Biologie médicale

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La biologie médicale (France, Afrique du Nord et de l'Ouest), biologie clinique (Belgique, Pays-Bas, Autriche, Luxembourg ), médecine de laboratoire (Allemagne, Suisse, Roumanie, Pologne, Europe de l'Est), pathologie clinique (Pays anglophones, Italie et Portugal) ou encore analyses cliniques (Espagne) [1] est une spécialité médicale qui consiste en l'exécution d'analyses sur les liquides biologiques et en l'interprétation médicale des résultats dans le but de caractériser l'origine physiopathologique d'une maladie. C'est une des deux branches de la pathologie avec l'anatomopathologie. Dans certains pays francophones (Canada, Belgique), le terme de biologie médicale se réfère plutôt à la filière universitaire des sciences biomédicales.

Domaines d'investigation[modifier | modifier le code]

Les domaines d'investigation sont les suivants[2][réf. insuffisante] :

Professions de la biologie médicale[modifier | modifier le code]

Professions médicales[modifier | modifier le code]

Ce sont ces professionnels ayant suivi une formation post-universitaire appelée résidence ou internat qui ont les fonctions interprétatives au sein des laboratoires médicaux et généralement les fonctions de directeur.
En Belgique, la biologie clinique est une spécialité qui peut être exercée par :

Au Canada, on trouve des médecins de laboratoire ou pathologistes : immunopathologistes, hématopathologistes ou médecins biochimistes par exemple. La période de résidence pour la spécialisation en biochimie clinique est par exemple d'une durée de cinq ans (elle est également ouverte à certains scientifiques biomédicaux, voir ci-dessous). On trouve aussi des biochimistes cliniques dont la période de résidence est de 2 à 3 ans pour la spécialisation, suite à un PhD en biochimie ou tout autre domaine connexe.
En France, la biologie médicale est une spécialité médicale ouverte aux médecins et pharmaciens exclusivement. Quelques vétérinaires biologistes ont également été formés avant la réforme de janvier 2010. Ces médecins, pharmaciens (et vétérinaires) doivent justifier de quatre ans de formation post-universitaire en laboratoires d'analyses médicales hospitaliers (Internat) au bout de laquelle ils obtiennent le diplôme d'études spécialisées de Biologie médicale. Celui-ci leur confère le grade de biologiste médical. En France, le biologiste médical travaillant dans le secteur privé peut exercer en tant que profession libérale ou salarié.
Au Grand-Duché de Luxembourg, on trouve également des pharmaciens-biologistes et des médecins-biologistes.

Professions connexes : techniques et scientifiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : sciences biomédicales.
  • Technologiste médical
  • Technicien de laboratoire
  • Scientifiques biomédicaux
    • En Belgique, des licenciés en sciences chimiques spécialisés (licencié en sciences chimiques spécialiste en analyses biologiques) peuvent diriger des laboratoires médicaux.
    • Au Québec, l'Université du Québec à Trois-Rivières octroie un programme de premier cycle universitaire en biologie médicale. Les gradués ne sont pas attachés au corps médical, mais ils sont tout de même spécialisés dans la biologie dite médicale comme un biochimiste est spécialisé en biochimie ou un microbiologiste en microbiologie.
    • Au Québec, des scientifiques peuvent exercer la Biochimie clinique en obtenant un certificat de spécialiste en biochimie clinique de l'Ordre des chimistes du Québec (suite à une période de résidence après leur doctorat). Ils obtiennent alors le titre de biochimiste clinique.
    • Au Canada, les exigences sont les mêmes qu'au Québec à la différence que le certificat de spécialiste n'est pas délivré par un ordre professionnel, mais plutôt par l'Académie canadienne de biochimie clinique (Société canadienne des clinico-chimistes).

Organisation en Europe[modifier | modifier le code]

La formation en biologie médicale est très différente d'un pays à l'autre en Europe, notamment pour les non-médecins. C'est à partir de ce constat que l’European Confederation of Clinical Chemistry and Laboratory Medecine ou EC-4 a été fondée dans le but de créer à terme une plateforme de reconnaissance des diplômes au sein des pays de l'UE.

En effet, si la spécialité de « médecine de laboratoire » est relativement homogène d'un pays à l'autre en Europe pour les médecins ce qui permet des équivalences automatiques entre les pays, il n'en est pas de même pour les autres professionnels, pharmaciens et scientifiques[3].

Certains pays n'ont pas de scientifiques pour la biologie médicale (France, Portugal), d'autres ont des scientifiques mais pas de pharmaciens (Italie, Allemagne), d'autres les deux (Espagne, Belgique).

Les scientifiques diplômés en biologie médicale dans l'Union européenne, théoriquement, ne peuvent donc pas exercer la « biologie médicale » en France, contrairement aux pharmaciens de l'UE spécialisés dans la discipline.

Cependant, en France, depuis le 31 mai 2008, les professionnels européens non titulaires des diplômes permettant l'exercice de la biologie médicale en France, ont la possibilité d'y exercer la biologie médicale après examen et validation de leur dossier (vérification des diplômes, compétences et expériences) par la Commission nationale permanente de biologie médicale[4] (CNPBM) ce que confirme l'ordonnance portant réforme de la biologie médicale du 15 janvier 2010[5].

Les pays autorisant aux scientifiques l'exercice de la biologie médicale le font en grande majorité dans la discipline de la biochimie clinique.

On peut distinguer trois grandes catégories de pays suivant l'importance des différentes spécialités dans la formation "post-grade" des biologistes médicaux :

  • les pays très polyvalents avec, notamment une formation importante en microbiologie : France, Belgique, Allemagne ;
  • les pays centrés principalement sur la biochimie clinique et l'hématologie : Danemark ;
  • les pays centrés principalement sur la biochimie clinique : Grande-Bretagne, Irlande[6].

L'EC-4 a rédigé récemment un syllabus pour la formation "post-grade" en Europe qui reprend les objectifs pédagogiques à atteindre pour tout biologiste médical[7].

En avril 2011, le nom de laboratory medicine specialist a été adopté par les principales organisations européennes de biologie médicale pour définir le biologiste médical européen[8].

Lieu d'exercice[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Laboratoire d'analyses médicales.

Outils de la biologie médicale[modifier | modifier le code]

Microscopes, automates d'analyses médicales, centrifugeusesetc.

Matériel pour prélever et recueillir les échantillons[modifier | modifier le code]

Différents types de liquides biologiques peuvent être prélevés. En fonction de l'examen souhaité, il existe différents types de matériels (aiguilles, flacons, tubes...) à utiliser pour prélever et récupérer le liquide en question afin de l'analyser correctement.

Examen macroscopique[modifier | modifier le code]

L'examen visuel du liquide prélevé est une première indication primordiale. Il peut donner une première indication sur l'origine du trouble au biologiste ou au clinicien. L'aspect du liquide conditionne par ailleurs la prise en charge analytique qui suit et la validité des résultats finaux.

Examen microscopique[modifier | modifier le code]

L'analyse microscopique est une activité importante du biologiste et du laborantin. Ils ont pour cela recours à de nombreuses colorations différentes (GRAM, MGG, Grocott, Ziehl-Neelsen...). L'immunofluorescence, la cytochimie, l'immunocytochimie et la FISH sont également utilisées afin d'approfondir le diagnostic.

Cette étape permet d'affirmer le caractère « normal », tumoral, inflammatoire voire infectieux du liquide. En effet, l'examen microscopique permet souvent d'identifier un agent infectieux causal, le plus souvent une bactérie, un champignon, une levure, ou encore un parasite, plus rarement un virus.

Analyseurs[modifier | modifier le code]

Article détaillé : automates d'analyses médicales.

Les automates d'analyses médicales, par l'association de la robotique et de la spectrophotométrie, ont permis ces dernières décennies une meilleure reproductibilité des résultats des dosages, notamment en biochimie médicale et en hématologie.

Les entreprises du diagnostic in vitro essayent dorénavant de vendre des chaînes d'automates, c'est-à-dire un système permettant le transfert automatique des tubes vers les différents types d'automates de la même marque. Ces systèmes peuvent inclure la gestion automatisée d'une sérothèque.

Ces automates doivent subir des contrôles quotidiens pour garantir un résultat le plus juste possible, on parle de contrôle qualité. Ces automates doivent également subir des maintenances quotidiennes, hebdomadaires et mensuelles.

Cultures[modifier | modifier le code]

Une part importante des examens de biologie médicale, essentiellement en microbiologie médicale, utilisent des milieux de culture. Ceux-ci permettent, par exemple, la mise en évidence d'un ou de plusieurs agent(s) infectieux responsable(s) des signes cliniques.

Valeurs dites « normales » ou de référence[modifier | modifier le code]

Les valeurs de références sont parfois encore appelées "valeurs normales". Cette dernière appellation est abusive car elle laisse sous-entendre une distribution de la population étudiée selon une loi Normale. Telle n'est pas la réalité de toutes les valeurs de références.

Biologistes médicaux célèbres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]