Phéncyclidine

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Phéncyclidine
Structure de la phencyclidine
Structure de la phencyclidine
Identification
Nom IUPAC N-(1-phénylcyclohexyl)-pipéridine
No CAS 77-10-1
SMILES
InChI
Apparence poudre cristalline blanche
Propriétés chimiques
Formule brute C17H25N  [Isomères]
Masse molaire[1] 243,3871 ± 0,0156 g/mol
C 83,89 %, H 10,35 %, N 5,75 %,
Caractère psychotrope
Catégorie Hallucinogène dissociatif
Mode de consommation
  • Inhalation :
    fumée ou prisée
  • Ingestion
  • Injection
Autres dénominations
  • PCP
  • Angel dust, Poudre d'ange
  • Supergrass
  • DOA
  • Carton
Risque de dépendance Élevé
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

La phéncyclidine ou PCP est un psychotrope hallucinogène. D'abord développée en tant qu'anesthésique, elle a été retirée du marché à cause de ses effets secondaires (hallucinations, agitation).

Historique[modifier | modifier le code]

Bien que synthétisée aux États-Unis en 1926[2], elle ne sera étudiée qu'en 1956 puis commercialisée dans les années 1960 sous le nom « Sernylan » (comme anesthésiant général à usage vétérinaire[3]) et sous le nom « Sernyl » (comme analgésique)[2].

Son usage est rapidement arrêté du fait des effets secondaires qu'elle engendre (troubles du comportement), mais dès les années 1970 elle fait l'objet d'un usage détourné et en 1978, sa fabrication commerciale est interdite[3].

La PCP est répertoriée par la convention sur les substances psychotropes de 1971.

Chimie[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (août 2012). Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.

Elle fait partie de la famille des arylcyclohexylamines.

Dans sa forme chlorhydrate, elle se présente sous forme d'une poudre cristalline soluble dans l'eau et l'alcool.

Pharmacologie[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (août 2012). Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.

C'est un anesthésiant dissociatif.

Mode d'action[modifier | modifier le code]

La PCP est un antagoniste non compétitif des récepteurs au glutamate de type N-méthyl-D-Aspartate (NMDA). Elle agit en se fixant sur un site situé à l'intérieur du canal qui n'est accessible que quand le canal est ouvert.

Le mécanisme d'action de la PCP en fait un outil pharmacologique très utilisé en recherche, en particulier sur la schizophrénie[4],[5].

Usage médical[modifier | modifier le code]

Elle fut utilisée comme tranquillisant ou anesthésiant en médecine vétérinaire[6].

Usage détourné et récréatif[modifier | modifier le code]

La PCP est généralement consommée sous forme de « mess » c'est-à-dire « coupée » (mélangée à du lactose) pour pouvoir être prisée mais elle peut aussi être ingérée à l'état pur, dissoute dans différents breuvages (café, lait (Moloko), alcool), fumée, ou injectée[3]. Elle se fume parfois mélangée avec du cannabis d'où son appellation de supergrass[6].

Sa consommation en Europe revient à la mode, notamment dans les pays d'Europe de l'Est et dans les rave parties.[réf. nécessaire]

Effets et conséquences[modifier | modifier le code]

À faibles doses, elle induit une sorte d'ivresse accompagnée de relaxation, d'un sentiment de détachement du réel, d'incoordination motrice, des difficultés de concentration et de communication[3],[6]. Les effets psychotropes comprennent des distorsions spatio-temporelle, des vécus de dépersonnalisation[6]. À fortes doses, elle peut provoquer la paranoïa, l'angoisse ou l'agressivité voire une expérience de mort imminente, une catalepsie, des bouffées délirantes aigües ou un coma[3],[6], de l'hyperacousie[7].

Les effets physiques sont l'hypertension artérielle, des troubles du rythme cardiaque et de la fréquence respiratoire, des nausées et des vomissements[6].

L'usage à long terme entraîne une accoutumance et une dépendance. Des problèmes persistants d'élocution, une dépression ou une anxiété peuvent apparaître[3].

La PCP est un produit psychotrope. Les effets recherchés peuvent se transformer en bad trip[3].

Il existe un effet retour ou flash back qui replace brièvement l'usager dans l'état engendré par la consommation sans que celui-ci ait consommé récemment ; ces épisodes peuvent intervenir plusieurs mois après la dernière prise[6].

En surdose, la PCP entraîne des convulsions, voire un coma[3].

PCP et société[modifier | modifier le code]

La littérature rapporte une incidence élevée entre manifestations violentes et consommation de PCP. C'est l'un des psychotropes les plus attachés à l'idée de violence dans l'imagerie populaire[6].

Molécule voisine[modifier | modifier le code]

La molécule de phéncyclidine est proche de la kétamine, notamment dans ses effets selon les usagers, et dans les risques liés à son usage non thérapeutique[6].

Elle est souvent confondue par les usagers avec la méthamphétamine ou le LSD[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. a et b Denis Richard, Jean-Louis Senon, Marc Valleur, Dictionnaire des drogues et des dépendances, Larousse,‎ 2004 (ISBN 2-03-505431-1)
  3. a, b, c, d, e, f, g et h Yasmina Salmandjee, Les drogues, Tout savoir sur leurs effets, leurs risques et la législation, Eyrolles, coll. « Eyrolles Pratique »,‎ 2003 (ISBN 2-7081-3532-5)
  4. (en) Gerber DJ, Tonegawa S, « Psychotomimetic effects of drugs--a common pathway to schizophrenia? », N Engl J Med, vol. 350, no 10,‎ 2004, p. 1047-8. (PMID 14999118) modifier
  5. (en) Tsai GE, Lin PY, « Strategies to enhance N-methyl-D-aspartate receptor-mediated neurotransmission in schizophrenia, a critical review and meta-analysis », Curr Pharm Des, vol. 16, no 5,‎ 2010, p. 522-37. (PMID 19909229) modifier
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Michel Hautefeuille, Dan Véléa, Les drogues de synthèse, Presses Universitaires de France, coll. « Que sais-je ? »,‎ 2002 (ISBN 2-13-052059-6)
  7. http://www.centres-pharmacodependance.net/grenoble/orithye/EDiagnos/IPhencyc.htm