Bouzeron (AOC)

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Côte chalonnaise
Désignation(s) Côte chalonnaise
Appellation(s) principale(s) bouzeron
Type d'appellation(s) AOC
Reconnue depuis 1997
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de Bourgogne
Sous-région(s) vignobles de la côte chalonnaise
Localisation Saône-et-Loire
Climat tempéré océanique à tendance continentale
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
1 900 à 2 100 heures/an
Superficie plantée 51,44 hectares en 2008[1]
Nombre de domaines viticoles 7 sur la commune de Bouzeron
Cépages dominants aligoté
Vins produits 100 % blancs
Production 2 886 hectolitres en moyenne[2]
Rendement moyen à l'hectare 55 à 66 hl/ha[3]

Le bouzeron[4] est un vin blanc d'appellation d'origine contrôlée produit sur les deux communes de Bouzeron et de Chassey-le-Camp, en Saône-et-Loire.

À environ 18 kilomètres au nord-ouest de Chalon-sur-Saône et environ 2 kilomètres à l'ouest de Chagny, son aire de production fait partie des vignobles de la côte chalonnaise.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

L’édit de l'empereur romain Domitien, en 92, interdisait la plantation de nouvelles vignes hors d’Italie ; il fit arracher partiellement les vignes en Bourgogne afin d’éviter la concurrence. Le vignoble résultant suffisait aux besoins locaux[5]. Mais Probus annula cet édit en 280[6].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Dès le début du VIe siècle, l’implantation du christianisme avait favorisé l’extension de la vigne par la création d’importants domaines rattachés aux abbayes. Ainsi les premiers vignobles de la commune furent plantés par les moines de l'abbaye de Cluny[7]. Au XIIIe siècle, une chapelle occupé par des moines servait de couvent; leur spécialité était de produire du vin de consommation courante et depuis ce lieux-dit s'appelle l'Hermitage[8]. En 1416, Charles VI fixa par un édit les limites de production du vin de Bourgogne[9]. A à la mort de Charles le Téméraire, le vignoble de Bourgogne fut rattaché à la France, sous le règne de Louis XI.

Période moderne[modifier | modifier le code]

Claude Courtépée faisait l'éloge du vin d'Aligoté de Bouzeron.

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Phylloxéra

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Dans les décennies 1830-1840, la pyrale survient et attaque les feuilles de la vigne. Elle est suivie d'une maladie cryptogamique, l'oïdium[10]. Le millésime 1865 donne des vins aux teneurs naturelles en sucres très élevées et des vendanges assez précoces[11]. À la fin de ce siècle arrivent deux nouveaux fléaux de la vigne. Le premier est le mildiou, autre maladie cryptogamique, le second le phylloxéra. Cet insecte térébrant venu d'Amérique met très fortement à mal le vignoble[10]. Après de longues recherches, on finit par découvrir que seul le greffage permettrait à la vigne de pousser en présence du phylloxéra.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le mildiou provoque un désastre considérable en 1910. L'enjambeur apparaît dans les années 1960-70, et remplace le cheval. La création de l'AOC « bourgogne aligoté de Bouzeron » est décidée par 3 viticulteurs (Mr Chanzy, Mr Chemorin et Mr Cogny) en 1974[12]. L'appellation Aligoté est décrétée en 1979, ce qui augmente les prix[12]. Ainsi les vignes en plaine sont supprimées afin de favoriser les vignes en coteaux. Ensuite les viticulteurs du village demandent l'appellation Aligoté de Bouzeron à l'INAO. En 1997 ils obtiennent la reconnaissance de l'AOC Bouzeron[12] qui devient ainsi la cinquième appellation de la Côte chalonnaise, mais la première et la seule appellation villages reconnue en France pour le cépages des Aligotés. Les techniques en viticulture et œnologie ont bien évolué depuis 50 ans (cuve en inox, pressoir électrique puis pneumatique...).

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Avec la canicule de 2003, les vendanges débutent pour certains domaines cette année-là à la mi-août, soit avec un mois d'avance, des vendanges très précoces, jamais vues depuis 1422 et 1865 d'après les archives[11].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Autrefois appelé : Boserontis villa[13].

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Situé au nord de la Saône-et-Loire sur les communes de Bouzeron et Chassey-le-Camp.

Orographie[modifier | modifier le code]

Le vignoble présente un escarpement divers selon les endroits, mais en moyenne assez pentu.

Géologie[modifier | modifier le code]

Le socle date de l'ère primaire, des séries marines se sont déposées à l'ère secondaire, les remplissages des bassins continentaux se sont faite à l'ère tertiaire et les formations superficielles élaborées au tertiaire et au Quaternaire[14].

Le support géologique du val de Bouzeron[15] : Le fond de la vallée est constitué par des calcaires durs. À l'entrée de cette vallée, en sortant de Chagny, on rencontre un court passage de marnes, puis les niveaux de base du Raurarien ou faciès calcaire de l'Oxfordien. Se sont des calcaires Oolithiques ou graveleux, avec intercalations de quelques niveaux à chailles. Ils sont en contact par un accident, un faille avec les formations du Callovien puis, au-dessous, du Bathonien supérieur. Si les bancs sont minces par le callovien, (Dalle nacrée de Beaune), ils sont très épais pour les assises sipérieurs du bathonien. Les deux coteaux qui enserrent la vallée sont de natures rocheuse ininterrompue. On y retrouve toutefois des bancs de marnes intercalés et affleurant en bordure du coteau. Ce sont donc ces coteaux de marnes Argoviennes, ou faciès marneux de l'oxfordien, qui supportent le vignoble.

Toutes les terres sont argilo-calcaires[16]. Le vignoble et le village présente un escarpement divers selon les endroits, mais en moyenne assez pentu.

Climatologie[modifier | modifier le code]

C'est un climat tempéré à légère tendance continentale avec des étés chauds et des hivers froids[17], avec une amplitude thermique assez importante entre ces deux saisons. Les précipitations sont assez hétérogène sur l'année, avec un mois de mai le plus pluvieux de l'année. Le vent qui souffle une partie de l'année est la bise. Les gelées tardives sont peu fréquentes sur le vignoble en général. Il y a bien quelques lieux-dits ou les risques de gelées sont plus importante (on parle de zones gélives). De violents orages peuvent s'abattre sur ce vignoble avec parfois de la grêle.

Valeurs climatique de Dijon et Mâcon, car Bouzeron est situé entre ces deux villes.

Dijon

Pour la ville de Dijon (316 m), les valeurs climatiques jusqu'à 1990 :

Relevés Dijon ????-1990
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −1 0,1 2,2 5 8,7 12 14,1 13,7 10,9 7,2 2,5 −0,2 6,3
Température moyenne (°C) 1,6 3,6 6,5 9,8 13,7 17,2 19,7 19,1 16,1 11,3 5,6 2,3 10,5
Température maximale moyenne (°C) 4,2 7 10,8 14,7 18,7 22,4 25,3 24,5 21,3 15,5 8,6 4,8 14,8
Précipitations (mm) 49,2 52,5 52,8 52,2 86,3 62,4 51 65,4 66,6 57,6 64,2 62 732,2
Source : Infoclimat : Dijon (????-1990)[18]


Mâcon

Pour la ville de Mâcon (216 m), les valeurs climatiques de 1961 à 1990 :

Relevés Mâcon 1961-1990
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −0,6 0,7 2,5 5,2 8,9 12,3 12,4 13,9 11,1 7,5 2,9 0,1 6,6
Température moyenne (°C) 2,1 4 6,8 10 13,9 17,5 20,1 19,4 16,4 11,7 6 2,7 10,9
Température maximale moyenne (°C) 4,9 7,3 11,1 14,8 18,9 22,8 25,7 24,9 21,7 15,9 9,1 5,3 15,2
Précipitations (mm) 66,3 60,9 58,7 69,4 85,9 74,7 58,1 77,1 75,7 71,7 72,7 70,4 841,4
Source : Infoclimat : Mâcon (1961-1990)[19]


Vignoble[modifier | modifier le code]

Présentation[modifier | modifier le code]

L'appellation bouzeron compte environ 60 hectares de vignes[20].

lieux dits[modifier | modifier le code]

Encépagement[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aligoté.

AOC plantées exclusivement en Aligoté. Cépage à grappes petites (environ 10 cm) formées de petits grains sphériques, à feuilles orbiculaires, très peu découpées. Cépage vigoureux, productif et rustique, mais sensible aux maladies, notamment au mildiou[N 1] ; une analyse d'ADN a relevé que sa lignée est la même que celle du chardonnay : c'est un hybride naturel du gouais blanc avec le pinot noir. L'aligoté est très sensible à la pourriture grise et aux gelées de printemps. Il donne des vins légers, un peu acides et frais. Ils sont pauvres en tanins et peu parfumés.

Méthodes culturales[modifier | modifier le code]

Travail manuel[modifier | modifier le code]

Ce travail commence par la taille, en guyot simple, avec une baguette de cinq à huit yeux et un courson de un à trois yeux. Plus rarement est pratiquée la taille en gobelet et en cordon de royat. Le tirage des sarments suit la taille. Les sarments sont enlevés et peuvent être brûlés ou mis au milieu du rang pour être broyés. Se déroulent ensuite les réparations. Puis vient le pliage des baguettes (car presque toutes les vignes de cette AOC sont taillées en Guyot simple). Éventuellement après le pliage des baguettes, une plantation de nouvelles greffes est réalisée. L'ébourgeonnage peut commencer dès que la vigne a commencé à pousser. Cette méthode permet en partie de réguler les rendements. Le relevage est pratiqué lorsque la vigne commence à avoir bien poussé. En général, deux à trois relevages sont pratiqués. La vendange en vert est pratiquée de plus en plus dans cette appellation. Cette opération est faite dans le but de réguler les rendements et surtout d'augmenter la qualité des raisins restants. Pour finir, les vendanges.

Travail mécanique[modifier | modifier le code]

L'enjambeur est d'une aide précieuse pour le broyage des sarments, les trous fait à la tarière, le labourage (ou griffage), le désherbage, les traitements des vignes, le rognage et les vendanges (avec une machine à vendanger).

Rendements[modifier | modifier le code]

Le rendement de base est de 55 hectolitres par hectare pour les vins blancs[21].

Vins[modifier | modifier le code]

Titres alcoométriques volumique minimal et maximal[modifier | modifier le code]

Voici les titres alcoométriques volumique (anciennement appelé degré du vin) minimal et maximal des vins rouges et vins blancs, que doivent respecter les exploitants de cette appellation, pour que leurs vins soit commercialisables :

AOC Blanc Blanc
Titre alcoométrique volumique minimal maximal
Village[21] 9,5 % vol 12,5 % vol

Vinification[modifier | modifier le code]

Vinification en blanc[modifier | modifier le code]

Récolte manuelle ou mécanique du raisin à maturité. La vendange peut être triée. La récolte est envoyée dans un pressoir pour le pressurage. Une fois le vin en cuve, le débourbage est pratiqué (12, 24 voire 48 heures au maximum) avec des préfermentations à froid (environ 10 à 12 degrés) utilisées par certains vinificateurs. La fermentation alcoolique se déroule avec un suivi tout particulier pour les températures qui doivent rester à peu près stables (18 à 24 degrés). La chaptalisation est aussi pratiquée pour augmenter le taux d'alcool. La fermentation malolactique suit et l'élevage aussi (en fût ou en cuve). À la fin, la filtration du vin est pratiquée pour rendre les vins plus limpides. La mise en bouteille clôture l'opération.

Terroir et vins[modifier | modifier le code]

Robe or pâle. Arômes d'acacia, de fleurs blanches, de noisettes, de citron, notes minérales. Vif, rond et gourmand en bouche.

Gastronomie, garde et température de service[modifier | modifier le code]

Se sert entre 9 et 11 degrés en apéritif et entre 11 et 13 degrés en repas. Se garde entre. S'accorde bien avec des huîtres, des crustacés, du veau, de la volaille, du jambon persillé, du fromage comme le fromage de chèvres, le comté...

Économie[modifier | modifier le code]

Structure des exploitations[modifier | modifier le code]

Il existe des domaines de tailles différentes. Ces domaines mettent tout ou une partie de leurs propres vins en bouteilles et s'occupent aussi de le vendre. Les autres, ainsi que ceux qui ne vendent pas tous leurs vins en bouteilles, les vendent aux maisons de négoce.

Les maisons de négoce achètent leurs vins, en général, en vin fait (vin fini) mais parfois en raisin ou en moût[22]. Elles achètent aux domaines et passent par un courtier en vin qui sert d'intermédiaire moyennant une commission de l'ordre de 2 % à la charge de l'acheteur.

Les caves coopératives et leurs apporteurs sont des vignerons. Ces derniers peuvent leur amener leurs récoltes, ou bien la cave coopérative vendange elle-même (machine à vendanger en général).

Commercialisation[modifier | modifier le code]

Environ 3000 hectolitres sont produits chaque année. La commercialisation de cette appellation se fait par divers canaux de vente : dans les caveaux du viticulteur, dans les salons des vins (vignerons indépendants, etc.), dans les foires gastronomiques, par exportation, dans les Cafés-Hôtels-Restaurants (CHR), dans les grandes et moyennes surfaces (GMS).

Les producteurs de l'appellation[modifier | modifier le code]

Il y a 17 exploitations viticoles qui produisent cette appellation, dont cinq sont situées sur la commune de Bouzeron[23]. Quelques domaines : Domaine Chanzy, Domaine De Villaine, Domaine Chemorin, Domaine Cruchandeau, Domaine Lechenault,Domaine Bonnet...

Sources, bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le terme « aligoté » viendrait de « à ligoter » en référence à la vigueur du cépage qui lui confère un comportement cultural particulier

Références[modifier | modifier le code]

  1. Un hectare = 10 000 = 24 ouvrées. Source pour la superficie : www.vins-bourgogne.fr
  2. Un hectolitre (hl) = 100 litres = 133 bouteilles ; moyenne des récoltes sur cinq ans entre 2004 et 2008. Source pour le volume : www.vins-bourgogne.fr
  3. Site de Légifrance, Décret du 27 octobre 2009
  4. Références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine
  5. Marcel Lachiver, op. cit., p. 37-38.
  6. Henri Cannard : AOC Mercurey, Le vignoble d'hier, p. 27.
  7. Site du domaine Chanzy
  8. News from Bouzeron, Compte-rendu du Lycée viticole de Beaune (Stage "Terroir" des 1er pro en 2000), p.  3
  9. Site du BIVB : Historique, consulté le 24 novembre 2008.
  10. a et b Le Figaro et La Revue du vin de France (2008) : Vins de France et du monde (Bourgogne : Côte de Beaune), L'histoire, p. 26.
  11. a et b La Revue du vin de France n°482S : Le Millésime 2003 en Bourgogne, p. 109.
  12. a, b et c News from Bouzeron, Compte-rendu du Lycée viticole de Beaune (Stage "Terroir" des 1er pro en 2000), p.  15
  13. La Saône-et-Loire : Les 573 communes, page sur Bouzeron, p. 31.
  14. News from Bouzeron, Compte-rendu du Lycée viticole de Beaune (Stage "Terroir" des 1er pro en 2000), p.  7
  15. News from Bouzeron, Compte-rendu du Lycée viticole de Beaune (Stage "Terroir" des 1er pro en 2000), p.  8
  16. News from Bouzeron, Compte-rendu du Lycée viticole de Beaune (Stage "Terroir" des 1er pro en 2000), p.  9
  17. André Dominé : Le vin, « La Bourgogne », p. 181.
  18. Archives climatologiques mensuelles - Dijon (????-1990)
  19. Archives climatologiques mensuelles - Mâcon (1961-1990)
  20. Bourgogne Aujourd'hui n°78, p. 34.
  21. a et b Fédération viticole de Saône-et-Loire : Chiffres de 2005
  22. Le Figaro et La Revue du Vin de France (2008) : Vins de France et du monde, Bourgogne : Côte de Beaune, (Le négoce), p. 24.
  23. Site d'Infos-Chalon, page sur la 9e fête du Bouzeron et du persillé, consulté le 2 avril 2012

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]