Igor et Grichka Bogdanoff

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Igor et Grichka Bogdanoff

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Grichka (à gauche) et Igor (à droite) Bogdanoff.

Naissance 29 août 1949 (65 ans)
Saint-Lary, Gers (France)
Nationalité Français
Champs Science-fiction, cosmologie, vulgarisation scientifique
Diplôme Igor : doctorat en physique théorique ;
Grichka : Institut d'études politiques de Paris, 1974; doctorat en mathématiques appliquées
Renommé pour Émissions de télévision (Temps X), ouvrages et travaux sur la vulgarisation scientifique

Igor et Grichka Bogdanoff ou Bogdanov[1],[2] (nés le 29 août 1949 à Saint-Lary, Gers, France) sont des frères jumeaux français d'origines russe et autrichienne, producteurs-animateurs de télévision, essayistes, s'étant illustrés dans les domaines de la science-fiction, de la cosmologie et de la vulgarisation scientifique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Grichka (à gauche) et Igor (à droite) Bogdanoff, dans les années 1990.
Le chanteur d'opéra américain Roland Hayes (1887-1977), grand-père maternel allégué des Bogdanoff.

Igor Yourievitch Ostasenko-Bogdanoff et Grichka Yourievitch Ostasenko-Bogdanoff sont nés le 29 août 1949 au château de Saint-Lary, dans le Gers. Igor, l'aîné, est né 40 minutes avant son frère Grichka[3],[4].

Leur père, Youri « Georges » Mikhaïlovitch Ostasenko-Bogdanoff, dit[5] « prince Ostasenko-Bogdanoff », d'origine russe et tatare (né le 28 janvier 1928 à Saint-Pétersbourg), est artiste peintre ; il est le fils de Mikhaïl Borisovitch Bogdanoff, dit [6]« prince Bogdanoff », et d'Anna d'Osten-Sacken, comtesse Ostasenko[7],[8].

Leur mère, Maria Dolores Kolowrat-Krakowská (28/02/1926-1982), dite « Maya », est la fille naturelle du chanteur d'opéra noir américain Roland Hayes[9],[7] et de Bertha Kolowrat-Krakowská, comtesse von Colloredo-Mannsfeld qui avait invité le chanteur au Château de Schönbrunn. En effet, elle s'occupait des événements culturels pour l'empereur d'Autriche, François-Joseph[7],[8].[réf. nécessaire][non neutre]

Igor et Grichka Bogdanoff ont un autre frère et trois sœurs, tous plus jeunes qu'eux[9],[7].

Igor Bogdanoff a un fils avec la comédienne Geneviève Grad, Dimitri (né en 1976).
Il s'est ensuite marié le 29 juin 1989 à Paris avec Ludmilla d'Oultremont (née le 27 juillet 1965 à Marseille, fille du comte Marc-Antoine d'Oultremont et de la comtesse Maria Theresia von Gallen), de qui il a trois enfants : Sacha Maria Igorovna (née le 8 septembre 1989 à Paris), Anna Igorovna (née le 28 mars 1991 à Paris), et Wenceslas Igorovitch (né le 29 août 1994 à Auch).
Divorcé en 1994, il s'est remarié le 1er octobre 2009 à Paris avec l'écrivain Amélie de Bourbon-Parme (née le 13 mars 1977 à Paris, fille naturelle de S.A.R. le prince Michel de Bourbon-Parme et de Astrid Le Bourgeois), au cours d'une cérémonie civile le 3 octobre 2009 au château de Chambord[10]. Leur fils Alexandre naît le 24 octobre 2011.

Grichka Bogdanoff est célibataire et n'a pas d'enfant[8].

Enfance et débuts[modifier | modifier le code]

C'est principalement leur grand-mère maternelle Bertha Kolowrat-Krakowská[11] qui élève les jumeaux. Jusqu'à l'âge de neuf ans, Igor et Grichka partagent leur temps entre leurs précepteurs et les ouvrages en français, russe, allemand ou anglais de la bibliothèque familiale, où naît leur passion pour l'astronomie. Une passion qu'ils s'empressent ensuite de partager avec leurs camarades de dortoir à l'École militaire de Sorèze, dans le Tarn : l'école est une ancienne abbaye, où ils entrent à l'âge de neuf ans. Toutes les nuits ils sortent de l'école en cachette pour aller regarder les étoiles[7].

Leur mère « Maya » Maria Dolores Kolowrat-Krakowská meurt en 1982 à cinquante-six ans, après une chute de cheval[7].

Pilotes de planeur à l'âge de quinze ans, puis d'avion et d'hélicoptère, ils ont la passion de tout ce qui vole[12]. Igor est un passionné d'hélicoptère et revendique aujourd'hui 4 000 heures de vol[13] ; il est toutefois condamné à une amende, en 2014, pour « faux en écriture privée » concernant son carnet de vol d'hélicoptère. Il déclare vouloir faire appel de cette décision[14],[15].

En 1976 paraît leur livre Clefs pour la science-fiction. Roland Barthes avait rédigé une préface élogieuse pour leur ouvrage : « Leur livre est empreint d'une bienveillance profonde - profonde en ce qu'elle remonte à une certaine idée du bonheur : fidèles à leurs illustres devanciers, les Dioscures, dieux du Voyage et de l'Hospitalité, les frères Bogdanov ont fait de la science-fiction un être harmonieusement jumeau, où c'est le voyage lui-même qui est hospitalier »[16]. Cette préface est finalement parue dans La Quinzaine littéraire.

Les jumeaux ressentent un besoin de communiquer leurs passions. En septembre 1976, Grichka téléphone à plusieurs reprises à la direction de TF1 jusqu'à ce qu'on lui passe Yves Mourousi, qui présente à l'époque le journal de 13 heures. Le lendemain, ils sont sur le plateau du journal télévisé pour présenter leur livre Clés pour la science-fiction. Emballé par le numéro des jumeaux, Yves Mourousi leur propose d'animer dans son émission dominicale Bon appétit une séquence consacrée aux robots et aux extraterrestres. Leur carrière est ainsi lancée : c'est le tremplin qui débouchera plus tard, en avril 1979, sur Temps X[7].

Activité télévisuelle[modifier | modifier le code]

Un sur Cinq[modifier | modifier le code]

Les frères Bogdanoff ont commencé leur carrière télévisuelle dans l'émission d'Antenne 2 Un sur Cinq, animée par Patrice Laffont. Ils y tiennent une rubrique sur la science-fiction, à la suite de la parution de leur premier livre Clefs pour la Science-Fiction. Après l'arrêt de l'émission, les Bogdanoff quittent Antenne 2 pour TF1.

Temps X[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Temps X.

Ils font leur apparition dans le paysage télévisuel le 21 avril 1979 avec l'émission Temps X sur TF1. Cette émission, programmée jusqu'en 1989, mêle science, science-fiction et culture populaire et devient culte au fil des années[17]. Les frères Bogdanoff y sont mis en scène habillés de combinaisons futuristes et évoluant dans un décor de vaisseau spatial. C'est le premier magazine télé de science-fiction en France[18]. Les téléspectateurs peuvent y découvrir notamment des séries fantastiques, dont certaines sont à l'époque inédites en France (ou diffusées de manière lacunaire), par exemple La Quatrième Dimension, Le Prisonnier, Star Trek, Cosmos 1999, Au-delà du réel, Doctor Who, Les Envahisseurs. Sont également proposés des extraits de films cultes de science-fiction comme La Mouche noire. L'émission fait participer de futurs célébrités comme Franck Dubosc en pilote de vaisseau ou Frédéric Beigbeder interviewé à 13 ans sur la science-fiction[18].

Parallèlement, Igor et Grichka Bogdanoff assurent la production et la présentation de deux magazines scientifiques sur TF1 : 2002 – L'Odyssée du Futur en 1982 (mensuel programmé à 20 h 30) et Futur's en 1989 (hebdomadaire programmé à 22 h 30).

Du côté des sciences, le magazine traite aussi bien des concepts les plus sérieux tel que la spéculation, les pseudo-sciences ou sensationnels tel que les OVNI, la théorie des anciens astronautes, la vie extraterrestre ou l'archéologie fantastique[18]. En futurologie, les frères Bogdanoff évoquent, dès 1980, l'Internet Configuration Advisory Board[19] la création d'un réseau mondial baptisé « Internex »[18] quelques mois après sa création. Si l'entreprise est jugée enthousiaste, attachante et artistique trente ans plus tard par le quotidien Le Figaro, elle est aussi considérée par celui-ci comme approximative et imprécise[18].

Autres émissions[modifier | modifier le code]

Après une interruption de leur activité télévisuelle d'une dizaine d'années pour effectuer des études (voir ci-après), les frères Bogdanoff retrouvent la télévision en 1999, sur la chaîne 13ème rue avec le magazine hebdomadaire Projet X 13, puis sur France 2 où ils présentent à partir de 2002 le court programme hebdomadaire Rayons X. Ce magazine scientifique a la particularité d'être présenté par les répliques virtuelles des deux animateurs, procédé qui repose sur une technologie d'imagerie 3D. La thématique de cette émission, composée de programmes courts quotidiens (deux minutes) et de « spéciales » diffusées quatre fois par an, repose essentiellement sur les évolutions scientifiques et technologiques qui caractérisent le monde moderne.

En 2006, ils sont les vedettes d'une série d'annonces publicitaires pour Club Internet, diffusées sur plusieurs chaînes télévisées françaises.

Le 26 mars 2007, les frères Bogdanoff présentent sur la chaîne Sci-Fi une soirée spéciale autour du lancement de la série inédite d'anticipation Century City.

Le 25 octobre 2008, ils démarrent une nouvelle émission baptisée Science X sur France 2. L'émission reçoit des critiques mitigées. Au lendemain de la première diffusion, la journaliste Charlotte Moreau du Parisien estime que « Science X est du jamais vu à la télévision française » et que « l'amateur de vulgarisation scientifique en a pour tout son saoul »[20].Il diffuse la dernière émission le 27 décembre 2008. L'émission est à l'inverse très sévèrement critiquée par Pierre Vandeginste, journaliste scientifique, ancien du magazine La Recherche, qui estime dans un article issu de son blog et repris par le journal en ligne Rue89[21], qu'elle propose un « contenu scientifique proche du zéro absolu ».

Le 8 janvier 2009, France 2 annonce que leur émission était « suspendue de tournage », et que la chaîne souhaitait « renégocier le contrat » de ses présentateurs[22]. Les émissions Science X de janvier sont annulées au motif de l'audience jugée insuffisante (environ 8 % de parts de marché sur l'ensemble des cinq premières diffusions, soit une moyenne d'1,1 million de téléspectateurs), à une heure où l'audience compte beaucoup en raison des règles de diffusion de la publicité s'appliquant en 2009 (voir La réforme de France Télévisions). Leur émission fait son retour, renommée Science 2 diffusé à partir 28 mars 2009, se définit désormais comme l'émission de la découverte avec un spectre de thématiques plus large comme la santé, la nature, les nouvelles technologies. Elle est diffusée le samedi à 18 h 5 jusqu'au 6 juin 2009.

Ils reviennent en 2010, avec un nouveau magazine scientifique intitulé À deux pas du futur, écrit et réalisé par Roland Portiche et Nicolas Montigiani. L'émission est diffusée 5 épisodes sur France 2 en seconde partie de soirée les lundis 23, 30 août 2010 et jeudi 6 janvier 2011, puis rediffusée sur France 5 au cours de l'été 2011.

Le 13 août 2011, ils participent à un sketch du duo d'humoristes Les Lascars Gays lors d'une émission spécial été d'On n'demande qu'à en rire présentée par Laurent Ruquier sur France 2[23].

Liste des émissions[modifier | modifier le code]

  • 1979-1987 : Temps X (TF1)
  • 1982-1984 : 2002 – L'Odyssée du Futur (TF1)
  • 1989-1990 : Futur's (TF1)
  • 1999-2002 : Projet X 13 (13e Rue)
  • 2002-2007 : Rayons X (France 2)
  • 2008 : Science X (France 2)
  • 2009 : Science 2 (France 2)
  • 2010-2011 : À deux pas du futur (France 2)

Activité littéraire[modifier | modifier le code]

Les frères Bogdanoff ont publié de nombreux ouvrages de science-fiction, de philosophie et de vulgarisation scientifique. Depuis 1991, ils signent leurs livres sous l'orthographe « Bogdanov » avec un « v » final.

Activité scientifique[modifier | modifier le code]

Antécédents universitaires[modifier | modifier le code]

Igor est titulaire d'un Diplôme d'études approfondies en sémiologie et Grichka est à la fois diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris et docteur en mathématiques[25].

Doctorats[modifier | modifier le code]

À partir des années 1990, les frères Bogdanoff se consacrent à la préparation d'un doctorat portant sur la cosmologie primordiale. Leur directeur de thèse, Daniel Sternheimer, indique[26] qu'ils se sont inscrits en 1991 à l'Université Bordeaux I, pour réaliser un doctorat sous la direction de Gabriel Simonoff.

Daniel Sternheimer évoque « des interventions effectuées auprès du directeur de thèse d'alors, puis des autorités de l'Université Bordeaux I, incitant au non-renouvellement de leurs inscriptions ». À la suite de ce que Daniel Sternheimer présente comme « une inadmissible censure a priori »[27], les frères Bogdanoff, n'étant plus les bienvenus à Bordeaux, trouvent un nouveau directeur, Moshé Flato, à l'Université de Bourgogne. À la suite du décès de ce dernier en 1998, c'est son confrère et ami Daniel Sternheimer qui accepte de les encadrer jusqu'à leurs soutenances respectives qui ont lieu le même jour en 1999. À l'issue de ces deux soutenances, Grichka se voit attribuer le titre de docteur « sous condition de revoir son manuscrit[28] » « sous la supervision de trois membres du jury »[27], et Igor est recalé.

Igor obtient son doctorat trois ans plus tard après avoir soutenu le 8 juillet 2002 une nouvelle thèse avec un nouveau jury[29]. Cette année-là, les deux frères publient leur deuxième article dans une revue scientifique. Entre 2001 et 2003, ils publient en tout cinq articles dans des revues à comité de lecture[27], dont deux à facteur d'impact notable, Annals of Physics et Classical and Quantum Gravity.

Leurs thèses sont respectivement :

Professorat[modifier | modifier le code]

Les frères Bogdanoff occupent une chaire de Cosmologie à l'université Megatrend de Belgrade. [2]

Controverses[modifier | modifier le code]

L'Affaire Bogdanoff[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire Bogdanoff.

À l'automne 2002, circule sur divers forums électroniques la rumeur que les articles des frères Bogdanoff seraient en réalité des canulars réalisés dans le domaine de la physique théorique, à l'instar de l'affaire Sokal, qui avait touché le domaine des sciences sociales. Cette rumeur de canular est très rapidement et très vigoureusement démentie par les deux frères, et donne l'occasion à leurs travaux d'acquérir une certaine visibilité. Malgré de nombreuses discussions entre les deux frères et divers scientifiques, notamment le physicien et mathématicien John Baez, le premier à avoir publiquement relayé la rumeur de canular, un consensus général se dégage sur le fait que la qualité de ces travaux est extrêmement faible[30], comme en témoigne le très faible taux de citation de leurs travaux (voir ci-dessus), mais qu'il ne s'agit pas pour autant d'un canular[28]. Plusieurs examinateurs et rapporteurs des thèses soutenues prendront par la suite publiquement position à ce sujet, tels que le mathématicien spécialiste des groupes quantiques Shahn Majid (en) indiquant que le niveau des travaux présentés est très faible[30].

À l'issue de cet épisode, ils publient un ouvrage, Avant le Big Bang, ayant pour but de donner leur version des événements de l'automne 2002. Cet ouvrage est vivement critiqué du fait qu'il comporte un nombre important d'erreurs élémentaires en mathématiques et en physique, et de nombreuses erreurs factuelles relevées par divers auteurs. Est également dénoncé le nombre très important de citations au départ critiques mais présentées de façon tronquée, et dont le sens se trouve très substantiellement modifié en leur faveur[28].

Rapport du CoNRS[modifier | modifier le code]

En octobre 2010, le magazine Marianne[31] publie un rapport du comité national du CNRS datant de 2003[32], portant sur les thèses de doctorat et les articles des frères Bogdanoff. En ce qui concerne Grichka, le rapport conclut : « En résumé, un des huit chapitres de cette thèse contient une construction de celles qu'on peut trouver dans un mémoire de DEA, voire de maîtrise, mais très mal écrit : les sept autres ne contribuent en rien aux mathématiques[32]. » Et pour Igor : « En résumé, l'ensemble des articles considérés ici ne répond à aucun critère de clarté, de précision et d'exactitude en vigueur en physique théorique. Ce manuscrit de thèse ne peut pas être qualifié de contribution scientifique[32]. » À la suite de cet article, le directeur du CNRS reçoit les frères Bogdanoff et annonce dans un communiqué que « le CoNRS n'a pas compétence pour juger si la procédure administrative d'attribution d'un doctorat a été ou non correctement appliquée. De même, conformément aux textes qui régissent son activité, il n'a jamais été demandé au CoNRS de remettre en cause la délibération d'un jury de thèse, qui reste souverain » et « que le CoNRS n'a jamais fait état de ce rapport ; à ce titre, il est regrettable que des éléments en aient été diffusés. En effet, ce rapport n'avait pas vocation à être rendu public[33],[34] ».

Selon Le Parisien, le mathématicien Shahn Majid de l'université de Cambridge pense au contraire que la thèse des Bogdanoff « mérite le titre de docteur »[35]. Pour leur maître de thèse Daniel Sternheimer, « toute la procédure a été conforme à la réglementation en vigueur, appliquée parfois avec sévérité »[35]. En revanche, selon Marianne, Shahn Majid affirme que ses propos n'ont pas été rapportés fidèlement par les deux frères»[36].

Titre de Docteur[modifier | modifier le code]

Une polémique existe sur le fait que les frères Bogdanoff auraient revendiqué par deux fois des doctorats qu'ils n'avaient pas alors. En 1985, dans une interview donnée à Paris Match (« une erreur de retranscription de l'interview » selon les Bogdanoff[28]), puis en 1991 sur la quatrième de couverture d'un livre d'entretiens avec le philosophe Jean Guitton, ils sont présentés comme docteurs en astrophysique et en physique théorique[21] (ils plaident une erreur de l'éditeur, Grasset[28]).

Théories[modifier | modifier le code]

Les frères Bogdanoff affirment que la constante cosmologique qui accélère le développement de l'espace-temps est trop bien réglée à 120 décimales derrière la virgule pour être hasardeuse. Ils avancent des thèses comme l'« instanton », désignant l'univers de l'ère de Planck concentré dans un objet mathématique où matière, énergie et temps seraient remplacés par de l'information[37] ; selon eux, « le hasard serait une absurdité, conformément aux théories de Ludwig Boltzmann et de Claude Shannon »[38].

Pour l'astrophysicien Alain Riazuelo, dans le livre des frères Bogdanoff Le visage de Dieu « se mélangent des choses vraies et relativement indiscutables avec les élucubrations pseudo-scientifiques des auteurs ». Il dénonce les références abusives du livre à la mission Planck, à laquelle il participe, alors que les Bogdanoff ne font pas partie des chercheurs qui y ont accès[39],[28]. Les frères Bogdanoff affirment quant à eux être les victimes de la vindicte de la communauté scientifique à cause de leur « double casquette » de chercheurs et de personnages médiatiques, accusés, selon eux à tort, de défendre dans cet ouvrage la thèse du dessein intelligent. Alain Riazuelo est selon eux un de leurs plus acharnés détracteurs. Ils ajoutent que des deux scientifiques ayant postfacé leur livre, un seul John C. Mather, astrophysicien prix Nobel de physique, s'est déclaré « un peu gêné » d'être associé à des théories qui seraient éventuellement créationnistes tandis que l'autre, Jim Peebles, cosmologiste spécialiste du Big Bang, leur aurait dit de Riazuelo qu'« il voulait [les] disqualifier en [les] faisant passer pour des créationnistes »[28].

Action en justice et pétition[modifier | modifier le code]

Le 14 mars 2012, l'astrophysicien Alain Riazuelo est condamné à 1 euro de dommage-intérêts et 2 000 euros d'amende avec sursis[40] pour avoir publié sans autorisation sur son site web un brouillon non officiel[41] de la thèse d'un des frères Bogdanoff. En défense de l'astrophysicien et du droit à la critique scientifique, une pétition signée par 300 scientifiques est publiée sur le site de Ciel et Espace[42].

Apparence physique[modifier | modifier le code]

Depuis les années 2000, les frères Bogdanoff suscitent la curiosité du fait du changement de la physionomie de leurs visages, devenus nettement plus anguleux au fil du temps (mentons, pommettes)[7]. Eux-mêmes revendiquent le fait d'avoir une « gueule d'extraterrestre »[43]. La cause de cette évolution physique n'est pas connue, ce qui a donné lieu à diverses rumeurs et hypothèses (le recours à la chirurgie esthétique ou la prise d'hormone de croissance pour lutter contre le vieillissement provoquant de l'acromégalie)[21],[44]. Interrogés à ce sujet par le présentateur de télévision Philippe Vandel qui leur demandait ce qu'ils avaient « fait à [leurs] têtes », les frères Bogdanoff ont répondu, en citant le cardinal de Retz : « On ne sort de l'ambiguïté qu'à son détriment »[45].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

  • Les frères Bogdanoff sont parodiés par Les Nuls dans l'épisode 16 d'Objectif : nul (La quatrième dimension, 1987) où ils sont interprétés par Antoine de Caunes.
  • Dans le film Incognito (2009), Pierre Palmade qui joue son propre rôle raconte au héros, interprété par Bénabar, une liaison fictive avec les frères Bogdanoff.
  • Les frères Bogdanoff prêtent leur voix à deux militaires extra-terrestres, Vernkot et Nesklin, dans la version française du film d'animation Planète 51.
  • En bande dessinée, ils sont parodiés dans le tome 5 de Trolls de Troy (Les Maléfices de la Thaumaturge, 2001) et dans Nabuchodinosaure, où deux frères ptérodactyles se nomment Igor et Grishka. Et dans le tome 9 du Vagabond des limbes (Le labyrinthe virginal, 1981), où deux frères jumeaux leur ressemblant, chargés de l'entretien d'une machine, s'appellent Igor et Grichka.
  • À l'été 2011, ils apparaissent dans un sketch des Lascars gays dans l'émission On n'demande qu'à en rire sur France 2.
  • En avril 2012, ils font l'objet d'une chanson humoristique des Rois de la Suède dans l'album Néon Futur (2012). Dans cette chanson, intitulée Les bosses de la Terre/Twin Powers, ils sont représentés comme les protecteurs bienveillants de la Terre en empêchant de multiples invasions extraterrestres.
  • Le 15 avril 2013, sort l'album Comme dans un garage de Didier Wampas et Bikini Machine comportant la chanson Temps X en référence à l'émission télévisée des jumeaux[46]. La chanson évoque une rupture amoureuse entre le chanteur et sa copine qui le quitte pour Grichka Bogdanoff.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Luboš Motl, L'équation Bogdanov : le secret de l'origine de l'univers ? (traduit de l'anglais par Sonia Quémener, Marc Lenoir et Laurent Martein ; avec une préface de Clóvis de Matos), Presses de la Renaissance, Paris, 2008, 237 p., (ISBN 978-2-7509-0386-2), (notice BnF no FRBNF411908225)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les deux orthographes sont employées alternativement. L'orthographe Bogdanoff est utilisée dans les médias et apparaît au générique de l'émission Temps X, ainsi que sur la couverture des premiers livres signés par les deux frères. L'orthographe Bogdanov est utilisée par les intéressés sur la couverture de leurs ouvrages les plus récents.
  2. Leur patronyme officiel est Ostasenko-Bogdanoff.
  3. Affirmé par lui-même dans l'émission On n'est pas couchés du 23 octobre 2010 sur France 2
  4. Le site Astrothème.fr indique qu'Igor est né à 15h00 et Grichka à 15h45.
  5. Après consultation de tous les nobiliaires faisant autorité aucun ne mentionne un quelconque famille de prince Ostasenko ou de prince Bogdanoff :Patrick de Gmeline. « Dictionnaire de la noblesse russe » Éditions Contrepoint, 1978, Almanach de Gotha 1918, Almanach de Gotha 1940, Almanach de Gotha, 2013.
  6. Après consultation de tous les nobiliaires faisant autorité aucun ne mentionne un quelconque famille de prince Ostasenko ou de prince Bogdanoff :Patrick de Gmeline. « Dictionnaire de la noblesse russe » Éditions Contrepoint, 1978, Almanach de Gotha 1918,Almanach de Gotha 1940, Almanach de Gotha 2013.
  7. a, b, c, d, e, f, g et h Christophe Labbé, « Le retour des Bogdanov », Le Point,‎ 17 janvier 2007
  8. a, b et c Geneall.net
  9. a et b Émission de Michel Drucker Faites entrer l'invité du 2 février 2012, sur Europe 1.
  10. Renaud Domenici, « Igor Bogdanoff et Amélie fêtent leur mariage à Chambord », Le Parisien,‎ 4 octobre 2009, p. 33 (lire en ligne)
  11. Bertha Kolowrat-Krakowská était la sœur du cinéaste et producteur autrichien "Sascha" Alexander Kolowrat-Krakowský (29/01/1886-04/12/1927).
  12. «Nous sommes les messagers de l'au-delà»
  13. Alain Pirot, « Ces énigmes qui demeurent », Le Parisien,‎ 17 octobre 2010 (lire en ligne)
  14. « Igor Bogdanoff condamné à 10000 € d’amende pour avoir falsifié son carnet de vol  », Le Républicain lorrain, 30 juin 2014 Lire en ligne
  15. Igor Bogdanoff, interviewé par Claire Rodineau et Lucien Lung, « Igor Bogdanoff : "Je vais attaquer le policier à l'origine de tout ça" », lefigaro.fr, 3 juillet 2014.
  16. Roland Barthes, « Il n'existe aucun discours qui ne soit une Fiction », La Quinzaine littéraire,‎ 16 janvier 1976
  17. VIDEO- Les enfants de Temps X : Plongez dans les coulisses de l'émission avec les Bogdanov, Première.fr, 18/12/2009
  18. a, b, c, d et e «Temps X» : l'étrange odyssée des frères Bogdanoff, Le Figaro, 24/7/2009.
  19. A brief history of the Internet Advisory / Activities / Architecture Board IAB
  20. Charlotte Moreau, « Les Bogdanoff en orbite », Le Parisien, 26 octobre 2008 Voir en ligne (accès payant).
  21. a, b et c Pierre Vandeginste, « La science fictive des Bogdanov », sur Rue89,‎ 26 octobre 2008 (consulté le 19 octobre 2010)
  22. Emmanuel Berretta, « Les frères Bogdanoff suspendus sur France 2 », LePoint.fr,‎ 8 janvier 2009 (lire en ligne)
  23. Le titre du sketch est " Je dors chez l'habitant ". En juillet-août 2011, des émissions spécial été d' " On n'demande qu'a en rire " ont été diffusés chaque samedi du 9 juillet au 3 septembre. Ces émissions suivaient le programme habituel sauf que les humoristes étaient tous des pensionnaires et ces émissions avaient pour but de décerner le prix du meilleur humoriste, prix obtenu par Arnaud Tsamère
  24. Igor et Grichka Bogdanoff sur "La mémoire double" sur ina.fr
  25. evene.fr « Igor et Grichka Bogdanov : Biographie »
  26. Voir Mise au point par Daniel Sternheimer concernant les thèses d'Igor et Grichka Bogdanov, leur déroulement et soutenance ; une version très raccourcie de ce texte est citée en annexe d'Avant le Big Bang, p. 275-277 de l'édition de poche, sans faire allusion au déroulement des premières années de thèse des intéressés.
  27. a, b et c Michel de Pracontal, « Les Bogdanoff au-delà du réel », Mediapart, 23 octobre 2010.
  28. a, b, c, d, e, f et g Laure Daussy, « Bogdanov, le dossier », sur arretsurimages.net,‎ 26 août 2010 (consulté le 18 octobre 2010)
  29. Igor Bogdanov, « État topologique de l'espace temps à l'échelle 0 ».
  30. a et b David Fossé, « La mystification Bogdanov », Ciel & Espace, octobre 2004, p. 52-55 Voir en ligne.
  31. RÉVÉLATIONS : Le rapport du CNRS qui flingue les Bogdanoff, Marianne, publié le 15 octobre 2010.
  32. a, b et c [PDF] Rapport des sections 01 et 02 du comité national du CNRS sur deux thèses de doctorat (2003).
  33. Communiqué du CNRS, 27 octobre 2010.
  34. « Frères Bogdanoff : le CNRS dément avoir remis en cause leur doctorat », Maxiscience, 28 octobre 2010.
  35. a et b Ces énigmes qui demeurent, Le Parisien, 17/10/2010
  36. La défense des Bogdanoff : pas de quoi en faire une thèse !
  37. « Dernières nouvelles de l'univers », Direct Soir, no 784, mercredi 16 juin 2010, p. 8
  38. Les frères bogdanov ne croient plus au hasard
  39. « Des scientifiques réfutent leurs thèses », Le Parisien, 17 octobre 2010
  40. « Bogdanoff et parquet versus Riazuelo : le jugement (I) », sur science21.blogs.courrierinternational.com, La Science au XXI Siècle : Blog international du Collectif « Indépendance des Chercheurs » (France),‎ 13 avril 2012 (consulté le 2 février 2014)
  41. [1]
  42. Une pétition contre les frères Bogdanov, Le Figaro, 4 mai 2012.
  43. Sept à Huit - L'émission du 30 mai 2010 tf1.fr
  44. Le magazine Marianne laisse entendre que les deux frères auraient ingéré de la déhydroépiandrostérone, une hormone stéroïdienne réputée pour ses effets antivieillissement, ou bien de l'hormone de croissance, ayant pour effet secondaire l'acromégalie, qui provoque notamment une déformation du visage au fil des années Nathalie Gathié, « Le vrai visage des Bogdanov », Marianne,‎ 16 au 22 octobre 2010, p. 67
  45. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées fig.252520tempsX.
  46. http://www.nouvelle-vague.com/didier-wampas/ - Article de Nouvelle Vague sur l'album Comme Dans Un Garage (2013)

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