Psychologie interculturelle

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La psychologie interculturelle est une discipline scientifique qui étudie les relations entre la culture et la psychologie des êtres humains. Pour l'étude du comportement, on parle d'éthologie.
Trois approches psychosociologiques existent et permettent de rendre compte des diverses conceptualisations en psychologie : la psychologie interculturelle comparative (aussi appelée en anglais Cross-cultural psychology), la psychologie culturelle (appelée Cultural psychology, qui assume l'idée que « la culture est indissociable de l'esprit ») et la psychologie des contacts interculturels (dont il n'existe pas d’appellation spécifique en anglais)[réf. nécessaire].

La psychologie interculturelle comparative répond à trois objectifs[1] : « transporter et tester les hypothèses de la psychologie générale, explorer d'autres cultures afin de découvrir des variations culturelles, et générer une psychologie davantage universelle ».
La psychologie culturelle quant à elle rejette cette notion d'universalité. Les psychologues culturels postulent que le psychisme humain est inséparable des éléments culturels qui sont propres à chacun[2].
Les chercheurs en psychologie des contacts interculturels axent plutôt leurs travaux sur « la relation, la coexistence entre communautés culturelles différentes vivant dans un même espace social[3] ».

Les modèles développés en psychologie interculturelle sont également utilisés dans d'autres domaines de la psychologie :

  • L’approche clinique interculturelle permet l’étude de la culture et la prise en compte de celle-ci dans la prise en charge psychologique.
  • L’approche psycho-organisationnelle permet l’intégration de la culture et des interactions entre celle-ci et les individus dans l’étude de la vie organisationnelle.
  • L’approche psychopédagogique tente d’étudier le rôle de la culture dans l’apprentissage.

Les concepts de psychologie et de culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : psychologie.

La première définition du mot culture a été proposée par l'anthropologue Edward Tylor en 1878 dans son livre La civilisation primitive. Il la définissait à l'époque comme « ce tout complexe qui inclut savoir, croyance, art, morale, lois, coutumes et toutes autres capacités et habitudes acquises par l'Homme en tant que membre d'une société ».

De nombreuses définitions de la culture ont ensuite été avancées. L'une des plus citées est celle des anthropologues Alfred Louis Kroeber et Clyde Kay Mayben Kluckhohn (1952) : « La culture consiste en des modèles, explicites ou implicites, d'idées et de leur incarnation dans les institutions, les pratiques, les artefacts, dérivés et sélectionnés par l'histoire ; les modèles culturels peuvent, d'une part, être considérés comme les produits de l'action et, d'autre part, comme conditionnant les éléments d'une nouvelle action »[4]. Certains psychologues culturels estiment que cette définition est l'une des plus appropriées pour étudier les liens entre culture et psychologie.

Le psychologue social James House a également défini la culture. Il la présente comme « un ensemble de croyances cognitives et évaluatives – croyances à propos de ce qui est ou devrait être – qui sont partagées par les membres d’un même système social et transmises aux nouveaux membres »[4].

Historique[modifier | modifier le code]

Avant d'aborder l’histoire de la psychologie interculturelle, il est utile de retracer l'histoire des liens entre culture et psychologie et donc, pour ce faire, de remonter à la source. De manière générale, on peut dire que la rencontre entre le concept de culture et de psychologie est aussi vieille que l'homme. En effet, avant que les disciplines scientifiques soient aussi spécialisées comme nous les connaissons aujourd’hui, de nombreux auteurs se sont intéressés aux problèmes culturels[5] : philosophes, voyageurs, explorateurs, missionnaires, historiens et mathématiciens ont spéculé à propos de l’influence de la culture sur le comportement de l’être humain.

L’introduction du concept de culture en psychologie suit une histoire particulière. Une manière de décrire cette histoire est de la décomposer géographiquement, et d'intégrer les influences des nombreux penseurs qui l'ont faite grandir de part et d'autre de l'océan atlantique. C’est d'abord principalement en Europe de l’Ouest que s’est développée la psychologie interculturelle.

Wilhelm Wundt

La Völkerpsychologie (littéralement : psychologie des peuples) nait en Allemagne, sous l’influence de Wilhelm Wundt, Heymann Steinthal et Moritz Lazarus[6]. Le second tome des Cours sur l’âme humaine animale (1863) de Wundt est une référence importante pour la psychologie des peuples et marque son début historique, même si Lazarus et Steinthal avaient déjà évoqué l’idée de créer une discipline distincte à ce propos[6]. Wundt y aborde notamment la distinction entre le collectivisme et l’individualisme.

Wundt donne son premier cours sur le sujet en 1875. Ce n’est néanmoins qu’en 1900 que paraitra le premier livre (sur dix – dont le dernier sera publié en 1920) traitant précisément de la psychologie des peuples comme discipline au carrefour de la psychophysiologie et de la philologie. Wundt, père de la psychologie expérimentale, aura pour projet de fonder à l’Université de Leipzig un institut scindé en deux, une partie étant réservée à la psychologie expérimentale, et l’autre à la psychologie des peuples. Son projet sera avorté à cause de la première guerre mondiale. Wundt publie d’ailleurs des propos très nationalistes sur cette guerre pour expliquer la défaite allemande en avançant l’idée d’une « spécificité intellectuelle des Germains » :

« Ce trait fondamental de l'esprit germanique tient au fait que dans la conscience des Allemands, l'individu se sent membre d'une communauté du peuple, à laquelle il subordonne ses aspirations et sa vie même. De la sorte le monde divin est pour lui une unité du monde suprasensible se manifestant sous des formes diverses de même que la communauté morale et ethnique est une unité du monde sensible. »

Paradoxalement pourtant, la Völkerpsychologie de Wundt ne s’apparente pas à une psychologie du caractère national puisque cette dernière relèverait plutôt de la psychologie ethnique. La Völkerpsychologie a pour ambition de parvenir à une « définition des lois générales du développement mental de l’humanité à l’échelle historique »[7]. Pour Wundt, envisager une histoire universelle du psychisme semble évident[6]. Cette histoire universelle, envisagée du point de vue de la psychologie, serait rythmée par quatre phases : l’homme primitif, le totémisme, les héros et les dieux et, enfin, l’humanité.

L'enseignement de Wundt traverse ensuite la frontière : plusieurs français, curieux et attirés par la renommée de l'Université de Leipzig, font en effet le voyage[6]. Émile Durkheim, par exemple, passe un semestre à Leipzig en 1886. Les intellectuels français rapportent donc dans leurs valises des préceptes de la Völkerpsychologie de Wundt.

À Paris, en 1871, Emile Boutmy crée l’Ecole libre des sciences politiques. Cette discipline doit, selon lui, être abordée par une approche psychologique des cultures nationales. Le milieu physique serait le facteur clé et « les particularités de tous les comportements d’un peuple sont explicables par la nature de ce caractère national »[7].

Toujours en France, un ouvrage d’une influence considérable est publié en 1895. La psychologie des peuples, signé par Gustave Le Bon, éponyme d’un courant du même nom, en renferme les prémisses. Pour Le Bon, « nos actes conscients dérivent d’un substratum inconscient formé surtout d’influences héréditaires. Ce substratum renferme les innombrables résidus ancestraux qui constituent l’âme de la race »[8].

La psychologie des peuples européenne restera tout d'abord attachée à l'étude du caractère national, tandis que la Völkerpsychologie de Lazarus, Steinhal et Wundt s'exportera en Amérique où elle connaîtra un développement fulgurant[7], puisqu'elle servira de base aux courants de la psychologie interculturelle comparative et de la psychologie culturelle. La psychologie des contacts interculturels naitra quant à elle des interrogations et observations des chercheurs face aux phénomènes migratoires.

Trois approches psychosociologiques[modifier | modifier le code]

Trois approches coexistent depuis de nombreuses années, bien que les frontières entre elles soient perméables. Cependant, on pourrait dire que ce sont « des psychologies interculturelles » car les points de vue sur une même thématique peuvent être assez différents. De manière générale, l'approche interculturelle comparative tend à comparer les liens entre la culture et le comportement au sein de sociétés différentes, tandis que l'approche culturelle tend à n'examiner ce lien qu'au sein d'une seule culture. Enfin, l'approche des contacts interculturels s'intéresse aux liens entre la culture et le comportement lorsque des groupes entrent en contact les uns avec les autres[9]. Différentes thématiques telles que les valeurs, les attitudes, ainsi que la perception permettent de différencier les groupes culturels[9] et sont envisagées dans chacune des approches.

Avant de décrire les trois approches, quatre concepts, abordés dans la littérature, sont importants à définir : les notions d’ « étic » et « émic » ainsi que les notions d’ « universalisme » et de « relativisme ». En psychologie, « l’approche étic(en) applique les théories et les procédures standards, et généralement quantitatives de la psychologie dans le but de faire des comparaisons entre groupes culturels, tandis que l’approche émic rejette l’exportation telle quelle de concepts ou de procédures de la psychologie scientifique dans d’autres contextes que ceux de leur élaboration[1] ». La psychologie interculturelle comparative s'inscrit généralement dans la première approche : le chercheur compare deux groupes culturels sur des dimensions psychologiques en adoptant une position externe aux groupes. Il tente ainsi de mettre en évidence les différences mais surtout les invariants culturels (universalisme). Il a parfois été reproché à ces approches d'être sujettes à un biais ethnocentrique. Dans l’approche émic, qui se rapporte le plus souvent au domaine de la psychologie culturelle, le chercheur est inclus dans le groupe qu’il étudie, il participe au groupe. Il développe donc les connaissances sur le groupe, sa culture et ses mœurs, sans tenter de les transposer à un autre contexte culturel (relativisme).

La psychologie interculturelle comparative[modifier | modifier le code]

La psychologie interculturelle comparative est aussi appelée en anglais Cross-cultural psychology. Elle est définie comme « l’étude des similarités et des différences dans le fonctionnement psychologique des individus de groupes culturels et ethnoculturels variés, et des relations entre les variables psychologiques, socioculturelles, écologiques et biologiques »[10].

Naissance de la psychologie interculturelle comparative[modifier | modifier le code]

Cette discipline est née de la rencontre entre des psychologues et des scientifiques de domaines sociaux différents cherchant à développer des recherches multidisciplinaires : en janvier 1967 par exemple, Kelman et Tajfel organisent une conférence à Ibadan, au Nigeria [1]. À l’origine, la psychologie interculturelle s’intéressait à l’universalité des processus psychologiques. Dans cet esprit, les chercheurs souhaitaient valider des modèles scientifiques psychologiques à caractère universaliste. Segall et ses collègues (1999) citent en exemple la réflexion de l’anthropologue et ethnologue Bronislaw Malinowski (1932) à propos du caractère universel du complexe d’Œdipe. Cet exemple, tiré d'un recueil de rêves chez les jeunes papous, permet de mettre en lumière la notion de « démêlage » de la discipline ; lorsque plusieurs facteurs sont présents dans une situation culturelle donnée, il devrait être possible de les démêler lorsque l’on envisage des situations culturelles différentes dans lesquelles les facteurs ne s’agencent pas de la même façon.

Exemple : Un garçon de 12 ans fait un rêve. Dans celui-ci son père et lui sont victimes d’un accident d’autocar, et son père est grièvement blessé et le regarde « d’un regard accusateur ». Pour Sigmund Freud, le rêve est un mécanisme de réalisation des souhaits. Le rêve évoque la mort du père et renvoie donc au complexe d'Œdipe. Celui-ci est considéré comme universel. Cependant, selon Malinowski, le père a deux rôles dans ce cas-ci, il est l’amant de la mère et a le rôle d’éducateur. Au contraire, dans les sociétés matriarcales ou avunculaires (aussi appelées avunculat) telles que celles que Malinowski a étudiées aux îles Trobriand (Papouasie Nouvelle-Guinée), la figure d’autorité est l’oncle, mais celui-ci n’est pas, par son statut, l’amant de la mère. Or, Malinowski a recueilli le récit du rêve d'un jeune garçon au cours duquel son oncle maternel trouvait la mort. Selon Malinowski, cela remet donc en question l'universalité du complexe d’Œdipe. Bien évidemment, la question de l'universalité du complexe d'Œdipe reste un sujet controversé. Toutefois, cet exemple montre que la comparaison interculturelle, à travers sa fonction de démêlage, permet de mettre à l'épreuve l'hypothèse de l'universalité des théories psychologiques.

Actuellement, la psychologie interculturelle comparative se situe plutôt entre les approches relativistes et universalistes car elle a tendance à prendre en compte simultanément les deux points de vue[10],[9].

Modèle éco-culturel de John W. Berry (Adapté de Segall & al. (1999))






Un des modèles les plus cités dans la littérature est le modèle éco-culturel de Berry et de ses collègues[11]. Il « met en relation des caractéristiques psychologiques avec des facteurs d’arrière-plan tels que le contexte écologique et sociopolitique – à travers un ensemble de processus situé au niveau du groupe et au niveau de l’individu »[9]. Le contexte écologique renvoie à l'environnement physique tel que le climat, la disponibilité de l'eau et les variations de température. Le contexte socio-politique concerne l'organisation du pouvoir, les relations hiérarchiques entre le groupe et un autre, les richesses du pays ainsi que les politiques d'immigration. Ce modèle prend également en compte les différents modes de transmission, qu'ils soient culturels ou génétiques, ainsi que les variables psychologiques des individus afin d'expliquer les comportements variés des individus.

Méthode en psychologie interculturelle comparative[modifier | modifier le code]

Actuellement, les recherches en psychologie interculturelle comparative s'inspirent souvent des récits des ethnologues et des anthropologues[1]. La particularité de ces récits est qu’ils décrivent en profondeur les peuples, ainsi que leurs us et coutumes. En effet, les chercheurs restent sur leurs terrains d'étude durant une assez longue période (de quelques mois à quelques années) et manient donc assez bien la langue du groupe. Ils sont ainsi capables de mieux comprendre les enjeux culturels, les institutions, les dynamiques et les changements au sein du groupe et de sa culture[10].

La Human Relations Area Files (HRAP), est une organisation internationale fondée en 1937 à l’Université de Yale. Elle se donne pour mission la collection et la classification de toutes les connaissances sur les cultures et les sociétés qui existent dans le monde. Elle reste, cependant, une base d’analyse très controversée dans le milieu mais elle a comme avantage le regroupement d'informations sur plus de 350 sociétés (Retschitzky, Bossel-Lagos et Dasen, 1989[10]). Deux types de classification sont faites dans son système d'archivage et permettent un usage facilité de l’outil: la première en fonction de la localisation du groupe culturel, et la seconde en fonction d'aspects plus spécifiques. Cette base de données est donc importante et très utilisée dans le champ de la psychologie interculturelle comparative même si une certaine prudence est requise.

Les méthodes utilisées sont celles de la psychologie et tiennent compte du contexte dans lequel les cultures évoluent, leurs milieux écologiques, les facteurs socio-culturels mais également des variables psychologiques qui découlent de ces facteurs telles que les valeurs et les attitudes[10]. La méthode d’analyse est complexe, et ce pour différentes raisons. En tout premier lieu, car elle est décrite comme une approche « étique », c’est-à-dire qu’elle étudie la vie d’un groupe à partir d’une position extérieure à celui-ci. Le problème de ce type d’approche est qu'il encourt le risque d’imposer des conceptions théoriques à des entités qui ne font pas partie du même cadre culturel, et par conséquent de ne pas rendre compte des faits étudiés. C’est ce que l’on peut aussi appeler le biais ethnocentrique. Une autre difficulté est de parvenir à maintenir l'équilibre entre la compréhension des faits culturels locaux et la généralisation de ceux-ci. Enfin, une question qui se pose lors de l’étude des groupes est la délimitation même du groupe, de ses frontières, de ses limites et des personnes qui en font partie. Raoul Naroll propose en 1965 la notion de « cultunit » pour rendre compte d’un groupe de personnes qui parlent un même langage et qui appartiennent soit à un état, soit à un groupe particulier[12]. Cependant, les cultures ne sont pas figées et la multiplication des contacts interculturels provoque des transferts et des échanges, rendant donc la délimitation des groupes plus difficile.

La psychologie culturelle[modifier | modifier le code]

Comme dans les autres approches, les chercheurs tentent d’étudier le rôle de la culture sur le comportement et la psychologie d'un individu[9]. La psychologie culturelle est née sous l'impulsion de chercheurs qui remettaient en cause les méthodes de recherche artificielles de la psychologie interculturelle comparative[2]. En effet, selon Kurt Lewin et Egon Brunswik par exemple, les recherches en psychologie interculturelle comparative n'étaient pas assez « naturelles ». Ils étaient partisans d'une recherche en psychologie qui soit plus écologique, plus axée sur les relations entre les Hommes et leurs environnements multiples (physique et social). En plus de se vouloir naturelle, la psychologie culturelle tend à être[2]:

  • Qualitative: les mesures de réponses comportementales sont plus rares qu'en psychologie interculturelle comparative, les chercheurs axant plus leurs recherches sur une compréhension détaillée de la pensée des participants (envers d'autres personnes, comportements, ou contextes quotidiens par exemple),
  • Non-comparative: le sens et les valeurs des personnes composant un groupe culturel est étudié en profondeur, de l'intérieur plutôt que d'être comparé entre différentes cultures
  • Chargée en valeurs: les croyances des chercheurs et des participants font intégralement partie des données collectées, plutôt que d'en être exclues. Cela reflète l'affiliation de cette approche au courant du constructivisme social.

La psychologie culturelle est considérée comme une approche relativiste, en opposition à l’universalisme de la psychologie comparative. De nombreuses critiques tendent cependant à l'assimiler de plus en plus à sa discipline rivale, de laquelle elle s'est inspirée pour se construire, en réponse aux critiques qui lui était adressées[9].

La psychologie des contacts interculturels[modifier | modifier le code]

La multiplication croissante des contacts entre les cultures, due notamment aux migrations humaines, ou à la colonisation, a favorisé la création de cette nouvelle discipline qui se détache de la psychologie interculturelle comparative et de la psychologie culturelle vue précédemment. Elle est aussi parfois appelée « psychologie (inter)culturelle interactionniste ». Elle s’intéresse plus particulièrement aux processus d’adaptation qui se situent à des niveaux psychiques, relationnels, groupaux ou institutionnels et qui tendent à se développer lors des contacts entre des groupes culturels différents[9]. L’apport d’une telle discipline est qu'elle rend compte des différents processus qui ne sont pas décrits dans les autres approches, par exemple les stratégies d'acculturation, les stratégies identitaires, ou la communication interculturelle.

Stratégies d'acculturation[modifier | modifier le code]

L’acculturation est définie par Redfield, Linton et Herskovits comme « l’ensemble des phénomènes qui résultent d’un contact direct continu entre les groupes d’individus de cultures différentes avec des changements subséquent dans les cultures originales des deux groupes impliqués »[9],[13]. Lorsque des personnes sont amenées à côtoyer une autre culture, différentes stratégies de réponses sont possibles de leur part. Berry[9] détermine quatre stratégies d’acculturation psychologique chez l’individu qui côtoie une nouvelle culture à partir d’un tableau croisé de deux questions: Y a-t-il un maintien de la culture et de l’identité d’origine? Et y a-t-il une adoption de la culture d'accueil?

Tableau des stratégies d'acculturation adoptées par les immigrés (John W. Berry) :
Maintien de la culture
d'origine
OUI NON
Adoption de la culture d'accueil OUI Intégration Assimilation
NON Séparation Marginalisation
  • Intégration : Elle est le fruit de deux réponses positives aux questions. Le groupe minoritaire conserve la culture qui lui est propre mais s’approprie également les valeurs de la culture d’accueil. Pour ce faire un compromis est nécessaire, une adaptation des institutions de la société d’accueil ainsi que l’adoption des valeurs basiques de celle-ci par le groupe qui « s'intègre ».
  • Assimilation : Elle rend compte d’un abandon des valeurs de l’ancienne culture et de l’adoption totale de la culture du nouveau pays. Ce n’est possible que si la culture d’origine n’est pas valorisée par le groupe minoritaire.
  • Séparation : Elle est le refus total de contact avec la culture d’accueil par le groupe minoritaire qui peut tendre vers un certain communautarisme.
  • Marginalisation : Elle est la conclusion d’une réponse négative aux deux questions. Il y a un abandon de la culture d’origine mais également le refus d’adopter celle de la société d’accueil.

Lors de la définition de ces stratégies, Berry met en avant l’importance de la prise en compte des contextes des migrations et des contacts intergroupes. Ils peuvent donner quelques indications sur les raisons de l’adoption de l’une ou l’autre stratégie. Différents facteurs peuvent moduler le vécu du processus d’acculturation ; l’âge, le genre, l’éducation, le statut, le projet migratoire, la distance culturelle, la personnalité, le soutien social, l’existence de préjugés ou de discrimination, etc[9].

Un autre modèle d’acculturation a été proposé en 1997 par Bourhis, Moise, Perreault et Sénécal. Il conceptualise le phénomène d’acculturation en prenant en compte trois aspects ; les orientations d’acculturation des immigrés, celles des membres du groupe d’accueil et les politiques d’immigration et d’intégration du pays d’accueil. Plus que les facteurs en eux-mêmes, c'est l'interaction qui semble essentielle[9].

Stratégies identitaires[modifier | modifier le code]

Carmel Camilleri tente de définir des stratégies comme étant le mode de réponse au conflit provoqué par la confrontation à une société différente, ayant des valeurs, des modes de vie différents. L’individu tente, par le biais de stratégies identitaires, de restaurer un équilibre, un accord entre ses valeurs et son nouvel environnement. Ces stratégies découlent de la théorie de l'identité sociale écrite dans les années 1970 par Henri Tajfel et John Turner[14].

Les stratégies identitaires qui sont mises en avant dans le modèle complexe de Camilleri[14] sont :

a) Les stratégies pour rétablir le sentiment de valeur du soi :

  • Les identités négatives : l'intériorisation du jugement négatif, l'évacuation de cette identité négative en s'assimilant ou en rejetant ce regard sur un autre groupe, évitement de cette identité et prise de distance face au discours.
  • Les identités réactionnelles : se protéger des autres, réaffirmer des caractéristiques stigmatisées, revendication à l'appartenance au groupe d'origine alors qu'il y a un rejet intérieur des valeurs de celui-ci.

b) Les stratégies pour rétablir une unité de sens et les stratégies de modération du conflit. Le système qu'il met en place est bien plus complexe que les notions abordées ici, elle souligne l'agencement de ces différents éléments :

  • Résolution de la contradiction par la suppression de l’un de ses termes : soit en s'assimilant complètement, soit en se distanciant de la culture d'accueil, soit prenant les valeurs de l'un ou l'autre en fonction de la situation.
  • Prendre en compte les différents éléments contradictoires : bricolages identitaires ou logique rationnelle (réappropriation, réagencement).
  • Mettre en place des stratégies de modération des conflits lorsqu'ils ne sont pas évitables.

Les auteurs différencient généralement, les stratégies individuelles et les stratégies collectives. Les premières concernent la mobilité sociale qui est la capacité à quitter son groupe d’appartenance pour rejoindre un groupe plus prestigieux. La comparaison intra-groupe fait également partie des stratégies identitaires, c’est la capacité à se comparer à d’autres membres de son groupe d’appartenance moins bien loti. Les secondes se concentrent sur les stratégies qu’un groupe de personnes peut mettre en œuvre pour minimiser les différences intergroupes. La créativité sociale (par exemple: « black is beautiful ») permet de distinguer son groupe de manière positive à partir d’une comparaison avec un autre. Une autre façon de se distinguer est d’entrer en compétition avec l’autre groupe, c’est ce qu’on appelle la compétition sociale. Un groupe (généralement le groupe opprimé) tente alors de renverser le système de pouvoir en place, par le biais d’affrontement, de manifestations ou de mouvements politiques[9].

Ces stratégies identitaires sont dépendantes de différents facteurs qui influencent leur mise en place. Le premier facteur est la perception de la stabilité de la structure sociale. Une structure sociale vue comme stable n’encouragera pas les personnes d’un groupe à vouloir la changer étant donné que les possibilités d’un tel changement ne sont pas perceptibles. Le second facteur est la légitimité de la structure sociale. De manière similaire, si la structure en place est considérée comme légitime, les personnes seront peu intéressées pour la changer. Le troisième facteur est la perméabilité des frontières intergroupes. Lorsque les frontières sont vues comme perméables, les individus peuvent se hisser dans d’autres groupes, sans remettre en question la place de leur endogroupe dans le système. Cependant, lorsque l’un de ces trois facteurs est vu comme négatif par le groupe opprimé, un changement peut être amorcé soit par l’individu, soit par le groupe[9].

Thèmes transversaux[modifier | modifier le code]

Les thèmes transversaux sont les thèmes généraux qui sont repris dans les trois approches. Cette partie ne se veut, cependant, pas exhaustive et ne cite que quelques exemples de la littérature.

Modes de transmission culturelle[modifier | modifier le code]

Il existe trois types de transmission culturelle : verticale, horizontale, diagonale. La première est ce qu’on peut appeler l’apprentissage au sens classique du terme, c’est-à-dire avec un enseignement. Le second type est une transmission par les pairs et la troisième par des personnes de la même génération parentale mais n’étant pas les parents directs. Ces trois formes de transmission découlent de deux processus, à savoir l’enculturation décrit par Herskovits en 1948[10] qui est un processus implicite d’apprentissage de la culture et des normes imposées dans le groupe et la socialisation qui est également un processus d’apprentissage mais qui est plus explicite. « Le rôle de ces processus est très important dans le contexte culturel et écologique » car c’est le socle central sur lequel les autres connaissances viennent s’agencer. Les différences de comportement peuvent donc être vues comme découlant de l’enculturation et de la socialisation[10].

Émotions[modifier | modifier le code]

Les six émotions de base semblent être reconnues par tous les types de groupes[15]. Cependant, l’expression des émotions reste tout de même fort influencée par les normes de la société étudiée.

Normes[modifier | modifier le code]

Les normes sont un ensemble de règles implicites fixé par la société et mettant en avant les comportements désirables chez l’individu. L’étude des normes d’une société peut être utile pour comprendre des comportements qui ne seraient pas habituels dans d’autres cultures. Même si des auteurs ont affirmé que les cultures avaient des normes très différentes sur certaines dimensions, elles ne le sont pas forcément sur d’autres. Par exemple, lors d’un enterrement, dans presque tous les groupes culturels, le rire est proscrit[9].

Valeurs[modifier | modifier le code]

Les valeurs sont vitales aux sociétés et aux individus[16]. Elles sont chères aux psychologues interculturels car elles sont stables et indépendantes des situations, et permettent de décrire des orientations de valeurs différentes dans les cultures. Nombreux sont les auteurs qui se sont penchés sur le sujet : connaître les valeurs des individus devrait en effet pouvoir permettre de prédire leurs comportements[16]. Geert Hofstede est un auteur de référence dans l’étude des valeurs[17]. Il distingue quatre dimensions permettant de classer les cultures : la distance hiérarchique, le degré d’individualisme - collectivisme, le degré de masculinité - féminité et le contrôle de l’incertitude. Une cinquième dimension a été ajoutée par la suite par l’auteur, opposant une orientation « à long terme » dans la vie, à une orientation à court terme[16].

  • La distance hiérarchique est « une mesure du degré d'acceptation par ceux qui ont le moins de pouvoir dans les institutions et les organisations d'un pays, d'une répartition inégale de pouvoir ».
  • Le degré d'individualisme-collectivisme permet de rendre compte du degré de liberté des individus face au groupe. Le degré d'individualisme serait inversement proportionnel à la distance hiérarchique.
  • Le degré de masculinité-féminité permet de mettre en avant les valeurs correspondant aux rôles sociaux assignés aux hommes et aux femmes.
  • Le contrôle de l'incertitude est défini par l'auteur comme « le niveau de tolérance envers l'incertitude et l’ambiguïté dans une société ».

Ces dimensions permettent de rendre compte des différences entre les pays. Cependant, la dimension la plus prédominante semble être le type de société d’appartenance, c’est-à-dire l’individualisme ou le collectivisme.

Inspiré par les travaux de Rokeach, Schwartz a proposé 56 valeurs regroupées en dix classes et s’organisant selon un modèle circulaire existant dans tous les pays[18]. Les dix classes sont : Universalisme, Bienveillance, Tradition, Conformité, Sécurité, Pouvoir, Accomplissement, Hédonisme, Stimulation et Autonomie. Les quatre dimensions circulaires permettent de créer des profils et sont la conservation, l’affirmation de soi, le changement et le dépassement de soi[18].

Langage[modifier | modifier le code]

En anthropologie cognitive, une clé pour comprendre la cognition est la reconnaissance de l’importance donnée au langage en tant que phénomène culturel à part entière[10]. Il permet de rendre compte de la spécificité de la culture du groupe, ainsi que des catégories et représentations sociales du groupe. Par exemple, un groupe peut avoir développé plus de mots pour définir les liens familiaux qui existent entre ses membres, tandis qu’un autre groupe en aura un nombre plus réduit.

Perception[modifier | modifier le code]

La perception semble jouer un rôle aussi important pour comprendre les différences interculturelles. On peut distinguer trois phases dans la perception : la sélection de l'information, l’interprétation de celle-ci et la mémorisation[19]. Les auteurs Nisbett et Masuda[20] ont montré par exemple que les Américains sont plus susceptibles de repérer les objets saillants de leur environnement tandis que les Japonais indiquent plus souvent le contexte pour décrire une situation visuelle. Les auteurs fournissent une explication de cette différence à partir de l’environnement perceptif dans lequel baignent les groupes culturels et qui détermine en grande partie leur cadre de référence. Des études ont également été réalisées sur d’autres thématiques et avec des groupes différents ; étude sur les illusions visuelles[21] et étude sur la pensée holistique[22] en sont des exemples.

Représentations sociales[modifier | modifier le code]

Les représentations sociales sont des systèmes d’interprétation régissant notre relation au monde et aux autres. Elles organisent les conduites et les communications sociales. Jodelet les décrit comme des « phénomènes cognitifs engageant l’appartenance sociale des individus par l’intériorisation de pratiques et d’expériences, de modèles de conduites et de pensée »[23].

Différenciation du genre[modifier | modifier le code]

Le genre renvoie aux rôles sociaux adoptés habituellement par les femmes et les hommes. Dès la plus tendre enfance, le groupe culturel transmet des valeurs, des comportements et des rôles sociaux bien déterminés. Par exemple, une répartition des tâches quotidiennes est souvent faite entre les hommes et les femmes. L’exemple le plus souvent cité est celui des femmes qui font les repas, tandis que les hommes partent à la chasse. Cependant, certains auteurs[24] ont remarqué que lorsque la société est dite de « chasseurs-cueilleurs », la répartition des tâches est différente, les femmes assumant une part plus importante du travail habituellement donné à l’homme.

Applications diverses[modifier | modifier le code]

La psychologie clinique interculturelle[modifier | modifier le code]

Le terme « clinique » vient d'un mot grec « Kline » signifiant « lit ». L’image la plus souvent associée à cette discipline est l’image du psychologue au chevet du lit du malade. Cependant, le domaine de la psychologie clinique reste un champ vaste et varié, et tend à prendre en compte la réalité propre à l’individu.

La psychologie clinique interculturelle découle de la psychologie clinique au sens habituel du terme et s’est développée notamment grâce à Freud. Dans Totem et Tabou, écrit en 1912 ou 1913. Freud y met en exergue « les liens qui unissent le développement psychique individuel, l’histoire de la culture, la psychologie individuelle et celle du groupe »[25]. Cependant, les écrits de Freud ainsi que d’autres auteurs ne sont pas les premiers à prendre en compte la dimension culturelle dans leurs écrits. Des histoires décrivant les coutumes et les mœurs de peuples de tous horizons ont déjà été relayées dans les écrits des colons. De plus, le rôle des ethnologues a également été important dans le domaine descriptif et a permis de brosser le tableau de la vie de beaucoup de civilisations inconnues jusque-là.

L'ethnopsychiatrie, décrite en 1956 par Georges Devereux, s'apparente à la psychologie clinique interculturelle. « Ethno » signifie dans la langue grecque ancienne le « peuple »[26]. L’ethnopsychiatrie peut ainsi se définir comme une « science autonome qui s’efforce de confronter et de coordonner le concept de « culture » avec le couple conceptuel de « normalité-anormalité » [26]. L’ethnopsychiatrie s’attache à deux objectifs. Le premier est un objectif de compréhension du poids des facteurs culturels dans l’étiologie et la symptomatologie des troubles de la personnalité. Les nombreux troubles somatiques du patient sont donc à mettre en relation avec l’importance que sa culture accorde au corps dans l’expression des émotions.Le second objectif est l'adaptation de la prise en charge psychologique grâce aux « techniques de thérapies adaptées au traitement des troubles de personnalité ethnique »[25].

La particularité de l’ethnopsychiatrie est qu’elle est dérivée de la psychiatrie, qui est une spécialité du domaine médical. La psychologie clinique interculturelle n'est quant à elle pas une discipline issue, stricto sensu, de la médecine.

La critique principale énoncée à l'encontre de ces deux disciplines est la méthode utilisée. En effet, les différents tests psychologiques utilisés comportent un biais ethnocentrique plus ou moins conséquent, et ne permettent pas toujours de rendre compte de la réalité de l’individu. Ils véhiculent en effet les idéologies occidentales sur les concepts d’intelligence et de compréhension du monde. Ces concepts sont fortement influencés par les apprentissages scolaires et par les modèles sociaux-éducatifs[25].

La psychologie organisationnelle[modifier | modifier le code]

De nombreux auteurs soulignent l’apport positif des équipes multiculturelles au sein des entreprises. Ils mettent néanmoins également en évidence les difficultés que cela peut engendrer, au niveau de la communication et des malentendus qui peuvent en découler. Les auteurs interrogent le rôle du management dans la gestion de ces différences, et utilisent la notion de « management interculturel ». Par ailleurs, la globalisation pousse les entreprises à uniformiser leurs modes de gestion humaine et les auteurs montrent que ces modes ne sont pas forcément adaptés aux spécificités des différentes cultures qui composent une équipe ou une entreprise. Les notions abordées dans les différentes approches psychosociologiques permettront de développer de nouvelles perspectives dans ce domaine-ci[27],[28].

La psychopédagogie[modifier | modifier le code]

« Pédagogie » vient du mot grec « παιδαγωγία » (direction ou éducation des enfants) qui signifie « l'art d'éduquer ». Le terme rassemble les méthodes et pratiques d'enseignement et d'éducation ainsi que toutes les qualités requises pour transmettre une connaissance, un savoir ou un savoir-faire. Faire preuve de pédagogie signifie donc parvenir à enseigner un savoir ou une expérience en utilisant des méthodes adaptées à un individu ou un groupe d'individus. Cependant, la question de la multiculturalité dans le milieu scolaire tend à se poser de plus en plus, et ce notamment lors de la formation des enseignants. En effet, ceux qui sont confrontés à des classes hétérogènes ne disposent pas toujours d'outils adaptés pour faire face à la situation. Ce désarroi est d’autant plus grand que, bien souvent, l’enseignant n’a pas été préparé à cette rencontre dans sa formation originale qui tend plus à se fonder sur l’égalité des individus et le refus des particularismes culturels[19]. Le système éducatif scolaire est par ailleurs un système comportant un ensemble de valeurs, de normes et une « culture scolaire » spécifique dépendant du contexte économique, politique, social et géographique. Ces normes ne sont pas toujours explicitées. Par exemple, selon Vasquez-Bronfman et Martinez[19], les enseignants en France et en Espagne se réfèrent souvent à la notion de temps, « à faire vite un exercice ». Il n’est donc pas toujours évident pour un enfant de comprendre le système et les règles implicites en vigueur, s'il n'épouse pas son habitus de référence.

La psychologie interculturelle, qu’elle soit culturelle, interculturelle ou interactionnelle peut donner des indications sur la manière de comprendre les phénomènes observés. Les processus cognitifs de base semblent universels mais se modulent à des contenus différents en fonction de ce qui est valorisé dans la culture. Elle met l’accent par exemple sur[19] :

  • La distinction entre compétence et performance : dans le développement des compétences cognitives, il y a déjà des différences culturelles, mais celles-ci ne portent que sur le rythme (c’est-à-dire l’âge) d’acquisition, alors que, au niveau des performances, un processus cognitif particulier peut sembler être absent. On peut aussi dire que les enfants développent surtout et plus rapidement les aptitudes cognitives qui leur sont utiles.
  • La prudence quant à l’utilisation de tests standardisés dans la sélection et dans l’orientation scolaire.
  • D’autres recherches ont porté sur les représentations des parents, mais il conviendrait maintenant de s’y intéresser chez les enseignants. Ce thème est également en lien avec l’étude des attitudes et valeurs des enseignants et autres professionnels, notamment envers la diversité culturelle.

De manière générale, une gestion de la diversité culturelle à l’école demande une approche qui soit fondée sur une bonne compréhension des problèmes rencontrés.

Médiation interculturelle[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Médiation interculturelle.

Références[modifier | modifier le code]

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  2. a, b et c A. Stevenson, Cultural Issues in Psychology: A student's handbook, New York, Routledge,‎ 2010
  3. T. Ogay, « « Intercultural communication » et psychologie des contacts de cultures, un dialogue interdisciplinaire et interculturel encore à construire », dans Pierre R. Dasen et Christiane Perregeaux, Pourquoi des approches interculturelles en sciences de l'éducation, Bruxelles, De Boeck Supérieur,‎ 2002, p. 85-104
  4. a et b (en) J. Delamater, Handbook of social Psychology, United States of America, Springer Science,‎ 2006.
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  6. a, b, c et d M. Espagne, « Wilhelm Wundt. La psychologie des peuples et l’histoire culturelle », Revue Germanique Internationale, vol. 10,‎ 1998, p. 73-91
  7. a, b et c G. Vermès, « Quelques étapes de la Psychologie des peuples (de la fin du XIXe siècle aux années 1950). Esquisse pour une histoire de la psychologie interculturelle », L’Homme et la société, vol. 1-2-3,‎ 2008, p. 149–161
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  23. D. Jodelet, Folies et représentations sociales, Paris, Presse Universitaire de France,‎ 1989.
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  25. a, b et c F. Couchard, La psychologie clinique interculturelle, Paris, Dunod,‎ 1999.
  26. a et b R. Fourasté, Introduction à l'ethnopsychiatrie, Toulouse, Privat,‎ 1985.
  27. Y. Pesqueux, L'entreprise multiculturelle, Paris, L'Harmattan,‎ 2004.
  28. F. Trompenaars et C. Hampden-Turner, L'entreprise multiculturelle, Paris, Maxima,‎ 2010.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • G. Le Bon, Psychologie des peuples, Paris, Felix Alcan,‎ 1985, 11-12 p.
  • Y. Pesqueux, L'entreprise multiculturelle, Paris, L'Harmattan,‎ 2004
  • F. Trompenaars et C. Hampden-Turner, L'entreprise multiculturelle, Paris, Maxima,‎ 2010
  • (en) F.J.R. Van de Vijver, A. Chasiotis et S.M. Breugelmans, Fundamental questions in cross-cultural psychology, New York, Cambridge University Press,‎ 2011
  • (en) J.W. Berry, Y.H. Poortinga, S.M. Breugelmans, A. Chasiotis et D.L. Sam, Cross-Cultural Psychology : Research and Applications, Cambridge, Cambridge University Press,‎ 2011
  • J. Retschitzky, M. Bossel-Lagos et P. Dasen, La recherche interculurelle, Paris, L'Harmattan,‎ 1989
  • L. Licata et A. Heine, Introduction à la psychologie interculturelle, Bruxelles, De Boeck,‎ 2012
  • G. Hofstede, Vivre dans un monde multiculturel : Comprendre nos programmations mentales, Paris, Editions d'organisation,‎ 1991
  • J. Guichard et M. Huteau, Psychologie de l'orientation, Paris, Dunod,‎ 2006
  • D. Jodelet, Folies et représentations sociales, Paris, Presse Universitaire de France,‎ 1989
  • F. Couchard, La psychologie clinique interculturelle, Paris, Dunod,‎ 1999
  • R. Fourasté, Introduction à l'ethnopsychiatrie, Toulouse, Privat,‎ 1985
  • (en) J. Delamater, Handbook of social Psychology, United States of America, Springer Science,‎ 2006
  • (en) M.H. Segall, D.T. Campbell et M.J. Herskovits, The influence of culture on visual perception, Idianapolis, Bobbs-Merrill,‎ 1966
  • A. Stevenson, Cultural Issues in Psychology: A student's handbook, New York, Routledge,‎ 2010
  • M.H. Segall, Human behavior in global perspective : an introduction to crosscultural psychology, Boston, Allyn and Bacon,‎ 1999
  • H. Martin, « Perspective sur la psychologie interculturelle comparative », dans Pierre R. Dasen et Christiane Perregeaux, Pourquoi des approches interculturelles en sciences de l'éducation, Brucelles, De Boeck Supérieur,‎ 2002, p. 85-104
  • T. Ogay, « Intercultural communication et psychologie des contacts de cultures, un dialogue interdisciplinaire et interculturel encore à construire », dans Pierre R. Dasen et Christiane Perregeaux, Pourquoi des approches interculturelles en sciences de l'éducation, Bruxelles, De Boeck Supérieur,‎ 2002, p. 85-104

Articles[modifier | modifier le code]

  • T. Ogay, Y. Leanza, P.R. Dasen et N. Changkakoti, « Pluralité culturelle à l'école; les apports de la psychologie interculturelle », VEI Enjeux, vol. 129,‎ 2002, p. 36-64
  • (en) R. Naroll, « On Ethnic Unit Classification », Current Anthropology, vol. 5, no 4,‎ octobre 1964, p. 283-312
  • (en) A. Schlegel et H. Barry, « The Cultural consequences of female contribution to subsistence », American Anthropologist, vol. 88, no 1,‎ mars 1986, p. 142-150
  • G. Vermès, « Quelques étapes de la Psychologie des peuples (de la fin du XIXe siècle aux années 1950). Esquisse pour une histoire de la psychologie interculturelle », L’Homme et la société, vol. 1-2-3,‎ 2008, p. 149–161
  • A. Amin, « Stratégies identitaires et stratégies d’acculturation : deux modèles complémentaires », Alterstice, vol. 2, no 2,‎ 2012, p. 103-116
  • (en) P. Ekman, « Universal facial expressions in emotion », Studia PSychologica, vol. 15,‎ 1973, p. 140-147
  • (en) R.E. Nisbett et T. Masuda, « Culture and point of view », Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, vol. 100,‎ 2003, p. 11163-11175
  • (en) L.J. Ji, K. Peng et R.E. Nisbett, « Culture, control, and perception of relationships in the environment », Journal of personality and social psychology, vol. 78,‎ 2000, p. 943
  • T. Ogay, « Valeurs des sociétés et des individus, un état des lieux des modèles en psychologie interculturelle », Valeur des sociétés et des individus, vol. 61,‎ 2004, p. 7-20
  • M. Espagne, « Wilhelm Wundt: La psychologie des peuples et l’histoire culturelle », Revue Germanique Internationale, vol. 10,‎ 1998, p. 73-91

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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