Médecine non conventionnelle

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L’acupuncture est une branche de la médecine traditionnelle chinoise dont le diagnostic est fondé sur une vision énergétique de l'humain. Dans divers pays de l'Union européenne, la législation accorde un statut légal à l’acupuncture, ainsi qu'à d'autres pratiques non-conventionnelles, bien que ses principes soient irrationnels du point de vue scientifique. Seules l'acupuncture et l'homéopathie sont, en France, reconnues comme « orientation médicale » mais pas comme des spécialités, tout en étant désignées comme des « pratiques médicales non éprouvées »[1]

L'expression médecine non conventionnelle désigne en Occident une grande variété de méthodes de traitement issues de traditions parfois séculaires ou de pratiques ayant émergé aux environs du XIXe siècle, en général avant l’avènement de la méthode scientifique. Les médecines non conventionnelles sont pour cette raison globalement considérées comme pseudo-scientifiques par une grande partie de la communauté médicale.

Elles sont également connues sous les noms de médecines alternatives, médecines parallèles, médecines holistiques, médecines traditionnelles, médecines naturelles, médecines douces.

Selon les pays, et leurs traditions et législations, elles peuvent être répandues (Danemark, Allemagne, Suisse, Angleterre…), tolérées (comme en France et certains pays de tradition latine) ou bien interdites. Elles ont souvent une vocation préventive dans un cadre de soin hors des références de la médecine moderne. Elles se développent en complément ou en alternative à la médecine classique et étaient utilisées par 20 à 50 % des populations de la communauté européenne selon une statistique de la fin du XXe siècle[2].

Origines[modifier | modifier le code]

Origine de l'appellation[modifier | modifier le code]

Le terme « médecine non conventionnelle » est celui retenu par la Commission européenne[2] pour qualifier des méthodes de soin parfois également appelées « médecine douce », « médecine complémentaire », « médecine naturelle », « médecine alternative », « médecine parallèle » ou encore « médecine holistique » et dont certaines font l'objet d'une reconnaissance progressive en Europe depuis les années 1990. La médecine conventionnelle est généralement désignée par les tenants des médecines non conventionnelles sous le terme de médecine allopathique.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) inclut les médecines complémentaires et alternatives dans les médecines traditionnelles. Elle précise : « Le terme “médecine complémentaire” ou “médecine alternative” est utilisé de manière interchangeable avec “médecine traditionnelle” dans certains pays. Elles concernent une large gamme de pratiques de soins qui ne font pas partie des traditions du pays et qui ne sont pas intégrées dans le système de santé dominant[3]. »

Pour la médecine scientifique, parler de « médecine parallèle » semble signifier qu’il y aurait deux conceptions de la médecine impliquant deux systèmes de soins fonctionnant indépendamment l’un de l’autre, avec le même degré d’efficience et de scientificité : les patients auraient donc le choix entre deux thérapeutiques qu’ils peuvent envisager comme alternatives et concurrentes ou comme complémentaires l’une de l’autre. D'autre part, l’appellation « médecine douce » semble considérer comme agressives les pratiques de la médecine conventionnelle. En disant « médecine alternative », on envisage ces pratiques de soins comme substitutives, donc susceptibles de remplacer une démarche thérapeutique classique et conventionnelle. Les sceptiques préfèreront parler de pseudo-médecines ou pseudo-sciences afin d'éviter cet effet de rhétorique.

Le terme « holistique » constitue un reproche fait à la médecine conventionnelle de s'attacher à traiter un organe, un symptôme ou une fonction précise et non le patient dans sa globalité, ce qui s'applique aux spécialités médicales mais pas systématiquement à la médecine en général.

Le terme « médecine complémentaire » privilégie l’idée d’associer des traitements impliquant des « philosophies thérapeutiques » différentes mais capables de coopérer dans l’intérêt du malade[4],[5].

Origines des médecines regroupées sous cette appellation[modifier | modifier le code]

Nombre de ces médecines trouvent leur origine dans les traditions asiatiques (chinoise, indienne) et sont liées aux philosophies et cultures de ces pays. Certains utilisent ainsi le terme « médecine occidentale » pour désigner la médecine conventionnelle, alors que celle-ci a également diverses origines (notamment égyptiennes et arabes, voir Histoire de la médecine) et pas uniquement occidentale, et par ailleurs, les Japonais et les dignitaires chinois ont largement recours à la « médecine occidentale ». Certaines pratiques non conventionnelles peuvent cependant trouver leur origine dans des traditions locales d'Occident ou encore avoir été développées dans une période récente (cas des multiples pratiques énergétiques).

Liste[modifier | modifier le code]

Conventionnelle, non conventionnelle, une approche différente[modifier | modifier le code]

Le naturel et la tradition ancienne[modifier | modifier le code]

Il existe deux principes fréquemment mis en avant par les promoteurs des médecines non conventionnelles et qui feraient la différence avec la médecine conventionnelle :

  • Le recours à la Nature, la référence au naturel : le fait qu’une substance est naturelle serait un gage de qualité. Cependant les catastrophes naturelles, les champignons vénéneux et les toxines sont également naturels. Le fait que de nombreux médicaments sont des molécules extraites des plantes et modifiées chimiquement est une conséquence du constat scientifique que la « médecine naturelle » a ses limites dans l'éradication des maladies voire dans leur traitement, la substance active étant, soit diluée parmi les autres composés, parfois toxiques, de tout ou partie de la plante, soit voire pire à des concentrations non thérapeutiques, c'est-à-dire toxiques ou insuffisantes pour entraîner un bénéfice pour le patient.
  • La référence à la tradition : il s'agit principalement des traditions asiatiques (chinoise, indienne) ou africaines liées aux philosophies et aux cultures de ces pays et dont l'ancienneté serait garante d'efficacité (voir Tradipraticien).

L'interprétation des troubles[modifier | modifier le code]

Les médecines douces et la médecine classique diffèrent sur l'interprétation des troubles. Par exemple, la naturopathie élabore les concepts de détoxication/détoxination (les toxines en question n'étant pas toujours spécifiées), alors que ceux-ci n'ont pas de définition en médecine classique[réf. nécessaire].

Les postulats[modifier | modifier le code]

Les médecines non conventionnelles reposent sur certains postulats :

  • les médecines énergétiques (acupuncture, qi gong, shiatsu…) partent du principe que l'être humain possède un influx vital (prana en indien, ki en japonais ou qi en chinois) qui peut circuler de manière harmonieuse, la maladie étant une perturbation de cette harmonie qu'il convient de ré-équilibrer.
  • l'homéopathie est fondée sur des principes selon lesquels :
    • le mal provient d'un problème inhérent à la personne[réf. nécessaire], le « terrain » est ce qui assure la guérison, et c'est ce terrain qu'il faut traiter ;
    • le traitement se fait selon le principe de similitude : on administre une substance réputée provoquer un symptôme pour soigner ledit symptôme ;
    • plus un produit est dilué et « dynamisé » (secoué vigoureusement) plus il est actif ;
  • l'ostéopathie part du principe que le trouble provient d'un blocage des structures anatomiques entre elles, d'un mauvais fonctionnement « mécanique ». Elle se fonde sur 4 principes : la structure gouverne la fonction, la fonction modèle la structure, l'unité du corps, et l'artère est suprême.
  • ...

L'approche scientifique[modifier | modifier le code]

La médecine conventionnelle applique un traitement si son efficacité est prouvée, s'il a une supériorité sur la guérison naturelle et l'effet placebo. La théorie sur l'efficacité est subordonnée à la vérification de son efficacité thérapeutique. Ainsi, on a utilisé l'aspirine et la pénicilline sans connaître les mécanismes de l'action thérapeutique de ces substances[6]. L'explication de leur action changerait par de nouvelles découvertes, cela ne changerait rien à leur efficacité.

D'une manière générale, le fait qu'une théorie, une conception a priori, soit vraie ou fausse est indépendant du résultat atteint ; on peut expliquer un fait réel par une théorie fausse, et le fait que la théorie soit fausse n'empêche pas le fait d'être vrai. Par exemple, au Moyen Âge, on savait fabriquer du fer et du savon, pourtant, la théorie qui expliquait les transformations de la matière, l'alchimie, était globalement fausse [7].

Donc :

  • si l'on prouve que la théorie sous-jacente à une médecine donnée est fausse, cela n'implique pas que les traitements liés à cette médecine soient inefficaces (même principe épistémologique que celui évoqué pour le savon et l'alchimie) ;
  • le fait qu'un traitement soit efficace ne valide pas pour autant la théorie médicale qui le justifie (même principe épistémologique que celui évoqué pour le savon et l'alchimie) ;
  • la preuve de l'efficacité doit se faire par comparaison avec la guérison naturelle et un placebo sur un nombre suffisant de cas pour que l'on puisse avoir une différence significative statistiquement (Cf. Essai clinique).

Aspect légal[modifier | modifier le code]

Selon les pays, les médecines non conventionnelles sont reconnues, voire remboursées, interdites ou seulement tolérées[8].

France[modifier | modifier le code]

L'acupuncture a été reconnue par l'académie de médecine en 1950[réf. nécessaire].

La commission Nicolas de 2002 semblait rendre possible la reconnaissance de l'ostéopathie et la chiropractie mais finalement, seules l'acupuncture et l'homéopathie sont à ce jour des orientations médicales légales. Cependant, le titre professionnel d'ostéopathe est reconnu, de même que celui de chiropracteur, par la loi du 4 mars 2002[9]

L'usage des plantes médicinales est très règlementé[1].

Suisse[modifier | modifier le code]

La Suisse a décidé, en juillet 1999, d’intégrer à l’essai cinq nouvelles médecines parallèles (après le succès de la chiropratique) dans le remboursement de l’assurance maladie obligatoire : l’homéopathie, la thérapie neurale, la phytothérapie, la médecine anthroposophique et la médecine traditionnelle chinoise. Après évaluation, ces médecines se sont avérées inefficaces et l’essai a été stoppé en juin 2005[10],[11]. En outre, l’usage de ces médecines ne réduisait pas la consommation des autres médecines. Ainsi, le 3 juin 2005, Pascal Couchepin (Conseiller fédéral) a donc décidé d’exclure ces méthodes de l’assurance de base. Selon l’ATS — Le Temps[12], « il n’a pas été suffisamment prouvé que les cinq méthodes complémentaires satisfaisaient aux critères d’économicité, mais surtout d’efficacité et d’adéquation selon la loi sur l’assurance maladie (LAMal). »

Après une interruption du remboursement à partir de juin 2005[10], il a été décidé de recommencer à rembourser temporairement ces médecines complémentaires à partir de 2012, pour une période d'essai de 5 ans[13]. La proposition d'inscrire la « prise en compte des médecines complémentaires » dans la Constitution a en outre été acceptée par 63 % des votants lors de la votation populaire du 17 mai 2009. "Cependant, la votation populaire du 17 mai 2009 « Pour la prise en compte des médecines complémentaires » a été acceptée à 63 % de oui, ce qui l'inscrit dans la Constitution."

Utilisation des médecines non conventionnelles[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Il existe peu de statistiques sur l'usage de ces médecines par la population. Un sondage SOFRES en 1985, CSA en 1988, une enquête chez des personnes hospitalisées en 1993, une étude réalisée par le CREDES en 1997 et les chiffres du rapport de l’OMS en 2002 sur la médecine traditionnelle sont les points de référence pour cette question[14]. Les résultats sont fluctuants, l’OMS donne un taux de 75 % et de 49 % dans le même rapport, mais il est généralement avancé que la moitié de la population française a recours à une médecine non conventionnelle et que les femmes sont les plus nombreuses à les utiliser.

États-Unis[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, cinquante-sept pour cent des femmes atteintes de cancer du sein auraient recours aux médecines non conventionnelles et plus la personne se sent malade plus elle aurait tendance à multiplier ces traitements. À côté des traitements biologiques (fortifiants), les méthodes les plus habituelles sont les thérapies de relaxation tête et corps, les cassettes de musique ou de vidéo[15].

Toujours dans le cadre du cancer du sein, des études préliminaires portent sur la classique Grande Camomille de nos grands-mères dont une substance, le parthénolide, permettrait in vivo la lutte contre la résistance des cellules au tamoxifène[16].

Pratique des médecines non conventionnelles par des médecins[modifier | modifier le code]

Le serment d'Hippocrate réactualisé indique que le médecin doit respecter « toutes les personnes […] sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. » Ainsi, même s'il n'est pas d'accord avec une médecine non-conventionnelle, un médecin peut très bien y avoir recours pour respecter les croyances du patient[réf. souhaitée]. L'utilisation d'une médecine non-conventionnelle par un médecin, éventuellement au sein d'un hôpital, n'est donc pas une forme de validation de la méthode. D'un point de vue pragmatique, tant que la méthode apporte bien-être et réconfort au patient, le médecin peut l'utiliser même s'il est convaincu que l'effet n'est que placebo (la médecine conventionnelle utilise d'ailleurs fréquemment des placebos). Dans le même ordre d'idée, la présence de lieux de prière et d'aumôneries au sein d'un hôpital n'indique pas que le personnel soignant soit croyant, mais qu'il respecte la croyance des patients et accepte de mettre en œuvre tout ce qui n'est pas néfaste et apporte du réconfort.

Rien n'empêche un médecin de pratiquer une médecine non-conventionnelle. Leur pratique n'est pas réservée au médecins. De nombreux professionnels paramédicaux les utilisent. Elles peuvent être proposées par des personnes qui ne sont ni médecins ni paramédicaux (infirmiers, kinésithérapeutes, etc.). Face à la diversité de ces pratiques non conventionnelles avec des praticiens très hétérogènes des tentatives de réglementation et de contrôle tentent de se mettre en place.

Une économie publique[modifier | modifier le code]

Des études réalisées ces dernières années montrent une amélioration du confort des utilisateurs, une diminution au recours des méthodes conventionnelles et une diminution des dépenses de santé[17][18].

Certains demandent à ce que les pratiques non-conventionnelles soient remboursées par l'assurance maladie pour réaliser une diminution des dépenses de santé.[réf. nécessaire]

L'expérience de la Suisse entre 1999 et 2005 semble montrer que le remboursement de médecines non-conventionnelles ne génère pas d'économie, ni de surcoût. Elles ne représentaient que 0,16 % des dépenses de l'assurance obligatoire, mais de nombreuses dépenses sont prises en charge par les patients ou de plus en plus par leurs assurances ou mutuelles complémentaires.

L'impact du remboursement des médecines parallèles reste tout de même difficile à évaluer.[réf. nécessaire]

Il existe de possibles effets nuisibles : ainsi des patients allant vers des thérapies dont l'efficacité n'a pas été prouvée ne pourront pas bénéficier d'un diagnostic précoce par la médecine conventionnelle[réf. nécessaire].

Recherches[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis le National Center for Complementary and Alternative Medicine (NCCAM) qui dépend des National Institutes of Health, a pour mission de financer et mener des recherches scientifiques rigoureuses dans le domaine des médecines complémentaires et alternatives. L'institut a été créé en 1991 sous le nom Office of Alternative Medicine (OAM) avant de devenir le NCCAM en 1998, son budget était de 2 millions de dollars à sa création, il a atteint 50 millions en 1999 et 128,8 millions en 2010[19]. Les critiques reprochent au NCCAM l'absence de résultats significatifs malgré son budget conséquent et la promotion des pseudo-sciences pour des raisons politiques et démagogiques[20],[21].

The Scientific Review of Alternative Medicine est un magazine américain évalué par les pairs, soutenu par la Commission for Scientific Medicine and Mental Health, consacré à l'étude des médecines non conventionnelles[22].

Points de vue des deux médecines[modifier | modifier le code]

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Selon les médecins qui s’intéressent à titre personnel à ces techniques ou médecines, il y aurait un manque de procédures adaptées à l’introduction et à l’étude des apports des médecines parallèles notamment parce que les approches de santé sont gérées au niveau politique et institutionnel et que l’argent va principalement aux laboratoires et aux chercheurs « classiques » — chaque laboratoire pharmaceutique dit financer ses propres recherches et essais cliniques pour prouver l’efficacité du produit sans financement public, et en France par exemple, la grande majorité des crédits de la recherche n’est pas publique mais privée (laboratoires pharmaceutiques ou bien associations). Quand les techniques ne sont pas néfastes, ils demandent à fixer un cadre clair à ces pratiques tant qu’il n’y a pas d’ambiguïté sur le caractère non médical de l’action (pas d’usurpation du titre de médecin). L’utilisation d’une thérapeutique nouvelle devrait selon eux passer par des essais de validation très encadrés (voir en particulier la notion de bioéthique). De fait, de nombreux médecins ont été poursuivis en France pour avoir utilisé des thérapeutiques nouvelles n’ayant pas été validées, le cas le plus célèbre étant celui de Mirko Beljanski dont les produits[23] furent pris notamment par François Mitterrand. Le but du système actuel par la notion « d’exercice illégal de la médecine » leur semble être d’écarter toute personne qui s’aventurerait à utiliser des traitements nouveaux sans qu’il en ait été prouvé l’innocuité et l’efficacité. À l’heure actuelle, l’interrogation sur les fondements de nos méthodes de santé a lieu surtout lors de remises en cause induites par des catastrophes, qui peuvent entraîner alors le retrait d’un médicament ou d’un vaccin.

Le médicament est un marché vaste et lucratif dont les acteurs sont accusés de penser qu’il n’a rien à gagner à l’émergence de certaines approches et pratiques de santé auprès du public. Les laboratoires pharmaceutiques sont alors soupçonnés de faire pression auprès des gouvernements pour avoir une législation restrictive. À l’inverse, est cité le cas des Laboratoires Boiron (France), des Laboratoires Lehning (France), Heel et DHU Schwabe (Allemagne), grands pourvoyeurs d’emplois en Europe, et qui ont obtenu du gouvernement français que les préparations homéopathiques soient remboursées en 1984[24], puis de l’Union européenne que les mêmes préparations puissent avoir une autorisation de mise sur le marché sans procéder à des essais cliniques[25].

L’effet placebo et le réconfort qu’apportent, entre autres, ces méthodes (pour certaines ancestrales) ont un certain intérêt, les médecins prescrivant eux-mêmes des placebos. Les promoteurs de certaines médecines non-conventionnelles s’appuient sur cet effet placebo pour prouver que le psychisme est fondamental dans la guérison ; cependant, l’effet placebo peut agir alors même que l’on sait qu’il s’agit d’un effet placebo[26]. L’amélioration de l’état de santé de patients ayant recours à ces médecines, même si elle est indiscernable de la guérison naturelle, a conduit en son temps au remboursement de l’homéopathie et à l’acceptation de l'acupuncture et de la sophrologie dans certains hôpitaux, plus récemment à l’acceptation en France de l’ostéopathie.

Selon certains, ces médecines non conventionnelles répondent à une lacune de la médecine conventionnelle en termes d'amélioration de la qualité de vie du patient. La plupart d'entre elles ne prétendraient pas se substituer à la médecine conventionnelle mais interviendraient en prophylaxie entre un état de pleine santé et l'apparition de troubles dits organiques. Une fois ceux-ci constitués, ces médecines parallèles pourraient au mieux se poser en adjuvant thérapeutique pour potentialiser la prise en charge médicale. Ces médecines parallèles, à l'instar de la médecine conventionnelle, sont fondées sur l'expérimentation et sont souvent antérieures (médecine chinoise par exemple), en ce sens, aucune d'entre elles (médecine conventionnelle comprise) ne pourrait revendiquer une exclusivité scientifique totalement démontrable et de ce fait restent toutes en perpétuelle évolution en fonction des progrès de la technique.

La médecine admise comme « rationnelle » et les médecines parallèles seraient donc complémentaires et non opposées.

Affaires[modifier | modifier le code]

Le recours aux médecines parallèles devrait être judicieux : le traitement d’une maladie grave et avancée nécessitant une thérapie à technologie peut être retardé par le recours exclusif à une médecine non conventionnelle.

Le procès d’un couple, accusé de mauvais traitement sur son enfant décédé en 2000, suite à une carence alimentaire (l'autopsie a révélé une « infection aiguë secondaire à une malnutrition chronique particulièrement sévère[27] ») alors que sa mère, kinésiologue, alimentait l’enfant au sein et pratiquait en même temps un régime végétalien[28], a relancé le débat sur les médecines non conventionnelles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Edzard Ernst, Max H Pittler, Médecines alternatives : le guide critique, Elsevier Masson,‎ 2005 (présentation en ligne), p. 443
  2. a et b Parlement européen : Commission de l'environnement, de la santé publique et de la protection des consommateurs, « Rapport sur le statut des médecines non conventionnelles », sur europarl.europa.eu (consulté le 3 avril 2011)
  3. (en) « Traditional Medicine: Definitions », sur www.who.int (consulté le 11 septembre 2014)
  4. Institut national du cancer Portée et enseignement de l'offre et de la demande de soins en médecine non conventionnelle et médecine parallèle
  5. Stephen Barret, "Méfiez-vous des traitements alternatifs"
  6. Maladies des vaisseaux Joseph Emmerich, Maladies des vaisseaux, DOIN initiatives santé
  7. Michel-Eugene Chevreul recherches chimiques sur les corps gras d'origine animale Michel-Eugene Chevreul, Recherches chimiques sur les corps gras d'origine animale, Paris, FG Levrault,‎ 1823
  8. (en) Fisher P, Ward A, « Complementary medicine in Europe », BMJ, vol. 309, no 6947,‎ 1994, p. 107-11. (PMID 8038643, PMCID PMC2540528, lire en ligne [PDF]) modifier
  9. « Loi no 2002-303 du 4 mars 2002 - Article 75 »
  10. a et b L’homéopathie n’est plus remboursée en Suisse, AFP, 3 juin 2005
  11. « 5 prestations exclues du catalogue de l’assurance de base, revue de presse » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), 11 janvier 2007, sur www.comparez.ch
  12. Cinq médecines douces ne seront plus remboursées, Le Temps, 4 juin 2005
  13. Cinq médecines complémentaires seront remboursées sous condition pendant une période provisoire de six ans
  14. Thèse de pharmacie sur les médecines non conventionnelles
  15. (en) « MSU researcher linking breast cancer patients with alternative therapies » sur www.eurekalert.org
  16. (en) « GUMC researchers say flower power may reduce resistance to breast cancer drug tamoxifen » sur www.eurekalert.org
  17. (en) Kooreman P., Patients whose GP knows complementary medicine tend to have lower costs and live longer, t. 6, Eur J Health Econ,‎ 2012 (DOI 10.1007/s10198-011-0330-2), p. 769–776
  18. (en) Smallwood C., The role of complementary and alternative medicine in the NHS : An investigation into the potential contribution of mainstream complementary therapies to healthcare in the UK, Freshminds Consultancy,‎ 2005, 194 p. (lire en ligne)
  19. NCCAM Funding: Appropriations History
  20. Is NCCAM a Sham?, The Scientist, 2002.
  21. The Ongoing Problem with the National Center for Complementary and Alternative Medicine, Skeptical Inquirer, 2003
  22. The Scientific Review of Alternative Medicine, « About The Scientific Review of Alternative Medicine », sur sram.org (consulté le 3 avril 2011)
  23. Les produits Beljanski sont actuellement enregistrés comme complément alimentaire auprès de la Food and drug administration (FDA) aux États-Unis.
  24. Arrêté ministériel du 12 septembre 1984 fixant la liste des spécialités pharmaceutiques remboursables aux assurés sociaux, Journal officiel de la République française du 29 septembre 1984, p. 8 945
  25. directive 92/73/CEE du 22 septembre 1992
    « considérant que, compte tenu des caractéristiques particulières de ces médicaments, telles leur très faible concentration en principes actifs et la difficulté de leur appliquer la méthodologie statistique conventionnelle relative aux essais cliniques, il apparaît souhaitable de prévoir une procédure d’enregistrement simplifiée spéciale pour les médicaments homéopathiques traditionnels, mis sur le marché sans indication thérapeutique et sous une forme pharmaceutique et dans un dosage ne présentant pas de risque pour le patient ; […]
    que notamment les États membres possédant une tradition homéopathique doivent pouvoir appliquer des règles particulières pour l’évaluation des résultats des essais visant à établir la sécurité et l’efficacité de ces médicaments, à condition de les notifier à la Commission, […]
    Article 4 […] Toutefois, la preuve de l’effet thérapeutique mentionnée à l’article 28 paragraphe 1 point b) de ladite directive n’est pas requise pour les médicaments homéopathiques »
  26. À titre d’exemple, les médecins savent que l’aspirine met plusieurs dizaines de minutes avant d’agir, mais éprouvent comme tout le monde un réconfort dès les premières minutes après son absorption.
  27. Sur l'Express
  28. Huit mois ferme pour avoir laissé mourir de faim leur enfant

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Approche sceptique

Liens externes[modifier | modifier le code]

Liens critiques