Trouble mental

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Trouble mental
Classification et ressources externes
Gautier - Salpetriere.JPG
Huit femmes présentant des troubles durant le XIXe siècle (Armand Gautier).
CIM-10 F
MeSH D001523
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Un trouble mental (ou maladie mentale) est un trouble psychologique ou comportemental, généralement associé à une détresse subjective ou un handicap, mais qui peut dans certains cas (personnalité antisociale, déni psychotique, etc) n'entraîner de détresse que dans l'entourage de l'individu atteint d'un trouble mental spécifique. Si les caractérisations du trouble mental varient selon les normes culturelles, le malaise subjectif et les difficultés à fonctionner sont présents dans la plupart des cas[1]. La schizophrénie, la dépression, le retard mental et les troubles liés à la consommation de drogues sont des exemples de troubles mentaux[2].

La compréhension de la santé mentale diffère selon les époques et les cultures, de même que sa définition, ses classifications et ses critères. Il est estimé qu'environ un tiers des personnes dans chaque pays répond à au moins un critère de la maladie mentale à un moment de leur vie. Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les troubles neurologiques et/ou comportementaux représentent 12,3 % de la charge de morbidité totale dans le monde. 50 % de la population mondiale est amenée à souffrir d'un trouble mental au cours de son existence, sous forme de troubles anxieux ou dépressifs, d’addiction à des drogues ou à l’alcool[3]. Selon l'organisation, les troubles mentaux sont un ensemble vaste et varié de « problèmes de santé mentale » — qui surviennent lorsqu'un individu ne peut « se réaliser, surmonter les tensions normales de la vie, accomplir un travail productif et contribuer à la vie de sa communauté »[4] — et qui sont généralement caractérisés par une certaine combinaison de pensées, d'émotions, de comportements et de relations avec les autres considérés comme anormaux selon les croyances et les normes de la culture d'appartenance[2].

Les services sont en général basés dans les hôpitaux psychiatriques ou dans les cliniques spécialisées. Les diagnostics sont faits par des psychiatres ou psychologues cliniciens utilisant de nombreuses méthodes, souvent fondées sur des questionnaires ou observations chez des patients. Les traitements sont pris en charge par des professionnels de la santé mentale. La psychothérapie et les médicaments psychotropes sont deux des traitements principaux. Dans certains cas, il peut y avoir une hospitalisation assignée lorsque la législation le permet.

La stigmatisation sociale et la discrimination s'ajoutent à la souffrance associée aux troubles, ce qui a conduit à la création de mouvements sociaux et de campagnes de lutte aux préjugés.

Classifications[modifier | modifier le code]

La définition et classification des troubles mentaux est un moyen clé pour la santé mentale, des utilisateurs et médecins de la santé publique. La majorité des documents cliniques internationaux utilisent les termes "trouble mental" ou "maladie mentale". Il existe actuellement deux systèmes de classification des troubles mentaux — La Classification Internationale des Maladies (CIM-10), publiée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV) publié par l'Association Américaine de Psychiatrie (AAP).

Ces deux listes de catégories classifient chaque critère diagnostic. Ces deux listes sont délibérément classées à l'aide de codes. D'autres classifications sont utilisées dans les cultures asiatiques (par exemple, la Classification chinoise des troubles mentaux), et autres manuels notables de la psychiatrie peuvent être utilisés. En général, les troubles mentaux sont séparément classifiés des troubles neurologiques, trouble d'apprentissage et du retard mental.

Pour le psychiatre Henri Ey, la notion de « maladie mentale » s'est constituée en se dégageant de celle de « troubles de l'esprit » impliquant une valence plus ou moins surnaturelle. Il ajoute que la médecine s'est, de son côté, dégagée de la notion de maladie des organes et des fonctions avant de considérer la maladie mentale comme une espèce assez spéciale de maladie pour altérer l'homme dans son psychisme, c'est-à-dire dans son « humanité » ou s'il est considéré dans sa coexistence avec autrui et la construction de son monde[5].

Troubles[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des troubles mentaux.

Il existe une controverse portant sur l'idée même de trouble. En France, de nombreux chercheurs, souvent inspirés par les travaux de Michel Foucault ou s'appuyant sur la psychanalyse, montrent en effet que penser la souffrance psychique en termes de trouble (plutôt qu'en termes de symptome ou de signe) revient à penser cette souffrance comme dysfonctionnement à normaliser, voire comme machine à réparer[6],[7],[8],[9]. Ils invoquent ainsi l'idée que selon la conception que le professionnel se fait de la souffrance psychique, la prise en charge n'est pas la même.

Il existe plusieurs catégories élargies de troubles mentaux et de différents aspects du comportement et de la personnalité pouvant être affectés[10],[11],[12].

L'anxiété ou la peur qui interfèrent dans les fonctions habituelles peuvent être classifiées comme étant un trouble anxieux[13]. Les catégories communément reconnues incluent phobies, anxiété généralisée, phobie sociale, peur panique, agoraphobie, trouble obsessionnel compulsif (TOC) et trouble de stress post-traumatique.

Souvent, les moyens affectifs (émotion/humeur) peuvent être affectés. Le trouble de l'humeur inclut notamment la tristesse, la mélancolie ou le désespoir persistant et inhabituel comme symptôme de dépression majeure ou de dépression clinique (une dépression prolongée mais moins intense est appelée dysthymie). Le trouble bipolaire (dépression maniaque) implique un état d'âme particulièrement et "hautement" anormal, connu sous le terme de manie ou hypomanie, alternant avec un ou plusieurs états dépressifs. Les phénomènes unipolaires et bipolaires représentent des catégories distinctes de troubles, ou se mélangent du moins en plusieurs étapes du spectre de l'humeur[14].

Le langage et autres perceptions physiques ou morales peuvent être affectés (ex. délires, troubles de la pensée, hallucinations). Les troubles psychotiques dans ce domaine incluent schizophrénie et trouble délirant. La schizophrénie dysthymique est une catégorie utilisée pour classer les individus montrant des aspects à la fois dysthymiques et schizophrènes. La schizotypie est une catégorie utilisée pour classer les individus montrant certaines des caractéristiques associées à la schizophrénie sans pour autant en toutes les présenter.

Des troubles mentaux apparaissant comme d'origine corporelle sont connus en tant que troubles somatoformes, incluant la somatisation et le trouble dissociatif. Il existe des troubles de la perception du corps, incluant la dysmorphophobie. La neurasthénie est un ancien diagnostic incluant des plaintes somatiques, une fatigue et une baisse de moral/dépression, officiellement reconnu dans la CIM-10, mais en revanche retiré du DSM-IV[15].

D'autres troubles mentaux affectant les habitudes personnelles ou vitales peuvent être perçus. Les troubles des conduites alimentaires impliquant une diminution ou accroissement importants dans les habitudes alimentaires et du poids[13]. Les catégories de ce trouble incluent anorexie mentale, boulimie ou hyperphagie[16]. Les troubles du sommeil tels que l'insomnie impliquent un changement dans le sommeil, ou une sensation de grosse fatigue malgré un sommeil normal[16],[17].

Les troubles de l'identité sexuelle peuvent également être diagnostiqués, incluant dyspareunie et orientation sexuelle égodystonique. De nombreux cas de paraphilies sont considérés comme correspondant à un trouble mental (attirance sexuelle envers un ou plusieurs objets, situations, ou individus considérés anormaux ou inoffensifs envers d'autres individus)[réf. souhaitée].

Les individus anormalement incapables de résister à certaines pulsions ou certains mouvements perturbants envers eux-mêmes et/ou envers d'autres individus, peuvent être classés comme atteints d'un trouble du contrôle, incluant certains types de tics comme la maladie de Gilles de La Tourette, l'épilepsie et des troubles tels que la kleptomanie ou pyromanie. D'autres addictions comportementales, comme celle du jeu de hasard et achats compulsifs, peuvent aussi être classifiées comme étant troubles mentaux. Le trouble obsessionnel compulsif peut parfois impliquer une incapacité à résister à certains actes, mais il est classé séparément en tant que trouble primaire.

L'utilisation de médicaments et substances (légaux ou non), lorsque persistante, peut être classée en tant qu'addiction, et donc comme trouble mental lié à une dépendance et à un abus substantiel. Des pathomimies, telles que le syndrome de Münchhausen, peuvent également être diagnostiquées.

Les individus souffrant de grandes perturbations vis-à-vis de leur propre identité, mémoire et conscience générale, ainsi que vis-à-vis de l'identité des autres individus, sont atteints d'un trouble de la dépersonnalisation (par ex. trouble dissociatif de l'identité). L'amnésie ou la démence représentent aussi des troubles cognitifs, qui peuvent être lié à la vieillesse.

Parmi les troubles du développement survenant initialement durant l'enfance, il y a notamment les troubles du spectre autistique, le trouble oppositionnel avec provocation, le trouble des conduites et le trouble du déficit de l'attention, qui peuvent s'atténuer ou persévérer à l'âge adulte. Des troubles de la conduite comportementale, si survenus durant l'âge adulte, peuvent être diagnostiqués en tant que troubles de la personnalité antisociale. La psychopathie (ou sociopathie) n’apparaît pas dans le DSM ou la CIM mais elle est cependant liée à ces diagnostics.

De nombreux nouveaux types de diagnostics concernant les troubles mentaux sont souvent proposés. Parmi eux, certains font l'objet de controverses entre les comités officiels des manuels diagnostiques, tel que le trouble de la personnalité masochiste, le trouble de la personnalité sadique, le trouble de la personnalité passif-agressif ou le trouble dysphorique prémenstruel.

Causes[modifier | modifier le code]

Les troubles mentaux peuvent être causés par de multiples facteurs et sources, avec une prévalence des déficits de l'enfance. Au demeurant les facteurs peuvent être génétiques, physiques, psychologiques ou environnementaux; des vulnérabilités génétiques peuvent être liées à des évènements environnementaux stressants[18].

Des études indiquent que les gènes joueraient souvent un rôle important dans le développement des troubles mentaux[18]. Les évènements environnementaux durant la grossesse et la naissance sont également impliqués. Un traumatisme crânien peut accroitre le risque de développer certains types de troubles mentaux. Il existe quelques liens fondés entre les troubles mentaux aux infections virales[19], aux substances médicamenteuses et à la santé physique générale. Des évènements environnementaux tels que la grossesse et la naissance sont également inclus.

La fonction anormale des neurotransmetteurs est impliquée, incluant les sérotonines, les norépinéphrines et les dopamines. Dans certains cas, des différences sont également perçues dans la taille et l'activité de certaines régions cérébrales. Les mécanismes psychologiques comme la cognition, les réponses émotionnelles, la personnalité et le tempérament sont également inclus.

Les influences sociales sont un facteur important et peuvent impliquer abus, agression et autres expériences stressantes de la vie. Les risques spécifiques de développer un trouble restent moindres, cependant. D'autres aspects sociaux tels que le chômage, les inégalités socioéconomiques[20], un manque de cohésion social peuvent favoriser les troubles mentaux.

Traitements[modifier | modifier le code]

Les traitements et supports médicamenteux des troubles mentaux sont gérés par les hôpitaux psychiatriques, cliniques ou autres branches spécialisées dans la santé mentale. Les services médicaux de certains pays sont principalement fondés sur un modèle médical créé pour aider à l'indépendance, au choix et au bien-être personnel d'autrui dans le but de regagner un mode de vie autonome, bien que dans une minorité de cas, certains individus soient traités de force. Il existe plusieurs types de traitements et ceux-ci varient grandement selon les troubles.

Psychothérapie[modifier | modifier le code]

La psychothérapie peut aider à surmonter ou guérir un trouble mental. Il en existe de nombreux types. La psychothérapie cognitivo-comportementale vise à modifier les pensées et les comportements associés à un trouble spécifique. La psychanalyse, elle, amène un changement de la personne, et pourrait remédier au trouble ayant conduit à une consultation. La thérapie de groupe ou thérapie familiale est parfois utilisée.

Médicaments[modifier | modifier le code]

Les médicaments psychotropes pour traiter un trouble mental sont décomposés en plusieurs types. Les antidépresseurs sont utilisés comme traitement pour la dépression clinique, l'anxiété et autres types de troubles mentaux. Les anxiolytiques sont utilisés pour les troubles anxieux et autres problèmes liés tels que l'insomnie. Les neuroleptiques sont principalement utilisés pour traiter les troubles psychotiques, notamment la schizophrénie. Les stimulants sont communément utilisés, notamment pour le trouble du déficit de l'attention.

Des effets secondaires ou indésirables plus ou moins importants peuvent apparaître, particulièrement lorsqu'il y a un usage excessif de ces médicaments.

Autres[modifier | modifier le code]

La sismothérapie est parfois utilisée lorsque des cas d'interventions pour la dépression ont échoué. La psychochirurgie est considérée expérimentale mais est assistée par certains neurologues dans de rares cas[21],[22].

L'aide de conseillers professionnels peut également intervenir. Des programmes de psychoéducation peuvent aider les individus à comprendre et à résoudre leurs problèmes. Des thérapies créatives sont également impliquées dans ce programme incluant la musicothérapie, l'art-thérapie ou la dramathérapie. Il existe également d'autres aides concernant le mode de vie des patients.

Pronostic[modifier | modifier le code]

Le pronostic dépend du trouble, de l'individu et du nombre de facteurs liés au trouble. Certains troubles sont transitoires, alors que d'autres peuvent durer jusqu'au décès. Certains troubles peuvent se limiter à quelques effets temporaires, alors que d'autres peuvent impliquer un handicap substantiel et une aide assistée. Le niveau de capacité ou d'incapacité peut varier dans de différents domaines de la vie. Un handicap permanent est lié à une institutionnalisation, discrimination, exclusion sociale et autres troubles liés.

Le pronostic des troubles, souvent considérés comme sérieux et complexes au plus haut point, varie également. De longues études internationales basées sur la schizophrénie ont démontrées que la moitié des individus guérissent en termes de symptômes et qu'environ un tiers d'entre eux, en termes de symptômes et de fonction physique/moteur, sans aucun traitement médicamenteux. Cependant, beaucoup d'individus ont de sérieuses difficultés à se rétablir durant de nombreuses années, bien qu'un rétablissement "tardif" ne soit pas impossible[23].

La moitié des individus diagnostiqués de trouble bipolaire guérissent (ne rencontrent plus les critères diagnostics) en six semaines, et pratiquement tous guérissent en deux ans, dont environ la moitié d'entre eux regagnent un statut social et une habitation durant cette période. Cependant, la moitié d'entre eux font, par la suite, l'expérience d'un nouvel épisode de manie ou de dépression majeure durant les deux années qui se succèdent[24]. La fonction physique et moteur varie, habituellement faible durant des épisodes de dépression majeure ou de manie mais autrement moyenne, bonne voire supérieure durant des épisodes d'hypomanie causés par un trouble bipolaire II[25].

Le suicide, souvent attribué à certains troubles mentaux, est une cause mortelle commune parmi les adolescents et adultes âgés de moins de 35 ans[26],[27]. 10 à 20 millions de tentatives suicidaires liées aux troubles mentaux seraient reportées chaque année[28].

Malgré la négativité générale attribuée aux troubles mentaux, certains de ces troubles peuvent impliquer une créativité extraordinaire, une non-conformité, des efforts pour atteindre un but fixé, un soin excessif ou une empathie[29]. En addition, la perception publique sur les handicaps causés par les troubles mentaux peut changer[30].

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Selon la vision de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le trouble mental serait la cause la plus importante d'invalidité de par le monde. À noter que parler de "la" maladie mentale relève d'une simplification épidémiologique car, en pratique, il n'est que peu concevable de regrouper toutes les diversités que ce terme recouvre sous une seule appellation. Suivant l'idée de l'organisation, elle serait donc responsable de plus du tiers des pertes d'années de vie active[31]. La mortalité annuelle par suicide atteindrait annuellement près de 60 000 individus en Europe, soit plus que la mortalité par accident de la route[32].

Une étude européenne rapporte qu'approximativement un individu sur quatre rencontre un critère de trouble mental à un moment de sa vie sur, au moins, un des troubles assignés dans le DSM-IV, incluant les troubles de l'humeur (13,9 %), troubles anxieux (13,6 %) ou troubles liés à l'alcool (5,2 %). Approximativement un individu sur dix rencontre un critère durant une période de 12 mois. Les femmes et les jeunes individus sont majoritairement liés aux troubles mentaux[33]. Un article de 2005 sur 16 pays européens rapporte que 27 % des adultes en Europe sont affectés par au moins un trouble mental durant une période de 12 mois[34]. En France, 3 % des décès font suite aux maladies mentales et 15 % de la population souffre de troubles mentaux. Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les adolescents et la première chez les individus âgés entre 25 et 35 ans. La prise en charge, qu'elle soit spécialisée ou non, reste non optimale, même si elle semble meilleure dans les pays à hauts revenus[31].

Bien que les statistiques des troubles mentaux soient les mêmes chez les hommes et les femmes, les femmes sont deux fois plus exposées à la dépression que les hommes[35]. Chaque année, 73 millions de femmes sont atteintes de dépression clinique majeure et le suicide est classé au 7e rang des causes de mortalité chez les femmes âgées entre 20 et 59 ans. Les troubles dépressifs comptent près de 41,9 % des troubles neuropsychiatriques chez les femmes contre 29,3 % chez les hommes[36].

Histoire[modifier | modifier le code]

Illustration ancienne des méthodes psychiatriques.
Article détaillé : Histoire des troubles mentaux.

Les troubles mentaux remontent depuis l'ère préhistorique, époque dans laquelle les civilisations primitives utilisaient la trépanation en guise de remède pour les maux et autres types de troubles mentaux[37]. Par la suite, les anciennes civilisations ont recensé et traité un bon nombre de troubles mentaux. Les Grecs créditent les termes de mélancolie, hystérie et phobie et développent la théorie des humeurs. Les théories et traitements ont été développés durant l'Empire ottoman, notamment dans le monde islamique du VIIIe siècle, période durant laquelle des hôpitaux psychiatriques ont été construits[38].

Les conceptions de la folie durant le Moyen Âge et dans l'Europe chrétienne étaient un mélange de considérations diaboliques, magiques, divines et humoristiques. Durant des siècles, les individus atteints de troubles mentaux étaient victimes des chasseurs de sorcières durant la période de la peste noire. La plupart des termes actuels pour les troubles mentaux ont d'abord été utilisés durant les XVIe et XVIIe siècles.

Au XIXe siècle, l'industrialisation et la croissance démographique conduit à un développement massif du nombre et de la taille des asiles d'aliénés en Europe de l'Ouest. De nombreux systèmes de classification et des termes de diagnostic sont alors créés par les autorités compétentes (le terme psychiatrie est inventé en 1808 par Johann Christian Reil). Les médecins spécialisés dans la prise en charge des patients atteints de troubles mentaux sont connus sous le nom d'aliénistes.

Durant le XXe siècle, aux États-Unis, des préventions concernant les troubles mentaux sont organisées. La psychologie clinique et sociale devient un travail. La Première Guerre mondiale a massivement influencé les conditions du terme nommé "choc de l'obus". La Seconde Guerre mondiale a vue naître un nouveau manuel catégorisant les différents troubles mentaux aux États-Unis, exposant des statistiques et autres références apportées à l'aide d'hôpitaux, dont les classifications ont conduit à la création du premier Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM). La Classification internationale des maladies (CIM) liste une section des troubles mentaux. À travers les années 1990, les antidépresseurs deviennent les médicaments les plus utilisés et répandus[39].

Société et culture[modifier | modifier le code]

Les différentes sociétés ou cultures, et même les différents individus d'une même culture, peuvent être en désaccord avec ce qui constitue une fonction optimale, pathologique, biologique ou psychologique. Des recherches démontrent que les cultures varient selon les importances relatives, par exemple, joie, autonomie ou relations sociales par plaisir. Des individus de toutes cultures peuvent posséder un comportement étrange voire incompréhensible. Mais la sensation, bien qu'elle soit bizarre ou incompréhensible, est ambigüe et subjective[40]. Ces différences de la détermination peuvent fortement devenir litigieuses.

Dans la littérature scientifique et académique sur la définition de la classification des troubles mentaux, un domaine explique que les valeurs sont basées sur le jugement social (la norme) alors que l'autre domaine explique que c'est totalement objectif et scientifique[41].

Professions[modifier | modifier le code]

Un bon nombre de professions se sont spécialisées dans le traitement des malades mentaux, dont la spécialité médicale de la psychiatrie (incluant infirmerie)[42], un sous-ensemble de psychologie connu sous le terme de psychologie clinique[43], les services sociaux[44], et autres spécialistes de la santé mentale, psychothérapeutes, conseillers et professionnels de la santé publique. Les individus ayant fait l'expérience de ces types de service sont pris en main et examinés d'une manière généralement professionnelle[45],[46],[47],[48]. Les différentes perspectives cliniques et scientifiques fondées sur divers champs de recherches et de théories ainsi que différentes disciplines, peuvent différer des modèles, buts et explications[29].

Relations et morale[modifier | modifier le code]

Les conceptions cliniques des maladies mentales interviennent souvent dans les valeurs personnelles et culturelles morales, tellement qu'il est souvent dit que séparer ces deux valeurs est impossible sans redéfinir fondamentalement la base essentielle d'un individu dans la société[49]. Dans la psychiatrie clinique, la détresse et incapacité persistantes indiquent un trouble interne qui requiert un traitement ; mais dans un autre contexte, cette même détresse et incapacité peuvent être perçues comme étant un indicateur de troubles émotionnels, d'un besoin d'adresse sociale et de problèmes structurels[50],[51]. Cette dichotomie a conduit les cliniciens et académiciens à se fonder sur une conceptualisation postmoderne des détresses mentales et du bien-être[52],[53]. De telles approches, parmi les psychologies transculturelles et "hérétiques", sont principalement basées sur la morale ethnique et culturelle[54]. Certains pays tentent de lutter contre les préjudices fait aux minorités dans les services psyhiatriques[55].

Au début des années 2010, la possibilité de lié Internet à certains dérangements mentaux a été soulevée. En effet l'Association américaine de psychiatrie a observée certains symptômes qui permettraient de conclure aux effets de l'utilisation d'Internet sur la santé mentale des utilisateurs[56]. Ne pas pouvoir s'empêcher de contrôler un compte Facebook, avoir un besoin incontrôlable d'utiliser Internet ou de consulter des sites pornographiques seraient des exemples de ces symptômes[56].

Lois et droits pénaux[modifier | modifier le code]

Trois-quarts des pays dans le monde possèdent des législations sur la santé mentale. L'admission obligatoire pour troubles mentaux (aussi connue sous le terme de rétention de sûreté), est un sujet de controverse. Plusieurs lois et textes ont été rédigés pour des cas de troubles mentaux notamment pour des troubles de la personnalité[57].

Perception et discrimination[modifier | modifier le code]

Stigmatisation[modifier | modifier le code]

La stigmatisation sociale[58] associée aux troubles mentaux est un problème grandement répandu et elle est une source de souffrance pour de nombreux malades mentaux[59] pour le malade qui se sent inférieur et diminue son estime de soi[60] voire instaure une haine de soi qui aggrave les troubles de l'identité[61]. Certains individus ou sociétés croient que d'autres, atteints d'un trouble mental plus ou moins sévère, ne peuvent guérir, ou sont considérés comme un problème[62]. La discrimination à l'embauche joue un rôle significatif dans les statistiques du chômage parmi les individus atteints de troubles mentaux[63],[64]. Ces attitudes ont dans certaines cultures ou civilisation conduit à enfermer les malades mentaux, ajoutant encore à la détresse de certains d'entre eux [65],[66], en étant parfois source de secrets de familles perturbants pour les générations suivantes[67]..

Les efforts pour éliminer la stigmatisation envers les troubles mentaux restent minces[68], bien que ces méthodes aient été hautement critiquées[69]. L'Association canadienne pour la santé mentale estime que près de la moitié des individus atteints d'un trouble mental ne cherchent pas l'aide dont ils ont besoin. La stigmatisation est si oppressante que certains ne trouvent pas le courage de divulguer leur état psychologique à leur entourage[70]. Les jeunes individus, âgés d'une vingtaine d'années, seraient apparemment les plus touchés concernant les troubles mentaux et le stress psychologique durant le travail[70].

Média et public[modifier | modifier le code]

La perception publique des troubles et maladies mentaux restent, d'une manière prédominante, négative et inclut plusieurs représentations telles que, par exemple, d'incompétence, de violence ou de criminalité[71],[72]. De telles représentations négatives, également incluses dans les dessins animés, contribuent à la stigmatisation et aux attitudes négatives du public envers les individus atteints de troubles mentaux[73]. Il existe une journée mondiale consacrée à la santé mentale dans le but est de sensibiliser l'opinion publique aux problèmes[74].

Le public, en général, a tenu une distance sociale et une forte opinion stéréotypée contre les individus atteints de troubles mentaux[75].

Violence[modifier | modifier le code]

Malgré l'opinion publique et médiatique, des études nationales ont indiqué que les sévères cas de maladies mentales ne prédisent indépendamment pas des comportements violents et ne sont pas une cause de violence dans la société[76].

Cependant, il existe quelques diagnostics spécifiques, tels que le trouble des conduites infantile, la psychopathie ou personnalité antisociale adulte, qui sont définis par un trouble ou une violence caractériels. Il existe des difficultés à localiser des symptômes spécifiques, notamment dans certains cas de psychoses (hallucinations ou illusion) qui peuvent survenir lors de troubles comme la schizophrénie, les troubles délirants ou émotionnels, sont liés à un très haut risque de violence sévère sur autrui. Les facteurs d'actes violents, cependant, seraient plus spécifiquement fondés sur des facteurs socio-démographiques et socio-économiques comme la jeunesse, le sexe masculin, un statut socio-économique et, en particulier, sur l'abus substantiel (incluant alcoolisme) durant lesquels les individus sont les plus vulnérables[77],[78],[79].

Chez les animaux[modifier | modifier le code]

Une psychopathologie chez certains primates a été reportée durant le XXe siècle. Environ une vingtaine d'habitudes comportementales chez les chimpanzés en captivité ont été documentées comme étant (statistiquement) anormales concernant leur fréquence, sévérité ou étrangeté — dont certains ont été observés dans leur milieu naturel. Les grands singes non-humains en captivité montrent des comportements et mouvements anormaux, une automutilation, des réactions émotionnelles perturbantes (principalement peur ou agression) envers des camarades, un manque de communication typique et une impuissance apprise généralisée. Dans certains cas, de tels comportements sont hypothétisés comme équivalant les troubles mentaux chez les humains, notamment la dépression, les troubles anxieux, les troubles des habitudes alimentaires et un trouble au stress post-traumatique. Le concept des troubles de la personnalité antisociale, schizoïde et borderline est également perçu chez les grands singes non-humains[80].

Notes et références[modifier | modifier le code]

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Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Droits des malades Français
  • Loi du 27 juin 1990 du code de la santé public de France (cette loi est relative aux droits et à la protection des personnes hospitalisées en raison de leur troubles mentaux et à leur condition d'hospitalisation).
  • Charte du patient hospitalisé.
  • Curatelle ou tutelle.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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