Bernadette Chirac

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Bernadette Chirac
Bernadette Chirac, le 6 juillet 2009.
Bernadette Chirac, le 6 juillet 2009.
Fonctions
Conseillère générale de la Corrèze
Canton de Corrèze
En fonction depuis le 25 mars 1979
(&&&&&&&&&&01290335 ans, 3 mois et 27 jours)
Élection 25 mars 1979
Réélection 17 mars 1985
22 mars 1992
15 mars 1998
21 mars 2004
20 mars 2011 (annulée)
25 septembre 2011
Prédécesseur Henri Bénassy
Épouse du 22e président de la République française
17 mai 199516 mai 2007
(&&&&&&&&&&&0438211 ans, 11 mois et 29 jours)
Président Jacques Chirac
Prédécesseur Danielle Mitterrand
Successeur Cécilia Sarkozy
Présidente de la Fondation Claude-Pompidou
En fonction depuis le 3 septembre 2007
(&&&&&&&&&&&025146 ans, 10 mois et 19 jours)
Prédécesseur Claude Pompidou
Biographie
Date de naissance 18 mai 1933 (81 ans)
Lieu de naissance Paris, France
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique RPR, UMP
Conjoint Jacques Chirac
Enfant(s) Laurence Chirac
Claude Chirac
Anh Đào Traxel (fille de cœur)
Diplômé de Université Panthéon-Sorbonne
IEP de Paris

Bernadette Chirac, née Chodron de Courcel, est une femme politique française, née le 18 mai 1933 à Paris. Elle est l'épouse de Jacques Chirac, 22e président de la République française du 17 mai 1995 au 16 mai 2007.

En tant que conseillère générale de la Corrèze et adjointe au maire de Sarran, elle est à ce jour la seule épouse de président de la République française à avoir exercé un mandat électif, exception faite de la brève carrière politique d'Anne-Aymone Giscard d'Estaing comme conseillère municipale de Chanonat (Puy-de-Dôme).

Le 3 septembre 2007, elle devient la présidente de la fondation Claude-Pompidou, à la suite de la mort de sa fondatrice, Claude Pompidou.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Origines familiales[modifier | modifier le code]

Née le 18 mai 1933 dans le 16e arrondissement de Paris, Bernadette Chodron de Courcel est la fille de Jean-Louis Chodron de Courcel (1907-1985), directeur commercial des manufactures « Jean-Félix Bapterosses et Cie »[note 1] et de Marguerite de Brondeau d'Urtières (1910-2000)[note 2]. Elle est la sœur aînée de Catherine (1946) et Jérôme (1948)[1].

La famille Chodron est une famille bourgeoise originaire des Trois-Évêchés. Elle compte dans ses rangs des militaires, des orfèvres, des notaires, des diplomates (Geoffroy Chodron de Courcel) et des industriels. Ils ont obtenu par héritage la propriété des manufactures de Gien et de Briare, dans le Loiret, fabricants respectifs des faïences de Gien et des émaux de Briare.

En 1852, un décret de Napoléon III permet à Louis-Jules Chodron (1804-1870) secrétaire de légation et ses enfants d'adjoindre à leur nom le nom de Courcel transformé plus tard en de Courcel. Louis Jules avait épousé Henriette Boulay de la Meurthe (1809-1884), fille d'Antoine Jacques Claude Joseph Boulay de la Meurthe. Ils seront les parents d'Alphonse Chodron de Courcel (1835-1919), diplomate, élevé à la dignité de baron héréditaire, par lettres patentes du 6 mars 1867 par l'empereur Napoléon III, et de Georges (1840-1904), lieutenant de vaisseau, arrière-grand-père de Bernadette Chirac.

Bernadette Chodron de Courcel est donc apparentée par son père à l'industriel Xavier Chodron de Courcel (son oncle, président-directeur général des Manufactures de Jean-Félix Bapterosses), ainsi qu'au diplomate et collaborateur du général de Gaulle, Geoffroy Chodron de Courcel (petit-fils du baron Alphonse Chodron de Courcel, qui est ainsi son cousin), au géographe spécialiste du Tibet Jacques Bacot (son grand-oncle)[2] et à Georges Chodron de Courcel (Directeur Général Délégué de BNP Paribas), son cousin. Sa tante Geneviève Chodron de Courcel épousa quant à elle Bernard de Lasteyrie, fils de l'ancien ministre des Finances de Raymond Poincaré, Charles de Lasteyrie.

Il s'agit d'une famille catholique très pratiquante : nombre de ses membres portent, en guise de deuxième ou troisième prénom, des noms de papes, Sixte et Pie[réf. nécessaire] ; l'une de ses tantes porte le prénom Jeanne d'Arc sur les actes d'état civil[réf. nécessaire]. Un de ses oncles, Vincent Chodron de Courcel, est prêtre, et sa tante Anne-Marie Chodron de Courcel, chanoinesse régulière de Saint-Augustin.

Éducation[modifier | modifier le code]

Bernadette Chodron de Courcel reçoit une éducation stricte et sévère de sa mère. Son père est militaire de carrière. Mobilisé en 1939, il est prisonnier en Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale, jusqu'en 1944. Après la débâcle de juin 1940, sa mère et elle fuient Paris pour se réfugier auprès de sa grand-mère, la comtesse Odette de Brondeau d'Urtières, au château de Coudène, dans le Lot-et-Garonne. Elle est alors inscrite à l'école privée Sainte-Marthe d'Agen. De 1942 à 1945, après l'occupation de la zone libre, elles se réfugient auprès d'une tante, sœur aînée et marraine de sa mère, dans le château de Marcault, propriété à Poilly-lez-Gien, à trois kilomètres de Gien, dans le Loiret. Bernadette est inscrite en demi-pensionnat dans l'établissement catholique de Sainte-Marie-des-Fleurs-et-des-Fruits de Gien[3].

Son père revenu en 1945, la famille s'installe dans le 6e arrondissement de Paris, rue de l'Abbé-Grégoire. Elle finit sa scolarité jusqu'au baccalauréat à l'École normale catholique, dans le 15e arrondissement, où elle a notamment pour condisciple la future comédienne Sylvie Joly[4].

En 1950, elle est reçue à l'examen d'entrée de l’Institut d’études politiques de Paris (Sciences Po) qu'elle intègre en octobre 1951 et où elle rencontre son futur époux Jacques Chirac auquel elle prête une aide constante. Elle interrompt néanmoins ses études sans en être diplômée. Les fiançailles ont lieu en octobre 1953, Bernadette ayant réussi à imposer Jacques Chirac à sa famille réticente qui voit en lui un homme sans fortune, sans foi religieuse et d'un orgueil excessif[5]. Plus tard, une fois la carrière ministérielle de son mari lancée, elle entame contre la volonté de ce dernier, à partir de 1972, une licence puis une maîtrise en archéologie à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, et travaille sur certains chantiers de fouilles à Vaison-la-Romaine[6].

Mariage et famille[modifier | modifier le code]

Bernadette Chodron de Courcel rencontre Jacques Chirac lorsque tous deux sont étudiants à l'IEP de Paris. Les noces ont lieu le 16 mars 1956, malgré les réticences de la famille de la mariée face à un jeune homme issu d'un milieu différent. Le cousin de Bernadette, Geoffroy est alors secrétaire permanent de la Défense nationale et deviendra, en 1959, secrétaire général de la présidence de la République. Les Chodron de Courcel refusent un mariage solennel dans la basilique Sainte-Clotilde (plus précisément à la chapelle de Jésus-Enfant), habituée des familles de la haute société du faubourg Saint-Germain. La cérémonie a donc lieu dans la chapelle de Jésus-Enfant, 29 rue Las Cases, annexe de l'église, réservée alors au catéchisme et aux cérémonies plus intimes.

Ensemble, ils ont deux filles, Laurence (le 4 mars 1958), médecin et Claude (le 6 décembre 1962) qui deviendra la conseillère en communication de son père. Bernadette et Jacques Chirac n'auront qu'un seul petit-fils, Martin Chirac, ainsi nommé à l'état civil mais parfois désigné comme Martin Rey-Chirac, fils unique de Claude Chirac et du judoka Thierry Rey, né le 22 mars 1996.

À partir de 1973, leur fille aînée Laurence est frappée d'anorexie mentale, des suites d'une méningite, et sera traitée durant de nombreuses années par le docteur Louis Bertagna[7],[8]. Ce n'est qu'à l'occasion de l'inauguration en décembre 2004 de la maison des adolescents de l'hôpital Cochin, baptisée Maison de Solenn en souvenir de Solenn Poivre d'Arvor (fille de l'animateur de télévision Patrick Poivre d'Arvor), que Bernadette s'exprime sur ce sujet douloureux. Elle évoque notamment le fait que Laurence, désormais âgée de plus de cinquante ans, n'est toujours pas guérie et après plusieurs tentatives de suicide, s'est blessée gravement en 1990 en se jetant du quatrième étage d'un immeuble parisien[9]. C'est cette expérience qui l'a poussée à se battre plus spécialement pour l'amélioration des conditions d'hospitalisation et d'accompagnement des enfants et adolescents malades dans les hôpitaux[10].

De 1974 à 1976, Bernadette Chirac souffre en silence de la liaison de son mari avec une journaliste du Figaro. Jacques Chirac, alors ministre, songeant à divorcer, ses conseillers Marie-France Garaud et Pierre Juillet le convainquent en 1976 de renoncer à se séparer de Bernadette, les Français ne pouvant selon eux élire un candidat divorcé à la Présidence de la République[11].

Elle et son époux ont « adopté de cœur », en 1979 une jeune boat-people vietnamienne aperçue en larmes à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, Anh Đào Traxel. Sans l'adopter, le couple Chirac l'héberge pendant deux ans, lui apprend le français et lui finance ses études. Anh Đào Traxel est revenue sur cette période dans son autobiographie parue en 2006 sous le titre de La Fille de Cœur, aux éditions Flammarion. Elle y fait l'éloge de ceux qu'elle appelle « Maman » et « Papa » et en l'honneur desquels elle a prénommé son fils aîné « Bernard-Jacques ».

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Bernadette Chirac est, à ce jour, la seule épouse d'un président de la République française à avoir exercé des mandats électifs. Très active, comme d'autres premières dames, dans le domaine associatif, elle a également un rôle politique. Il faut pourtant mettre à part la brève « carrière politique locale » d'Anne-Aymone Giscard d'Estaing comme conseillère municipale de Chanonat (Puy-de-Dôme).

Le couple Chirac a souvent été comparé à un duo[12], chacun aidant l'autre pour progresser en politique, à l'instar de Bill et Hillary Clinton. En effet, elle va jusqu'à prendre des cours de dactylographie pour taper à son mari des fiches de révision avant le concours de l'ENA. C'est une réussite : en 1962, Jacques Chirac débute sa carrière politique, le Premier ministre Georges Pompidou le nommant chargé de mission dans son cabinet. Mais attiré par la politique sur le terrain, ce dernier l'envoie se présenter à la députation de Corrèze. Si dans un premier temps, son épouse refuse de s'impliquer, elle cède en 1971, en faisant son entrée en politique afin d'assurer l'ancrage local de son mari[3].

Mandats locaux[modifier | modifier le code]

Bernadette Chirac faisant campagne sur le terrain, aux côtés du sénateur Josselin de Rohan, à Saint-Pierre-de-Plesguen en Bretagne avant le référendum pour la constitution européenne, le 27 mars 2005.

Bernadette Chirac est élue pour la première fois en 1971, au conseil municipal de la petite commune corrézienne de Sarran, où se trouve le château de Bity que le couple Chirac a acheté en 1969. Sans cesse réélue depuis lors, elle devient à partir de 1977 seconde adjointe au maire.

Le 25 mars 1979, elle est élue conseillère générale de la Corrèze pour le canton de Corrèze, qui comprend notamment Sarran. Elle est alors la première femme à siéger au sein de cette assemblée départementale, et est réélue sans discontinuer depuis à chaque scrutin cantonal, au second tour le 17 mars 1985 puis au premier tour le 22 mars 1992, le 15 mars 1998, le 21 mars 2004 et le 20 mars 2011[3].

Elle s'est servie de son assise nationale, en tant qu'épouse de président, pour faire avancer ou défendre certains projets de développement et de désenclavement de la Corrèze, comme le projet de LGV Poitiers-Limoges[13], ou encore en intervenant directement auprès de la ministre de la Justice Rachida Dati, pour lui demander de « reconsidérer sa position » sur la suppression du tribunal de grande instance (TGI) de Tulle, prévue par la réforme de la carte judiciaire[14]. D'un autre côté, ses mandats locaux lui ont permis de jouer le rôle d'interface entre son époux et le terrain, et lui ont donné une stature de personnalité de première importance dans le département, l'ancien sénateur-maire chiraquien de Brive-la-Gaillarde, Bernard Murat, parlant d'elle comme du « meilleur homme politique de la Corrèze »[15]. Elle a ainsi toujours mené personnellement, sans intervention de son mari, les campagnes cantonales corréziennes.

Responsabilités associatives et caritatives[modifier | modifier le code]

Bernadette Chirac en compagnie du peintre Reginald Gray, en 1987.

Bernadette Chirac commence à s'occuper d'œuvres de bienfaisance à Paris, lorsque son mari en devient maire : elle prend alors la présidence de l'Association pour la promotion des Arts de la ville. Mais ce n'est véritablement qu'à partir des années 1990 que son action associative se développe, surtout dans le domaine des aides aux enfants et aux jeunes malades ou menacés.

Elle fonde ainsi en 1990, au lendemain de la chute du rideau de fer, l'Association Le Pont Neuf, destinée à favoriser les échanges entre les jeunes des pays de l'Est et les jeunes Français (cette association a été dissoute le 31 décembre 2009 après presque 20 ans d'existence[16]). L'année suivante, elle prend la présidence du nouveau Festival international de la danse.

Mais c'est surtout à partir de 1994, lorsqu'elle devient présidente de la fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France, qu'elle gagne une réelle notoriété. Elle reprend le flambeau de l'opération Pièces Jaunes, destinée à financer des aménagements hospitaliers au profit des enfants hospitalisés, lancée en 1990, et assure la médiatisation de cet évènement pour en faire une manifestation annuelle incontournable, par le biais du TGV pièces jaunes faisant le tour de France et de parrains célèbres et populaires comme le judoka champion olympique David Douillet ou la chanteuse Lorie.

Bernadette Chirac est également membre du comité honoraire du Centre international pour enfants disparus et sexuellement exploités (ICMEC). À la demande de la reine Paola des Belges, elle organise le 17 janvier 2007 une réunion de travail au palais de l'Élysée, qui se situe dans le prolongement de la réunion organisée en novembre 2004 au Palais royal de Bruxelles. Les reines Silvia de Suède et Paola de Belgique ainsi que les Premières dames des États-Unis Laura Bush, de Russie Lioudmila Poutina et d'Égypte Suzanne Moubarak, l'épouse du président de la Commission européenne Maria Margarita Souza Uva Barroso, le prix Nobel de la paix 1986 Elie Wiesel et la commissaire européenne Viviane Reding sont présents à cette réunion. Après les discours dénonçant la pédophilie et la pédopornographie sur internet, Bernadette Chirac annonce la création d'un numéro de téléphone unique pour les enfants disparus dans toute l'Union européenne, le 116000[17].

Après le décès de Claude Pompidou, dont elle était une amie, Bernadette Chirac devient en septembre 2007 la nouvelle présidente de la fondation Claude-Pompidou, qui a pour but de venir en aide aux personnes âgées, aux malades hospitalisés ainsi qu'aux enfants handicapés.

Bernadette Chirac est également Présidente du comité d'honneur de l'Observatoire du patrimoine religieux (OPR), une association multiconfessionnelle qui œuvre à la préservation et au rayonnement du patrimoine cultuel français.

Épouse du président de la République française[modifier | modifier le code]

De gauche à droite : Bernadette Chirac, le président russe Vladimir Poutine et Jacques Chirac, en 2001, à Saint-Pétersbourg.

Le 17 mai 1995, Bernadette Chirac assiste à l'investiture de son époux à la présidence de la République, qui a lieu au palais de l'Élysée. Dès lors, la nouvelle « première dame de France » tient à se conduire en véritable « maîtresse de maison », et semble la première épouse d'un président à s'y plaire, ou tout du moins à ne pas être trop affectée, du rythme mondain et protocolaire du palais : elle insiste notamment pour accompagner le plus possible son époux dans ses déplacements officiels. Au-delà de son image « vieille France » dont se délecte l'émission satirique Les Guignols de l'info, elle reste une femme politique (elle fait campagne en 1998 et 2004, conservant son mandat de conseillère générale), et s'engage dans les œuvres caritatives. Elle effectue chaque année une petite tournée en province[réf. nécessaire], ce qui l'aurait conduite à mettre son mari en garde contre la possibilité de voir arriver Jean-Marie Le Pen au second tour de l'élection présidentielle de 2002[12].

Bernadette Chirac, deuxième en partant de la gauche au second rang, entre son époux et la Première dame américaine Laura Bush et derrière le roi et la reine des Belges, Albert II et Paola, lors de la messe de funérailles du pape Jean-Paul II, en 2005.

Elle tient également à donner son avis, et entre parfois en lutte d'influence avec les conseillers de son mari : elle s'oppose ainsi à l'appel de Cochin rédigé par Pierre Juillet et Marie-France Garaud, alors éminences grises de Jacques Chirac, en 1978, puis à la dissolution de l'Assemblée nationale de 1997 conseillée par le secrétaire général de l'Élysée, Dominique de Villepin[18]. Mais ce n'est qu'à partir de la cohabitation avec le gouvernement socialiste de Lionel Jospin qu'elle commence à acquérir un réel poids politique au sein de la droite et une réelle influence auprès de son mari : présente sur le terrain, appréciée dans l'opinion publique (notamment grâce à l'opération Pièces Jaunes) mais surtout auprès des élus locaux ou nationaux de droite, elle devient un des atouts de son mari lors de sa campagne de réélection en 2002. Preuve de sa popularité, son livre de Conversations avec Patrick de Carolis, sorti à la veille de la campagne en 2001, se vend à plus de 300 000 exemplaires.

À la suite d'une plainte avec constitution de partie civile de l'ancien maire de Paris, Bertrand Delanoë (PS), Bernadette Chirac a été sous le coup d'une enquête judiciaire pour l'affaire dite des « frais de bouche ». Cette enquête, qui montre notamment des dépenses alimentaires de 600 euros par jour en moyenne (4 000 francs) pendant huit ans dans le logement de fonction des Chirac à la Mairie de Paris, a été conduite par le procureur Philippe Courroye et s'est ensuite soldée par un non-lieu en 2003[19].

Elle est l'un des artisans de l'union de la droite, future UMP, aux côtés de Jean-Pierre Raffarin dont elle soutient la nomination comme Premier ministre, mais aussi milite pour la réconciliation entre les chiraquiens et Nicolas Sarkozy[20]. Elle soutient ensuite activement ce dernier en tentant de faire le lien entre la politique menée par son époux et celle mise en œuvre par son successeur. Dès la campagne des régionales de 2004, elle lui confie, lors d'un meeting, « Heureusement qu'on vous a ». Plus tard, lors de la campagne des élections municipales et cantonales de 2008, elle confirme son soutien à sa politique : « Nicolas Sarkozy est fantastique. Il a été formé à l'école de Jacques Chirac. C'est un excellent orateur. Il a un grand charisme »[21].

Catholique pratiquante, élue dans un canton rural, elle constitue la caution conservatrice de l'entourage de Jacques Chirac, celle censée rassurer la base de son électorat qui reste de droite.

Depuis 2007[modifier | modifier le code]

Le 15 avril 2010, Bernadette Chirac devient membre du Conseil d'administration du groupe LVMH[22].

Lors élections cantonales de mars 2011, Bernadette Chirac est élue pour la sixième fois consécutive conseillère générale dans le canton de Corrèze. En obtenant 50,04 % des suffrages, elle conserve dès le premier tour le siège qu'elle occupe au conseil général depuis 1979, mais cette élection est contestée puis invalidée par le tribunal administratif[23],[24],[25]. Bernadette Chirac ne fait pas appel de cette décision : en conséquence, son mandat se termine le 23 juillet 2011 et une élection partielle est organisée en septembre[26]. Elle est réélue au premier tour avec 60,8 % des suffrages.

Lors de la campagne présidentielle de 2012, elle apporte son soutien à Nicolas Sarkozy en participant notamment à son grand meeting de Villepinte[27]. Après sa défaite, elle se prononce pour son retour en politique[28]. Lors des élections municipales de 2014 à Paris, elle soutient la candidate UMP Nathalie Kosciusko-Morizet[29].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Généalogie[modifier | modifier le code]

  • Père : Jean Chodron de Courcel (1907-1985), directeur commercial. Études au Collège d'Eton puis à l'université de Cambridge ;
  • Mère : Marguerite-Marie de Brondeau d'Urtières (1910-2000) ;
  • Grand-père paternel : Robert Chodron de Courcel, secrétaire d'ambassade et propriétaire ;
  • Grand-oncle paternel : Jacques Bacot (1877-1965), géographe, ethnologue, spécialiste du Tibet[2] ;
  • Frères et sœurs : Catherine (1946), Jérôme (1948) ;
  • Pour les familles Lance (de Velaine-en-Haye), Gouvion et Gouvion-Saint-Cyr de Toul : voir la revue Généalogie Lorraine no 132, revue de l'Union des Cercles Généalogiques Lorrains: UCGL[32].
  • Pour la famille Boulay (de la Meurthe) : voir la revue Généalogie Lorraine no 128, revue de l'Union des Cercles Généalogiques Lorrains: UCGL, ainsi que l'article en ligne.
  • généalogie de Mme Bernadette Chirac par Myriam Provence dans Généalogie-Magazine no 225

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres d'entretiens
Biographies
Ouvrages satiriques

Filmographie[modifier | modifier le code]

Annexe[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bottin mondin, notice consacrée à Mme Jean de Courcel.
  2. a et b Base Roglo, Descendants de Raymond Bacot
  3. a, b et c Laurent Delahousse, « Bernadette Chirac », émission « Un jour, un destin » sur France 2, 3 octobre 2012
  4. Philippe Valode, Les premières dames de la Ve République, L'Archipel,‎ 2010 (ISBN 9782809804027), p. 132
  5. Philippe Valode, op.cité, p. 135
  6. « Interview de Bernadette Chirac : 'J'ai aimé la vie à l'Elysée' », Point de vue, in femmesplus.com, 12/12/2007
  7. La Tragédie du président : scènes de la vie politique (1986-2006) de Franz-Olivier Giesbert, éditions Flammarion, 2008, (ISBN 9782080689481), p.49
  8. Jérôme Pécresse, le mari de Valérie dans Paris Match du 24 août 2010.
  9. Philippe Valode, op.cité, p. 137
  10. « Le combat des Chirac », La Dernière Heure, 07/12/2004
  11. Christophe Deloire, Christophe Dubois, Sexus Politicus, Albin Michel,‎ 2006 (ISBN 2226172556), p. 15-18
  12. a et b http://www.linternaute.com/savoir/magazine/dossier/premieres-dames-de-france/5-bernadette-chirac.shtml
  13. D. Pérovic, « LGV Limoges-Poitiers: la ténacité finit par payer... », Le Populaire, 27/10/2008
  14. « Bernadette Chirac au secours du TGI de Tulle », La Montagne, 17/12/2008
  15. Blog officiel de Bernard Murat
  16. http://www.russie.net/article4945.html
  17. « Les "premières dames" du monde appellent à la mobilisation contre la pédophilie sur Internet », site de l'Association internationale des droits de l'Homme, 01/2007
  18. « Enquête sur Bernadette », L'Express, 01/01/1998
  19. L'affaire des "frais de bouche" du couple Chirac définitivement close
  20. « Bernadette Chirac, une tortue à l'Élysée », Le Figaro Magazine, 14/10/2007
  21. P. Goulliaud, « Pour Bernadette Chirac, "Sarkozy est fantastique" », Le Figaro, 29/02/2008
  22. « Benadette Chirac fait son entrée au Conseil d'administration de LVMH », NouvelObs.com, mis en ligne le 15 avril 2010
  23. « Bernadette Chirac réélue avec... une voix de majorité », leparisien.fr, 20 mars 2011.
  24. http://info.france2.fr/politique/annulation-election-de-bernadette-chirac-demandee-69147553.html
  25. Cantonales : l'élection de Bernadette Chirac annulée
  26. « Bernadette Chirac n'est plus conseillère », dépêche AFP reprise par Le Figaro, 26 juillet 2011.
  27. http://www.lepoint.fr/politique/election-presidentielle-2012/bernadette-chirac-hollande-n-a-pas-le-gabarit-d-un-president-23-03-2012-1444327_324.php
  28. http://www.20minutes.fr/societe/1159707-20130522-bernadette-chirac-espere-retour-nicolas-sarkozy
  29. Gaël Vaillant, « Bernadette Chirac : "Il y a du Chirac dans NKM" », in lejdd.fr, 17 décembre 2013.
  30. AFP: [1]
  31. http://dc454.4s.io/img/LLcjRIct/s7/138a06ce358/bernadette_chirac.jpg
  32. http://gw5.geneanet.org/index.php3?b=roby54&lang=fr;alwsurn=yes;p=francois;n=gouvion