Antipsychiatrie

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L’antipsychiatrie est une théorie psychiatrique qui s’oppose à la psychiatrie classique et interprète plutôt la maladie mentale dans une perspective sociologique et spirituelle.

Sommaire

[modifier] Le contenu de la théorie

Pour certains, la conviction centrale sur laquelle convergent les grands courants de l’antipsychiatrie est que l’asile devrait disparaître et les malades retrouver tous leurs droits de citoyens dans une société qui pourrait les accueillir, prendre en compte leurs potentialités créatrices.

Pour d’autres, généralement peu convaincus par les théories psychiatriques, la psychiatrie est une institution non pas médicale, mais plutôt politique et/ou religieuse médicalisée s’attachant à résoudre non pas les problèmes ou les maux des patients qu’elle traite, mais bien les problèmes posés à la collectivité par le comportement de ces mêmes patients, et ce au moyen de procédés coercitifs (internements, traitements, mensonges) contraires aux principes de l’État de droit.

Pour certains, le cheval de bataille de l’antipsychiatrie est la question de la « Relativité du normal et du pathologique ». Pour d’autres, l’objet de l’antipsychiatrie est l’invalidation de la dichotomie « sain »/« pathologique » instituant la notion de « norme » comme paradigme anatomique et sanitaire plutôt que comme variable sociale, sociétale, morale, philosophique et/ou politique, et consacrant de ce fait la confiscation, par les psychiatres, de problématiques politiques et sociales comme mesure de salubrité publique.

[modifier] Les origines

Elle est née aux États-Unis et en Europe, de la critique, de la relégation asilaire des malades mentaux concentrés dans de grands hôpitaux psychiatriques (souvent de plus de 1000 lits). Les malades restent à l'hôpital toute leur vie, 40 ans et plus.

Nés au début des années 1960, ces grands courants ont presque toujours été le fait de praticiens : Ronald Laing, David Cooper et Aaron Esterson en Angleterre, Franco Basaglia, Giovanni Jervis et Gian Franco Minguzzi en Italie, des médecins hospitaliers du service public (Louis Le Guillant, Lucien Bonnafé, François Tosquelles…) engagés dans une riche polémique avec Michel Foucault en France.

Les travaux de Thomas Szasz, psychiatre américain, qui dès les années 1950, publia nombre d’ouvrages très critiques à l’égard de l’institution à laquelle il appartenait alors – s’attirant ainsi les foudres de ses collègues –, ont joué un rôle déterminant dans l’élaboration des critiques des théories et pratiques psychiatriques émises par les antipsychiatres.

[modifier] Les influences de la théorie

Par ailleurs, les thèses antipsychiatriques ont également grandement influencé les « Thérapies systémiques familiales », qui, sans totalement s’affranchir de la terminologie de l’hygiène mentale (cf. leur dénomination), abordent « la folie » sous l’angle de victime émissaire, sorte de rôle de « fou du roi » qui, par sa conduite, dénoncerait entre autres les mythes familiaux en vigueur dans un système donné. C’est cette dénonciation qui serait désignée de « folie » et stigmatisée. Il est de même du « dissident » soviétique qui doit avoir une bonne dose de « folie » pour dénoncer le mythe du « Paradis des travailleurs ».

[modifier] Déclassification de l'orientation sexuelle et l'identité sexuelle

Pour les droits et dignité des personnes LGBT qui ont subi la stigmatisation psychiatrique, le Principe 18 des Principes de Jogjakarta affirment que "en dépit de toutes classification allant dans le sens contraire, l'orientation sexuelle et identité de genre d'une personne ne sont pas en soi des maladies et ne doivent pas être traitées, soignées ou supprimées[1].

Les Principes de Jogjakarta en Action affirment qu'il est important de noter que l'orientation sexuelle est déclassifiée dans beaucoup de pays, alors que l'identité de genre ou le trouble de l'identité sexuelle est resté en considération[2]

[modifier] Exemples

  • En France, Camille Claudel est morte de faim durant la guerre. Au total ce sont 40 000 malades mentaux qui sont morts de faim dans les asiles français à la même époque. Lucien Bonnafé parle d'« euthanasie lente » dans son œuvre[3].

[modifier] Dans les arts

  • Rose, la sœur de Tennessee Williams a été lobotomisée en 1943, l'œuvre de Tennessee est entièrement sous-tendue par cet évènement dramatique.
  • Vol au dessus d'un nid de coucou, tourné en milieu psychiatrique, avec en partie des figurants malades mentaux, exprime parfaitement cette critique du monde asilaire.

[modifier] Bibliographie indicative

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Notes

  1. Principe de Jogjakarta, Principe 18. Protection contre les abus médicaux
  2. Un Guide des activistes aux Principes de Jogjakarta
  3. voir la préface de Lucien Bonnafé à « L'extermination douce » de Lafont Max. éditions « Le bord de l'eau »

[modifier] Liens externes

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