Jean-Étienne Esquirol

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Jean-Étienne Esquirol

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Portrait de 1838

Naissance
Toulouse (Haute-Garonne)
Décès (à 68 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Profession Psychiatre

Jean-Étienne Dominique Esquirol (Toulouse [1] - Paris ) est un psychiatre français, considéré comme le père de l'hôpital psychiatrique français : il fit en effet voter la loi de 1838 obligeant chaque département à se doter d'un hôpital spécialisé.

Points-clés de son œuvre[modifier | modifier le code]

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils d'un négociant toulousain, prieur de la bourse des marchands, élu capitoul en 1787[2].

Arrivé en 1799 à Paris, il fut d'abord élève de Jean-Nicolas Corvisart à la Charité, puis dès 1801 il travailla avec Pinel à la Salpêtrière. En 1805, il écrivit : Les Passions considérées comme causes, symptômes et moyens curatifs de l'aliénation mentale .

Puis en 1820, succédant à Pinel il devint médecin chef de la Salpêtrière. Il créa rue Buffon une maison de santé privée pour aliénés qui sera transférée en 1827 à Ivry-sur-Seine. Au moment du décès de Antoine-Athanase Royer-Collard, il succéda à ce dernier au poste de médecin-chef de la Maison Royale de Charenton, aujourd'hui l'hôpital Esquirol. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (8e division)[3].

Il eut notamment comme élève le psychiatre toulousain Gérard Marchant.

Plan nosographique[modifier | modifier le code]

  • Il est l'un des premiers à avoir fait la distinction entre hallucinations (perceptions sans objet externe, produites et construites par l'esprit) et illusions (erreurs de perception ; mauvaise interprétation des stimuli réels)
  • Parallèle Folie-Passions :

Pour lui les passions seraient ce qui nous pousse à agir et qui n'est pas d'ordre intellectuel : elles sont à l'origine de l'aliénation mentale. La folie serait faite des passions poussées à l'extrême Il y aurait donc une différence quantitative entre les deux. Selon lui, dans l'enfance, il n'y a pas de passions, donc pas d'aliénés.

Plan thérapeutique[modifier | modifier le code]

  • Pour lui, les passions doivent servir au traitement des maladies.

Il faut qu'il y ait répression pour qu'il y ait guérison du malade : inspirer un sentiment de crainte, qui dompte et subjugue le malade, et provoquer une secousse morale en plaçant l'aliéné dans un état opposé et contraire à celui dans lequel il était avant de recourir à ce moyen. C'est la méthode perturbatrice. Pour Esquirol, il ne suffit donc plus de parler avec douceur et compassion, selon le traitement moral de Pinel.

Rôle important sur le plan administratif et législatif[modifier | modifier le code]

Théoricien clair et pratique concernant les institutions psychiatriques, il est avec ses élèves à l'origine de l'adoption de la loi du 30 juin 1838 concernant les aliénés, qui met fin aux décisions d'internement arbitraires par simple lettre de cachet ou de décisions de justice.

Influence[modifier | modifier le code]

Statue d'Esquirol à l'hôpital Esquirol de Saint-Maurice (Val-de-Marne) par le sculpteur Armand Toussaint.

Il eut une certaine influence sur les pathologistes allemands, notamment Karl Christian Hille et Johann Christian August Heinroth, les premiers à traduire son œuvre dans leur langue.

En 1897, la municipalité de Toulouse rend hommage à Esquirol et Pinel en plaçant leurs bustes dans la salle des Illustres du Capitole.

Toponymes[modifier | modifier le code]

Hôpitaux[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L. Hahn, article « Esquirol »[4], Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, (Première série : A-E), t. XXXVI (ESP-EYS), Éd. Asselin et Houzeau et G. Masson, Paris, 1888, p. 91.
  • Rafael Huertas, "Between doctrine and clinical practice: nosography and semiology in the work of Jean-Etienne-Dominique Esquirol (1772—1840)", History of Psychiatry, 19,2 (2008), 123-140.
  • ALLILAIRE, Jean-François [sous la direction de]. Jean-Étienne-Dominique Esquirol, une œuvre clinique, thérapeutique et institutionnelle. Levallois-Perret : Interligne, 2001. 202 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Des maladies mentales et des asiles d'aliénés, Jean-Pierre Falret, éditions Baillière, 1864. p. 781-785. Consulter en ligne.
  2. Christian Maillebiau, Dictionnaire de Toulouse, Loubatières, 2006
  3. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 317
  4. Article consultable en ligne

Liens externes[modifier | modifier le code]

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