Jean-Claude Killy

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Jean-Claude Killy Alpine skiing pictogram.svg
Killy 2011 cropped.JPG
Jean-Claude Killy
Contexte général
Sport Ski alpin
Biographie
Nationalité sportive Flag of France.svg France
Naissance 30 août 1943 (71 ans)
Lieu de naissance Saint-Cloud
Surnom King Killy
Palmarès
Or Arg. Bro.
Jeux olympiques 3 0 0
Championnats du monde 6+1 0 0
Coupe du monde (globes) 6 0 0
Coupe du monde (épreuves) 18 3 3
Championnats de France 4

Jean-Claude Killy, né le 30 août 1943 à Saint-Cloud, est un skieur alpin triple champion olympique, coureur automobile et dirigeant français. Il fait partie de la grande génération de skieurs français des années 1960, qui dominent les compétitions alpines sous la direction d'Honoré Bonnet. Par la suite, il devient membre du Comité international olympique au sein duquel il dirige plusieurs commissions de coordination des Jeux olympiques d'hiver, préside à l'organisation d'évènement sportifs majeurs en France et siège au conseil d'administration de plusieurs grandes compagnies. Il est dans les années 1990 le président directeur général d’Amaury Sport Organisation.

Au cours de sa carrière sportive, Killy devient le deuxième skieur à remporter les trois épreuves de ski alpin (descente, slalom, slalom géant) lors de mêmes Jeux olympiques en 1968 à Grenoble et l'un des deux Français[1] (en 2013) à avoir remporté 3 médailles d'or aux cours de mêmes Jeux olympiques[2]. Il a également remporté six titres de championnats du monde et à deux reprises la coupe du monde de ski alpin (1967, 1968), puis s'est reconverti dans les sports mécaniques (participation aux 24 Heures du Mans entre autres). Après sa carrière sportive, il prit des postes importants au sein de divers organismes sportifs : membre du comité exécutif alpin de la Fédération internationale de ski, membre du CIO, coprésident du comité d'organisation des JO 1992, président de la commission de coordination des Jeux olympiques d'hiver du CIO, président exécutif du directoire des mondiaux de ski alpin de Val d'Isère. Enfin, Jean-Claude Killy a donné son nom au grand domaine skiable qui regroupe les stations de Tignes et de Val d'Isère. Jean-Claude Killy devient également parrain officiel de la Patrouille de France en 1991 et vole avec la prestigieuse formation.

Biographie[modifier | modifier le code]

Killy (au centre) sur le podium de la descente des JO 1968 avec Périllat et Dätwyler.

Né à Saint-Cloud, Jean-Claude Killy grandit cependant à Val d'Isère où ses parents Robert Killy (ancien champion de France junior de ski) et Madeleine de Ridder s'installent quand il a trois ans. Son père Robert (alsacien d'origine irlandaise selon les uns[Qui ?] ou suisse selon les autres[Qui ?]), est pilote de chasse dans la Royal Air Force pendant la Seconde Guerre mondiale[3], il s'installe en 1946 à Val d'Isère où il gère un hôtel, La Bergerie, avant d'ouvrir un magasin de sport dans la rue principale de la station, actuellement tenu par le frère de Jean-Claude. Lorsque ses parents divorcent, il est placé en pensionnat dans la vallée et déprime car il est coupé du ski. Il est par la suite élevé par son père. À force de volonté, il surmonte toutes ses épreuves (quatre mois dans un préventorium à la suite d'une primo-infection contractée à 13 ans, cheville abîmée lors d'un accident de voiture à 18 ans) et remporte tous les titres de la catégorie junior des championnats de France à La Clusaz en 1960[4].

Le jeune Killy fête à 18 ans sa première grande victoire lors du « Critérium de la 1ère Neige » de Val d'Isère en décembre 1961 puis sa première « Classique » à Garmisch-Partenkirchen en dominant le slalom géant de Arlberg-Kandahar en 1964. C'est le début d'une brillante carrière. Ses aptitudes physiques, techniques mais surtout mentales lui permettent de s'imposer dans toutes les disciplines du ski alpin : descente, slalom géant, slalom et combiné. Killy possède un temps d'avance sur ses concurrents avec sa prise de risques, sa vision de la meilleure ligne et son départ « catapulté » qu'il utilise à partir de 1966 (il déclenche le portillon de départ en mouvement après s'être appuyé violemment sur ses bâtons ; la méthode sera ensuite reprise par tous les skieurs), qui l'aide notamment à triompher pour 8/100 de seconde dans la descente olympique de 1968.

Jean-Claude Killy confirme très vite son potentiel en devenant double champion du monde en descente et combiné à Portillo en 1966 et en remportant les courses de l'Arlberg-Kandahar 1966 et 1967 ainsi que le classement général des 2 premières éditions de la coupe du monde en 1967 (avec 12 victoires et les classements de la descente, du géant et du slalom) et 1968 (6 victoires). Il est un des rares champions à avoir triomphé dans le même week-end dans des « Classiques » comme le « Lauberhorn » de Wengen ou le « Hahnenkamm » de Kitzbühel où il enlève d'abord la descente puis le slalom. En janvier 1967, il s'impose dans six courses de suite dans trois spécialités — d'abord à Adelboden (slalom géant) puis à Wengen et Kitzbühel (descente et slalom) et enfin à Megève (descente). En 1967, il gagne les cinq descentes de la Coupe du monde, et devient lauréat du Grand Prix de l'Académie des sports. Les Américains l'adorent et le surnomment « King Killy » après la parution de l'article de Serge Lang, fondateur de la Coupe du Monde, dans l'édition d'octobre 1965 de Ski Magazine USA.

Arrivée de Jean-Claude Killy lors de la première manche du slalom géant (Chamrousse, 11 février 1968)

L'apogée de sa carrière est atteinte lors des Jeux olympiques de 1968 à Grenoble. Killy réalise le triplé olympique sur les pistes de Chamrousse : il devient ainsi l'égal de Toni Sailer qui avait fait de même en 1956 à Cortina d'Ampezzo, Italie, et entre dans la légende olympique et du ski.

Après avoir tout gagné en ski, il arrête sa carrière un mois après les Jeux Olympiques de Grenoble, à moins de 25 ans, et se lance dans les sports mécaniques (comme le fera plus tard Luc Alphand), en participant à de nombreuses courses dont les 24 heures du Mans, puis dans le cinéma (Snowjob).

Sportif éclectique, celui que ses rares véritables amis appellent familièrement « Toutoune » sait aussi parfaitement mettre à profit son image de grand champion avec l'aide de Marc McCormark, fondateur de l'agence de management américain I.M.G. après que la station de Val d'Isère eut repoussé son offre de collaboration. Mais son image ne s'arrête pas uniquement aux sports. Jean-Claude Killy connaît également le succès dans les affaires, avec notamment une société de vêtements de sports (Veleda-Killy) pour laquelle il reçoit l'Oscar de l'exportation en 1982, et diverses collaborations comme promoteur de nombreuses multinationales comme General Motors, United Airlines, Head Rolex et Coca Cola.

Cependant, Jean-Claude Killy n'oublie pas sa passion première, le ski. C'est ainsi qu'il contribue à développer l'image de ce sport en participant à l'amélioration des moyens techniques, de sécurité et de promotion des stations hivernales et en devenant membre du Comité Exécutif Alpin de la Fédération internationale de ski (FIS) pendant plusieurs années. Avec son ami Michel Barnier, il lance la candidature d'Albertville pour l'organisation des Jeux olympiques, puis il sera coprésident du Comité d'Organisation des 16èmes Jeux olympiques d'hiver en 1992. C'est lui qui décide de nommer Michel Platini pour allumer le flambeau olympique contre l'avis de nombreuses personnes. Il préside ensuite la commission de coordination des Jeux olympiques d'hiver de 2006 à Turin et est également désigné pour superviser les Jeux de Sotchi de 2014. Enfin, en 2004, il joue un rôle important dans l'attribution des Championnats du monde de ski alpin 2009 à Val-d'Isère lors du Congrès de la FIS de Miami. Cependant, il démissionne le 30 juin 2007 de son poste de président exécutif du directoire des mondiaux de Val d'Isère afin de protester contre une situation politique confuse et mettre en avant les retards pris dans la construction du centre sportif ainsi que dans les travaux d'aménagement des pistes. Depuis plus de 20 ans, le domaine skiable qui s'étend du col de l'Iseran à Val d'Isère, au Glacier de la Grande Motte à Tignes porte le nom d'Espace Killy.

Après les Jeux olympiques d'Albertville, Jean-Claude Killy rejoint Amaury Sport Organisation (ASO), entreprise qui gère le Tour de France ou le Paris-Dakar. Il quitte l'entreprise en 1999. Il soutient aussi la candidature de Paris pour accueillir les Jeux olympiques de 2012. Mais son prestige et son rôle dans le CIO, dont il est membre entre 1995 et 2014, ne suffisent pas à faire pencher la balance en faveur de la capitale française face à Londres en raison des intrigues politiques qui perturbent la candidature parisienne.

Il se marie en 1972 avec Danièle Gaubert, célèbre actrice des années 1960, morte des suites d'un cancer en 1987. Une fille, Émilie, est née de leur union. Jean-Claude Killy adopte aussi les deux enfants issus du premier mariage de son épouse.

Sa carrière fut reconnue par l'État français qui lui remet la Légion d'honneur en 1968 lors d'une grande cérémonie à l'Élysée présidée par le Général de Gaulle. Il est également membre de l'Académie des sports française (Grand Prix Olympique 1968, Grand Prix 1967, Prix Henry Deutsch de la Meurthe 1966, Médaillé de l'Académie 1965).

Killy habite près de Genève. Pendant de nombreuses années, il pilotait son propre hélicoptère lors de ses déplacements en France et à l'étranger. Sa vie a été retracée dans une biographie de Thierry Dussard, Jean-Claude Killy, parue chez Lattès, en 1991.

Polémique du Slalom de Chamrousse[modifier | modifier le code]

Le 17 février 1968, lors de l'épreuve du slalom pour les Jeux olympiques de Grenoble, Jean-Claude Killy remporte la médaille d'or dans d'étranges circonstances. En effet, il arrive d'abord en 3e position puis au cours de l'après-midi, après visionnage des enregistrements et vote du jury, ses deux concurrents — le Norvégien Håkon Mjøen et l'Autrichien Karl Schranz — sont disqualifiés pour avoir raté chacun deux portes.

Karl Schranz est arrivé tardivement en bas de la piste. Il s'était en fait arrêté au milieu de sa descente, gêné selon ses dires, par un homme qui aurait traversé la piste devant lui. Il a donc obtenu le droit de recourir à titre « provisionnel », ce qui laisse la possibilité au jury de juger ultérieurement du bien-fondé de sa requête.

C'est d'abord le Norvégien Mjøen qui fut disqualifié en début d'après midi pour avoir raté 2 portes. Une heure plus tard, vient le tour de Schranz pour les mêmes raisons. Ce dernier fait immédiatement appel. Ce n'est qu'en fin de journée que le jury se prononce enfin. Karl Schranz a raté 2 portes avant d'être gêné lors de sa première descente et est donc disqualifié. La délégation autrichienne est scandalisée, d'autres, la délégation française notamment, diront qu'il a imaginé son histoire pour obtenir un recours après s'être aperçu qu'il avait raté une porte.

Cette affaire reste encore aujourd'hui une des plus grandes polémiques de l'histoire des Jeux Olympiques modernes[5].

Palmarès[modifier | modifier le code]

Jeux olympiques d'hiver[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Jeux olympiques d'hiver.
Épreuve / Édition Drapeau : Autriche Innsbruck 1964 Drapeau : France Grenoble 1968
Slalom géant 5e médaille d'or, Jeux olympiques Or
Descente - médaille d'or, Jeux olympiques Or
Slalom - médaille d'or, Jeux olympiques Or

Championnats du monde[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Championnats du monde de ski alpin.
Épreuve / Édition Drapeau : Chili Portillo 1966 Drapeau : France Grenoble 1968
Descente médaille d'or, monde Or médaille d'or, monde Or
Slalom - médaille d'or, monde Or
Slalom géant 5e médaille d'or, monde Or
Combiné médaille d'or, monde Or médaille d'or, monde Or

Coupe du monde[modifier | modifier le code]

  • Vainqueur du classement général en 1967 et 1968
    • Vainqueur de la coupe du monde de descente en 1967
    • Vainqueur de la coupe du monde de géant en 1967 et 1968
    • Vainqueur de la coupe du monde de slalom en 1967
    • 18 victoires : 6 descentes, 7 géants et 5 slaloms
    • 24 podiums

Saison par saison[modifier | modifier le code]

Arlberg-Kandahar[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Arlberg-Kandahar.

Championnats de France[modifier | modifier le code]

  • Championnats de France de ski
    • Champion de France de descente en 1966
    • Champion de France de géant en 1964 et 1967
    • Champion de France de slalom en 1964

Autres victoires alpines[modifier | modifier le code]

  • Champion du monde de ski professionnel en 1973

Records alpins[modifier | modifier le code]

  • Il est le seul skieur à avoir remporté en Coupe du Monde six victoires consécutives dans toutes les disciplines de l'époque (1967), et il enlève 12 des 17 épreuves de la première édition de la Coupe du Monde en 1967.

Course automobile[modifier | modifier le code]

Jean-Claude Killy en essai au Nurburgring sur Porsche 911S en 1968
  • 1er de la Targa Florio, catégorie Grand Tourisme, en 1967 sur Porsche 911S (2L., à un tour du vainqueur et 7e au général avec Bernard Cahier[6], ancien vainqueur de catégorie GT à la Targa Florio 1960 sur D.B. HBR Coupé avec Gérard Laureau, multiple vainqueur de classe 750cc3 au Mans, à Sebing, au Nürburgring... toujours sur DB[7]);
  • 2e aux 1000 km de Monza, catégorie Grand Tourisme, en 1968 (et 10e au général, avec Jean Guichet);
  • 3e aux 1000 km du Nürburgring, catégorie Grand Tourisme, en 1968 (et 26e au général, avec J. Guichet);
  • Participation aux 24 Heures du Mans 1969 (17e, avec Bob Wollek, sur Alpine A210).

Honneurs et récompenses[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'autre est le cycliste Paul Masson, aux Jeux olympiques d'été de 1896 à Paris.
  2. « Record dans le viseur », L'Équipe,‎ 14 février 2014, p. 4
  3. (fr) ÇA VA FAIRE…...', humanite.fr, Emile Besson, 2 août 1992.
  4. Jean Dumas, Vive le sport. Des temps héroïques à l'aube du XXIe siècle, Atlantica,‎ 1997, p. 127
  5. (fr) Comité national olympique et sportif français, Le fait des JO de Grenoble
  6. La Targa Florio 1967 sur racingsportscars.com
  7. Bernard Cahier sur racingsportscars.com
  8. Emmanuel Quintin, « Jean-Claude Killy, une vie dédiée à l'olympisme », Le Figaro, samedi 29 / dimanche 30 mars 2014, page 15.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • groupe Lafuma qui possède la licence de la marque Killy jusqu'en 2016

Liens externes[modifier | modifier le code]