Psychologie sociale

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La psychologie sociale est l'étude scientifique de la façon dont les pensées, les sentiments et les comportements des gens sont influencés par la présence réelle, imaginaire ou implicite des autres[1]. Selon cette définition, scientifique se réfère à la méthode empirique de l'enquête. Les termes de pensées, de sentiments et de comportements comprennent toutes les variables psychologiques qui sont mesurables chez un être humain. L'affirmation selon laquelle la présence d'autrui peut-être imaginée ou implicite suggère que nous sommes enclins à l'influence sociale, même lorsque nous sommes seuls, comme lorsqu'on regarde la télévision ou par l’intermédiaire de normes culturelles intériorisées. Les psychologues sociaux expliquent généralement les comportements humains par l'interaction entre les états mentaux et les situations sociales immédiates. En général, les psychologues sociaux ont une préférence pour les résultats empiriques de laboratoire. Les théories de psychologie sociale ont tendance à être spécifiques et ciblées, plutôt que globales et générales.

Les psychologues sociaux traitent donc les facteurs qui nous amènent à nous comporter d'une manière donnée en présence des autres, et d'examiner les conditions dans lesquelles certains comportements / actions et les sentiments se produisent. La psychologie sociale s'intéresse à la manière dont ces sentiments, les pensées, les croyances, les intentions et les buts sont construits et comment ces facteurs psychologiques, à leur tour, influencent nos interactions avec les autres. La psychologie sociale est un domaine interdisciplinaire qui comble le fossé entre la psychologie et la sociologie. Pendant les années qui suivirent immédiatement la Seconde Guerre mondiale, la collaboration entre psychologues et sociologues était fréquente dans le milieu anglo-saxon. Toutefois, les deux disciplines sont devenues de plus en plus spécialisées et isolées les uns des autres au cours des dernières années, avec des sociologues mettant l'accent sur les « variables macroéconomiques » (comme la structure sociale) à des mesures encore plus grandes. Les approches sociologiques de la psychologie sociale permettent de compléter les recherches des recherches en psychologie dans ce domaine.

En plus de la scission entre la psychologie et la sociologie, il y a eu une différence un peu moins prononcée en mettant l'accent entre les psychologues sociaux américains et les psychologues sociaux européens. Grosso modo, les chercheurs américains ont traditionnellement porté davantage sur l'individu, alors que les Européens ont accordé plus d'attention aux phénomènes de groupe. (voir Dynamique de groupe)[2].

Encore mal connue et peu enseignée dans les universités françaises, elle se trouve pourtant à la base d'un grand nombre de techniques et de pratiques professionnelles[3] : gestion de groupes et d'équipes, sondages, groupes de formation et de créativité, brainstorming, publicité.

Histoire[modifier | modifier le code]

La discipline de la psychologie sociale a commencé aux États-Unis à l'aube du XXe siècle. Cependant, les bases importantes de cette discipline avaient déjà été développées. Après le XVIIIe siècle, ceux qui allaient faire émerger le domaine de la psychologie sociale cherchaient à développer des explications concrètes permettant de mieux comprendre la nature humaine. Ils désiraient découvrir les liens de causalité concrète expliquant les interactions sociales dans le monde autour d'eux. Pour ce faire, ils croyaient que la méthode scientifique, une mesure scientifique empirique, pourrait être appliquée au comportement humain[4].

La première étude publiée dans ce domaine fut l'expérience Norman Triplett en 1898 portant sur le phénomène de facilitation sociale[5]. Pendant les années 1930, de nombreux psychologues de la Gestalt, notamment Kurt Lewin, ont fui vers les États-Unis à partir de l'Allemagne nazie. Ils ont joué un rôle dans le développement de ce champ d'études en le séparant des courants behavioristes et psychanalytiques qui étaient dominants à cette époque. Les attitudes et les petits phénomènes de groupe étaient les sujets les plus fréquemment étudiés dans ce domaine.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les psychologues sociaux ont étudié les effets de la persuasion et de la propagande au profit de l'armée américaine. Après la guerre, les chercheurs se sont intéressés à une variété de problèmes sociaux, y compris les questions de sexe et des préjugés raciaux. Le plus remarquable, révélateur, et controversée d'entre eux ont été les expériences choquantes de Stanley Milgram sur l'obéissance à l'autorité. Dans les années soixante, il y a eu un intérêt croissant pour de nouveaux sujets, comme la dissonance cognitive, l'effet du témoin (Bystander effect), et l'agression. Dans les années 1970, la psychologie sociale a vécu une crise en Amérique. Il y avait un vif débat sur l'éthique de l'expérimentation en laboratoire : "est-ce que les attitudes prédisent les comportements", et "à quel point est-il possible de faire des recherches dans un contexte culturel"[6]. Ce fut aussi le moment où l'approche situationniste radicale contestait la pertinence du soi et de la personnalité en psychologie.

La psychologie sociale atteindra un niveau plus mature dans les deux théories et méthodes dans les années 1980 et 1990. Des normes éthiques prudentes seront établies pour désormais réglementer la recherche. Les perspectives pluraliste et multiculturelle ont commencé à émerger. Les chercheurs modernes s'intéresser actuellement à de nombreux phénomènes, mais l'attribution, la cognition sociale, et le concept de soi sont sans doute les plus grands domaines de croissance au cours des dernières années. Les psychologues sociaux ont également maintenu leurs intérêts appliqués aux contributions en matière de santé, de psychologie environnementale et juridique.

Débuts en France[modifier | modifier le code]

Parmi les précurseurs français de la psychologie sociale, on trouve Gustave Le Bon, sociologue, qui publie un ouvrage de référence en 1895, Psychologie des foules. Gabriel Tarde marque la psychologie sociale par le développement de ses idées sur l'imitation et ses conséquences sur l'influence[7]. En 1900 se tient à Paris le IVe Congrès international de psychologie à Paris sous la présidence de Théodule Ribot[8]. Lors du discours d'ouverture de Ribot, la psychologie sociale est évoquée pour la première fois dans une instance scientifique internationale.

Développement aux États-Unis[modifier | modifier le code]

William McDougall publie en 1908 Une introduction à la psychologie sociale, livre qui place son auteur dans la liste des pères fondateurs de la psychologie sociale.

Inspiré par les travaux de Ivan Pavlov sur le conditionnement, le psychologue américain J.B. Watson publie un article en 1913 marquant le début du courant béhavioriste aux États-Unis qui est le modèle de référence dans les années 1920-1930. Floyd Henry Allport (en) s'inscrit dans ces concepts et ses recherches sur la coaction et la facilitation sociale (dans la lignée de Triplett) partent du principe que l'individu placé dans un groupe se comporte tel qu'il se serait comporté seul, mais avec un peu plus d'intensité. De même, l'action d'un groupe ne serait « que » la somme des actions individuelles.

Émergence du courant de la cognition sociale[modifier | modifier le code]

Considérant que le comportement de l'individu social n'est pas uniquement le fait d'influences extérieures mais également du à divers processus mentaux (donc internes), plusieurs chercheurs tels que Kurt Lewin (théorie des champs), Solomon Asch (formation des impressions) et Fritz Heider (attribution causale) s'inspirent de la théorie de la Gestalt pour développer le courant cognitiviste de la psychologie sociale. On en vient à penser l'individu et la société comme étant une globalité interdépendante et la perception d'autrui est au centre de la relation sociale. La cognition sociale devient prédominante dans le paysage de la psychologie sociale dans les années 1980. Les études se portent sur les processus cognitifs de la perception, du traitement de l'information, de son stockage et de sa récupération. On observe de même les facteurs influençant ces processus et on passe de l'observation des comportements à l'observation des processus cognitifs à l'origine des comportements[9].

  • Principes de base :

L'essentiel de la dynamique de la psychologie sociale telle que comprise actuellement peut se résumer à deux axiomes fondamentaux, trois principes motivationnels, et trois principes de fonctionnement des processus cognitifs et sociaux.[réf. nécessaire]

Deux axiomes fondamentaux :

  • Chaque individu a une vision, une conception personnelle de la réalité dont il fait partie. Cette conception est construite à partir des processus cognitifs et sociaux.
  • L'étendue de l'influence sociale : Un individu, ses émotions, ses pensées et son comportement sont grandement influencés par les personnes qui l'entourent, même en l'absence d'autres individus.

Trois principes motivationnels :

  • Le besoin de maîtrise. Les gens ont tendance à essayer de prédire ou comprendre les évènements qui se produisent dans l'environnement extérieur et la société afin d'obtenir une récompense telle que la survie, la sécurité ou encore l'estime qu'on a de soi.
  • Le besoin de contact. Les gens accordent de l'importance aux contacts sociaux tels l'amour et le soutien en provenance des individus et des groupes qui leur sont proches.
  • La valorisation du « moi » et du « mien ». Les gens ont tendance à se comparer aux autres avec un biais positif et valorisent ce qu'ils aiment et possèdent.

Trois principes de fonctionnement des processus cognitifs et sociaux :

  • Le conservatisme. Chez l'être humain, les processus cognitifs et sociaux, les idées, les impressions ont tendance à persister et sont lents à se modifier. Le conservatisme est cette tendance-là.
  • L'accessibilité. L'information la plus accessible, celle qui est la plus facile à se procurer est généralement celle qui a le plus d'impact sur notre cognition, notre comportement et nos émotions.
  • La superficialité et la profondeur. L'humain a généralement tendance à traiter l'information perçue avec superficialité bien que parfois certaines sources de motivation l'entraînent à aller plus en profondeur.

Méthodes de recherche[modifier | modifier le code]

La recherche en psychologie sociale, comme en psychologie en général, utilise différentes méthodes de recherche. Une des méthodes les plus efficaces utilisées est le devis expérimental ou méthode expérimentale. Celle-ci peut se faire en laboratoire ou milieu naturel et se caractérise principalement par la manipulation d'une variable indépendante étudiée chez divers individus ou groupes. En général, on utilise un groupe témoin et un ou plusieurs groupes expérimentaux afin d'observer l'effet de la modification de ces variables pour finalement obtenir un lien de causalité. Dans certaines situations, comme dans les études sur les effets des catastrophes naturelles, il se peut qu'il soit impossible de travailler avec un groupe témoin. On peut alors effectuer une étude sur un groupe témoin équivalent. On parle alors de devis quasi expérimental ou méthode quasi expérimentale.

À un stade plus primitif de recherche on peut ne pas rechercher la causalité entre deux variables mais simplement la corrélation. On fait alors appel au devis corrélationnel ou méthode corrélationnelle. Dans ce cas-ci, aucune variable n'est manipulée par l'expérimentateur. Il s'agit d'une méthode descriptive et non expérimentale. Dans les cas où, par exemple, pour des raisons d'éthique, il n'est pas possible de recréer certaines conditions en laboratoire ou d'effectuer des expériences sur certains groupes de personnes on peut faire appel à d'autres types de méthodes non expérimentales comme les enquêtes, les entrevues, les simulations ou les jeux de rôles. Des méthodes dites secondaires ou historiques comme l'étude de cas, l'analyse de contenu, l'analyse archivistique ou la méta-analyse (synthèse de plusieurs études) sont également utilisées dans la recherche en psychologie sociale.

Les libertés prises vis-à-vis de la méthode scientifique décrites ci-dessus ouvrent la porte à de nombreuses erreurs. Le scandale Stapel a apporté la preuve qu'il était possible à un individu de présenter des travaux falsifiés ou inventés de toutes pièces à des journaux scientifiques du domaine concerné, et d'en obtenir la publication comme s'il s'agissait de résultats de valeur[10]. Stapel a présidé aux thèses de doctorat de ses étudiants en leur fournissant des enquêtes qu'il avait lui-même inventées ou falsifiées ; ses étudiants n'ont pas non plus vérifié ces résultats sur lesquels reposent leurs thèses. Cette fraude, dévoilée en 2011, semble avoir duré depuis 1997, date de l'obtention par Stapel de son propre doctorat. Ce scandale a mis en évidence le manque de crédibilité à l'œuvre dans ce domaine au plus haut niveau, par le non-respect des méthodes scientifiques, avec en particulier l'emploi courant de chiffres d'enquête trop beaux pour être vrais, et l'habitude dans cette communauté de ne pas vérifier les résultats[11]. Un certain nombre de journaux scientifiques ont déjà procédé à la rétractation d'une trentaine d'articles de Stapel, dont Science et Nature[12].

Une des expériences de psychologie sociale la plus connue est l'expérience de Milgram.

Questions de base notables[modifier | modifier le code]

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  • Par quels procédés et biais les individus jugent et évaluent ?
  • Quels sont les attributions qu'une personne fait spontanément d'un événement ?
  • Comment l'individu réagit-il à la réalisation d'un acte problématique ?
  • Quel est l'impact de la dynamique d'un groupe sur la cognition et les états émotionnels ?
  • Comment les groupes sociaux contrôlent-ils ou contribuent-ils au comportement, à l'émotion, ou aux attitudes des différents membres ?
  • Quel est l'impact du groupe sur l'individu ?
  • Comment l'individu agit-il dans un groupe social ?
  • Peut-on distinguer groupe et catégorie sociale ?

Thèmes étudiés[modifier | modifier le code]

Critique[modifier | modifier le code]

La psychologie sociale fait l'objet de plusieurs critiques. L'une d'entre elles concerne le fait que la plupart des études réalisées en psychologie sociale sont américaines[réf. nécessaire] ce qui peut créer un biais au niveau culturel quant à ses grandes lignes. Ce point indique une nécessité de faire ou refaire des études dans d'autres pays et contextes culturels. Une autre critique souligne l'instabilité culturelle et temporelle des résultats obtenus lors de recherches en psychologie sociale étant donné que la corrélation ou la causalité entre variables étudiées lors d'une recherche peuvent grandement changer avec le temps ou le lieu, d'où la nécessité d'étudier en profondeur les processus qui relient les variables.

Expériences majeures notables[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. G. W Allport, « The historical background of social psychology », dans The historical background of social psychology, New York, McGraw Hill,‎ 1985p. 5
  2. (en) S Moscovici et I Markova, The Making of Modern Social Psychology, Cambridge, UK, Polity Press,‎ 2006
  3. Serge Moscovici, Psychologie sociale, PUF, 7e éd. mise à jour, 1998.
  4. Gergen, K. J. (1973). Social Psychology as History. Journal of Personality and Social Psychology, 309-320.
  5. Norman Triplett, « The dynamogenic factors in pacemaking and competition », American Journal of Psychology, vol. 9, no 4,‎ 1898, p. 507–533 (DOI 10.2307/1412188)
  6. Kenneth J Gergen, « Social psychology as history », Journal of Personality and Social Psychology, vol. 26, no 2,‎ 1973, p. 309–320 (DOI 10.1037/h0034436)
  7. Gabriel Tarde, Les Lois de l'imitation, 1890
  8. Histoire succincte des congrès internationaux de psychologie
  9. Psychologie sociale, volume coordonné par Marcel Bromberg et Alain Trognon, Presses universitaires de France, 2e édition corrigée, 2007, p. 32.
  10. Report finds massive fraud at Dutch universities
  11. « The case of Diederik Stapel ».
  12. « How one man got away with mass fraud by saying ‘trust me, it’s science’ ».

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • G.W. Allport, The nature of prejudice, Cambridge (MA), Addison-Wesley, 1954.
  • S. E., Asch, Studies on independance and conformity: a minority of one against an unanimous majority, Psychological Monographs, 1956, 70, 416.
  • Axsom, D., & Chaiken, S., & Yates S., 1987, Audience response as a heuristic cue in persuasion, Journal of Personnality and Social Psychology, 53, 30-40.
  • A. E. Azzi, O. Klein, Psychologie sociale et relations intergroupes, Dunod, 1998.
  • J. A. Bargh, The automaticity of everyday life, R. S. Wyer Edit, Advances in Social Cognition, t. X, Mahwah (NJ), Erlbaum, 1-61, 1997.
  • L. Baugnet, L’Identité sociale, Dunod, 1998.
  • Pierre Bourdieu, Les Structures sociales de l'économie, Seuil, 2000 (psychologie sociale appliquée à l'économie, sur l'exemple du marché de la construction de maisons).
  • Leon Festinger, A theory of cognitive dissonance, Evanston, IL: Row, Perterson & Company, 1957.
  • Hovland C.I., Janis I. L. & Kelley H. H., Communication and persuasion, New Haven, Yale University Press, 1953.
  • Hermès no 41, 2005, dossier « Psychologie sociale et communication ».
  • R.V. Joule, J-L. Beauvois, Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens, 1987, PUG.
  • R.V. Joule, J-L. Beauvois, La soumission librement consentie, Comment amener les gens à faire librement ce qu'ils doivent faire, 1998, PUF
  • Robert Leroux, Gabriel Tarde, vie, œuvres, concepts, Paris, Ellipses, 2011.
  • Gustave Le Bon, Psychologie des foules, PUF, 1998 (1re éd. 1895).
  • J.-P. Leyens & V. Yzerbyt, Psychologie sociale, Bruxelles, Mardaga, 1987.
  • E., Marc, D. Picard, L'Interaction sociale, PUF, 1989.
  • Stanley Milgram, Soumission à l'autorité, Calmann-Lévy, 1974.
  • Serge Moscovici, Psychologie des minorités actives, PUF, 1979.
  • Serge Moscovici, Psychologie sociale, PUF, 7e éd. mise à jour, 1998.
  • Pansu Pascal, Gilibert Daniel, Effect of causal explanations on work-related judgments, Applied-Psychology:-An-International-Review. Vol 51(4) Oct 2002, 505-526., Royaume-Uni, Blackwell Publishing.
  • Wilhelm Reich, La Psychologie de masse du fascisme, 1933, éd. Payot 1999.
  • Gabriel Tarde, L'Opinion et la foule, PUF, 1989 (1re éd. 1901).
  • Serge Tchakhotine, Le Viol des foules par la propagande politique, 1939, Gallimard 1992.
  • Amos Tversky & Daniel Kahneman, Judgement under uncertainty: Heuristics and biases, Science, 1974.
  • V. Yzerbyt & G. Schadron, Connaître et juger autrui : Une introduction à la cognition sociale, Grenoble, PUG, 1996.

Revues[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]