Gaëtan Gatian de Clérambault

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Gaëtan Gatian de Clérambault est un psychiatre, ethnographe et photographe français, né le 2 juillet 1872 à Bourges et décédé par suicide le 17 novembre 1934[1] à Malakoff.

Biographie[modifier | modifier le code]

Entré en tant qu'interne en médecine à l'infirmerie spéciale de la Préfecture de police de Paris en mars 1902, il y est nommé médecin adjoint en janvier 1905, puis médecin en mars 1913, et devient médecin-chef en mars 1920.

Dans ce contexte, au service d'admission d'urgence des aliénés, il voit quantité de personnes (environ 2 000 par an) faisant manifestement état de troubles mentaux et qui perturbent l'ordre public. Il a notamment observé de nombreux cas d'érotomanie (psychose caractérisée par un délire passionnel), pathologie qu'il a décrite en détail et depuis connue comme syndrome de Clérambault).

Il a également défini l'automatisme mental, dont il a fait une description remarquable et il était en faveur d'une théorie mécaniciste des maladies mentales. Il a également étudié les intoxications par l'alcool, l'éther et le chloral.

Entre 1928 et 1929, il est le supérieur de Jacques Lacan qui effectue alors son internat de médecine en psychiatrie. Clérambault porta un jugement sévère sur son élève, mais Lacan lui gardera un profond respect. Paradoxalement, ce dernier se trompera systématiquement sur le prénom de Clérambault, l'appelant Georges[2].

Mobilisé du 3 août 1914 au 31 janvier 1919, il a été décoré de la croix de la Légion d'honneur[3] et de la Croix de guerre avec palme.

Il s'intéressait beaucoup aux draperies et enseignait le drapé à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Il était également passionné de photographie. On conserve de lui une grande quantité de clichés qu'il avait pris au Maroc entre les années 1917 et 1920, et dont certains se trouvent au Musée de l'Homme.

Il mit en scène sa propre mort de façon dramatique : atteint de cataracte, il se suicida par arme à feu, assis dans un fauteuil face à un grand miroir, et entouré de mannequins de cire qui lui servaient pour ses études de drapé.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Œuvre psychiatrique[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

Les articles de Gaëtan Gatien de Clérambault, descriptions de cas et observations cliniques, sont listés par ordre chronologique de publication.

  • Passion érotique des étoffes chez la femme (1908), Archives d’anthropologie criminelle de Médecine légale, t. XXIII, Éd. Masson et Cie, 1908.
  • Passion érotique des étoffes chez la femme (1910)], Archives d’anthropologie criminelle de Médecine légale, t. XXV, Éd. Masson et Cie, 1910.
  • La fin d’une voyante (présentation de malade), Bulletin de la Société Clinique de Médecine Mentale, décembre 1920.
  • Les délires passionnels. Érotomanie, Revendication, Jalousie (présentation de malade), Bulletin de la Société Clinique de Médecine Mentale, février 1921.
  • Érotomanie Pure. Érotomanie Associée (présentation de malade), Bulletin de la Société Clinique de Médecine Mentale, juillet 1921.
  • Érotomanie pure persistant depuis 37 années (présentation de malade), Bulletin de la Société Clinique de Médecine Mentale, juin 1923.

Livres[modifier | modifier le code]

  • L'Automatisme mental. Réédition : Empêcheurs de penser en rond, 1992, ISBN 978-2-908602-15-9
  • L'érotomanie. Réédition : Empêcheurs de penser en rond, 2002, ISBN 978-2-84671-035-0
  • La fin d'une voyante. Réédition : Empêcheurs de penser en rond, 1997, ISBN 978-2-84324-004-1
  • Œuvres psychiatriques. Réédition : Frénésie, 1998, ISBN 978-2-906225-07-7
  • Passion érotique des étoffes chez la femme. Réédition : Empêcheurs de penser en rond, 2002, ISBN 978-2-84671-036-7
  • Souvenirs d'un médecin opéré de la cataracte suivi de En photo profonde avec Clérambault. Réédition : Empêcheurs de penser en rond, 1992, ISBN 978-2-908602-20-3
  • Contribution à l'étude de l'othématome (pathogénie, anatomie pathologique et traitement). Thèse Paris, 1899.

Œuvre photographique[modifier | modifier le code]

Lors de ses séjours au Maroc en 1915 et 1917, Gaëtan Gatian de Clérambault a réalisé un très grand nombre de photographies de femmes voilées qu'il a données au Musée de l'Homme. Certaines ont été exposées au Centre Georges-Pompidou en 1990[4] et publiées en 1997 dans un recueil commenté par Serge Tisseron[5].

Par ailleurs, 485 phototypes attribués à Clérambault - vues de villes, édifices et monuments français - sont conservés dans les Archives Photographiques de la Médiathèque du Patrimoine[6].

Citation[modifier | modifier le code]

"De Clérambault fut mon seul maître dans l’observation des malades (...)" - Jacques Lacan[7].

Inspiration et prolongation[modifier | modifier le code]

En littérature[modifier | modifier le code]

  • Un lézard dans le jardin, André Agard, éd. Thierry Marchaisse, 2011. L'un des personnages principaux de ce roman, le Dr Schwarz, s'inspire directement de G.G de Clérambault: sa passion et son savoir des étoffes, sa position dans la psychiatrie et son étrange suicide.
  • Délire d'amour (Enduring Love), roman publié par l'écrivain britannique Ian McEwan en 1997, raconte un cas d'érotomanie homosexuelle.
  • Monsieur Lundi Dans la série des Maigret de Georges Simenon, adapté pour la télévision sous le titre : "Maigret chez le docteur".

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Au théâtre[modifier | modifier le code]

Lectures spectacles à partir de textes de Gaëtan Gatian de Clérambault :

  • La passion érotique des étoffes chez la femme, Centre Dramatique Régional de Haute-Normandie, Rouen (France), 2004.
  • L'orgasme de la soie, compagnie théâtrale nantaise Science 89, 2008[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Commenté par Le Figaro du 20 novembre 1934 [lire en ligne]
  2. Avec Clérambault, Kojève et Breton., Le Nouvel Observateur, 19 novembre 1981
  3. http://www.culture.gouv.fr/Wave/savimage/leonore/LH067/PG/FRDAFAN83_OL1086001v001.htm
  4. Exposition à la galerie de la Bibliothèque Publique d'Information du Centre Georges-Pompidou du 20/02 au 04/06/1990.
  5. Gaëtan Gatien de Clérambault, psychiatre et photographe, Synthelabo, 1997.
  6. Consultable via le Moteur Collections du Ministère de la Culture et de la Communication [visualiser en ligne]
  7. Dans Propos sur la causalité psychique, 28 septembre 1946.
  8. Représentation du 20 au 25 janvier 2008, Salle Vasse, Nantes (France).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collectif, La passion des étoffes chez un neuropsychiatre - Gaëtan Gatian de Clérambault, 1872-1934, Solin, 1997.
  • Daniel Bermond, « Gaëtan de Clérambault, psychiatre, artiste et photographe », in L'Histoire, n° 174, février 1994, p. 80-81.
  • Pierre Moron, Clérambault, maître de Lacan, Les Empêcheurs de penser en rond, 1993 (ISBN 9782908602418)
  • Elizabeth Renard, Le Docteur Gaëtan Gatien de Clérambault, sa vie et son œuvre 1872-1934. - Thèse, Faculté de médecine, Paris, 1942,
    rééd. Les Empêcheurs de penser en rond, Le Plessis-Robinson, 1992 (ISBN 2908602296).
  • Alain Rubens, Le maître des insensés. Gaëtan Gatian de Clérambault (1872-1934), Synthelabo, 1998, Les Empêcheurs de penser en rond, 2002 (ISBN 9782843240904).
  • Serge Tisseron, Gaëtan Gatien de Clérambault, psychiatre et photographe, Synthelabo, Les Empêcheurs de penser en rond, 1997 (ISBN 9782908602036).

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • Ghita El Khayat, article sur De Clérambault dans Revue Maghrébine de Psychiatrie [lire en ligne]

Galerie[modifier | modifier le code]