Unité pour malades difficiles
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Les unités pour malades difficiles (UMD) sont des services hospitaliers psychiatriques spécialisés dans le traitement des malades mentaux présentant un danger potentiel pour eux-mêmes ou pour autrui.
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Liste des UMD [modifier]
- UMD Henri Colin de l'établissement public de santé Paul-Guiraud, à Villejuif (Val-de-Marne), créée en 1910 et ouverte aux femmes en 1933.
- UMD de Montfavet dans le Vaucluse, créée en 1947.
- UMD de Sarreguemines en Moselle, ouverte en 1957.
- UMD de Cadillac en Gironde, ouverte en 1963.
- UMD du centre hospitalier de Plouguernével dans les Côtes-d'Armor, ouverte en 2008[1],[2],[3].
- UMD de Monestier-Merlines en Corrèze , ouverte en 2011[4].
- UMD de Bron dans le Rhône (CHS du Vinatier), ouverte en décembre 2011.
- UMD de Châlons en Champagne dans la Marne, ouverte en janvier 2012, inaugurée en décembre 2011. La seconde unité, quant à elle, s'est ouverte en octobre 2012.
- UMD d' Albi, ouverte en 2011.
- UMD de Sotteville-lès-Rouen, ouverte en mai 2012.
Ces unités accueillent actuellement un total d'environ 530 patients dont 40 femmes.
Rôles de la structure [modifier]
Les UMD ont pour vocation d'accueillir des patients qui ne peuvent pas, ou ne peuvent plus, être pris en charge dans les services de psychiatrie classique. Ces patients arrivent en UMD après de très longs séjours en chambres protégés où la liberté d'aller et venir est très restreinte. Le rôle des UMD s'exerce à différents niveaux et s'articule dans un cadre thérapeutique élaboré en équipe pluridisciplinaire, sous l'autorité d'un psychiatre hospitalier :
Rôle contenant [modifier]
Les patients trouvent des repères fixes pouvant canaliser leur agressivité dans cet univers d'allure « carcérale » avec un règlement intérieur défini par l'arrêté du 14 octobre 1986. Les patients hospitalisés en UMD le sont par arrêté préfectoral sous le mode "SPDRE" (soins psychiatriques sur décision du représentant de l'état, auparavant "Hospitalisation d'Office") . Un paiement symbolique sous forme d'un placement en milieu fermé de type UMD peut constituer un apprentissage des limites et s'inscrire dans une démarche thérapeutique. L'UMD doit également savoir assumer une prise en charge spécifique vis-à-vis de la dangerosité.
Un infirmier de l'UMD de Cadillac déclarait dans Le Point du 26 septembre 1998 (article « Prison, La nef des fous ») : « Si vous vous approchez sans faire attention et que vous crevez leur bulle, ils vous sautent dessus pour se défendre parce qu'ils se sentent agressés, même si vous leur tendez la main pour dire bonjour. Avec le temps, on sait quand on peut approcher et à quelle distance il faut rester d'un malade qui a trop peur. »
Rôle thérapeutique [modifier]
L'UMD doit constituer une prise en charge ponctuelle à des moments difficiles et aigus. Cette prise en charge se concrétise au quotidien par différentes actions de soins, menées en équipe pluridisciplinaire et plus particulièrement marquées au niveau de la fonction infirmière : prise en charge individuelle et de groupe, activités sportives, ergothérapie, sorties thérapeutiques à l'extérieur en gardant à l'esprit la nécessité d'une re-socialisation sans rupture avec le temps et la réalité.
Les UMD accueillent :
- des « médico-légaux » déclarés pénalement irresponsables en application de l'article 122-1 du Code pénal (ou de son ancien article 64) ;
- des patients qui présentent des troubles majeurs du comportement que ne peuvent plus contrôler les moyens actuels de surveillance et de soins des unités de secteur en hôpital de psychiatrie générale. Ce sont des patients « perturbateurs » de services psychiatriques traditionnels, placés en Soins Psychiatriques sur Décision du Représentant de l’État (SPDRE) par arrêté préfectoral ;
- des détenus condamnés (en application de l'article D398 du Code de procédure pénale).
Textes [modifier]
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- Le décret no 86-602 du 14 mars 1986 relatif à la lutte contre les maladies mentales et à l'organisation de la sectorisation psychiatrique dispose[5][réf. insuffisante] : « Ne font pas partie des secteurs définis à l'article 1er les unités pour malades difficiles, à vocation inter-régionale, implantées dans un centre hospitalier spécialisé et qui assurent l'hospitalisation à temps complet des patients présentant pour autrui un danger tel que les soins, la surveillance et les mesures de sûreté nécessaires ne puissent être mises en œuvre que dans une unité spécifique.
Le fonctionnement de ces unités est déterminé dans les conditions fixées par les dispositions de l'article L. 328 du code de la santé publique. »
Le décret du 14 mars 1986 a été abrogé par le décret en Conseil d’État no 2005-840 du 20 juillet 2005 relatif à la sixième partie (dispositions réglementaires) du code de la santé publique[6] et son article 1er est désormais codifié à l'article R. 3221-6 dudit code[7], lequel renvoie à l'article L. 3222-3[8] en ce qui concerne le fonctionnement de ces unités.
L'admission en UMD est régie par :
- l' arrêté du 14 octobre 1986 relatif au règlement intérieur type des unités pour malades difficiles[9] :
article 1 : Les patients relevant d'une unité pour malades difficiles doivent présenter pour autrui un danger tel qu'ils nécessitent des protocoles thérapeutiques intensifs adaptés et des mesures de sûreté particulières, mis en œuvre dans une unité spécialement organisée à cet effet. ces patients doivent dans tous les cas relever des dispositions des articles L 343 à L 349 du code de la santé publique relatifs aux placements d'office, et présenter, en outre, un état dangereux majeur, certain ou imminent, incompatible avec leur maintien dans une unité d'hospitalisation habilitée à recevoir des patients relevant du chapitre III du titre IV de ce même code.
- la loi n° 90-527du 27 juin 1990, relative notamment à l'hospitalisation d'office.
- l'article D 398 du code de procédure pénale : sont transférés en service de psychiatrie les individus responsables pénalement qui présentent des troubles mentaux à connotation de dangerosité en cours d'incarcération et qui ne peuvent pas être soignés en service médico-psychologique régional (SMPR).
- l'article 122-1 NCP qui dispose que « la personne qui était atteinte, au moment des faits, d'un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes ». Une personne bénéficiant d'un non-lieu en raison de son état de défaillance psychique au moment des faits peut être soumise à une obligation de soins en milieu fermé. Ces soins seront dispensés dans les structures d'UMD pour assurer la combinaison entre soins et sécurité.
La sortie du patient d'UMD répond aux critères médico-administratifs prévus par l’arrêté du 14 octobre 1986. Le transfert dans une unité de soins relevant d'un secteur psychiatrique d'origine du patient est préconisé par la commission de suivi médical (CSM, remplaçant les commissions médicales des sorties) composée de médecins psychiatres. La CSM examine le cas de chaque patient hospitalisé en UMD une fois tous les six mois au maximum. La CSM émet un avis sur le bien fondé d'un maintien ou d'une levée l'indication "UMD". Cet avis sera transmis au préfet qui statuera alors d'un éventuel retour du patient dans son unité d'hospitalisation d'origine ou d'une prolongation du séjour en UMD (au maximum 6 mois avant nouveau passage devant la CSM).
Notes et références [modifier]
- Pascale Le Guillou « Plouguernével va recevoir des malades difficiles - Côtes-d'Armor » (interview du Dr Chateaux), Ouest-France, 1er décembre 2007
- « Malades difficiles. L'UMD de Plouguernével inaugurée » Le Télégramme, 7 avril 2008, rubrique Côtes-d'Armor
- « À Plouguernével, une nouvelle unité de soins pour malades dangereux » AFP, 30 janvier 2008
- Magali Roche, « L’Unité pour malades difficiles, seconde partie, devrait ouvrir courant novembre », lamontagne.fr, 1er octobre 2012
- Le décret no 86-602 du 14 mars 1986 relatif à la lutte contre les maladies mentales et à l'organisation de la sectorisation psychiatrique
- décret en Conseil d’État no 2005-840 du 20 juillet 2005 relatif à la sixième partie (dispositions réglementaires) du code de la santé publique
- l'article R. 3221-6 dudit code
- l'article L. 3222-3
- arrêté du 14 octobre 1986 relatif au règlement intérieur type des unités pour malades difficiles
Annexes [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Philippe Bernardet, Catherine Derivery, Enfermez-les tous ! Psychiatrie, le scandale des internements abusifs, Robert Laffont, 2001 (chapitre 10)
- « Un rapport épingle la sécurité en milieu psychiatrique », Laurent Derouet, Paris-Normandie, 24 août 2005
- La prise en charge des malades mentaux difficiles : un dispositif à redéfinir Paul-Henri Dussart (rédacteur), 1991, Rennes, École nationale de la santé publique, (ISBN 2-85952-553-X)
- « Quand hôpital rime avec cavale », Philippe Roy, Le Quotidien du Médecin du 11 mars 2000
- Les unités pour malades difficiles, Jean-Luc Senninger, Vincent Fontaa, 1994, Paris, Heures de France, (ISBN 2-85385-155-9)
- Psychiatrie légale: sociale, hospitalière, expertale, Y. Tyrode, Ellipses, 1998
Articles connexes [modifier]
Liens externes [modifier]
- Code de la santé publique (partie réglementaire), troisième partie, Livre II, titre II, chapitre II, section sur les unités pour malades difficiles (articles R3222-1 à R3222-9, créés par le décret no 2011-847 du 18 juillet 2011 relatif aux droits et à la protection des personnes faisant l'objet de soins psychiatriques et aux modalités de leur prise en charge)
- Un espace d'ouverture dans une Unité pour Malade Difficile, mémoire de François Salvi, Institut de Formation en Ergothérapie de Rennes
- Rapports de la visite en France (notamment à Montfavet) du Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants en 1991 et 1996