Ladislas IV Vasa

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Ladislas IV Vasa
Image illustrative de l'article Ladislas IV Vasa
Titre
Tsar de Russie
17 août 161021 février 1613
2 ans, 6 mois et 4 jours
Prédécesseur Vassili IV Chouiski
Successeur Michel Ier
Roi de Pologne
Grand-duc de Lituanie
8 novembre 163220 mai 1648
15 ans, 6 mois et 12 jours
Couronnement 6 février 1633,
en la basilique-cathédrale Saints-Stanislas-et-Venceslas de Cracovie
Prédécesseur Sigismond III de Pologne
Successeur Jean II Casimir Vasa
Biographie
Dynastie Dynastie Vasa
Date de naissance 9 juin 1595
Lieu de naissance Cracovie, Chorągiew królewska króla Zygmunta III Wazy.svg République des Deux Nations
Date de décès 20 mai 1648 (à 52 ans)
Lieu de décès Merecz, Chorągiew królewska króla Zygmunta III Wazy.svg République des Deux Nations
Père Sigismond III de Pologne
Mère Anne d'Autriche
Conjoint Cécile Renée d'Autriche
Louise-Marie de Gonzague
Enfant(s) Vladislas Constantin
Sigismond Casimir
Marie-Anne Isabelle

Signature

Ladislas IV Vasa Ladislas IV Vasa

Ladislas IV (pol. Władysław IV Waza), né le 9 juin 1595 et décédé le 20 mai 1648, est souverain de la République des Deux Nations polono-lituanienne, roi de Pologne et Grand-duc de Lituanie, du 8 novembre 1632 jusqu'à sa mort en 1648. Il est le fils de Sigismond III de Pologne et de l'archiduchesse Anne d'Autriche (1573-1598) et il appartient à la Dynastie Vasa.

Titres royaux[modifier | modifier le code]

  1. Titres royaux en latin: Sigismundus Tertius Dei gratia rex Poloniæ, magnus dux Lithuaniæ, Russiæ, Prussiæ, Masoviæ, Samogitiæ, Livoniæque, necnon Suecorum, Gothorum Vandalorumque hæreditarius rex.
  2. Traduction française: Sigismond III, par la grâce de Dieu, roi de Pologne, grand-duc de Lituanie, Ruthenie, Prusse, Masovie, Samogitie, Livonie, et également roi héréditaire des Suédois, Goths et Wendes.

Son titre est le plus long de tous les titres des rois de Pologne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né le 9 juin 1595 à Cracovie, Ladislas est le seul enfant d’Anne et de Sigismond à avoir atteint l'âge adulte. Il a été vite considéré comme le successeur de son père. Admis dès l’âge de 15 ans à la Diète (politique), assemblée des nobles, il prend part aux délibérations. Il jouit vite d’une grande popularité au sein du royaume, comme en témoignent les tableaux le représentant sabre à la main ou les poèmes qui le louent. Le jeune Ladislas reçoit une solide éducation. Après la mort d’Anne en 1598, il est éduqué par une ancienne dame de cour de sa mère, Urszula Mayerin, puis par des prêtres comme Gabriel Prowancjusz, Andrzej Szołdrski ou Marek Łętkowski. Il maîtrise le latin, l’italien, le polonais et l’allemand. Il est passionné par l’art, les sciences humaines.

Le 27 août 1610, âgé de 15 ans, Ladislas est désigné Tsar par un conseil restreint de boyards russes lors de l'entrée du général Jolkievski à Moscou. L'ensemble des boyards refuse d'agréer cette nomination lorsque le roi de Pologne arguant du jeune âge de son fils envisage de venir régner lui-même à Moscou. Cette élection faisait partie d'un plan de son père Sigismond pour conquérir toute la Russie et pour convertir sa population au catholicisme. Les russes, sous le commandement de Procope Liapounof de Riazan, se soulèvent et assiègent les 3 000 soldats polonais cantonnés au Kremlin (mars 1611). Après la mort au combat de Liapounoff les nobles et les paysans qui l'avaient soutenu se retirent et laissent la place aux Cosaques qui proclament « Tsar » Ivan dit le « Petit Brigand », un fils naturel de Marina Mniszek et du Second faux Dimitri. Les villes du nord de la Volga s'allient contre les Cosaques et les Polonais. Les Cosaques sont chassés et le prince Pojarski prend en août 1612 la tête d'une armée réunie à Iaroslav. Son offensive victorieuse se termine par le choix le 21 février 1613 à Moscou d'un nouveau tsar russe Michel Ier de Russie. Le règne de Ladislas sur la Russie aura donc été éphémère pour ne pas dire inexistant. Ladislas revendiquera néanmoins jusqu'en 1634 le titre de Tsar de Russie. Ainsi, en 1617, il entreprend une nouvelle expédition contre la Russie qui se solde par un échec, cependant il se révèle être un homme militaire de talent lors de cette campagne de même que lors des affronts entre Polonais et Ottomans en 1621 pendant lesquels il acquiert la réputation de défenseur de la foi chrétienne.

À partir de 1624, il part en voyage, comme le veut la tradition nobiliaire, à Vienne, aux Pays-Bas où il pose pour Rubens, à Rome où il rencontre Urbain VIII. Ce voyage a certainement influencé les intérêts militaires, culturels et scientifiques du futur roi. À son retour en Pologne, de 1626 à 1629 il lutte contre la Suède dans la dernière phase de la guerre polono-suédoise.

Règne[modifier | modifier le code]

Élection[modifier | modifier le code]

Sans véritable concurrent, appuyé par le pape et les nobles locaux, Ladislas est élu largement par la Diète le 8 novembre 1632. Il est couronné roi à Cracovie le 6 février 1633 en la basilique-cathédrale Saints-Stanislas-et-Venceslas de Cracovie.

Politique extérieure[modifier | modifier le code]

Avec la Suède[modifier | modifier le code]

Ladislas se considère toujours comme héritier de la couronne de Suède alors que son père avait été écarté du trône en 1599 à la suite de la guerre de succession de Suède. La mort du roi Gustave II Adolphe de Suède lui fait espérer la reconquête du trône suédois, espoir envolé à la suite de la paix signée entre les deux pays en 1635.

Avec la Russie[modifier | modifier le code]

Les Russes, profitant de la confusion après la mort de Sigismond III, franchissent la frontière orientale de la Pologne en 1632 et commencent le siège de Smolensk que la Russie avait cédée aux Polonais à la suite de l’armistice en 1618 mettant fin à la Guerre polono-russe (1605-1618). Durant la Guerre de Smolensk (1632-1634), Ladislas fait lever le siège de la ville, encercle l’armée russe et l’oblige à se rendre en 1634. Le Traité de Polanów confirme la frontière établie en 1618.

Avec la Turquie[modifier | modifier le code]

En 1633, les Ottomans déclenchent une guerre avec la Pologne qui se conclut par un traité en 1634. Ils reconnaissent alors la frontière polonaise et promettent de retenir les invasions tatars. Les Polonais sont satisfaits, à l’exception de Ladislas dont le rêve est de mener une croisade antiturque et de libérer les Balkans du joug ottoman.

Avec l’Autriche, la France, la Prusse[modifier | modifier le code]

Même si Ladislas proclame la neutralité de la Pologne dans la Guerre de Trente Ans, il adopte une attitude favorable aux Habsbourg notamment en épousant l’archiduchesse Cécile Renée. En 1641, le Grand-Électeur de Prusse Frédéric-Guillaume Ier de Brandebourg vient une dernière fois prêter serment au roi de Pologne, en effet, en 1657, la Prusse s’émancipera de la tutelle polonaise. Ladislas se rapproche ensuite de la France, rapprochement confirmé par son mariage avec Marie Louise de Mantoue en 1644, richement dotée par Mazarin.

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

Réformes[modifier | modifier le code]

Ladislas se révèle être un roi impuissant et la majorité des réformes qu’il essaye de faire passer sont bloquées par la Diète. Ainsi, il ne peut ni élargir le domaine royal, ni créer un ordre chevaleresque destiné à le soutenir, ni renflouer le Trésor en vue des actions militaires.

Religion[modifier | modifier le code]

Ladislas montre une relative tolérance religieuse, alors que le règne de son père a été l’occasion d’une crispation catholique et du développement de l’intolérance religieuse. Aussi tente-t-il de réconcilier protestants et catholiques au colloque œcuménique de Toruń en 1645. Il ne soutient pas les mesures les plus agressives de la Contre-réforme.

Culture[modifier | modifier le code]

Ladislas est aussi un mécène des arts et de la musique : il soutient de nombreux musiciens et fait construire une salle de spectacle au Palais royal de Varsovie où seront représentés opéras et ballets, il collectionne des peintures notamment italiennes et flamandes et finance de nombreuses œuvres architecturales : la colonne de Sigismond à Varsovie, le palais Kazanowski…

Le problème des Cosaques[modifier | modifier le code]

Le réel problème auquel Ladislas est confronté est celui des Cosaques. C’est une population hétérogène composée de paysans corvéables ayant fui l’obligation de leurs seigneurs, de pauvres des villes et d’aventuriers de toute sorte vivant dans le sud-est de la Pologne. Mais la baisse des enregistrés (inscrits sur les registres accordant la propriété de la terre des steppes contre un service militaire perpétuel au roi) combinée à la pression croissante des nobles sur les Cosaques non enregistrés qui sont des serfs entrainent de nombreuses révoltes en 1630, 1637 et 1638. Vainqueur, le gouvernement polonais resserre son contrôle sur les sujets indociles notamment en construisant un ouvrage fortifié à Kudak. Par la suite, Ladislas envisage d’accorder un certain nombre de privilèges aux Cosaques pour obtenir leur appui dans les futures campagnes militaires. Mais les magnats résistent aux diètes de 1646 et 1647. Déçus, les Cosaques se soulèvent en 1648, entrainant toute la Pologne avec eux, les masses paysannes étant épuisées par la pression de plus en plus forte des seigneurs, les non-catholiques se révoltant contre l’intolérance religieuse qui malgré les efforts du roi règne. Ladislas meurt au beau milieu de la crise, le 20 mai 1648, laissant la Pologne dans un grave danger.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Unions et descendance[modifier | modifier le code]

Après avoir quitté sa maîtresse Jadwiga Łuszkowska, Ladislas se marie avec l’archiduchesse d’Autriche Cécile Renée sa cousine (2e degré) en 1637, mariage très malheureux : un des enfants meurt dans sa jeunesse, un autre à sa naissance. Cécile Renée meurt en 1644. Il épouse ensuite Marie Louise de Mantoue ou Marie Louise de Nevers Gonzague en 1646. Elle joue un grand rôle politique, notamment dans les relations avec la France. N’ayant pas d’héritier, c’est son demi-frère et cousin Jean II Casimir qui lui succédera au trône.

  1. Jadwiga Łuszkowska (sa maîtresse) :
  2. Cécile Renée d'Autriche :
    • Sigismond Casimir (1640-1647)
    • Marie-Anne Isabelle (née et morte en 1642)
  3. Louise-Marie de Gonzague-Nevers

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gustave Welter, Histoire de Russie, Petite Bibliothèque Payot, Paris, 1963.
  • Michal Tymowski, Une histoire de la Pologne, Les éditions noir sur blanc, Montricher, 2003.
  • Georges Castellan, Histoire des peuples d'Europe centrale, Fayard, Paris, 1994.
  • Daniel Beauvois, La Pologne Histoire, société,culture, Éditions de la Martinière, Paris, 2004.

Voir aussi[modifier | modifier le code]