David Cooper

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David Cooper (1931-1986) est un psychiatre sud-africain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est né en 1931 à Capetown où il a accompli des études de médecine et s’est installé ensuite à Londres où il a dirigé de 1962 à 1966 l'unité expérimentale pour schizophrènes appelée "Pavillon 21". Avec ses collègues, il s'est attaché essentiellement à développer une psychiatrie existentialiste en Grande-Bretagne dont le projet contestataire se trouve illustré par le terme même d'antipsychiatrie. En contraste à la "psychiatrie sociale" des "thérapies systémiques familiales", d'une approche écosystémique, qui s’attachent à la famille considéré comme un système social à configuration stable, l’antipsychiatrie britannique impute au modèle social capitaliste et à la culture chrétienne castratrice les effets et les causes de la maladie mentale. En effet, les premiers asiles d’aliénés étaient anglais et destinés à mettre hors circuit de jeunes aristocrates turbulents, aux mœurs libertines et dépensiers, en les enfermant pour éviter que la renommée et la fortune de leur famille fussent ternies. La dissidence soviétique était passible de prison et d’hôpital psychiatrique qui est le nom moderne pour l’asile d’aliéné. En effet, toute déviance est, socialement et politiquement, folie et félonie. L’Anglais Gregory Bateson, anthropologue, a considéré la schizophrénie comme une réponse appropriée aux paradoxes et double contrainte qui résultent d’une pathologie de la communication.

L’homme et son œuvre[modifier | modifier le code]

David Cooper (1931-1986) a été l'inventeur du mot “antipsychiatrie” (mot attesté pour la première fois dans son premier ouvrage Psychiatrie et antipsychiatrie, 1967, publié chez Tavistok Pub. Ltd, Grande-Bretagne) et fondateur du courant de pensée du même nom avec Ronald Laing. Né au Cap (Afrique du Sud), David Cooper fait ses études de psychiatrie à Londres après s’être tourné vers la musique. Diplômé en 1955, il exerce dans un établissement réservé aux Noirs à Londres. En 1962, il ouvre le pavillon 21 dans un hôpital psychiatrique londonien où il va mettre en pratique ses théories antipsychiatriques. Pour Cooper, la maladie mentale n'existe pas, et la folie est une expérience personnelle et sociale, un état modifié de conscience (EMC), un voyage. Il conteste tout classement des comportements mentaux déviants en maladie. Pour certains, généralement adeptes des théories psychiatriques et incapables de raisonner hors de la terminologie de l'hygiènisme mental, sa pratique thérapeutique -qui n'en est pas une, puisque Cooper réfute la notion même de maladie mentale- s’apparente au " laisser faire " : le patient délirant régresse vers un état archaïque, puis remonte progressivement vers l’état dit normal au milieu de ses détritus et de ses excréments. Pour d'autres, plus critiques à l'égard des théories psychiatriques, Cooper préconisait d'accompagner l'individu étiqueté "malade mental" dans son cheminement de ré-appropriation de son langage, de son esprit et de son corps, que ce cheminement passe ou non par un état prétendument archaïque ou franchisse la ligne jaune de la bienséance et de l'hygiénisme.

Cette pratique a eu des succès, montrant par là même que la schizophrénie n’est pas une maladie. Elle a connu également bien des "échecs", tant la confrontation aux dogmes psychiatrique et capitaliste en vigueur au sein de la société dans laquelle elle se proposait d'agir était inévitable.

En 1965, il fonde l’hôpital de Kingsley Hall, plus particulièrement orienté vers la schizophrénie qu'il considère comme une "crise microsociale". En 1967, il organise avec Gregory Bateson, Herbert Marcuse et Stokeley Carmichaël un Congrès mondial de " dialectique et libération ". En 1972, il s’installe à Paris, ville dans laquelle ses théories antipsychiatriques sont favorablement accueillies (Maud Mannoni, Félix Guattari). Il meurt en 1986 à Paris.

Son œuvre est une combinaison contestataire des hôpitaux psychiatriques et du modèle social capitaliste.

La grande différence entre l'antipsychiatrie européenne et la "psychiatrie sociale des "thérapies systémiques familiales" américaine est que la première est extra-familiale et se porte sur toute la société capitaliste, perçue par elle comme totalitaire et autoritaire, où toute déviance est socialement condamnée et réprimée par l'internement psychiatrique. La psychiatrie sociale est intra-familiale et se porte sur le théâtre de la vie familiale où chacun a à jouer son rôle selon des règles présentes et implicites.

Bibliographie[modifier | modifier le code]