Ladislas II le Banni

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Ladislas II le Banni
Ladislas II par Jan Matejko (1838-1893)
Ladislas II par Jan Matejko (1838-1893)
Titre
Duc de Silésie et de Petite-Pologne
Princeps de Pologne
11381146
Prédécesseur Boleslas III
Successeur Boleslas IV
Duc de Sandomierz
11381146
Prédécesseur Boleslas III
Successeur Henri de Sandomierz
Biographie
Dynastie Piast
Date de naissance 1105
Lieu de naissance Cracovie
Date de décès 30 mai 1159
Lieu de décès Altenbourg
Père Boleslas III
Mère Zbysława de Kiev
Conjoint Agnès de Babenberg
Enfant(s)

Ladislas II le Banni (en polonais Władysław II Wygnaniec) (né en 1105 à Cracovie, mort le 30 mai 1159 à Altenbourg (Allemagne)), fils aîné de Boleslas III Bouche-Torse et de Zbysława de Kiev fut Duc de Pologne de 1138 à 1146.

En 1125, Ladislas épouse Agnès de Babenberg, la fille du margrave d'Autriche Léopold III. Ce mariage permet un rapprochement avec les opposants à l'empereur Lothaire II.

Le testament de Boleslas III le Bouche-Torse[modifier | modifier le code]

La Pologne en 1138 :
  •      Dzielnica senioralna
  •      Lenno Polski pod kontrolą princepsa
  •      Ziemia Władysława II
  •      Ziemia Bolesława IV
  •      Ziemie Mieszka III
  •      Ziemie Henryka
  •      Oprawa wdowia Salomei

Boleslas III Bouche-Torse meurt le 28 octobre 1138. Son testament, rédigé quelques années auparavant et inspiré des coutumes de Kiev, marque le début du démembrement territorial de la Pologne. Il a partagé son état entre ses quatre fils, chacun recevant un duché héréditaire :

Aîné des représentants mâles de la dynastie Piast, Ladislas II, devient le princeps (ou senior) et à ce titre, gouverne également la Petite-Pologne (avec Cracovie comme capitale), la Grande-Pologne orientale avec Gniezno et Kalisz, la Poméranie occidentale, la Poméranie orientale ainsi que la région de Łęczyca et de Sieradz (qui doit lui revenir après la mort de Salomé, la seconde épouse son père). C'est lui qui décide en dernier ressort sur les questions de politique étrangère, conclut les traités, déclare les guerres, a le droit d'investiture, est le chef et le juge suprême.

Casimir II le Juste, qui n’était pas né lors de la rédaction du testament, ne reçoit rien.

Lutte entre Ladislas et ses jeunes frères[modifier | modifier le code]

Dès 1139, Salomé von Berg cherche à défendre ses intérêts et ceux de ses enfants contre Ladislas II le Banni qui veut rétablir l’union de la Pologne. Elle profite de la guerre civile dans le Saint-Empire pour se trouver des alliés.

En 1141, Salomé et ses fils se réunissent à Łęczyca et mettent en place une stratégie pour contrer les ambitions de Ladislas. Elle prévoit notamment de marier sa fille de trois ans, Agnieszka, au fils de Vsevolod II Olegovitch, le grand-prince de Kiev. En 1142, Ladislas II devance la manœuvre de Salomé en mariant son fils Boleslas Ier le Long à Zwienisława, sœur d'Agnieszka. La même année, il lance une offensive contre ses frères et s’empare de plusieurs villes. En 1143, Ladislas nomme Mateusz évêque de Cracovie.

L’archevêque de Gniezno Jacques de Znina et de nombreux magnats, qui estiment qu’une trop grande centralisation du pouvoir va à l’encontre de leurs intérêts et de leur influence, se rallient aux enfants de Salomé pour contrer un Ladislas de plus en plus puissant. En 1145, sur la Pilica, les jeunes ducs et les magnats obtiennent une première victoire sur Ladislas soutenu par la Rus' de Kiev. Ladislas doit reconnaître leur suzeraineté et leur rendre une partie du fief de Salomé qui vient de décéder.

Ladislas II le Banni cherche à intimider les magnats et à éliminer les plus hostiles. Il fait crever les yeux de Piotr Włostowic, accusé de collusion avec les jeunes ducs, et le condamne au bannissement. Piotr Włostowic était un grand magnat très riche de Silésie, palatin et héros national, bénéficiant du soutien de l’Église et d’une grande considération à l’étranger.

En 1146, Ladislas II, la Rus’ de Kiev et les Prussiens, lancent une triple attaque contre les jeunes ducs. Ladislas poursuit sa campagne jusqu’aux portes de Poznań. Durant le siège de la ville, les nouveaux territoires conquis se révoltent et l’archevêque de Gniezno lance un anathème contre Ladislas, ennemi de la paix et allié avec des païens. Trop présomptueux, Ladislas continue le siège de Poznań mais son armée est mise en déroute par d’importantes forces rebelles et il doit se replier sur Cracovie.

L’exil[modifier | modifier le code]

Ladislas II le Banni par Aleksander Lesser (1814-1884)

Abandonné par ses alliés, ayant perdu tout soutien à l’intérieur du pays, il s’exile en Saxe, à la cour de Conrad III. Ses jeunes frères s’emparent de Cracovie. Boleslas IV le Frisé de Mazovie lui succède en tant que princeps (duc de Cracovie). Le territoire de Ladislas II est partagé entre Mieszko III le Vieux et Henri de Sandomierz. En août 1146, Conrad III attaque la Silésie mais il est arrêté sur l’Oder. Il accepte de reconnaître les nouveaux souverains polonais en échange d’un arrangement financier et de la promesse de se présenter à la cour impériale pour un arbitrage. Les jeunes ducs refuseront l’arbitrage de l’empereur, trop occupé à régler des problèmes internes pour pouvoir l’imposer.

En 1147, Ladislas II accompagne Conrad III dans sa croisade en terre sainte. En 1148, le cardinal Guido, à la demande de l’épouse de Ladislas et de ses amis de la cour impériale, se rend en Pologne et exige le retour de Ladislas II le Banni. Recevant un refus, il lance un anathème contre les ducs polonais et interdit aux prêtres d’assumer leurs fonctions mais le clergé polonais refuse cet ordre. Il demande à Conrad III d’intervenir militairement en Pologne mais celui-ci, sous la menace d’une nouvelle guerre civile, est incapable d’obéir.

En 1157, après un ultimatum exigeant le retour de Ladislas II, Frédéric Barberousse, les Saxons et les Tchèques lancent leur invasion par la Silésie. Les troupes impériales traversent l’Oder et posent leurs conditions aux ducs : la Silésie pour Ladislas II le Banni, de l’argent et des troupes pour la campagne militaire italienne de Frédéric Barberousse. Boleslas IV le Frisé doit reconnaître la suzeraineté impériale.

En 1158, Boleslas IV annule le traité alors que Frédéric Barberousse a commencé sa campagne italienne : pas de troupes pour l’empereur, pas de Silésie pour Ladislas II le Banni qui décédera l’année suivante.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

En 1125 Ladislas II épouse Agnès de Babenberg (° entre 1108 et 1113 - morte le 24 janvier 1160 ou 1163 à Altenburg), fille du margrave Léopold III d'Autriche et d'Agnes de Waiblingen (de). Ils eurent cinq enfants :

  1. Boleslas Ier le Long (°1127 - 8 décembre 1201).
  2. Mieszko Ier Jambes Mêlées (° vers 1130 - 16 mai 1211).
  3. Richeza de Pologne (en) (° en 1140 - 16 juin 1185), mariée en 1152 à Alfonso VII, roi de Galice, Castille et León. Elle épouse en seconde noce en 1162 Raymond-Bérenger II de Provence, comte de Provence. Elle épouse enfin en 1167 Albert III comte d'Everstein.
  4. Conrad Ier de Głogów (° entre 1146 et 1157 - 17 janvier 1190).
  5. Albert (mort jeune vers 1168).