William James

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William James

Philosophe américain

XIXe siècle-XXe siècle

Description de l'image  William James b1842c.jpg.
Naissance 11 janvier 1842 (New York)
Décès 26 août 1910 (Chocorua, New Hampshire)
École/tradition empirisme et pragmatisme
Principaux intérêts Métaphysique, psychologie, épistémologie, religion
Idées remarquables méthode de clarification du langage, théorie génétique de la vérité, univers pluraliste et indéterministe, théorie de la croyance
Œuvres principales Le pragmatisme (1907) ;
Essais d'empirisme radical (1912)
Influencé par Locke, Berkeley, Hume, J. S. Mill, Darwin, Spencer, C. S. Peirce, J. Royce, J. Dewey, F. C. S. Schiller
A influencé C. S. Peirce, H. Bergson, J. Dewey, A. N. Whitehead, F. C. S. Schiller, B. Russell, Putnam, Rorty, Émile Durkheim, Gilles Deleuze, Carl Gustav Jung

William James (11 janvier 1842 à New York - 26 août 1910 à Chocorua dans le New Hampshire) est un psychologue et philosophe américain, fils d'Henry James Sr., le disciple de Swedenborg, et frère aîné d'Henry James, romancier célèbre.

William James est souvent présenté comme le fondateur de la psychologie en Amérique. La première conférence de psychologie à laquelle j'ai assisté, c'est moi qui l'ai donnée, disait-il. Docteur en médecine, il s'efforce tout d'abord de constituer une psychologie scientifique (Principes de psychologie, 1890), puis défend les principes du pragmatisme, dont il est un des meilleurs représentants, avec Charles Sanders Peirce.

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

L'essentiel de la carrière universitaire de William James se déroule à Harvard où il est d'abord instructor (1872) puis professeur adjoint de physiologie (1876). En 1880, il devient professeur associé, puis très rapidement, en 1885, professeur de philosophie. En 1890, son titre officiel est « professeur de psychologie » avant de redevenir « professeur de philosophie » en 1897.

Pragmatisme et vérité : l'utilité de la connaissance[modifier | modifier le code]

Pour William James, il s’agit de découvrir pourquoi nous avons besoin d’idées fausses et d’idées vraies, plutôt que de savoir si les notions de vrai ou de faux sont pertinentes dans l’absolu. James soutient que l’établissement de la vérité est utile à l’homme, car elle lui permet d’agir adéquatement sur la réalité : de s’adapter à elle, et en échange, de pouvoir la modifier. Une idée vraie n’est pas vraie pour elle-même, elle est vraie car elle permet d’effectuer une action sans rencontrer d’obstacle. Si je crois que le boucher vend du pain, et que je lui demande une baguette, je constaterai à sa physionomie que je me suis trompé. J’aurais donc appris, par une expérience de « vérification », que mon idée était fausse : elle ne correspondait pas à une fonction réalisable de l’objet. Mon savoir était faux, car il ne m’a permis d’effectuer l’action voulue (acheter du pain). Une idée est vraie quand elle permet d’utiliser à dessein un certain objet. Acquérir une idée vraie, pour James, c’est faire une expérience : l’idée vraie n’est pas une propriété de la chose, ni une propriété de mon esprit : elle est le lien qui unit adéquatement (quand l’idée est vraie), inadéquatement (quand l’idée est fausse) mon esprit à l’objet, d’après un besoin pratique. Le monde pragmatique de James se conçoit dès lors comme un « monde d’expériences » : le monde est fait d’objets séparés (disjonctifs) que nos idées vraies ont pour tâche d’unifier, afin de pouvoir agir sur eux. Dans l’absolu, il n’existe pas de loi une et éternelle, seulement des objets indifférents ou détachés les uns des autres, mais notre esprit, intéressé par leur utilisation, les joint par des idées qui, dans la réalité, leur permettent de fonctionner ensemble : nous créons ou découvrons ainsi des « lignes de faits » entre des objets différents, mais ces lignes sont innombrables, et il est difficile de pouvoir les réduire à une seule. Ainsi le monde de James est-il pluriel, en opposition au monde unifié, « moniste », des philosophes rationalistes ou des théologiens.

Monisme et pluralisme[modifier | modifier le code]

Si James semble s'opposer au monisme des philosophes rationalistes dans Le Pragmatisme et les Essais d'empirisme radical, il développe l'idée d'un monisme empiriste auquel nous arriverions si nous finissions par trouver le principe qui coordonne toutes nos idées, toutes nos lignes de faits. Cependant, précise William James, ce principe, compte tenu de nos savoirs actuels, n'est pas encore disponible : il n'est qu'une possibilité future. Ainsi, les philosophes affirmant l'existence constatée d'un principe universel présidant à la création de toute chose s'exposent-ils à d'inépuisables débats et remises en cause : le moindre événement contraire au principe établi rendrait la théorie inapte à rendre compte de toutes nos expériences.

William James : pionnier[modifier | modifier le code]

En plus de ses travaux de pionnier en psychologie (cf. les 1400 pages des Principles of Psychology de 1890) et en philosophie, William James est célèbre pour ses travaux au sein des sciences psychiques, ou parapsychologie. Ses longues études de Mrs Piper sont réunies dans ses Études et réflexions d'un psychiste. Membre de la Society for Psychical Research britannique, il fonde ensuite l'American Society for Psychical Research et élabore des échanges soutenus avec ses collègues européens : Bergson, Théodore Flournoy, Myers, etc. On lui doit également les premiers travaux sur la mémoire: intégrant un double système de mémorisation en fonction de la durée de rétention de l'information.

Théorie des émotions[modifier | modifier le code]

William James & Carl Lange élaborent en 1884 la théorie des émotions : théorie James-Lange. Pour eux, l'émotion traduit une réponse aux modifications physiologiques. « Nous nous sentons tristes parce que nous pleurons, en colère parce que nous frappons quelqu'un et effrayés parce que nous tremblons. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • Principes de psychologie (The Principles of Psychology), 2 vol., 1890, partiellement en ligne [1]. (ISBN 0486203816) (ISBN 9780486203812)
  • Précis de psychologie (Psychology. Briefer Course), 1892.
  • La Volonté de croire (The Will to Believe, and Other Essays in Popular Philosophy), 1897.
  • Aux Étudiants, Aux Enseignants (Talks to Teachers on Psychology: and to Students on Some of Life's Ideals), 1899.
  • Les formes multiples de l'expérience religieuse (The Varieties of Religious Experience: A Study in Human Nature), 1902.
  • Le Pragmatisme (Pragmatism: A New Name for Some Old Ways of Thinking), 1907.
  • Un univers pluraliste (A Pluralistic Universe), 1909.
  • La Signification de la Vérité - Une Suite au Pragmatisme (The Meaning of Truth: A Sequel to « Pragmatism »), 1909.
  • Introduction à la Philosophie (Some Problems of Philosophy: A Beginning of an Introduction to Philosophy), 1911.
  • Memories and Studies, 1911.
  • Essais d'empirisme radical (Essays in Radical Empiricism), 1912.

Traductions[modifier | modifier le code]

  • La Signification de la Vérité - Une Suite au Pragmatisme, éd. Antipodes, 1998.
  • Expériences d'un psychiste, trad. E. Durandeaud, introd. René Sudre, Paris, Payot, coll. Aux confins de la science, 1969 ; Petite bibliothèque Payot, 2000 [fac-sim. de l'éd. de Paris, Payot, 1924, parue sous le titre : Études et réflexions d'un psychiste].
  • Aux Étudiants, Aux Enseignants, Payot, 2000.
  • Les formes multiples de l'expérience religieuse (trad. partielle), Exergue, 2001.
  • Précis de psychologie, Les empêcheurs de penser en rond, Paris, 2002.
  • La Volonté de croire, Les empêcheurs de penser en rond, Paris, 2005.
  • Introduction à la Philosophie, Les empêcheurs de penser en rond, Paris, 2006.
  • La Théorie de l’Émotion (trad. chap.24 des Principes), préface de Georges Dumas, réd. L'Harmattan, 2006, (ISBN 2-296-00893-3)).
  • Le Pragmatisme, nlle trad., Flammarion, coll. Champs, oct. 2007.
  • Philosophie de l'expérience : Un univers pluraliste, Les empêcheurs de penser en rond, Paris, 2007.
  • Essais d'empirisme radical, Agone, Marseille, 2005 ; rééd. poche, Flammarion, coll. Champs, oct. 2007.
  • La Psychologie de la Croyance et autres essais pragmatistes, éd. Cécile Defaut, juin 2010.

Études[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]