Classification des troubles mentaux

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La classification des troubles mentaux, également connue en tant que nosologie et taxonomie psychiatrique, est un aspect clé de la psychiatrie et des professions impliquant la santé mentale et une classification importante pour les particuliers et professionnels du domaine psychiatrique. Il existe deux systèmes de classification pour les troubles mentaux — Le chapitre V de la Classification internationale des maladies (CIM-10) réalisée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV) réalisée par l'Association américaine de psychiatrie (AAP). Ces deux classifications listent des catégories de maladies pensées être de deux types distincts, et possèdent leurs propres codes exposés dans les récentes révisions des manuels, souvent comparables, bien qu'il y ait certaines différences. D'autres schèmes de classifications sont uniquement et localement utilisés comme, par exemple, la Classification chinoise des troubles mentaux.

Les classifications, internationalement utilisées, du DSM et de la CIM emploient des définitions opérationnelles[1].

Définitions[modifier | modifier le code]

L'OMS et les enquêtes médicales rapportent qu'il n'existe pas qu'un seul consensus concernant la définition du trouble mental/de la maladie mentale, et que le terme utilisé dépend du contexte social, culturel, économique et légal de différents contextes dans de différentes sociétés[2],[3]. L'OMS rapporte un débat intense concernant les conditions sous lesquelles le terme de trouble mental doit être induit ; une principale définition pour désigner à la fois une maladie mentale, un retard mental, un trouble de la personnalité et une toxicomanie, mais l'inclusion varie selon les pays et semble avoir un avis complexe[2].

Les troubles mentaux sont séparément classifiés par troubles neurologiques, trouble de l'apprentissage ou retard mental.

CIM-10[modifier | modifier le code]

La classification internationale des maladies (CIM) est une classification standard diagnostiquant une large variété de conditions sanitaires. Le chapitre 05 se focalise principalement sur les "troubles mentaux et du comportement" et se sépare en 10 principaux groupes :

  • F0 : Troubles mentaux organiques, y compris les troubles symptomatiques
  • F1 : Troubles mentaux et du comportement liés à l'utilisation de substances psycho-actives
  • F2 : Schizophrénie, troubles schizotypiques et troubles délirants
  • F3 : Troubles de l'humeur (affectifs)
  • F4 : Troubles névrotiques, troubles liés à des facteurs de stress et troubles somatoformes
  • F5 : Syndromes comportementaux associés à des perturbations physiologiques et à des facteurs physiques
  • F6 : Troubles de la personnalité et du comportement chez l'adulte
  • F7 : Retard mental
  • F8 : Troubles du développement psychologique
  • F9 : Troubles du comportement et troubles émotionnels apparaissant habituellement durant l'enfance et l'adolescence
  • Plus un groupe sans autre indication

Dans chacun de ses groupes sont réparties des sous-catégories spécifiques. La CIM inclut les troubles de la personnalité dans le même domaine qu'un trouble mental, contrairement au DSM. La CIM-10 explique que le trouble mental n'est « pas un terme exact » bien que généralement utilisé pour impliquer l'existence de nombre de symptômes et de comportements reconnaissables associés dans la majeure partie des cas avec de la détresse et l'interférence de fonctions personnelles (OMS, 1992).

L'OMS révise actuellement les classifications de cette section pour le développement de la CIM-11 (ouvrage prévu pour 2014)[4].

DSM-IV[modifier | modifier le code]

Le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV), créé par l'Association américaine de psychiatrie (AAP), définit le trouble mental comme « un syndrome psychologique ou comportemental ou modes de fonctionnements cliniquement significatifs qui se produisent chez un individu et qui est associé à une souffrance présente (par exemple, un symptôme douloureux) ou à une incapacité (c.-à-d., défaillance dans un ou plusieurs domaines importants du fonctionnement) ou à un risque accru de souffrance, mort, peine, incapacité ou une perte importante de liberté » (AAP, 1994 et 2000).

Le DSM-IV-TR (Texte révisé, 2000) comprend cinq axes qui s'attachent respectivement :

  • Axe I : Les troubles majeurs cliniques
  • Axe II : Les troubles de la personnalité et le retard mental
  • Axe III : Aspects médicaux ponctuels et troubles physiques
  • Axe IV  : Facteurs psychosociaux et environnementaux
  • Axe V : Échelle d'Évaluation Globale du Fonctionnement

Les principales catégories de troubles mentaux que regroupe le DSM incluent :

Groupe DSM Exemples
Trouble habituellement diagnostiqué durant la petite enfance, la deuxième enfance ou l'adolescence. Des troubles tels que le TDA et l'épilepsie sont également désigné comme des troubles du développement et handicaps développementaux. Retard mental, ADHD
Délire, démence, amnésie et autres troubles cognitifs Maladie d'Alzheimer
Trouble mental généralement due à une condition médicale Psychose liées au SIDA
Trouble liée aux substances Alcoolisme
Schizophrénie et autres troubles psychotiques Trouble délirant
Troubles de l'humeur Dépression, trouble bipolaire
Troubles anxieux Anxiété généralisée
Troubles somatoformes Trouble de somatisation
Pathomimies Syndrome de Münchausen
Troubles dissociatifs Trouble dissociatif de l'identité
Troubles de l'identité et sexuels Dyspareunie, Troubles de l'identité sexuelle
Trouble des conduites alimentaires Anorexie mentale, boulimie
Troubles du sommeil Insomnie
Troubles des habitudes et des impulsions classifiés nulle part ailleurs Cleptomanie
Troubles de l'adaptation Trouble de l'adaptation
Troubles de la personnalité Trouble de la personnalité narcissique
Autres conditions qui peuvent retenir une attention médicale Dyskinésie tardive, maltraitance sur mineur

Autres schèmes[modifier | modifier le code]

Pédopsychiatrie[modifier | modifier le code]

Le domaine de la pédopsychiatrie utilise souvent des manuels spécifiques hormis ceux du DSM et de la CIM qui ont traités avec peu de pages les troubles pédopsychiatriques comme des sous-catégorie de ceux des adultes . La Classification diagnostique des Troubles de la Santé Mentale du Nourrisson de la Petite Enfance (DC:0-3) était pour la première fois publié en 1994 pour classifier les troubles mentaux et développementaux diagnostiqué durant les quatre premières années de l'enfance. Elle a été publiée en 9 langues[6],[7]. La Classification française des troubles mentaux de l'enfant et de l'adolescent (CFTMEA), opérationnelle depuis 1983, est la classification de référence pour les pédopsychiatres français, belges et suisses de langue française[8].

Usage[modifier | modifier le code]

Les schèmes de classification du DSM et de la CIM ont été largement accepté dans le domaine de la psychiatrie. Une étude de 205 psychiatres, originaires de 66 pays de tous les continents, confirment que la CIM-10 est la plus utilisée dans les pratiques cliniques, tandis que le DSM-IV est beaucoup plus utilisé pour la recherche et usage d'autres professionnels de la santé, patients et familles[9]. Une version premiers soins de la section troubles mentaux de la CIM-10 a été développé (en version originale : ICD-10-PHC) a également été diffusée internationalement[10].

Au Japon, la plupart des hôpitaux universitaires utilisent la CIM ou le DSM. La CIM semble être quelque part le manuel le plus utilisé à des fins académiques et de recherches, tandis que les deux classifications sont utilisées à des fins cliniques. D'autres schèmes psychiatriques traditionnels peuvent également être utilisés[11].

Développement historique[modifier | modifier le code]

Article connexe : Histoire des troubles mentaux.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Durant la Grèce antique, Hippocrate et ses disciples sont généralement crédité pour avoir formé le premier système de classification des maladies mentales, incluant manie, mélancolie, paranoïa, phobies et maladie de Scythian (travestissement). Ils expliquent que ces maladies étaient liées à la fonction des quatre tempéraments.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Robin Murray, The essentials of postgraduate psychiatry,‎ 28 octobre 1997 (ISBN 9780521578011, lire en ligne)
  2. a et b (en) Organisation mondiale de la santé, WHO Resource Book on Mental Health: Human rights and legislation,‎ 2005 (ISBN 924156282[à vérifier : ISBN invalide], lire en ligne [PDF])
  3. (en) MC Peck et RM Scheffler, « An analysis of the definitions of mental illness used in state parity laws », Psychiatr Serv, vol. 53, no 9,‎ septembre 2002, p. 1089–95 (PMID 12221306, DOI 10.1176/appi.ps.53.9.1089, lire en ligne)
  4. http://www.who.int/mental_health/evidence/en/
  5. (en) CE Berganza, JE Mezzich et MR Jorge, « Latin American Guide for Psychiatric Diagnosis (GLDP) », Psychopathology, vol. 35, no 2–3,‎ 2002, p. 185–90 (PMID 12145508, DOI 10.1159/000065143, lire en ligne)
  6. (en) Zero to Three. (1994). Diagnostic classification: 0–3: Diagnostic classification of mental health and developmental disorders in infancy and early childhood. Washington, DC.
  7. (en) Zero to Three overview of the DC:0-3
  8. R Mises, N Quemada, M Botbol et al., « Classification française des troubles mentaux de l'enfant et de l'adolescent », Psychopathologie, vol. 35, no 2–3,‎ 2002, p. 176–80 (PMID 12145506, DOI 10.1159/000065141, lire en ligne)
  9. (en) JE Mezzich, « International surveys on the use of ICD-10 and related diagnostic systems », Psychopathology, vol. 35, no 2–3,‎ 2002, p. 72–5 (PMID 12145487, DOI 10.1159/000065122, lire en ligne)
  10. (en) R Jenkins, D Goldberg, D Kiima et al., « Classification in primary care: experience with current diagnostic systems », Psychopathology, vol. 35, no 2–3,‎ 2002, p. 127–31 (PMID 12145497, DOI 10.1159/000065132, lire en ligne)
  11. (en) Y Nakane et H Nakane, « Classification systems for psychiatric diseases currently used in Japan », Psychopathology, vol. 35, no 2–3,‎ 2002, p. 191–4 (PMID 12145509, DOI 10.1159/000065144, lire en ligne)