Tony Estanguet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir Estanguet
Tony Estanguet Pix.gif
Tony Estanguet 2012.jpg
Tony Estanguet lors du défilé des médaillés français des JO 2012
Contexte général
Sport Canoë (C1) slalom
Période active fin en novembre 2012
Biographie
Nationalité sportive Drapeau : France Française
Naissance 6 mai 1978 (36 ans)
Lieu de naissance Pau, France
Taille 1,86 m
Poids de forme 76 kg
Palmarès
Or Arg. Bro.
Jeux olympiques 3 0 0
Championnats du monde 3 3 0
Championnats d'Europe 3 2 0
Championnats de France 9 8 7

Tony Estanguet, né le 6 mai 1978 à Pau, est un sportif français pratiquant le canoë monoplace (C1). Il est triple champion du monde de slalom (2006, 2009, 2010) et triple champion olympique, à Sydney en 2000, à Athènes en 2004 et à Londres en 2012, seul athlète français à avoir gagné trois médailles d'or dans trois Jeux différents. Il était le porte-drapeau de la délégation française aux Jeux olympiques de 2008 de Pékin. Il met fin à sa carrière sportive en novembre 2012.

Tony Estanguet est officiellement devenu membre du Comité international olympique pour une période de huit ans le 4 juillet 2013. Il avait été élu à la Commission des Athlètes de l'institution internationale par ses pairs olympiens lors des Jeux de Londres 2012. Il est le troisième membre français actif du CIO, en compagnie de Jean-Claude Killy et de Guy Drut.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière sportive[modifier | modifier le code]

Il est licencié au C.U. Pau Pyrénées Eaux Vives (Pyrénées-Atlantiques).

Issu d'une famille de kayakistes, il est le frère cadet d'Aldric Estanguet et de Patrice Estanguet, médaillé de bronze dans la même discipline aux Jeux d'Atlanta en 1996. Ils ont pratiqué le canoë ou le kayak grâce à leur père, Henri Estanguet.

Après des débuts très prometteurs, dans les catégories de jeunes, Tony se qualifie pour ses premiers championnats du monde en 1997, au Brésil, à Três Coroas. Encore un peu frêle, il n'obtient pas de résultats significatifs en course, laissant la vedette au duo champion olympique en titre, Adisson-Forgues (qui sera titré en canoë biplace C2).

1998 et 1999 seront pour lui des années d'apprentissage, au contact d'une génération à l'époque en fin de carrière, mais toujours très rapide et extrêmement habituée aux grands rendez-vous internationaux (avec notamment Emmanuel Brugvin, son frère Patrice Estanguet ou Hervé Delamarre).

Lors de l'année 2000, les deux frères (Patrice et Tony) doivent lutter pour s'offrir le 2e billet disponible derrière Emmanuel Brugvin, qualifié en tant que champion du monde en titre. L'explication a lieu à Foix (Ariège), sur le bassin du Rebech. Au bout de trois courses de haut niveau où les deux athlètes ne commettent pas une faute, le cadet écarte l'aîné pour décrocher sa première sélection. Il a ainsi la double pression de représenter son pays mais également de la part de son frère qui pouvait légitimement envisager le titre olympique en cas de qualification. Il entame alors parfaitement sa préparation en remportant son premier titre de champion d'Europe, quelques mois avant les Jeux.

Il remporte la médaille d'or aux Jeux olympiques d'été de 2000 à Sydney. C'est également le début d'une longue rivalité avec le Slovaque Michal Martikán, second de la course et athlète plus jeune d'une année que Tony mais qui a pourtant déjà été sacré aux Jeux olympiques d'été de 1996.

L'année suivante, les championnats du monde de canoë-kayak qui devaient se dérouler aux États-Unis sont annulés après les attentats du 11 septembre 2001.

En 2002, il espère enfin remporter le seul titre qui lui manque lors des championnats du monde qui se déroulent en France à Bourg-Saint-Maurice. Mais il chute en demi-finale, blessé au poignet par une chute en VTT quelques jours auparavant ; l'honneur de la famille étant toutefois sauvé par son frère Patrice qui remporte la médaille de bronze. Tony sera marqué par cet échec, qu'il ira jusqu'à qualifier de "faute professionnelle".

En 2003, bien que battu par Michal Martikán lors des championnats du monde, il remporte la coupe du monde. Au début de 2004, il se sélectionne relativement facilement pour les Jeux olympiques d'été de 2004 à Athènes. Là, il remporte de 12 centièmes de seconde la médaille d'or face à Michal Martikán, venant confirmer ainsi sa victoire lors de la coupe du monde. La victoire fut très longue à se dessiner, les arbitres de la course finissant par infliger, après de pesantes minutes de retard, une pénalité à Michal Martikán pour une très légère touche (valant +2 s en temps) sur une des "portes" du parcours.

Tony Estanguet lors des Championnats du monde 2006.

En 2006, il décroche à Prague le titre de champion du monde qui lui manquait, juste devant son grand rival Martikán. C'est une délivrance pour le champion, pour qui ce titre, le plus difficile à obtenir car décroché face à une opposition bien plus grande qu'aux Jeux olympiques, constituait un vrai manque à son palmarès. Un titre de champion d'Europe, conquis à L'Argentière-la-Bessée dans les Alpes françaises avait au préalable parfaitement lancé sa saison.

L'année suivante, l'ordre sera inversé aux championnats du monde de Foz do Iguaçu, Martikán terminant juste devant Estanguet.

Le 8 août 2008, il est le porte-drapeau de la délégation française lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques 2008 de Pékin[1]. Le 12 août 2008, il est cependant éliminé à la surprise générale en demi-finale de la compétition, terminant 9e au classement final. Ainsi, ses espoirs de gagner une troisième médaille d'or consécutive dans une même discipline, exploit inédit en France, s'envolent. Il refusera cependant de mettre cet échec sur le dos de son statut de porte-drapeau, préférant admettre qu'il n'avait jamais su dompter le très tumultueux bassin de Pékin.

Après une période de flottement fin 2008, il décide de reprendre la pagaie avec un nouvel entraîneur : Sylvain Curinier, d'abord simplement pour la saison 2009, puis, la motivation revenant, pour toute l'olympiade précédant les Jeux olympiques 2012. Il est récompensé de sa ténacité par un nouveau titre de champion du monde à La Seu d'Urgell, bassin pyrénéen catalan guère éloigné de son domicile palois.

En 2010, il continue de faire partie de l'équipe de France de canoë-kayak slalom et remporte une nouvelle fois un titre de champion du monde au championnats du monde de slalom à Tacen en Slovénie.

Durant cette longue période, il est aussi largement dominateur sur la scène française en remportant huit titres de champion de France sénior (18-35 ans) (au 3 juin 2010).

Champion d'Europe 2011 à Seu d'Urgell (bassin espagnol), Tony s'impose et semble dominer réellement ses adversaires, laissant Martikán aux portes des demi-finales.

Tony Estanguet a été choisi comme athlète modèle pour le canoë-kayak à l'occasion des premiers Jeux olympiques de la jeunesse d'été à Singapour. Durant les JOJ, les athlètes modèles ont pour rôle de guider les jeunes athlètes en restant avec eux au village, en assistant aux compétitions et en participant à l'activité « Discussion avec les champions »[2].

Le 31 juillet 2012, il obtient un troisième titre olympique aux Jeux d'été de Londres[3]. Il devient ainsi le premier français triple champion olympique en individuel et dans la même discipline.

Le 29 novembre 2012, à 34 ans, il annonce lors d'une conférence de presse au stade d'eaux-vives de Pau-Pyrénées qu'il a décidé de prendre sa retraite sportive. Un message sur twitter suivra, où il dira qu'il a décidé de prendre sa retraite sportive, affichant une photo où il tient ses trois médailles d'or olympiques, un des plus beaux palmarès de son sport[4].

Comité international olympique[modifier | modifier le code]

Le 11 août 2012, il est élu par ses pairs à la commission des athlètes du Comité international olympique (CIO) pour une durée de huit ans[5], les trois autres élus lors de cette session étant la Slovaque Danka Barteková, la Zimbabwéenne Kirsty Coventry, et l'Australien James Tomkins[6],[7]. Son élection est annulée le lendemain par le CIO et soumise à la décision du Tribunal arbitral du sport en raison d'un appel fait par la délégation du Japon et de Taïwan[8], dont le candidat japonais Kōji Murofushi champion olympique du lancer du marteau et taïwanais Chu Mu-yen, spécialiste de Taekwondo, avaient été exclus de l'élection pour avoir fait campagne en dehors des périmètres autorisés[9],[10]. Le Tribunal arbitral du sport déboute Chu Mu-Yen le 15 mars 2013, puis Kōji Murofushi le 22 mai 2013. Suite à ces décisions, Tony Estanguet intègre de fait la commission des athlètes du CIO et devient membre de l'institution internationale pour une période de huit ans[11],[12], où il rejoint ses compatriotes Jean-Claude Killy et Guy Drut. L'intronisation de Tony Estanguet, mais aussi de Danka Bartekova, James Tomkins et Kirsty Conventry, en tant que membres du CIO sont formellement avalisées par leurs pairs lors d'un vote tenu à l'occasion d'une réunion Lausanne les 3 et 4 juillet 2013[13].

En janvier 2014, il est désigné par le CIO pour représenter le mouvement olympique au sein du comité exécutif de l'Agence mondiale antidopage (AMA) pou une durée d'un an. Ce comité exécutif est composé de douze membres, six représentant le mouvement sportif et six autres des autorités publiques[14].

Carrière extra-sportive[modifier | modifier le code]

Tony Estanguet est par ailleurs issu de la promotion 2004-2005 du Mastère spécialisé part-time « Sport, Management et Stratégies d'entreprise » de l’ESSEC. Dans le cadre de ce programme, il a rédigé en 2005 un mémoire commandé par le ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative sur « le développement des sports de nature en milieu urbain ».

Tony Estanguet est un athlète engagé : il soutient la Fondation du Sport. Il a par exemple tourné un film dans le cadre du programme "Bien Manger, C'est Bien Joué !" un programme d'éducation nutrionnelle et de sensibilisation à l'importance de l'activité physique pour les enfants.

En décembre 2010, il rejoint la Dream Team RMC Sport et est chroniqueur chaque samedi matin dans les Grandes Gueules du sport animée par Gilbert Brisbois et Serge Simon sur RMC aux côtés de consultants de l'antenne comme Maryse Éwanjé-Épée, Brahim Asloum ou Thomas Lombard.

En décembre 2012, il a intégré une nouvelle cellule chargée des relations internationales du sport français, dirigée par Bernard Lapasset et placée sous l’égide du CNOSF. La mission de cette cellule, confiée par la ministre des Sports Valérie Fourneyron, est de promouvoir les candidatures françaises à l'organisation des JO[15].

Personnalité[modifier | modifier le code]

Impliqué dans de très nombreuses opérations de promotion de sa discipline, Tony a toujours répondu présent pour soutenir (entre autres) sa région, sa fédération et son comité olympique. Il fut ainsi l'un des principaux artisans de la candidature de Paris pour les Jeux de 2012, mais aussi lors de la construction du stade d'eaux vives de sa ville de Pau, mettant tout son poids médiatique pour faire avancer le dossier et s'impliquant massivement dans les choix retenus. Le succès de l'opération, conclue en 2009, vint apporter du crédit à son personnage public.

Athlète longiligne, doté d'une technique et d'un toucher d'eau rare, Tony Estanguet est aussi, dans son canoë, un perpétuel insatisfait. De par son humilité et sa simplicité, Tony Estanguet est très apprécié et considéré comme l'un des plus grands athlètes français. Il est un fébrile développeur de matériel, il avait, jusqu'en 2008, pour habitude de modifier en permanence ses réglages, sans jamais vraiment se fixer sur une technique de navigation ni sur une embarcation figée. Suite à son échec aux Jeux de Pékin, en partie dû à ces incessants revirements, il adopta avec succès une philosophie plus posée afin de combler son retard sur l'adversité.

Anecdote[modifier | modifier le code]

Il a confié hors antenne que la rivière la plus technique qu'il ait eu à affronter est sans aucun doute le très redouté mais non moins magnifique Courbet de Léguevin sur laquelle beaucoup se sont cassés les dents. Contrairement au Courbet de Brax, réputé pour son incroyable facilité.

Le duel avec Martikán[modifier | modifier le code]

Estanguet a développé, tout au long de sa carrière, une relation très particulière avec le Slovaque Michal Martikán, dans ce qui constitue l'un des grands duels du sport moderne. Entre 1996 et 2012, ils remportèrent à eux deux les 5 titres olympiques mis en jeu (deux pour Martikán, et trois pour Estanguet) et 7 des 10 titres de champion du monde (quatre pour Martikán, trois pour Estanguet ; seuls ceux de 1999 — Emmanuel Brugvin — , 2005 — Robin Bell, à domicile, et 2011 Denis Gargaud Chanut — leur echappèrent) ; terminant d'ailleurs bien souvent réciproquement deuxième derrière l'adversaire privilégié et écœurant toute une génération de céistes face au manque de place au sommet.

Sans qu'on puisse parler d'amitié, un profond respect mutuel caractérise la relation entre le petit, passablement taciturne, extrêmement musclé et surdoué athlète slovaque et le champion français, beaucoup plus grand, plus mince et plus ouvert.

Un reportage d'Arte a été consacré à cette confrontation arbitrée par le chronomètre, dans la série de la chaîne franco-allemande consacrée aux « Grands Duels du sport ».

Palmarès[modifier | modifier le code]

Jeux olympiques d'été[modifier | modifier le code]

Championnats du monde de canoë-kayak[modifier | modifier le code]

  • Par équipes :
    • 1er en 2005 et 2007
    • 2e en 2003
    • 3e en 1999

Championnats d'Europe de canoë-kayak[modifier | modifier le code]

  • Individuel :
    • 2012 : Vice-champion à Augsbourg
    • 2011 : Champion à Seu d'Urgell
    • 2006 : Champion
    • 2002 : Vice-champion
    • 2000 : Champion
  • Par équipes :

Championnats de France de canoë-kayak[modifier | modifier le code]

  • Neuf fois champion de France (1997, 1999, 2000, 2003, 2004, 2005, 2006, 2007, 2009)

Coupe du monde de canoë-kayak[modifier | modifier le code]

  • 2010 : médaille d'argent sur deux étapes (Espagne et Allemagne)
  • 2009 : vainqueur de la finale en Allemagne
  • 2008 : vainqueur de deux étapes
  • 2004 : vainqueur
  • 2003 : vainqueur
  • 2000 : vainqueur de deux étapes
  • 1996 : 1re victoire en Coupe du monde senior à Prague

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tony Estanguet, porte drapeau de l’équipe de France olympique ! sur le site sante-jeunesse-sports.gouv.fr, consulté le 25 juillet 2008
  2. Le CIO communique le nom des grandes figures du sport qui soutiennent les premiers Jeux olympiques de la Jeunesse sur le site officiel de Singapour 2010, publié le 10 juin 2010
  3. JO 2012 - Canoë : Estanguet médaille d'or ! sur le site le10sport.com, consulté le 31 juillet 2012
  4. L'équipe.fr "Tony Estanguet prend sa retraite, consulté le 29/11/201
  5. « JO : Tony Estanguet élu au CIO », Le Figaro,‎ 11 août 2012
  6. « Tony Estanguet élu à la commission des athlètes du CIO », sur lemonde.fr,‎ 11 août 2012 (consulté le 11 août 2012)
  7. « Estanguet, l'élection après l'or », sur eurosport.com,‎ 11 août 2012
  8. Athlètes du CIO : l'élection suspendue, Le Figaro, 12 août 2012.
  9. « Estanguet, élection suspendue », sur lequipe.fr,‎ 12 août 2012.
  10. « CIO : Tony Estanguet toujours dans l'attente pour la Commission des athlètes », sur Eurosport,‎ 30 août 2012
  11. Franceolympique.com "T. Estanguet, membre de la Commission des athlètes du CIO" sur le site officiel du CNOSF, mis en ligne et consulté le 22/05/2013
  12. Tribunal Abitral du Sport communiqué officiel : "LE TAS REJETTE L’APPEL DE KOJI MUROFUSHI CONTRE LE COMITE INTERNATIONAL OLYMPIQUE", mis en ligne et consulté le 22/05/2013
  13. Alain Luzenfichter,, « L'élection de Tony Estanguet validée », sur lequipe.fr,‎ 22/05/2013
  14. Damien Ressiot, « Estanguet au comité exécutif de l'AMA », L’Équipe, no 21725,‎ 8 janvier 2014
  15. La France vise l'organisation des Jeux d'été 2024 ou 2028
  16. Pau : Tony Estanguet promu officier de la légion d'honneur
  17. Décret du 24 septembre 2004 portant nomination

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :