. En août, il est deuxième du Grand Prix de Peyrat-le-Château derrière Jean Dotto. Il impressionne un autre participant professionnel, Bernard Gauthier. Celui-ci, membre de l'équipe Mercier, encourage Poulidor à devenir professionnel et parle de lui à son directeur sportif, Antonin Magne. Après l'avoir rencontré au critérium d'Arcachon, Antonin Magne l'engage pour un salaire de 25 000 francs au sein de l'équipe Mercier[5].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Poulidor sur le Tour de France 1966.

Il est entré dans la légende en tant que « l'éternel second » du tour et de Jacques Anquetil dans les années 1960 puis d'Eddy Merckx dans les années 1970. Légende née d'exploits inachevés et d'infortunes rencontrées dans le Tour de France. Mais légende erronée au regard de nombreux succès majeurs. Au XXe siècle, il est l'une des personnalités les plus populaires en France. Au début du XXIe siècle, « Poupou » déclenche encore des applaudissements nourris lors de ses passages au sein de la caravane du Tour de France.

Cycliste professionnel entre 1960 et 1977, il a ainsi pu courir avec Louison Bobet, Jacques Anquetil, Eddy Merckx et Bernard Hinault. Il est en contrat avec « Cycles Mercier » durant toute sa carrière, sous différentes dénominations : « Mercier-BP » (1960-1967), « Fagor-Mercier » (1970-1971), « Gan-Mercier » (1972-1976) et « Miko-Mercier » (1977).

La rivalité Anquetil - Poulidor est l'une des grandes oppositions du sport français, avec en point d'orgue un combat coude à coude sur les pentes du Puy de Dôme dans le Tour 1964. Ce rapport de force entre les deux hommes sera évoqué dans un sujet de l'émission Les Coulisses de l'exploit consacré à la carrière de Raymond Poulidor en 1969. La rivalité avec Merckx intervient dans la seconde partie de la carrière de Poulidor, trentenaire puis quadragénaire, ou « quadragêneur » selon Antoine Blondin. « Poupou » emporte le Paris-Nice 1972 mais s'incline dans le Tour 1974 malgré une victoire au Pla-d'Adet.

Vainqueur de 189 courses dont Milan-San-Remo, le Tour d'Espagne, le Grand Prix des Nations, il est lauréat du Super Prestige Pernod en 1964. Raymond Poulidor n'a jamais remporté le Tour de France en 14 participations, ni même porté le maillot jaune ne serait-ce qu'une journée. Il échoua à 14 secondes du maillot jaune au sommet du Puy de Dôme en 1964, ou encore à 8/100 de seconde lors du prologue de 1973.

Ses inconditionnels affirment qu'il aurait dû gagner au moins trois Tours de France, sans la malchance et sa maladresse en 1964 pour l'oubli d'un tour de parcours à Monaco qui donne la victoire et la minute de bonification à Anquetil alors qu'il perd le tour pour 55 secondes[6] ; une chute et une crevaison dans l'étape Andorre-Toulouse ; un mauvais choix de braquet dans le Puy-de-Dôme avec lequel il prend tout de même 42 secondes à Anquetil ; le secours « étonnant » d'Anglade à Gimondi dans le Ventoux en 1965 ; et la moto qui le renversa en 1968, le contraignant à abandonner à Aurillac alors que la victoire lui était promise. Il détient cependant le record du nombre de podiums sur la grande boucle (8) et remporta plusieurs victoires d'étapes dans la plus grande adversité.

Puncheur de très haute lignée, très bon rouleur, il a gagné sur tous les terrains. Selon Antonin Magne, son premier directeur sportif, il ne pouvait y avoir de gloire sans vertu.

Après-carrière[modifier | modifier le code]

Raymond Poulidor lors de la 30e Foire du livre de Brive-la-Gaillarde, le 5 novembre 2011.

Il se retire du peloton en décembre 1977, après 18 saisons au plus haut niveau.

Il travaille un temps pour Manufrance puis France Loire, qui fabrique alors des vélos sous les marques Mercier et Poulidor.

Depuis quelques années, il intervient dans le Tour de France pour le compte de la banque LCL (partenaire du maillot jaune).

En janvier 2003, il est promu au grade d'Officier de la Légion d'honneur[7].

En 2004, ses mémoires Poulidor par Poulidor ont été publiés avec la complicité de Jean-Paul Brouchon et la préface d'Eddy Merckx.

En 2008, il accepte de devenir, après Henri Desgrange et Jacques Goddet, le 3e président d'honneur des Audax.

En 2012, en collaboration avec les journalistes Serge Laget et Jean-Paul Vespini, il publie à 76 ans le livre Mes 50 tours de France, racontant tous ceux auxquels il a participé ou qu'il a suivis, en tant que coureur, reporter et amoureux de ce sport.

Raymond Poulidor est directeur sportif du Tour cycliste du Limousin.

Dopage[modifier | modifier le code]

Poulidor ne fut jamais suspecté de dopage en 17 ans de carrière. Toutefois dans le journal L'Équipe du il indiquait : « Bien sûr, nous aussi, on prenait bien quelques vitamines, quelques excitants, mais rien d'aussi risqué pour la santé. »

En 1999, celui-ci a reconnu avoir eu recours à la caféine.

Palmarès et distinctions[modifier | modifier le code]

Palmarès année par année[modifier | modifier le code]

Autographes sur le Tour de France 1993.

Résultats sur les grands tours[modifier | modifier le code]

Tour de France[modifier | modifier le code]

Raymond Poulidor fait partie des coureurs ayant remporté au moins deux étapes du Tour de France sur plus de dix années.

  • 1962 : 3e et vainqueur d’une étape (Aix-les-Bains)
  • 1963 : 8e et 2e du classement du meilleur grimpeur
  • 1964 : 2e et vainqueur d’une étape (Luchon)
  • 1965 : 2e et vainqueur des deux étapes (Châteaulin contre-la-montre, Mont Ventoux)
  • 1966 : 3e et vainqueur d’une étape (Vals-les-Bains contre-la-montre)
  • 1967 : 9e et vainqueur d’une étape (Paris contre-la-montre).Jersey yellow number.svg vainqueur du classement par équipes.
  • 1968 : abandon (16e étape)
  • 1969 : 3e
  • 1970 : 7e
  • 1972 : 3e .Jersey yellow number.svg vainqueur du classement par équipes.
  • 1973 : abandon (13e étape).Jersey green.svg maillot vert pendant une étape
  • 1974 : 2e et vainqueur d’une étape (Pla-d'Adet)
  • 1975 : 19e .Jersey yellow number.svg vainqueur du classement par équipes.
  • 1976 : 3e

Tour d'Espagne[modifier | modifier le code]

  • 1964 : Jersey yellow.svg vainqueur du classement général et vainqueur d’une étape (contre-la-montre).Maillot jaune Maillot jaune pendant 3 jours.
  • 1965 : 2e du classement général et vainqueur de deux étapes (deux contre-la-montre). Maillot jaune maillot jaune pendant 4 jours. Jersey yellow number.svg vainqueur du classement par équipes.
  • 1967 : 8e du classement général et vainqueur d’une étape (contre-la-montre)
  • 1971 : 9e du classement général

Distinctions[modifier | modifier le code]

Raymond Poulidor et Guy Penaud inaugurant la plaque commémorant le passage de Lawrence d'Arabie à Châlus
Raymond Poulidor et Guy Penaud inaugurant la plaque commémorant le passage de Lawrence d'Arabie à Châlus

Citations[modifier | modifier le code]

  • À propos du Tour de France 1971, auquel il n'a pas participé : « Je le précédais afin de reconnaître le parcours et de donner mes impressions car je travaillais pour une radio. Mais jamais je ne me suis senti si étranger à mon milieu qui est celui du vélo et de la compétition. » (source : L'équipe Cyclisme, juin 1974).

Hommages[modifier | modifier le code]

  • En 2009 s'est formé à Amiens un groupe de punkrock nommé Les Poulidoors[8] dont les compositions traitent toutes de vélo et du Tour de France. Une chanson hommage à Raymond, Pou Pou Pou dans laquelle est expliqué pourquoi il finit toujours second est parue en 2010 sur la compilation Gimme Somme Punk.
  • La route qui fait le tour du Lac de Vassivière souvent utilisée pour des courses porte le nom de Circuit Raymond Poulidor.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Cyclisme - Edition - Poulidor intime », L'Équipe,‎ 28 juin 2007 (consulté le 25 juin 2013)
  2. a et b « La "Poupoularité" », France Télévisions,‎ 14 juin 2013 (consulté le 25 juin 2013)
  3. Poulidor et Brouchon 2004, p. 22
  4. Poulidor et Brouchon 2004, p. 23-24
  5. Poulidor et Brouchon 2004, p. 24-35
  6. Sport vox
  7. sport.fr
  8. [1]

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages de Raymond Poulidor[modifier | modifier le code]

  • Raymond Poulidor, La gloire sans maillot jaune, Calmann-Lévy, 1968
  • Raymond Poulidor et Jean-Paul Brouchon, Poulidor par Raymond Poulidor, éditions Jacob-Duvernet,‎ 2004, 206 p. (ISBN 2847240691)
  • Raymond Poulidor, Poulidor intime, éditions Jacob-Duvernet, 2007

Ouvrages consacrés à Raymond Poulidor[modifier | modifier le code]

  • Jacques Augendre, Anquetil-Poulidor, un divorce français, Bernard Pascuito Éditeur, 2008

Liens externes[modifier | modifier le code]