Opération pièces jaunes

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Depuis 1990, chaque année la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France organise l'opération Pièces jaunes, une collecte de fonds qui vise à récolter des dons pour le financement de projets conçus et réalisés par les équipes hospitalières des services pédiatriques.

Ces projets visent à améliorer la vie quotidienne des enfants et des adolescents hospitalisés au sein des services de pédiatrie, en favorisant le rapprochement des familles, en développant des activités, en luttant contre la douleur, en améliorant l’accueil et le confort. Ainsi, chaque année, des centaines de subventions sont accordées par la Fondation. Les projets soutenus vont de l’acquisition de jouets, de l’aménagement d’espaces d’accueil pour les familles à la construction de Maisons des parents[1]. La 21e campagne Pièces jaunes a été lancée le 6 janvier 2010 par sa présidente madame Bernadette Chirac. Cette dernière a rappelé que 4,1 millions d'euros avaient été collectés en 2009 et que 480 projets étaient prévus en 2010[2].

Histoire et organisation[modifier | modifier le code]

Naissance de l’opération[modifier | modifier le code]

Durant les premières années, les pièces jaunes sont collectées auprès des familles. Quelques années plus tard, l'opération s'étendra à l'école puis à la ville, jusqu'à devenir l'opération caritative que nous connaissons aujourd'hui[réf. nécessaire]. Une autre thèse concernant le début de l’Opération pièces jaunes est avancée dans l'ouvrage « La belle histoire des pièces jaunes »[3]. Le professeur Claude Griscelli, président de la Fondation de 1989 à 1994, déclenche un certain nombre de réunions de réflexion où l’on évoque la participation des entreprises, les dons de toute sorte, les legs, les mécènes de l’industrie pharmaceutique. Claude Griscelli se souvient alors d’une opération très rentable qui avait eu lieu aux États-Unis et qui l’avait aidé pour un projet de recherche sur le déficit humanitaire. Il s’agissait de March of Dimes qui consistait à récolter les « Dimes » c’est-à-dire les 10 centimes de dollars dans les urnes placées un peu partout sur le territoire américain ». Avec l’aide de l’agence conseil (TSA-Consultants du groupe Belier Eurocom) de la Fondation à l’époque, et « avec les réflexions de chacun et les première réunions, grâce aux conseils de nombreuses personnalités, l’Opération pièces jaunes prend corps. » Une collecte est mise en place en mars 1990, réservée à Paris et la région parisienne. De grandes urnes transparentes sont disposées dans 420 boulangeries, dans certaines agences bancaires et dans les halls des mairies de Paris.

Parrains et ambassadeurs[modifier | modifier le code]

[4] De 1997 à 2009, David Douillet était le parrain de l'opération. Il est aujourd’hui président d’honneur. La chanteuse Lorie est la marraine de Pièces jaunes depuis 2008, Estelle Lefébure est l'ambassadrice des Maisons des adolescents depuis 2009.

Projets financés[modifier | modifier le code]

Actuellement, plus de 6 963 projets sur un total de 10 900 projets ont été réalisés grâce aux pièces jaunes. Parmi les projets des pièces jaunes, on trouve par exemple la construction d'un mur d'escalade (budget de 6 678 €) ou encore la création d'une « maison des parents » (budget de 150 000 €).

Domaines[modifier | modifier le code]

Les projets financés par l’Opération pièces jaunes sont mis en œuvre dans 5 grands domaines d’action[5] :

  • Le rapprochement des familles : la présence des proches à l’hôpital procure un grand apaisement pour tous les patients et aide à mieux vivre son séjour à l’hôpital. Par exemple : création de chambres mère-enfant, construction de Maison des parents, achat de lit d’accompagnement, aménagement d’espace famille.
  • L’amélioration de l’accueil et du confort : l’hôpital est un lieu peu froid, grâce à l’aménagement d’espace conviviaux et d’équipements adaptés l’attente ou le séjour hospitalier est plus agréable. Par exemple : création de fresque murale, achat de mobilier adapté aux enfants, création de salles de jeux, édition de livret d’accueil, rénovation des salles d’attente.
  • Le développement des activités : pour lutter contre l’ennui et l’isolement, les équipes soignantes organisent de nombreuses activités, indispensable au moral des patients. Par exemple : création d’ateliers (informatique, cuisine, peinture…), aménagement de terrain multisports, achat de minibus, organisation de séjour-vacances hors de l’hôpital.
  • La prise en charge des adolescents en souffrance : l’adolescence est une période difficile, les ados sont exposés à des pathologies très spécifiques. Par exemple : création de chambres adolescent, construction de Maison des adolescents, mise en place d’atelier spécifique.
  • La lutte contre la douleur : avoir mal n’est pas une fatalité, grâce aux pompes d’auto-analgésie contrôlée les enfants souffrent moins.

Actions en faveur des adolescents en souffrance[modifier | modifier le code]

La Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France poursuit son engagement en faveur des adolescents en souffrance, avec son « programme adolescents »[6] initié en 2004. Les subventions accordées grâce à Pièces jaunes permettent la construction ou l’aménagement d’espaces spécifiques au sein des hôpitaux proposant une approche globale et pluridisciplinaire de la santé des adolescents sur le même principe que la Maison de Solenn à Paris. Alliant notamment consultations médicales, prévention et suivi, ces structures sont dédiées aux jeunes souffrant par exemple de troubles du comportement, de dépressions, de troubles alimentaires ou de phobies scolaires.

Chiffres clés[modifier | modifier le code]

[7] Depuis 1990, l’Opération pièces jaunes a permis de financer 6 963 projets.

6 384 projets dans 598 hôpitaux et 1 515 services dont :

Évolutions de l’opération en 2010[modifier | modifier le code]

Parmi les nouveautés de la campagne lancée le 6 janvier 2010, Le Figaro[8] signale l’arrivée de nouvelles tirelires appelées « Pile et Face » représentant des enfants, et permettant de recueillir les dons : « Il fallait que les enfants soient plus au centre de la campagne », a expliqué Bernadette Chirac lors d’une conférence de presse.

Si le TGV Pieces jaunes a été abandonné en 2008, un train spécial (le « Train expo Pièces jaunes »[9]) est parti le 20 janvier 2010 de la gare du Nord à Paris pour faire escale dans 10 villes pendant 10 jours, récolter les dons et informer le grand public sur les réalisations financées grâces aux Pièces jaunes.

Contestations de la gestion de l'opération[modifier | modifier le code]

Selon Le Canard enchaîné du 10 février 2006, les recettes drainées par le TGV ne seraient pas publiées en raison du large déficit de l'opération[10]. Le journal critique également le manque de clarté des comptes publics de l'opération, qui ne publie qu'une seule page, qui comprenait en outre une erreur : les frais de fonctionnement ne s'élevaient, en 2004, non pas à 36,3 % mais 39,3 %. Les estimations évaluent les frais annuels à 2,4 millions d'euros.

L'Express du 27 avril 2006 publie un article intitulé « Les zones grises des pièces jaunes », par Élodie Sentenac et François Vignal[11]. Cet article présente des informations tendant à contester la manière dont l'Opération pièces jaunes semble désormais gérée, d'autant que, d'après les journalistes de L'Express, « les tirelires sont devenues plus légères : après la récolte exceptionnelle de 2002 (15 millions d'euros) due à l'abandon du franc, la fondation recueillit 7,5 millions d'euros en 2003, 6 millions en 2004 et 5,2 millions en 2005 ». Le magazine de l’actualité économique Challenges publie le 26 novembre 2009 un article[12] qui signale que « l'audit de la Cour des comptes sur la fondation Hôpitaux de Paris (FHP), entamé après des rumeurs de mauvaise gestion de l'Opération pièces jaunes de Bernadette Chirac, n'a décelé aucun problème » et précise que « le rapport a été réalisé par Axel Urgin, un magistrat encarté au PS ».

La Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France est contrôlée par le Comité de la Charte[13], organisme d'agrément et de contrôle des associations et fondations faisant appel à la générosité du public.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Exemples de projets financés par l’Opération pièces jaunes », sur site de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France (consulté le 1er février 2010)
  2. « Bernadette Chirac lance la 21e Opération pièces jaunes sous la neige », Le Point, 6 janvier 2010, [lire en ligne]
  3. « La belle histoire des pièces jaunes », Michel Leblanc, Le Cherche midi, 2003
  4. « Les parrains de l’Opération pièces jaunes », sur site de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France (consulté le 1er février 2010)
  5. « Rapports d'activité », sur site de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France (consulté le 1er février 2010)
  6. « Programme Ados », sur site de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France (consulté le 1er février 2010)
  7. « Les principaux résultats de Pièces jaunes », sur site de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France (consulté le 1er février 2010)
  8. « La 21e Opération pièces jaunes lancée », Le Figaro, 6 janvier 2010, [lire en ligne]
  9. « Pièces jaunes : Le Train Expo est parti », TV Magazine, 20 janvier 2010, [lire en ligne]
  10. Pièces Jaunes sur Hoaxbuster.com Mars 2006
  11. « Les zones grises des pièces jaunes », par Elodie Sentenac et François Vignal, sur le site de L'Express
  12. « La Cour des comptes blanchit les Pièces jaunes », Challenges, 26 novembre 2009, [lire en ligne]
  13. « Liste de organisations agréées », sur site du Comité de la Charte (consulté le 1er février 2010)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]